LA PETITE FÊTE-DIEU
monte et retombe en cadence. Le groupe se dessine sous toutes les formes, et le jet varie dans les airs les figures argentées et fumantes, les roses pleuvent. Une musique bruyante et militaire annonce l'approche du dais, sous lequel F hostie est placée, et que les notables environnent respectueusement, heureux de tenir le cordon qui touche au sanctuaire ambulant. La foule pressée et en extase se courbe, ne pouvant s'agenouiller. Quarante Suisses robustes, croisant leurs hallebardes, ont~pèTneXrëtenîr le flot du peuple, qui se précipite pour être plus près du^ soleil orné de riches pierreries : ces Suisses ne marchent pas, ils sont poussés par le peuple, et ils n'ont plus qu'à lever la jambe pour avancer ; c'est un rempart vivant et tout en fureur qui contient l'enthousiasme religieux.
Cependant le corps diplomatique, rangé sur les balcons de l'Ambassadeur de Venise, voit défiler la procession. Les représentants des Souverains protestants s'inclinent ou fléchissent le genou, à l'exemple de l'Ambassadeur du Roi très catholique. Quel triomphe pour le catholicisme ! c'est l'Europe entière qui se prosterne devant le bon Dieu de Saint-Laurent.