CORPS ET COMMUNAUTÉS DE MARCHANDS ARTS ET MÉTIERS
Ces corps et communautés, comme on l'a déjà dit, doivent leur origine à la garde et défense de la Ville ; ils ont été formés par l'autorité du Magistrat, confirmés par l'art. 2 de la Coutume et maintenus par la Capitulation de 'la Ville ; ils ont été réunis ou divisés et supprimés, suivant que le bien public l'exigeoit ; d'autres se sont anéantis avec le commerce de la Ville. Ils sont gouvernés et administrés par un connétable et deux maîtres comptables de chaque corps, qui sont nommés et renouvelés par les Commissaires du Magistrat à la reddition de leur comptes ; ils sont plus ou moins nombreux suivant les circonstances.
Voici l'état qui en a été fait par ordre alphabétique en 1776.
Nombre des maîtres.
Amidonniers 6
On ne les souffre que dans les faubourgs ou quartiers reculés de la Ville.
Bouchers 40
Autrefois ceux des grandes et petites boucheries
AU XVlll SIECLE
faisoient deux corps, ils n'en font plus qu'un en conséquence des règlements de police des 3 et i i décembre 171 5, II mars et 3 aoust 1720, 13 avril et 9 octobre 1724 et 21 may 1766, qui permettent à toute personne de tuer et faire tuer des bestiaux et d'en vendre la chair. Cette permission fut accordée en vertu des difficultés et inconvénients à taxer le prix de la viande.
Boulangers . 68
Suivant les règlements de police du 3 septembre 1763, le nombre devoit être réduit à 50; des motifs survenus depuis, l'ont fait rétablir indéterminé comme avant, par le règlement du 7 février 1776. Le pain qu'ils fabriquent se distingue en pain mollet, blanc, bis blanc et bis ; ils doivent le vendre à la livre, poids de marc.
Brasseurs 20
La consommation de la bierre a beaucoup diminuée, par la pauvreté du peuple et l'usage du vin que font les riches.
Brodeurs 3
Eperonniers 2
Fourbisseurs 2
Quoique ces trois professions ne fassent qu'une communauté, ceux qui exercent l'une ne peuvent exercer l'autre.
Cabaretiers 84
Marchands de vin 37
Cuisiniers pâtissiers 8
Charcuitiers 4°
Toutes ces professions ne forment qu'une communauté, quoiqu'elles aient chacune leurs attributs particuliers ; les aubergistes, rotisseursou traiteurs, sont compris dans l'une ou l'autre.
Chapeliers 12
Charrons 5
Charpentiers 15
Maçons 14
Tailleurs de grès 3
— de pierres blanches. . 6
Couvreurs d'ardoises .... 10
Ces cinq dernières professions, qui ont chacune leurs attributs pour la main d'œuvre, lesquels sont communs pour la vente des matières, ne forment qu'une communauté à cause du rapport qu'elles ont entre elles pour la construction des bâtiments. Tous les couvreurs en ardoises, le sont aussi en tuiles, mais en cette dernière qualité ils appartiennent à la communauté des potiers.
Chaudronniers 10
Cordiers 14
Corrôyeurs 8
Couteliers 4
Chirurgiens 10
AU XVIU''^ SIECLE 37
Taillandiers 4
Couvreurs de tuiles 10
Potiers de terre 4
Cordonniers 42
Les potiers ne peuvent faire la fayance. Cette manufacture est libre à Valenciennes, la Ville a favorisé nombre de fois son établissement, mais il n'a pas encore réussi quoiqu'on y ait fait de la belle fayance. (i)
Drapiers 5
Epiciers 30
Apothicaires 10
Ciriers 18
Ces trois dernières professions ne font qu'une communauté, elles ont les mômes attributs, n'étant distinguées que par leur manipulation.
Epeuliers (2) 2
Ils font la plupart des instruments de mulquinerie, dont une partie est libre à tout le monde.
Etainiers 5
Plombiers 5
Ce sont deux branches avec des attributs particuliers, mais qui ne forment qu'une communauté, ceux qui ont
(i) Dirigée par J.-B. Faiiqucz, qui en 178J y adjolL^nli la fabrication de la porcelaine.
(2) Epeuliers, ouvriers fabriquant les outils pour tisserands ou muiquiniers.
obtenu des brevets en 1767 exercent concurremment les deux professions.
Fripiers 90
en meubles et vêtements.
Fruitiers 64
Gantiers 5
Il y a apparence qu'ils étoient en grand nombre à Valenciennes, puisqu'ils ont donné le nom à une petite place de la Ville, (i)
Gressiers Huiliers Moutardiers Chandeliers
Mêmes suppôts, mêmes attributs pour les 4.
Manneliers 10
Maréchaux ferrants 8
Menuisiers 25
Merciers Bufetiers (2)
Boutonniers } 129
Passementiers Quincailliers
(1) C'est la place des Wantiers, qui existe encore.
(2) Bufetier, faiseur de culottes de peau, chamoiseur
AU XVIIl''' SIECLE 39
Mulquiniers 14
Ce sont des fabricants de toiles, batistes et linons ; il y a eu jusqu'à 1 200 maîtres qui avoient six à sept métiers battants. 11 y a 50 ans, on en comptoit encore jusqu'à 700, ceux d'aujourd'hui n'ont la plupart qu'un métier ; les plus aisés en ont encore deux ou trois, hors quelques uns qui ont des débouchés pour les toiles de leurs fabriques.
Orfèvres 1 1
Peintres 11
Sculpteurs et Doreurs .... 5
Ces trois professions font une môme communauté, dont aucun des attributs leur soit particulier, d'autres leur sont communs.
Peltiers i
On travaille peu de ce métier maintenant.
Perruquiers )
Baigneurs et Etuvistes . . . . '
Les maîtrises ont été éris^ées en titre d'offices héréditaires au préjudice des privilèges et de la capitulation de Valenciennes.
Savetiers 67
Selliers et Bourreliers dits Gorreliers H
Serruriers et Ferroniers ... 14
Tailleurs d'habits 47
Tanneurs 7
Il y avoit aussi beaucoup de tanneurs, mais ce commerce est considérablement diminué surtout depuis l'édit du mois d'aoust 1759, portant établissement d'un droit unique dans toute la France, sur les cuirs tannés et apprêtés ; son exécution a lieu à Valenciennes au préjudice de ses privilèges confirmés par sa capitulation, et de ses droits d'octroye même sur les cuirs.
Teinturiers 9
Ce corps très distingué est tombé avec les manufactures d'étoffe en laine.
Tisserands 12
fabricants de grosses toiles, par opposition à celles de batiste et linon.
Toilliers 27
Tourneurs 25
Vitriers 13
Toutes les autres professions sont libres. 11 vient de s'établir près du Noir Mouton des ateliers pour l'épurement du charbon de terre, dont l'entreprise pour la Flandre et le Haynaut a été accordée à Jean Pierre Ling et Compagnie, par lettres patentes enregistrées au Parlement, le 14 novembre 1778. (1)
(i) J.-P. Ling qui avait découvert un procédé de désoufrement du charbon déterre, obtint alors un privilège de ij ans pour la fabrication du coke.
AU XVIIl" SIÈCLE 41
SUBDÉLÉGATION
Toutes les Intendances sont diviséespar subdélégations, dont les subdélégués ont été créés en titres d'office formés héréditaires, parl'édit du mois d'avril 1704, maisils ontété supprimés en Flandres par l'édit du mois d'octobre 1 7 1 3 , et en Haynaut par celui du mois de janvier 1714, pour y être rétablis en commission, à condition que ceux qui seront nommés seront choisis dans le corps de ville et d'état, et qu'ils jouiront des mêmes privilèges et exemptions, dont ont joui ou ont dû jouir les pourvus de ces offices.
La subdélégation de Valenciennes comprenoit non seulement cette ville, mais encore celle de Condé et de Bouchain avec leurs dépendances ; depuis la suppression des offices de subdélégués, elle ne comprend plus que la ville de Valenciennes, ses banlieues anciennes et nouvelles, et 25 paroisses avec les fiefs et hameaux qui y sont enclavés.
Sçavoir
Aubry
Le 19 juillet 1778, jour de la dédicace de l'endroit, M. Dubois abbé de Vicoigne, seigneur d'Aubry, et son médecin M. Dufresnoy, pour encourager la vertu firent
célébrer une fête dite la Rosière^ (i) où M. l'Abbé lui même, revêtu et mitre, couronna sur un théâtre la fille qui étoit reconnue pour la plus vertueuse ; la même fête fut célébrée deux années de suite, et la mort de ce prélat mit fin aux récompenses que pouvoit espérer la vertu dans ce village.
Le nombre des habitants de tout sexe et de tout
âge étoit en 1699 de 179
en 1777 » 119
en 1778 » 401
Aulnoy
Il y a un Béguinage fondé par un ancien Seigneur pour deux béguines, où ellesont chacune leur demeure, et dont les prébendes qui consistent en huit mancauds de bled, sont à la nomination du Seigneur. Le surplus des revenus, qui consistent en 44 mancauds, six pintes de bled et une rente d'une livre dix sept solshaynaut, sert à acquitter les charsfes de sa fondation et à l'entretien des bâtiments. Lesdites béguines doivent vivre en célibat, se vêtir de brun ou de noir, savoir lire et écrire, et être suffisamment instruites pour élever les enfants dans la religion catholique.
(i) A la suite d'une violente épidémie, à Aubry à la fin de 1777, l'Abbé Dubois et le Docteur Dufresnoy, de Valenciennes, qui se dévoua en cette circonstance, convinrent d'instituer un couronnement de rosière pour célébrer la cessation du fléau.
Les vieilles femmes du village, présidées par le Bailli, furent chargées de passer toutes les vertus au scrutin ; il en résulta que la nommée Sauvage (Augustine), jeune et jolie fille de 22 ans, fut élue Rosière à lunanimité ; son couronnement eut lieu le 19 Juillet 1778. Aug. Sauvage, qui est décédée vers 18?), dans la commune de Petite-Forêt près Aubry, se plaisait à raconter tous les détails de cette touchante cérémonie.
Le nombre des habitants éloit en 1699 de 232
en 1777 » 419
en 1778 » 319
Artres
Les habitants étoient en 1699 au nombre de 103
en 1778 » i$5
Beuvrages
M. de Brias, archevêque de Cambray, avoit acheté cette terre et établi le séminaire dans son château. M. de Fénelon l'a transféré à Cambray, au refuge de Saint-André-Abbaye, par lettres patentes du mois de may 1714. Puis il fut de nouveau remis à Beuvrages, et sous Mgr. le duc de Choiseul archevêque, transféré encore à Cambray dans une partie du collège des jésuites, par lettres patentes du mois de mai 1766.
Les habitants étoient en 1699 au nombre de 227
en 1777 » 437
en 1778 » 512
Arnonville dépend pour le temporel de Beuvrages, il relevait autrefois d'Anzin pour le spirituel, mais aujourd'hui les habitans ont le choix entre l'une ou l'autre de ces deux paroisses, quoique de diocèses différents. Les habitants sont compris dans le nombre de ceux de Beuvrasres.
*Ci
Bruay
Autrefois Brueil, dont dépend le fief seigneurial du
hameau et l'écluse de la Folie sur l'Escaut. Le nombre des habitans de tout âge et de tout sexe étoit en 1699
de , . . . 272
Courouble (Quarouble).
Dont dépend le petit Vaucelle (i), ferme et prairies, appartenant à l'archevêque de Cambray, et le fief seigneurial des Bosquiaux(2) pour le spirituel. Le nombre des habitans étoit en 1699 . . . .de 457
en 1777 » 1007
en 1778 ») 930
Crespin
Il y a une abbaye de l'ordre de St-Benoit, fondée vers le milieu du VIP siècle, par S. Landelin. Elle est composée de 22 religieux y compris l'abbé.
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 620
en 1777 » 926
en 1778 » 1 123
Curgies
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 220
en 1777 » 245
en 1778 » 248
(i) Vaucelle (Bois de). Partie du bois d'Amblise aujourd'hui défriché.
(2) Les Bosquiaux (petits bois) également de la forêt d'Amblise, érigés en seigneurie particulière, situés au territoire de Vicq.
AU XVIJI"" SIÈCLE 4^
Escaupont (Pons Scaidis).
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 107
en 1777 '> 42B
en 1778 » 428
Estreux (de Strata via, route pavée).
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 149
en 1777 » 256
en 1778 » 247
Famars (Fanum Martis).
Dont dépend le fief seignieurial de Commont et le franc-alleu de Saméon. Le nombre des habitans en
1699 étoit de 140
en 1777 » 190
en 1778 » 209
Collateur l'abbé de St-Saulve.
Fresnes
Dont dépendent les hameaux d'Odomez, les fiefs de la Motte, du Vivier et de Flamengris, faubourg de Condé. En 1723 on y découvrit le charbon de terre, dont l'exploitation s'y continue depuis avec succès, mais il n'est propre qu'à la cuisson des briques et de la chaux ; cette exploitation appartient à la Société d'Anzin. Il y a aussi à Fresnes une verrerie oij il se fait des bouteilles de verre brun.
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 248
en 1777 » 17 10
en 1778 » 1730
Monchaux
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 1 59
en 1777 » 211
en 1778 » 204
Maing
Dont dépendent le fief seigneurial du Chatel-des-Près et l'abbaye de Fontenelle, dirigée par des filles de l'ordre
de Saint-Bernard (i), composée de 40 religieuses, l'Abbesse comprise.
Le nombre des habitans en 1 699 étoit de 412
en 1777 » 699
en T77R » 717
Préseau
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 274
en 1777 » 561
en 1778 » 684
Quieverchain (Quiévrechain)
Le nombre des habitans en 1699 étoit de 235
en 1777 » 376
en 1778 » 384
(i) Les filles de l'abbaye de Fontenelle appartenaient à l'ordre de Citeaux sous l'autorité de Clairvaux ; elles prirent l'habit et la règle de St-Bernard.
AU XVIIl"'' SIÈCLE 47
Quierenain (Quérénaing)
Le nombre des habitans en 1 699 étoit de 222
en 1777 » 149
en 1778 ,) ijo
Rombies
Le nombre des habitans en 1 699 étoit de 161
en 1777 183
en 1778 » 185
Raismes
Le nombre des habitans étoit en 1699 de 109
en ijjj » 1302
en 1778 ,) 1174
Saultain
Le nombre des habitans étoit en 1699 de 219
en ^777 » 373
en 1778 » 379
Sebourg
Le nombre des habitans étoit en 1 699 de 663
en 1777 » 815
en 1778 » 823
Tricth (Trith-Saint-Léger)
Dont dépend l'annexe de Verchineul, dit St-Léger,
il est soumis à la même justice et desservi par le même
curé.
Le nombre des habitans étoit en 1 699 de 353
en 1777 ') 603
en 1778 » 620
Verchain
Dont dépendent les fiefs seigneuriaux d'Onnaing, Maugré et Vicognette. Le nombre des habitans de tout âge en 1699 étoit. ...:.. de 407
en 1777 » 368
en 1778 » 543
Wicq {Vicq)
Dont le siège seigneurial de Sebourquiaux dépend pour le temporel, et pour le spirituel de la paroisse de Courouble (Quarouble).
Le nombre des habitans en 1 699 étoit de 231
en 1777 » 540
en 1778 » 592
11 y a encore dans la subdélégation de Valenciennes, Vicoigne, abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré, composéede 34 religieux y compris l'abbé, avec territoire dont la justice appartient à l'abbaye. Le nombre des
habitans en 1699 étoit de 126
La Petite-Franche-Forêt-de-Raismes, hameau dont les habitans ont le choix entre les paroisses d'Aubry et de
9Ul 4
AU XVIIl"' SIÈCLK
Raismes, et qui sont confondus avec ceux de Tune et de l'autre de ces paroisses.
Il y a aussi un couvent de Carmes Chaussés, c'est le noviciat delà province Gallo-Belgique, et la résidence ordinaire du Provincial. Il y a 40 religieux.
Ces 2 5 paroisses et autres lieux composent la Prévôtéle-Comte de Valenciennes, dont le Prévôt-le-Comte a réuni à son office , celui de juge ordinaire de cette Prévôté , créé par édit du mois de novembre 1696 et celui de garde-scel, créé par le même édit ou un autre du même mois.
Par édit du mois de mars 1693, le roy avoit créé en titre d'office héréditaire, un lieutenant général au siège de la Prévôté, et outre le Prévôt quatre Conseillers et un Procureur du roy, mais les offices de Conseillers et de Procureur du roy n'ont jamais été levés ,
Ce siège connoît dans l'étendue de la Prévôté, en première instance, des causes des ecclésiastiques, des nobles et des communautés en matières personnelles, il y connoît aussi de celles des roturiers, par prévention avec les officiers des seigneurs haut-justiciers, à l'exception de ceux d'Honnain et de Courouble, qui lui ont contesté ce droit et ont obtenu la provision.
Les villages de la Prévôté-le-Comte et leurs dépendances font partie du chef-lieu de la ville. Les matières réelles et de succession y sont régies par la Coutume et jugées en forme de charge d'enquête, par le Magistrat de la Ville comme chef de sens. La Coutume du Haynaut n'y est suivie qu'en actions personnelles, à l'exception
de la Petite-Franche-Forêt-de-Raismes, qui étoit du chef-lieu de Mons, et dont les héritages sont régies par sa Coutume ; cependant les autorisations qui les concernent doivent présentement être accordées par le Magistrat de la Ville, suivant un arrêt du Parlement de Flandres du 23 janvier 1768. Les seigneurs haut-justiciers y ont aussi des cours féodales, qui connoissent seules et sans prévention, de toutes les actions concernant les fiefs tenus et mouvants de leurs terres, qui se règlent par la Coutume du Haynaut. Le commerce des paroisses de la subdélégation de Valenciennes, consiste principalement en tout ce qui procède de l'agriculture ; on y dépouille du froment, du seigle, de l'orge et de l'avoine, des foins, des fourrages, des lins fins et gros, du chanvre, du houblon, des pommes de terre, des fruits à noyaux et à pépins, du bois de charpente et à brûler ; on y exploite des mines de charbon de terre, des carrières de grès et des pierres blanches propres à bâtir et faire la chaux. On y élève des bestiaux, et on y fabrique dans plusieurs endroits, des toiles, batistes, linons et grosses toiles.