MESSES III
l'on a pris depuis la méthode de s'en passer. Il aurait mieux valu ne point abolir la messe musquée.
Pepuis dix .ans, le beau monde ne va plus à la messe, ou
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n'y va que le dimanche, pour ne pas scandaliser les laquais, et les laquais savent qu'on n'y va que pour eux.
Le 3 août 1670, le nommé François Sarrazin, natif de Caen en Normandie, âgé de vingt-deux ans, d'abord huguenot, puis catholique, mais toujours ennemi de la présence réelle, attaqua l'hostie l'épée à la main, au moment JT que le prêtre la levait, dans l'église Notre-Dame, à l'hôtel de la Sainte- Vierge. En voulant percer ladite hostie immédiatement après la consécration, il blessa de deux coups le prêtre, qui prit la fuite ; mais ses blessures ne furent pas dangereuses.
Aussitôt toutes les messes cessèrent ; on dépouilla les autels de leurs ornements ; l'église fut fermée jusqu'au jour de la réconciliation.
Le 5 août, François Sarrazin fit amende honorable, ayant un écriteau devant et derrière, portant ces mots, sacrilège impie. On lui coupa le poing, et il fut brûlé vif en en place de Grève. Il ne donna aucun signe de repentir ni de regret de mourir.
Le 12 se fit la réparation solennelle du sacrilège commis. Il y eut une procession générale, où assistèrent toutes les cours souveraines. Toutes les boutiques, tant de la ville que des faubourgs, furent fermées par ordre du sieur de la Reynie, lieutenant de police. Voyez la Gazette de France 1670, page 771, jusqu'à la page 796.
Aucun sacrilège de cette espèce, grâces à Dieu, n'a été commis dans notre siècle, malgré les écrits, les discours et le grand nombre d'incrédules. L'on n'a pas troublé la moindre aspersion d'eau bénite ; et jusques dans les processions publiques du jubilé, le culte, toujours extérieurement respecté, n'a reçu aucune atteinte. JÂ**^
On dira, que la Barre d'Abbe ville a donné un scandale public. Il n'y a rien de moins prouvé que la mutilation de r- jv ce crucifix sur un pont Ce crucifix de plâtre était à
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portée d'être renversé à chaque minute par les charrettes, et le chevalier de la Barre (i) n'était pas homme à tirer l'épée contre un crucifix ; il avait de la raison et de la philosophie. Il mourut avec une fermeté tranquille. Le parlement, uniquement pour prouver aux jésuites son attachement à la foi, rendit un arrêt semblable à ceux de l'inquisition ; il s'en est repenti lorsqu'il n'était plus temps.
On a l'air d'un sot écolier qui n'a rien vu et rien entendu, quand on se met à déclamer contre les mystères et les dogmes. Il n'y a plus que les garçons perruquiers qui fassent des plaisanteries sur la messe. La dit qui veut, l'entend qui veut ; on ne parle plus de cela.