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LES DIMANCHES ET FETES

Tl n'y a plus que les ouvriers qui connaissent les fêtes et ' dimanches. La Courtille, les Porcherons, la Nouyelle- Fraurp-se remplissent ces jours-là de buveurs. Le peuple y va chercher des boissons à meilleur marché que dans la ville. Plusieurs désordres en résultent ; mais le peuple s'égaie, ou plutôt s'étourdit sur son sort ; et ordinairement l'ouvrier fait le lundi, c'est-à-dire, s'enivre encore pour peu qu'il soit en train.

Le bourgeois qui a besoin d'économie, ne sort pas des barrières. Il va se promener assez ennuyeusement aux Tuileries, au Luxembourg, à l'Arsenal, aux Boulevards,

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Si dans ces promenades il y a une seule robe retroussée, pariez que c'est une femme de province qui la porte.

.Le peuple va encore à la messe, mais il commence à se passer des vêpres, que le beau monde appelle l'opéra des gueux. Il faut qu'il reste debout dans les églises, ou qu'il paie une chaise. Cela est très-mal vu ; on lui demandera six sols pour entendre un sermon assis. Les temples sont donc déserts, excepté dans les grandes solennités, où les céréi monies le rappellent. Quoi, de l'argent encore pour entendre ^/ l' office divin !

Pendant l'octave de la Fête-Dieu, il y a toujours beaucoup d'affluence au salut et à l'exposition du Saint-Sacrement : il est vrai que c'est pour la petite bourgeoisie un prétexte de sortir et de se promener à la tombée du jour, dans une belle saison. Les jeunes filles surtout sont fort dévotes au salut et à la bénédiction du soir ; en général le dimanche est précieux pour elles. L'amour fait son profit des vacances ordonnées par l'église.

Le magnifique jardin des Tuileries est abandonné aujourd'hui, pour les allées des Champs-Elysées. On admire t^^les belles proportions et le dessin des Tuileries; mais aux Champs-Elysées, tous les âges et tous les états sont rassemblés : le champêtre du lieu, les maisons ornées de terrasses, les cafés, un terrain plus vaste et moins symétrique, tout invite à s'y rendre.

Il est singulier que, dans les états catholiques, le dimanche soit presque partout un jour de désordres. On a supprimé enfin à Paris quatorze jours de fêtes par an ; on s'est arrêté en beau chemin ; il en reste encore trop; autant d'enlevé du moins à l'ivrognerie et à la débauche crapuleuse.

Un savetier voyant un jeudi, au coin d'une borne, un sergent ivre qu'on tâchdt de relever et qui retombait lourdement sur la pierre, quitta son tire-pied, se posta devant l'homme chancelant, et après l'avoir contemplé, dit en soupirant : voilà cependant l'état où je serai dimanche !

Ce trait qui ne doit pas être dédaigné du philosophe, appartient, à -ce qu'il me semble, à la connaissance du

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