‹ Tableau de Valenciennes au XVIIIe siècleChapitre 7 sur 14 · ÉTAT MILITAIRE · texte numérisé non relu

ÉTAT MILITAIRE

Valenciennes comme ville franche, étoit gouvernée par le Magistrat, sous l'autorité du juge souverain. Elle avoit le droit de se garder et de se défendre. Elle avoit à cet effet des arsenaux, confiés à des surintendants, et deux commissaires nommés par le Magistrat et Conseil particulier, qui nommoient aussi deux commissaires pour les ouvrages et entretien des fortifications. Elle levoit et entretenoit des troupes pour les besoins des souverains, et pouvoit chasser et enroller les habitans. Ceux d'un menu commerce, art et métier, étoient obligés de se réunir sous les banniers, qui les distinguoient, étant commandés parle Magistrat, qui leur accordoîi des privilèges conformément au service ; d'où se sont formés les corps et communautés de marchands, arts et métiers. Le Magistrat gardoit les clefs, commandoit les troupes, nommoit les officiers, et deux échevins étoient toujours de garde à l'hôtel de ville, pour l'ordre et sûreté de la ville. Lors de la domination françoise, le bourgeoisfutdésarmé, hors les compagnies bourgeoises au nombre de 5, les canonniers, les arbalétriers, les archers, les arquebusiers et les Bons-Vouloirs. Les engagements pour les 4 premières compagnies, sont pour la vie s'ils restent à Valenciennes, ils doivent leurs établissements aux lettres patentes de plusieurs roys et princes du Pays-Bas, confirmées particulièrement par l'Empereur Charles Quint, par Louis XIV en 1687 et par Louis XV en 1720 et 1767. Deux serments par

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chaque compagnie de chaque corps de Métiers, ont pour privilège l'exemption de tous droits et tailles à lever par le Magistrat. Si le Souverain vient à la Ville, ils font la garde à la porte de l'hôtel où il loge, ils sont tenus d'obéir au Gouverneur pour la garde des portes, fortifications et autres services militaires, lorsque le cas le requiert, comme incendie, etc., et au Magistrat pour la police et bon ordre, ils accompagnent aussi le Magistrat dans les grandes cérémonies publiques.

La Compagnie des Canonniers étoit obligée de faire le service de l'artillerie pour certain salaire que la ville payoit, maintenant toute cette manœuvre se fait par les soldats à corvée, suivant l'article 466 de l'ordonnance du 25 juin 1750 et autres.

Les Bons-Vouloirs, ainsi nommés parce qu'ils peuvent quitter lorsqu'ils le veulent, sont tenus au même service sans aucun privilège.

Les charges auxquelles la ville s'est soumise par la capitulation pour le service militaire, consistent à faire construire une citadelle, pourvoir au logement des officiers majors de la garnison, officiers et troupes de cavalerie, mfanterie, dragons, etc., en bâtissant et meublant, chauffant des casernes, et les disposant de manière que la troupe ne soit pas trop dispersée, subvenir au logement des troupes de passage, et à l'établissement pour la garnison de cantines, exemptes d'impôts des fermes de la ville.

Louis XIV écrivit le 28 décembre 1680 à M. Le Pelletier intendant de Flandres, que son intention étoit

que la Ville fournisse chaque année, un fonds fixe et réglé de 2 5 ,ooo florins, faisant 31,250 livres de France, pour être employés par les Massards ou Receveurs de la Ville, tant aux ouvrages que Sa Majesté ordonneroit de nouveau, qu'aux réparations des anciens, suivant les marchés et adjudications publiques, qui en seroient faites par l'intendant de la province en présence du Magistrat, assurant que pour quelque cause ou prétexte que ce soit, cette somme ne seroit point divertie ny employée à autres usages, qu'aux ouvrages que Sa Majesté jugeroit nécessaires pour l'entière perfection des fortifications de la ville. Depuis lors cette somme fut exactement payée, mais le Magistrat n'a jamais eu connoissance de l'emploi. Les dépenses pour les services militaires se sont ainsi successivement multipliées pour différents objets, et sont montées par état fait en 1775 à la somme de 185,270 livres 5 sols.

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