‹ Tableau de ParisChapitre 85 sur 154 · MESSE DE MINUIT · texte numérisé non relu

MESSE DE MINUIT

ï A veille de noël les églises se remplissent de monde ; *-* mais ce n'est pas toujours la dévotion qui y conduit la^ foule. Les jeunes gens entrent à minuit la tête haute, regardant les femmes et les filles, et il leur paraît plaisant de les voir chanter et prier, à l'heure où elles sont ordinairement entre deux draps, occupées à toute autre chose.

On crut que c'était les organistes qui attiraient la foule bruyante. On les fit taire ; mais les ténèbres d'un côté, les temples illuminés de l'autre, le renversement passager de la coutume, rendront toujours ces heures de la nuit plus intéressantes que celles du jour. C'est la seule fête nocturne que la religion autorise ; et la licence qui profite de tout, s'y glisse malgré la sainteté du lieu.

( ï ) B. Lefebvre, chevalier de la Barre, décapité, puis brûlé en 1766, à l'âge de 18 ans, pour avoir refusé de saluer le Saint-Sacrement lors d'une procession. Un comité de libre-pensée lui a élevé, en 1906, devant le Sacré-Cœur de Montmartre, un monument expiatoire.

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