‹ Tableau des guerres de la révolution, de 1792 à 1815Chapitre 14 sur 120 · OPÉRATIONS EN VENDÉE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS EN VENDÉE

Expédition dans le Marais (a janvier}.— Généralat de Turrenu (5)j— Colonnes infernales (i7)v— Mort de Larochejaequelin (4 mars).— Prise de Chollel (10). — Mort deHaxo (19).— Remplacement de Turreau (i3 mai).-EUtde la Vendée (mai et juin).

Au début delà campagne, huit armées nerveuses, à cadres aguerris, se déployèrent contre l'ennemi extérieur ; de la mer à la Sambre, l'armée; du nord (1 5 0,000) sous Picbegru , que la victoire du Geisberg et la dis* grâce de Hoche et de Jourdan plaçaient en tôte des illustrations nouvelles; entre Sambre et Meuse , l'armée des Àrdennes (3o> 000) commandée par Charbonnier, vieux soldat devenu tout-à-coup général; de la Moselle a la Sarre, Tannée de la Moselle (4o,ooo) sous Morcaux, deuxième du nom , se liait par un corps intermédiaire placé sur le revers occidental des Vosges (10,000) à l'armée du Rhin (60,000) qui bordait la rive gauche du fleuve , sous Michaud, l'un des plus braves et des plus modestes généraux qu'elle eût produits; au pied du Mont-Ccnis et du petit Saint-Bernard , l'armée des Alpes (-20,000), commandée par Alexandre Dumas; dans le comté de Nice, l'armée d'Italie (3o,ooo) dont le chef,

Duraerbion, était inspiré par son général d'artillerie, Napoléon; enfin, à la frontière d'Espagne, l'armée des Pyrénées orientales (35,ooo), sous Dugommier, vainqueur de Toulon; et l'armée des Pyrénées occidentales (25,ooo) commandée par Muller.

De plus, trois autres corps d'un effectif d'au moins 60,000 hommes, occupaient la Vendée et le théâtre de la chouannerie. La république avait donc sur pied, outre les garnisons des places et les dépôts qu'on peut évaluer à 3oo,ooo hommes, un effectif de 460,000 combattans.

Les coalisés n'étaient pas en moindre nombre : Cobourg opposait' h Pichegru 160,000 hommes; Beaulieu en avait 20,000 à Namur; Blankenstein (1 5,ooo) dans l'électoral de Trêves, se liait à l'armée prussienne (62,000) qui couvrait Mayence flanquée de l'autre côlé du Rhin par Tannée impériale (65,ooo); Brunswick et Wurmser avaient l'un et l'autre quitté le commandement; ils étaient remplacés, le premier par le feldmaréchal Mœllendorf , l'autre par le prince de Saxe-Teschen. Aux Alpes, 53,ooo Austro-Sardes et, aux Pyrénées, 60,000 Espagnols tenaiént tête à nos armées du midi. Enfin 10,000 Anglais étaient rassemblés à l'île de Jersey, prêts à se jeter sur les côtes de la Bretagne; total 445,000 combattans.

L'hiver ne suspendit point la guerre de la Vendée; pendant l'excursion outre Loire, l'intérieur du pays était tenu en respect par la garnison de Nantes et une chaîne de postes répartis le long du fleuve; Charette seul tenait la campagne. Haxo l'attaqua dans le Marais: renforcé par la garnison des Sables, il le rejeta sur la Vendée centrale, et après avoir inutilement tenté de repreudre l'île de Noirmoutier, il le repoussa pied à pied jusque dans la haute Vendée. Sur ces entrefaites, les désastres du Mans et de Savenay firent rentrer dans le Bocage Stofîlet, Larochejacquelin et quelques autres chefs ; mais ils purent à peine renforcer Charette, et leurs bandes réunies ne dépassèrent pas 6,000 hommes. La population la plus belliqueuse avait péri. Ceux qu'on rencontrait encore les armes à la main , aspiraient au moment de les déposer. A mesure que les détachemens de Haxo pénétraient dans leurs cantons , ils accouraient à lui , implorant son appui contre des chefs qui ne se recrutaient plus qu'à l'aide de violences.

Cependant Marceau rentra dans Nantes, et deux belles divisions tirées du Nord et des Pyrénées portèrent ses forces à 40,000 hommes. Il voulut s'emparer de Noirmoutier , occuper militairement le Bocage, désarmer le petit nombre d'insurgés qui le parcouraient encore et surveiller la côte pour intercepter les secours préparés par les Anglais. De telles dispositions, exécutées par des hommes comme Marceau, comme Kleber, eussent dès-lors mis fin aux plus terribles scènes de la révolution; mais à

cette époque, la Montagne, qui avait cru nécessaire au salut de la France Tcmploi temporaire de mesures énergiques , était elle-même dominée par un parti extrême, né de la longue alternative de nos succès et de nos revers. Cette secte, d'accord avec les fanatiques de tous les temps, n'admettait flus d'autre procédé que l'extermination en masse de ses adversaires. Elle avait fait décréter la destruction de Lyon : elle rencontra un général qui ne recula point devant le projet de dépeupler toute une province.

On éloigna les vainqueurs dcSavcnay, et Turrcau vint prendre le commandement de l'armée, qu'il conduisit à Saumur pendaut que Haxo reprenait Noir mou tier. Là , il ne craignit pas de dévoiler son système aux représentons assemblés ( i ). Un eri d'horreur s'éleva ; tous, un seul excepté, quittèrent le quartier-général ; le comité n'osait avouer son terrible mandataire; mais, sans doute, encouragé par des instructions secrètes, celuici n'hésita pas à entrer en campagne.

Douze colonnes débouchèrent de Saumur par toutes les routes, se portant au devant de Haxo, divisé lui-même en huit colonnes. Voici ce que le général en chef leur prescrivait : « On emploiera tous les moyens de dé- « couvrir les rebelles; tous seront passés au (il de la baïonnette, les vil- « lages, métairies, bois, lande3, genêts, et généralement tout ce qui « peut être brûlé, sera livré aux flammes. »

Au bout de dix jours, ces mesures implacables avaient ranimé la guerre prête à s'éteindre, et des combats continuels arrêtèrent ou détruisirent les colonnes républicaines. Larochcjacquelin ayant péri dans une de ces rencontres , Stoftlet prit le commandement et s'empara de Chollet qu'il fit incendier. D'un autre côte, Haxo fut tué au moment d'atteindre Charctte à la Roche-sur-Yon. Sur tous les points, l'exaspération redoubla; mais, cette fois , les insurgés au désespoir ne combattaient plus que pour défendre leur vie , et la modération devait les désarmer. Turrcau fut enfin rappelé par l'an imad version publique. Vimcux, qui le remplaça, prit des dispositions plus humaines, dont le cours des évènemens hâta le succès.

Il divisa son armée (5o,ooo) en l\ colonnes qu'il rangea depuis Nantes jusqu'à l'embouchure du Layon en ligne presque circulaire, comprenant la Motte-Achard, Chantonnay, la Châtaigncrayc et Thouars. Elles reçurent l'ordre de s'avancer simultanément en observant la plus sévère discipline, désarmant les communes et en respectant les personnes et les propriétés; mais elles ne purent d'abord sortir des rctranchcmcns où elles s'étaient

(0 Quelques historien» prétendent que le système des colonnes fut ordonné par les représentant «tt içi^ion. Le représentant Turreau chargea son frère , qui était général , de l'exécution de ce système.

renfermées, et se tinrent sur la défensive. Il fallut quelque temps a vint que les Vendéens les distinguassent des colonnes infernales de Turreau. Mais bientôt la guerre civile fut réduite aux coups de main individuels. Canclaux , si connu pour sa modération , succéda à Vimeux, que son grand âge appelait à la retraite , et quelque temps afM$s un décret de la Convention promit le pardon aux insurgés qui déposeraient les armes.

OrÉRATIOIfS 8CR LA FBORTIÈRB DU WORD.

Siège de Landrecies ( r 7 avril) — Première allaque des lignes de circonvallation (ao). — Deuxième attaque

(afl).— Capitulation (3o).— Combats de Bous<u (a6).— Autour de Lille (a«L— De Moescrocn (a8)

Inveili»emeiïtd'Yj)res(3o). — Combat de Courtray(if mai).— Mou renient de» coaliscs(i 7).— Bataille de Turcoiog ( 1 8).— Combat de Poat-à-Cuin (aa). -Bataille d'Hooglède (x3 juin). — Priae d'Yprea

(18) Passage de la Sambre (10 tuai). — Combat de Grandreogt (1 3). — Deuxième passage (ao).

—Deuxième combat de Grandreng (ai).— Combat de Mcrbes (a4) — Troisième passage (a juin). —.Combat sous Cbarleroy (S). — Prise d'Arloa (16 avril) — Beaulieu à Bouillan (ag).— Marche de

Jourdao (ig à 39 mai) Son arrivée sur la Sambre (3 juin). — Quatrième passage (ia).J)euxiè-

me combat sous Cbarlcroy (16).— Cinquième et dernier passage de la Sambre (18). — Prise de Charleroy (a5).— Bataille de Fleurus (afi).— Combat et prise deMons(i" juillet) — Combat de Deyase (ao juin). — Coaibat do mont Saint-Jean (7 juillet). — Occupation de Bruxelles (g au 10). — Combat deLouvain (i3).— De Maliues (17).— Prise de Kamur (17).— D'Huy (19).— De Liège (.17). — Des places du nord et de la Flandre maritime (juillet et août). •

Au nord, malgré l'activité du comité, Cobourg conservait l'initiative. U reprît ses opérations dans la première quinzaine d'avril, et il s'avança sur Landrecies.

Le centre de Pichegru s'étendait de Bouchain et Cambrai à Guise, flanque par l'Oise et l'Escaut; la droite occupait le camp de Maubeuge et la gauebe ceux de Lille et de Dunkcrqe.

Pour contenir les ailes de son adversaire, le généralissime ennemi détacha, à droite Clcrfayt avec 3,ooo hommes postés de Tournai à la Lys#

Digiliz£dJ}yXa£>ogle

et à gauche, le prince de Kaunitz qui jeta, au-delà- de la Sambre, à Merbes, a5,ooo hommes, pour prendre position entre Beaumont et Boussu, et séparer Pichegru de l'armée des Àrdennes. Cependant Cobourg, le prince d'Orange et le duo d'York, divisés en trois corps d'égale force, rangèrent près de 100,000 hommes autour de Landrecies.

Cette petite place est située sur la rive droite de la Sambre; pour l'investir, il fallait couper les routes d'Avesues, de Guise et de Cambrai. Sur les deux premiers points, on était couvert par la petite Helpe et la forêt de Nouvion ; mais, du côté de Cambrai , ou ne pouvait suppléer au défaut d'obstacles naturels, que par un grand déploiement de forces, York remplit l'intervalle (35,ooo) en se retranchant aux bords de la Selle, au Cateau-Catnbresis, à Troisville et à Catillon; Cobourg, s'étendant par Nouvkm, Fontenclte et la Capelle, compléta les lignes de blocus. Le prince d'Orange resserra la ville et en commença le siège. 4 à 5,ooo hommes formaient la garnison qui ne montra pas moins de constance que celles de Valenciennes et de Condé.

Pichegru tenta de la dégager; mais il ne mit point en pratique Ici grandes leçons de l'année précédente, et ses mouvemens décousus n'eurent point de succès général. Au lieu de se concentrer et d'offrir la bataille, il manœuvra d'abord pour renouer les communications interceptées entre sa droite et son centre.

8 à 10,000 hommes débouchèrent du camp de César dans le but de faire diversion et de contenir le duc d'York. A peine à deux lieues de Bouchain, ils se heurtèrent, sur les rives de la Selle, contre les redoutes ennemies. Après un engagement long et douteux, ils se replièrent et, saisis, au moment de rentrer à Bouchain, d'une terreur panique, ils se débandèrent et essuyèrent quelques pertes.

Cependant deux divisions se portèrent de l'Oise à Nouvion, et un fort détachement déboucha d'Avesncspour se rendre maître du cours de la Helpe. Cette opération, conduite mollement, eut pour seul effet de rétablir, par la Capelle, la liaison entre le centre et la droite. L'attaque contre la forêt de Nouvion échoua. Après avoir pris une redoute, on fut battu et ramené dans le camp de Guise.

, Après cet échec, Pichegru commença à se livrer à de grandes manœuvres; il résolut de frapper le centre de Cobourg et en môme temps de déborder ses extrémités. Lancer à-la-fois sur Kaunitz l'armée des Ardennes et les troupes de Maubeuge; faire filer dans la Flandre maritime 5o,ooo hommes, sous Souham et Moreau,et retourner à l'attaque des lignes de blocus par Bouchain, Guise et Avesnes, tel fut son plan , qui ne > sauva point Landrecies, mais qui changea les dispositions des coalisés.

Ce résultat ne Ta point préservé de justes critiques. On l'a blâmé d'à-

voir compromis les 5o,ooo hommes de sa gauche, que Cobourg, par un mouvement décidé sur sa droite, eût jetés dans la mer. On lui a reprochéd'avoir tiré une fausse conséquence des succès de Hondschoote et de Wattignies; il eût dû en conclure qu'il fallait opérer, uon sur les ailes de l'ennemi, mais sur l'une des deux seulement. Si les 1 5o,ooo hommes qu'il fit mouvoir sur six points éloignés s'étaient concentrés aux bords de la Sambrc, pour la passer à Charleroy, le sort de la campagne eût été immédiatement fixé.

Quoi qu'il en soit, la colonne de Maubcuge fut contenuo par le généralissime et ne put dépasser Àvesnes; celles de Guise et de Bouchai n se brisèrent à Troisvillc et à Catillon contre le duc d'York; et Landrccies, perdant tout espoir d'être secouru , à demi ruiné par six jours de bombardement, capitula. Mais les généraux ennemis n'en furent pas moins contraints d'abandonner leurs projets d'invasion. Les diversions sur leurs extrémités avaient réussi , et dès-lors la base d'opérations qui avait paru suffisante , l'année précédente, n'était plus réputée assez solide; d'ailleurs elle n'était pas complète, puisque Maubeuge n'avait pu être assiégé.

Cobourg ne pouvait pas s'aventurer dans l'intérieur, en laissant en arrière deux armées assez fortes pour envahir la Belgique et lui fermer la retraite; il n'avait plus d'autre parti à prendre que de se porter où les Français étaient le plus incnacans et où il espérait les aborder avec plus de chances de succès.

Le prince de Kaunitz, assailli sur les hauteurs de Boussu , avait été rejeté au-delà de la Sambrc. Cobourg le renforça du corps hollandais et le chargea de contenir sur la rive droite les divisions républicaines; luimême courut avec York au secours de Clerfayt. Celui-ci était aux prises avec Souham et Morcau : on l'avait d'abord attiré sur l'Escaut, au moyen d'une démonstration à Dcnain; pendant ce temps, trois colonnes s'élancèrent de Dunkerque et de Lille : ou prit Fumes, on resserra Ypres , on investit Menin, on s'empara, l'cpée à la main, des hauteurs de Moescroen et l'on entra dans Courtrai. Clerfayt, mieux informé du vrai point d'attaque, se hâta de retourner dans ses positions; arrivé à Moescroen, il s'arrêta et se mit sous les armes, espérant inquiéter les Français sur leur retraite et les engager à rétrograder par la rive gauche de la Lys; mais Souham sortit de Courtrai, revint droit à lui, l'aborda à la baïonnette et le rejeta sur Tournai. Sa défaite fit perdre aux troupes renfermées par Moreaudans Menin (3ooo) l'espérance d'être dégagées; elles se frayèrent un passage à travers la division républicaine et se retirèrent à Bruges. La'place qu'elles abandonnaient fut occupée et l'on commença le siège d'Ypres.

Pendant que Cobourg se portait sur sa droite, en arrière, Pichegru

faisait suivre son mouvement par Bonneau et les a5,ooo hommes du camp de César. Deux divisions du camp de Guise furent envoyées à Maubeuge , et il ne resta sur l'Oise qu'un corps d'observation d'environ 16,000 hommes.

York arriva le premier sous Tournai ; Clerfey t , que Souham tenait en respect depuis le combat de Moescroen , une fois masqué par le corps anglais , partit et se montra tout-à-coup à Courtrai , sur le flanc de Moreau , qui couvrait l'investissement d*Ypres. 11 commença le feu vivement et obtint d'abord du succès; mais, de son côté, Souham avait été relevé par Bonnaud. Tandis que son collègue occupait York par une suite d'attaques entre Lille et Tournai , il marcha sur la Lys et survint à temps pour rétablir le combat; les impériaux furent repoussés à Deynse et Thielt.

Quatre jours après , toutes les forces de Cobourg étaient rassemblées à Tournai , Cysoing, La main et Marquain. L'empereur d'Autriche parut au quartier-général, et l'on résolut de signaler son arrivée par une action éclatante. Le chef d'état-major, Mack, arrêta les dispositions d'attaque; on les accueillit avec transport en leur donnant le nom de plan de destruction. Il ne s'agissait , en effet, de rien moins que d'anéantir tour-àtour les diverses parties de l'armée française. Elle formait une colonne allongée de Lille à Courtrai , et composée de trois masses principales : Bonnaud au camp de la Madeleine , Moreau à Menin et Souham à Courtrai. On voulait la rompre par le flanc, en jetant 100,000 hommes entre Lille et Menin ; on voulait pousser Souham et Moreau jusqu'à la mer, leur faire déposer les armes et se rabattre ensuite sur Bonneau. Mais la difficulté était de dérober les apprêts d'une aussi vaste manœuvre aux généraux républicains qui se trouvaient tout portés pour se concentrer eux-mêmes.

Moreau reconnut le premier un mouvement extraordinaire sur la rive gauche de la Lys. C'était Clerfayt qui gagnait par Rousselaere les ponts de Werwick. 11 le suivit latéralement et donna l'éveil à Souham qui se rendît sur-le-champ à Menin. On apprit bientôt que huit colonnes sorties du camp de Tournai se déployaient dans la plaine, sur trois lieues de front, depuis Moescroen jusqu'à Sainghin.

Elles occupèrent sans obstacles sérieux Gruson, Turcoing , Lannoy, Hems, Watreloos, Roubaix, et elles replièrent Bonneau sous les murs de Lille. Ce grand développement, coïncidant avec celui que surveillait Moreau , dévoilait assez les projets des coalisés. Ou marchait au-devant de Clerfayt pour le rallier sur la route de Menin à Lille; on s'étendait à gauche pour attirer Bonneau du côté de Fiers, et à droite pour retenir les autres divisions autour de Menin.

Ih GUERRES DE LÀ RÉVOLUTION.

Pichegru présidait alors à l'organisation de sa droite; en son absence, ses licutenans prirent, avec autant de hardiesse que d'intelligence, les mesures les plus propres à déjouer l'ennemi. Moreau saisit 8,000 hommes et les posta aux ponts de Wcnvick pour disputer à Clerfayt le terrain pied à pied) il ne s'agissait avec lui que de gagner quelques heures, pendant lesquelles on se proposait de frapper au oœur la ligne étendue qu'il espérait rejoindre. Souham et Bonneau se destinèrent tout entiers à ce coup décisif, et Ton détacha , en ayant de Fiers , un corps qui reçut l'ordre de manœuvrer sans relâche, de manière à faire croire à la gauche des impériaux qu'elle avait donné le change aux divisions de Lille.

Cette combinaison improvisée, que Ton attribue surtout à Moreau, réussit de point en point. Clerfayt, vigoureusement contenu, perdit beaucoup de temps au passage de la Lys et tous ses efforts ne purent lui faire dépasser Linselles. Cependant Bonneau et Souham, débouchant, l'un de Lille , l'autre de Menin , se ruèrent avec 60,000 hommes sur Roubaix et Turcojng.

Cette dernière ville servait d'appui aux impériaux du général Otto, mais ils étaient dissémiués dans les environs, et le choc imprévu de Souham les jeta dans un désordre dont ils ne purent se remettre. Les Anglais firent meilleure contenance en résistant à Bonneau ; toutefois, la gauche, trompée par le détachement de Fiers, ne faisant aucun effort pour les soutenir, ou les déborda par les deux flancs; déjà une brigade menaçait de pénétrer à Lannoy et de leur couper la retraite lorsqu'ils vidèrent précipitamment le champ de bataille. Leur défaite entratna celle de l'armée entière : elle essaya vainement de se reformer à Leers, Templeuve et Lannoy, elle ne put se raffermir que dans ses retranchemens. Clerfayt eut à peine le temps de repasser la Lys et de se retirera Thielt. L'ennemi perdit dans cette journée 3ooo hommes et 60 pièces de canon.

Pichegru, arrivé au quartier-général le lendemain de la victoire, se mit lentement en devoir d'en retirer le fruit; au bout de trois jours d'inaction, il ordonna l'assaut des lignes de Tournai; mais après avoir couvert un moment l'Escaut, vers le pont du Château-de-Chin , il finit par être repoussé avec une perte de 4ooo hommes. U chercha inutilement, à la suite de cet échec, à attirer sur Orchies les forces de son adversaire.

Cependant Cobourg, tenu en suspens par les opérations sur la Sambre, se borna à envoyer une division à Clerfayt qui tenta vainement de rompre le blocus d'Ypres ; il porta 3o,ooo hommes à Rousselaere et Hooglède contre l'extrême droite du corps d'investissement, formée de deux divisions; celle de Rousselaere, attaquéeà l'improviste, plia; mais Macdoaald,

CAMPAGNE DE 179ft. 7a

à la tête delà seconde, prit, à Iiooglède, une bonne position qu'il défendit assez long-temps pour donner aux troupes battues le temps de se rallier et de revenir à la charge. L'ennemi fut à son tour contraint à vider le champ de bataille et à rentrer dans le camp de Tbielt. Yprcs n'ayant plus à attendre de secours efficace, se rendit à discrétion.

L'armée des Ardennes, les troupes du camp de Maubeuge, renforcées par deux divisions de Guise , formant un total de plus de 60,000 combattons, franchirent la Sambre à Mcrbeset Thuiu dans le but d'occuper Mons et Charleroy. On culbuta l'ennemi à Bincb et Fontaine-Levêquo et Ton renferma le gros de ses forces dans les redoutes de Grandreng ; il fallait les enlever pour suivre ces premiers succès; on s'y porta , maison fut battu; on perdit 4000 hommes et l'on revint en désordre sur la rive droite.

Cet engagement fut néanmoins assez vif pour déterminer Cobourg à envoyer à ses lieutenans un renfort de 00,000 hommes. U fit en même temps passer à Clerfayt une division et lui prescrivit de troubler le siège d'Ypres, tandis que lui-même se tenait en observation a Tournai.

Pendant que les renforts étaient en marche , l'armée des Ardennes, pressée par le représentant Saiut-Just, passa de nouveau la Sambre ci recommença l'attaque de Grandreng où elle échoua encore. Cependant elle resta sur la rive gauclic et entra en opération : deux divisions furent placées à la garde des ponts, tandis que le général en chef s'étendit dans la vallée du Piéton pour menacer Charleroy et forcer Kaunitz à sortir de ses retrancheraens. Mais les impériaux, loin de songer à la retraite, marchèrent résolument aux postes de la Sambre. Un combat sanglant s'engagea dans l'Yonc et faillit être funeste aux républicains. Déjà le désordre se mettait dans leurs rangs et les ponts étaient obstrués par la foule des fuyards, quand Cliarbouuier, attiré par le bruit du canon, accourut sur le flanc gaucho do Kaunitz. On parvint à regagner l'autre rive, mais on avait encore perdu 4ooo hommes et de l'artillerie.

Les troupes avaient besoiu de repos, Saint-Just n'accorda pas un instant. Dès le 26, J armée se porta par Valcourt à Marchiennc-au-Pont et commença l'attaque ; au bout de trois jours de combats acharnés, le passage fut forcé et Charleroy investi. Mais le renfort de 20,000 hommes survenant , les généraux ennemis tombèrent sur les lignes de blocus, et pour la troisième fois on repassa sur la rive droite affaibli de aooo hommes.

A ce même moment , Jourdan déboucha à la tête de 4o,ooo hommes. L'armée de la Moselle, cantonnée àLongwy, à Kaiserslautern , observait à-Ia-fois Bcaulieu, Blankcnstein et Mœllendorf. Mais du côté des Vosges, les coalisés ne firent aucune disposition offensive. Les Prussiens, dont

on a pu remarquer, depuis leur retraite de la Champagne , la prudence extrême, se bornèrent à couvrir Mayence. La Pologne, insurgée sous Kosciuzko, retenait à l'est de l'Europe une partie de leurs forces, et ils étaient résolus à ne point compromettre l'armée qu'ils avaient engagée contre la France. Les impériaux ne pouvaient rien sans eux. Hohenlohe avec l'avant-garde du prince de Saxe, resta campé à Mandach en avant du pont de Manheim, et son général en chef ne passa pas le Rhin.

Cette inaction permit à Jourdan de se porter sur sa gauche avec quatre divisions. Ses opérations s'étaient limitées , depuis l'ouverture de la campagne, à profiter d'un mouvement de Beaulieu sur le Luxembourg, pour enlever Àrlon et favoriser les manœuvres de l'armée des Àrdenncs; mais Beaulieu l'avait ramené sous Longwy; et de peur d'être encore une fois coupe de Namur, il s'était posté à Bouillon.

Dès-lors, le général Jourdan demandait avec instance à marcher sur la Sambrc ; on y consentit enfin , et sa droite restant à Kaiserslautcrn sous les ordres de Moreau , il mit en avant trois colonnes par les routes de Bouillon, de Neuf-Château et de Marche-en-Famiue. Beaulieu, à force d'activité, échappa au danger d'être tourné à Marche, et se retira à Dînant d'oîi Lefebvre le replia sur Namur. Là, il passa la Sambre et alla prendre à Flcurus la gauche des coalisés, tandis que les Français poursuivant leur mouvement, firent leur jonction avec les corps qui venaient d'être battus sous Charleroy.

La Sambre devint le théâtre des évènemens décisifs; cette petite rivière, d'un cours sinueux et paisible , séparait, depuis six semaines, deux armées fortes chacune de 5o à 60,000 hommes, qui, tour-à-tour, avaient fait d'inutiles efforts pour s'affermir sur la rive opposée. Cinq combatsacharnés laissaient en suspens la fortune , quand Jourdan vint jeter dans la balance le poids desonépéc. Un grand conseil de guerre se réunit; représentans etgénéraux s'accordèrent à considérer la prise de Charleroy comme une opération préliminaire indispensable. On résolut le siège de cette place : on réunit aux divisions de la Moselle, celles des Ardenncs et deux divisions de l'armée du Nord; et, tandis que 1 5,ooo hommes restaient à la garde du camp de Maubeuge, on lança sur l'autre rive cette masse imposante qui reçut plus tard le nom d'armée de Sambrc-et-Mcusc. Elle prit position autour de Charleroy en couvrant toutes les routes qui y conduisent. La gauche occupa Trazegnies et Forchics , la droite Fleurus et Lambusart, le centre Gosse lies et Heppignies ; une division fut chargée de réduire la place.

Jourdan était général en chef; il avait amené , de la Moselle, Hatry, Lefebvre et Championnct, généraux divisionnaires dont la réputation était fajte. Les mutations de la Vendée avaient placé à l'armée des Ar-

JOURDAN (Jean-Baptiste),

l.in-nge». le ?g arril i-6-ï. — Cwnt-ra\ rrpahlirain. — Maréchal de Fraooc. — Mort a Paria,

le a3 noTerab re 1 813.

Bataille de Fleurua.

dennes, Kleber et Marceau. Maigre tant d'élémens de succès, on essuya encore un échec.

Le prince d'Orange , Kaunitz et Beaulieu tombèrent sur les positions où les républicains n'étaient pas encore affermis. Un combat opiniâtre s'engagea au milieu d'un brouillard épais qui déroba aux généraux français la force et les mouvemens de leurs advei-saires; néanmoins , sur le Piéton et vers Gosselies, les impériaux furent culbutés ou contenus. Jourdan se croyait vainqueur, lorsqu'il apprit que son aile droite avait repassé la Sambre. Ignorant ce qui se passait sur les autres points, et voyant deux redoutables colonnes menacer Lambusart, elle avait craint de perdre ses communications avec la rive droite , et elle s'y reportait en bon ordre. Le reste de l'armée fut obligé de suivre son mouvement. Mais les coalisés, désorganisés par ce rude choc, où ils perdirent plus de 3ooo hommes, s'éloignèrent aussi du champ de bataille, et se retirèrent à Nivelles, où ils appelèrent iustamment le secours du généralissime. Jourdan put ainsi, deux jours après, rentrer dans ses lignes d'investissement et pousser avec vigueur le siège de Charleroy.

Cobourg, laissant York à Tournai et Clerfayt à Thielt et Deynse, accourut avec 3o,ooo hommes renforcer ses lieutenans : tous s'ébranlèrent pour dégager la place, mais elle venait de capituler au momeut où leurs masses se déployèrent devant les postes républicains.

Le lendemain au point du jour on prit les armes et la célèbre bataille de Fleurus s'engagea , plus remarquable par ses grands résultats, par les masses imposantes qui se heurtèrent, que par les combinaisons des généraux opposés.

Jourdan, à la tête de 80,000 hommes, la reçut dans ses lignesde blocus, comme s'il eût voulu couvrir encore la division de siège; et Cobourg, avec 100,000 hommes, attaqua symétriquement toutes les positions françaises sans songer à y pénétrer par quelque manœuvre hardie.

Le prince d'Orange marcha contre KJeber qui se couvrait du cours du Piéton; Kaunitz se chargea de déblayer la route de Bruxelles, et d'enlever les redoutes de Gosselies et d'Hcppignies, défendues par Championnet ; Beaulieu attaqua l'aile droite où se trouvaient Lefebvre et Marceau, rangés de Fleurus à la Sambre : partout , les succès furent d'abord variés.

Les avant-postes républicains se déployaient par Fontaine-Levëque, Forchies,Trazeguies, Frasnes et Mellet : ils furent tous repliés.

Kaunitz et son lieutenant Quasdanowich abordèrent Gosselies et Heppi g nies ; le dernier fut battu, tandis que les Français, chassés des re» tranchcinens d'Ile ppi g nies, commencèrent à se répandre en fuyant dans la plaine. Jourdan détacha pour les rallier une partie de sa réserve; elle

suffît à rétablir le combat qui se soutint victorieusement jusqu'à la fin de la journée.

Le prince d'Orange , en s'appuyant à la Sambre , perça par sa droite jusqu'à Marchienne-au-Pont, dont il fut sur le point de s emparer; mais sa gauche , après s'être épuisée en efforts infructueux , pour dépasser Forchies, se mit en retraite , et Kieber manœuvrant pour jeter dans la Sambre le reste de sa colonno, tout plia pour rentrer dans les positions primitives.

A l'aile droite, l'action fut plus long-temps indécise et plus acharnée. Pendant que Lefebvre défendait, contre l'archiduc Charles, Fleurus et Wanfersée, Beaulieu se glissant dans les bois qui longent la rivière, tomba en niasse sur l'extrême droite de la division Marceau et l'entassa en dé* sordre dans Lambusart; elle s'y défendit long-temps, mais enfin elle se débanda et s'enfuit en partie sur l'autre rive.

Marceau sentait les conséquences de cet échec. Lambusart , bâti sur une hauteur au bord de la Sambre, donne la clef du vaste plateau de Fleurus; l'ennemi , débouchant de ce village , prenait à revers toute la ligne française et pouvait la mettre en déroute.

Le jeune général, quedes combats degeans, en Vendée, avaient doué d'uu rare ooup-d'œil , sans so soucier de rallier la masse des fuyards, saisit quelques bataillons dont les rangs n'avaient pasété ébranlés, et se jeta avec eux entre les haies et les jardins en arrière du village, résolu à s'opposer, à tout prix, au déploiement dos impériaux; son feu les arrête et ) cependant, Lefebvre dispose en sa faveur d'une partie de sa division. Jourdan lui-même accourt avec ses réserves ; de l'autre côté Cobourg , en personne, amène des renforts. Tout se mêle , les moissons dont la plaine est couverte sont incendiées ; on se bat au milieu des flammes avec toute la fureur d'un engagement décisif; enfin, l'ennemi cède, et Lambusart retombe au pouvoir des républicains.

Les deux ailes de l'armée ennemie en s approchant deCliarleroy virent le drapeau tricolore flotter sur tous les édifices de la ville ; on ignorait qu'elle se fut rendue, et cette nouvelle, se répandant à l'improviste parmi les assaillant amortit leur ardeur : les positions des Français n'étaient point d'ailleurs sérieusement entamées ; Beaulieu, très maltraite, s'éloigna du champ de bataille; Cobourg , renonçant à revenir à la charge, donna le signal de la retraite.

Elle s'opéra parallèlement à l'ordre d'attaque. La gauche se replia à Sombref, le centre aux Quatre-Bras et Nivelles, et la droite à Roeulx et Mons par où elle se mit en communication avec les Anglais.

On avait perdu du coté des vainqueurs 6000 hommes , et du côté des alliés 10,000 tués ou blessés et 3ooo prisonniers.

Les manœuvres de Jourdan , pour profiter de sa victoire, sont dignes d'êtro remarquées. Do Sombref à Nivelles, il fit suivre pas à pas les colonnes battues, et lui-mémo, avec le gros de ses forces, marcha vivement contre le prince d'Orange, poUr le rompra, déborder York et tendre la main a Picbcgru. Ce mouvement fut à la veille d'obtenir un succès complet.

On enleva Mons à la droite des coalisés, on les battit à Hoeulx,ott replia les Hollandais sur Halle. Mais une fausse marche de l'armée du Nord sauva le corps anglais. Picbegru , après avoir chassé Clerfayt de Deynse, avait occupé Oudcnarde, sur les derrières d'York , dans le but de le rejeter sur Jourdan, lorsque les représentons, sans tenir compte des opérations sur la Sambre, lui enjoignirent de repasser la Lys et, dans un instant aussi décisif, de perdre, son temps à assiéger les places de la Flandre maritime. Peu soucieux do les défendre, Clerfayt profita de cette circonstance pour gagner Alost ; York le suivit et s'arrêta à Ni* nove.

L'armée combinée était sur le point de se former en demi-cercle autour de Bruxelles. Jourdan ne lui laissa pas le temps de s'affermir, il marcha sur Nivelles contre Cobourg et donna l'ordre à Klebcr de chasser de Halle le prince d'Orange. A leur approche , ces deux généraux ennemis se retirèrent et se concentrèrent a Mont-Saint- Jean.

C'était un succès de les avoir repliés dans cette position, depuis si célèbre. On sait qu'elle est adossée au long défilé de la forêt de Soignies, et Cobourg n'était pas en mesure de recevoir la bataille avec si peu d'espace pour la retraite. Il se rendit donc directement à Louvain, laissant à Mont-Saint-Jean les Hollandais pour masquer son mouvement rétrograde.

Jourdan et Lefebvre, débouchant, l'un de Nivelles, l'autçejie Gemmappe, tombèrent à-Ta-fois sur le prince d'Orange, le culbutèrent dans la forêt d'où il gagna péniblement Bruxelles. Là, il fut rejoint par le duc d'York, et tous deux se retirèrent à Matines. Clerfayt, se croisant avec eux, alla reprendre à Louvain la droite de Cobourg; d'un autre coté, Beaulieu, repoussé par Hatry, d'abord de Spmbref, puis de Gembloux, ne put s'arrêter qu'à Tirlemont.

Cependant Jourdan fit son entrée à Bruxelles, où Picbegru s'était rendu, dès la veille, par la route de Gand. I^es deux armées républicaines opérèrent ainsi leur jonction au centre des Pays-Bas. Fortes de ] 5o,ooo hommes et de l'ascendant de leurs victoires , elles eussent dèslors fait irruption eu Allemagne; mais le temps n'était pas venu d'animer d'une seule impulsion de telles masses d'hommes. On se borna d abord à empêcher les coalisés de renouer leurs communications.

I>î duc d'York essaya de s'étendre le long du canal de Louvain , où il

croyait trouver la droite deCobourg; mais Klcbcr avait déjà poussé les impériaux jusqu'à Tirlemont, et Pichcgru, faisant vivement occuper Malines, coupa, du corps de bataille, la gauche de l'armée anglaise qui se retira, par Herenthals et Turnhout, à Breda, oîi York courut la rallier. L'armée de Sambre-et-Meuse s'élança tout entière à la poursuite des impériaux, Kleber par la chaussée de Saint-Tron, Jourdan par Jodoigne , Hatry et Marceau par Namur.

On prit cette dernière ville, on s'empara de Huy,on arriva de tous les points surlaMeuse; Kleber devant Maêstricht, Jourdan et Lefebvre devant Liège, dont ils se rendirent maîtres. Cobourg repassa les ponts de Maêstricht, dix-sept mois après les avoir franchis, victorieux et marchant à la conquête de la France. Il rangea son armée , forte encore de 60 à 80,000 hommes, sur la Meuse, de Ruremonde à Liège, et sur l'Ourthe et l'Ayvailie, de Liège à Durbuy et Sprimont, après quoi il remit le commandement à Clerfayt.

Jourdan, avant de pousser en avant, voulut assurer ses derrières; il suspendit ses opérations pendant que les places fortes du nord et de la Flandre maritime étaient assiégées.

On avait laissé Charbonnier en observation devant Valencieunes, Condé, le Quesnoy et Landrecies; Scherer prit ses troupes et signifia aux garnisons autrichiennes le décret de la Convention nationale, qui prescrivait de les passer par les armes, si elles ne se rendaient pas dans les vingt-quatre heures de la sommation; Landrecies obéit (19 juillet); mais les autres villes résistèrent et il fallut les assiéger. Elles ouvrirent successivement leurs portes (du 12 au 29 août). Cependant Moreau, avec l'aile gauche de Pichegru, enleva Ostende, Nieuport, l'île de Cadzand et le fortftde l'Écluse (du 1*' au 20 juillet).

Page 1