‹ Tableau de ParisChapitre 7 sur 154 · SUR MERCIER · texte numérisé non relu

SUR MERCIER

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il est des maux qui ,une fois enracinés, sont indestructibles.» Il faut aux parisiens, non leur donner de V esprit, mais leur désenseigner la sottise, écrivait Montaigne. Mercier,

en bourgeois de Paris, ne tient plus à laisser dire à ses compatriotes que la Loire et la Garonne sont d'assez beaux fleuves pour des fleuves de province, mais il veut, en leur dessillant les yeux, leur permettre de remarquer la sorte d'emprisonnement dans lequel on les tient, eux et leurs voisins, les braves gens de Vile de France : « On ne saurait, à huit ou dix lieues à la ronde, tirer un coup de fusil. Les plaisirs du roi et les terres des princes ont envahi tous les droits de chasse^ Les lois arbitraires faites à ce sujet portent une empreinte de sévérité, pour ne pas dire de cruauté, qui contraste avec les lois du royaume. Tuer une perdrix, devient un délit que les galères seules peuvent expier. Les gardes-chasse poursuivent les braconniers avec plus de vigilance et d'ardeur que la maréchaussée ne poursuit les voleurs et les assassins. Enfin les gardes-chasse tuent et (chose épouvantable !) ces meurtres demeurent impunis. » Ces procédés V indignent, il comprend trop jusqu'à quel point les grandes villes sont du goût du gouvernement absolu, il prévoit que le peuple, après lui, comprendra son esclavage et il devine sa révolte proche. Aussi se permet-il de dire aux grands : « Usez donc du moment qui vous reste pour faire le bien ; tout va fuir bientôt de vos mains, soyez charitables pour ne point sentir l'inévitable remords qui vous attend si vous durcissez votre cœur. Entendez-vous ces cris des nécessiteux ? Ils vous redemandent la portion que vous retenez sur leur subsistance, tandis que les excès vous tuent. Il est peu d'hommes qui, en donnant aux pauvres, n'ait réfléchi qu'il n'allait pas assez loin, et que son superflu appartenait de droit et en entier aux indigents, je laisse ceux qui me liront sur cette réflexion, persuadé que, s'ils la négligent, elle s'élèvera un jour d'une manière terrible contre eux, et au moment où ils voudraient avoir

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