‹ Tableau des guerres de la révolution, de 1792 à 1815Chapitre 15 sur 120 · OPÉRATIONS DAJ(S LES VOSGES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DAJ(S LES VOSGES

Prise de Kaiserslautern par les allies (»3 mai).— Combat de Scbiffersladt (a 3 mai). — Combat de Scbweigeubcim(» juillet).— Combat deTrippstadl (3).— BaUillcd'Edei»koben(i4>.— Conquête de l'Électoral de Trêves (4 au 8 août) —Deuxième prise de Kaiserslautern (t7 , ao septembre).

Le départ de Jourdan mit en mouvement toutes les armées de l'est. Mœllendorf parut à Cassel, menaçant Hombourg et Sarrelouis,au moyen de quoi il obligea l'armée de la Moselle à s'étendre, pendant que le gros de ses forces, passant par Cassel et Frankenstein , enveloppa Kaiscrslautern.

Son attaque fut secondée par Hohenlohe qui sortit du camp de Maudach pour retenir l'année du Rhin sur le Speyerbach. Ce dernier général se fit battre à Schifferstadl; mais Mœllendorf accabla dans Kaiserslautern la droite de Moreaux , dont les débris se dispersèrent sur les routes de Neustadt et de Pirmasens. A la suite de ce succès, il pénétra jusqu'à Landstuhl; et Micliaud, débordé par la gauche, évacua le Speyerbach pour rentrer dans les lignes de Weissem bourg. Hohenlohe s'avança sur ses pas et s'étendit à Neustadt et Edenkoben, relevé au pont de Manheim par une partie des forces du prince de Saxe. Après quoi les généraux coalisés, satisfaits de s'emparer des défilés des Vosges, retranchèrent ces fortes positions et se mirent sur la défensive. Les généraux français reprirent l'attaque; Michaud sortit de ses lignes, en s'appuyant au Rhin, dans le but d'en détacher les impériaux et de les forcer à rétrograder en débordant leur gauche. Mais son avant-garde, après avoir enlevé bravement le plateau deSchweigenheim, fut saisie d'une terreur panique et se jeta, ea désordre, sur le corps de bataille qu'elle entraîna dans sa fuite; on revint prendre ses positions sur la rive droite delaQucich. De son côté , l'armée de la Moselle passa la Sarre et gravit les sommets des Vosges; la gauche

réussit à s'établir à Landsthuhl :les autres divisions se heurtèrent contre les positions de Trippsladt et furent ramenées. L'armée entière rentra dans son camp.

Cet échec inspira l'heureuse résolution de faire marcher les deux armées concentriquement sur Kaiserslautern, quartier-général de Mœllendorf: Moreaux par le revers occidental, Michaud par le versant oriental des Vosges. La division Desaix resta seule en observation sur le Rhin.

La ville que l'on prenait pour but est couverte par une chaîne d'escarpemensoùs'élèventTrippstadt, EdenkobenctNcustadl; ces positions, occupées depuis deux mois par l'ennemi, étaient fortifiées par des abattis, des rctranchemens et Une nombreuse artillerie. Elles ne tinrent pas contre l'effort réuni des deux armées. Neustadt, Ldenkoben, Trippstadt furent enlevés, et l'armée du Rhin perça jusqu aMuschbach. Mœllendorf, tourné par sa gauche, ne crut point pouvoir se maintenir à Kaiserslautern; il se retira par GecUhcim à LYankenthal t les impériaux rentrèrent dans le camp de Maudach, et les républicains reprirent les positions qu'ils occupaient à l'ouverture de la campagne.

Sur ces entrefaites , le système de modération que Vimcux avait commencé à appliquer à la Vendée ayant produit ses fruits, le comité \mt tirer, des armées de l'ouest, i5,ooo hommes qu'on envoya sur la Moselle. Morcaux reçut l'ordre de lier ses opérations à celles de l'armée de Sambrc-ct-Meuse.

Alors ce général laissant sa droite à Kaiserslautern en face des Prussiens, se disposa à envahir l'élcctorat de Trêves avec la gauche et le centre. Il fit observer Luxembourg et s'avança t en trois colonnes, par les deux rives de la Sarre et la rive gauche de la MospIIc. Remich, Greven-Macheren et Konz furent rapidement occupes. Blankcnstcin évacua riilectorat et battit en retraite jusqu'à Kaiscrich.

Clcrfayt, inquiet de ce mouvement qui menaçait sa droite et qui pouvait avoir pour effet de l'obliger à reculer jusqu'au Rhin, se hâta de renforcer de deux divisions le corps fugitif, dont il donna le commandement à Mêlas. Ce général se porta en avant, s'établit à Wiltlich etTrarbach et tînt Morcaux en échec autour de Trêves.

Cependant Mœllendorf avait misa profit, comme précédemment, l'affaiblissement de l'armée de la Moselle. Tandis que Hohenlohe se transportait à Gecllheim pour retenir Michaud , li s Prussiens tournèrent Kaiserslautern par Cnsscl, y rentrèrent de vive force et occupèrent Lnudstltul» mais les nouvelles victoires de Jourdan rendirent ces succès inutiles.

CAMPAGNE DE V9k. *3

OPÉRATIONS SUR L\ TROKTIÈRR ï>'lf ALIE.

PriM do petit Saint-Bernard et du Montrai» (*" awil tu U mai).— EipadWon *«ir. Oitttla (7 avril). — Combat de Po»te-di-Navc (1 7). —Prise d'Ormca (17).— »e S»orçio (ap).— Du Col-**- Tende (8 mai).— Combat de Cairo(?i septembre).

L'armée des Alpes enleva clans le mois d'avril le petit Saint-Bcrntrd et le 14 mai le Mont-Cenis. L'armée d'Italie acheva de s'emparer des avenues du Piémont en faisant l'entière conquête du comté de Nice. Depuis le commencement de la guerre , les ennemis retranchés dans les hautes vallées de laRoya,dc laTinea, de la Vesubia, flanqués par le fort de Saorgio, avaient défendu victorieusement les avenues du Piémont. Dubermion fit enfin tomber ces positions signalées par de sauglans et iuutiles combats.

Son plan consistait à tourner la gauche de l'armée austro- sarde, en passant la Roya et la Taggia , à te porter en masse sur les sources du Tauaro et à intercepter la chaussée de Saorgio à Tende, ligne de retraite de l'ennemi.

Une seule objection s'éleva d'abord; il fallait emprunter le terrain des Génois et violer la neutralité ; niais les Auglais, en prenant à l'abordage, dans le port de G6ues,la frégate française,/** 3/w/c.f/e; mais les Piémontais, en faisant embarquer à Oneille un détachement destiné à la garnison de Toulon, l'avaient eux-mêmes foulée aux pieds : on se. décida facilement à suivre leur exemple.

1 4,ooo hommes divisés eu cinq brigades, frauchireut la lloya. Masscna dirigea, le long de la cote, une colonne de trois brigades qui replia un corps ennemi , entra de vive force dans Oneille, gagna la vallée de Tauaro, chassa les impériaux de Pontc-di-Nave, fit capituler Orineact prit possession de Garessio.

Pendant ce temps les deux autres brigades, conduites par Massena, remontèrent les deux rives de la Taggia et s'établirent sur le mont Tanardo. Ces mouvemens curent reflet prévu. L'ennemi se hâta de repasser les monts; Saorgio entouré se rendit; le Col-de-Tende, attaqué de front et à revers, fut enlevé; la gauche déblaya les vallées de la Vesubia; Ton se trouva maître du revers méridional des Alpes maritimes, on s'étendit par la gauche jusqu'à l'Àrgentièrc , où étaient les premiers postes de Dumas, et par la droite jusqu'à Vado. L'ennemi perdit deux places fortes, 3 à 4ooo, prisonniers, 70 canons, et la communication avec Gênes, si importante à l'approvisionnement de l'armée, fut rétablie.

On resta long-temps inactif; mais à la fin de l'été les impériaux réunirent une division à Dégo dans le but de se mettre en communication par Vado, avec les flottes anglaises. Massena, dans cette circonstance, indiqua le point vulnérable de la ceinture de monts qui ferme l'entrée de l'Italie. 18,000 hommes se rassemblèrent et marchèrent aux ennemis par la vallée de la Bormida;on les atteignit à Cairo , on les replia dans la plaine du Piémont; toutefois on n'avait point fait de dispositions pour pousser plus loin : on revint à Savone et l'on fortifia les sommités des monts.

OPÉR.VTI0BS SU» LA FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES.

Pri*c du camp dn Boulou (1" mai).-Dc Collioure (*8).— De BellegarJc (t 8 sept.). -Bataille delà Montagne-Noire (17, 18 et 90 novemb.).— Occupation delà vallée de Bastan(a6 juillet au 4 août).

Dugommicr débuta aux pieds des Pyrénées par une victoire éclatante. Ricardos était mort et La Union, son successeur, n'avait point hérité de son activité. On réussit a l'attirer par une démonstration au pont de

Céret; puis passant le Tech au-dessous de Boulou on tomba entre Bcllegardc et le Boulou sur son flanc droit. Les Espagnols surpris se débandèrent. Dugommier leur enleva la redoute escarpée de Montesquiou, força leurs derniers postes, leur prit 4o canons et les immenses bagages qu'ils traînaient à leur suite. Ils repassèrent les Pyrénées en désordre; on les suivit en masse sur Collioure; cette place tire sa force des positions qui l'entourent et de la mer qui lui permet de se ravitailler sans cesse. On s'appliqua à l'isoler, on réussit à lui enlever ses appuis, ses communications; elle ouvrit ses portes. On reprit aussi Port-Vendres et l'on se porta sur Bellegarde.

Les Espagnols, qui n'avaient point essayé de troubler le siège de Collioure, entreprirent de dégager Bellegarde : ils attaquèrent d'abord avec succès ; mais le combat ne tarda pas a changer de face; ils furent battus , laissèrent a5oo hommes sur le champ de bataille, et eurent la douleur de voir la place se rendre à discrétion. Ils s'éloignèrent et prirent position au-dessus de Figuères ; Dugommier les suivit.

Leur ligne de défense, préparée de longue main, couvrait à-la-fois Roses, Figuères et la Cerdagnc; elle s'étendait sur un front de 8 à 9 lieues, depuis Saint-Laurent jusqu'à la mer. 77 redoutes, élevées sur des collines d'un abord difficile, la fermaient, et 5o,ooo hommes s'y étaient rangés.

Dugommier reconnut ces positions formidables et résolut de les attaquer par la gauche ; Augercau fut chargé de l'opération principale qu'il conduisit avec l'audace dont il avait déjà donné des preuves. Soutenu par une démonstration contre le centre et par un détachement lancé de la Ccrdagne , il réussit à la fin de la première journée à couronner les hauteurs formant l'extrême gauche du camp espagnol.

Le second jour à l'aube , Augereau engagea de nouveau l'action avec le même succès et la bataille commençait à devenir générale quand un éclat d'obus atteignit Dugommier qui succomba au bout de quelques inslans. Pérignon prit sa place et s'en montra digne. La gauche des ennemis entièrement défaite abandonna ses redoutes et se retira jusqu'à Figuères.

Après un jour de repos accordé à l'armée, la bataille recommença, mais l'ouverture était faite; Augercau s'y précipita, et en peu d'heures toutes les positions furent emportées. Dans celtedernière rencontre, le général en chef espagnol, La Union, fut tué; les cunemis perdirent 3 0,000 hommes et ne purent se rallier sous le canon de Figuères. Pérignon assiégea cette place et la contraignit à capituler.

L'armée des Pyrénées occidentales envahit aussi le territoire espagnol. Moncey en avait été nommé général en chef et des renforts l'avaient

fcrt GUEUHES T)E LA RÉVOLUTION.

portée à Go,ooo hommes. On passa la Bidassoa, on se rendit maître tic la vallée de Bastan , on enleva Fontarabîe et les troupes s'étendirent sur les routes de la Biscaye et de la Navarre; elles s'emparèrent de Saint- Scbaslicn ; enfin l'hiver seul suspendit leurs progrès.

l'aRMÉ E DU 1S0RD BKVAHIT LU BHABAINT HOLLANDAIS.

Combat dcBoxtcl (i/, septembre). — De l'Aa (i 5).— Investissement de Bois-le-Duc (i3).— Prise de la place (g octobre). — Investissement de Ventoo(8).

Après laréduclion des places de la Flandre maritime, Pichegru, à qui l'on a reproché trop de lenteur, se porta d'abord h Tumhout, et cette première marche eut pour effet de séparer les deux généraux ennemis. Le prince d'Orange, ne songeant qu'à couvrir la Hollande, prête à lui échapper, établit son quartier-général à Gorcum, et le duc d'York, afin de rentrer dans le système de défense de la Meuse, prit position à Bois-lc- Duc et s'étendit entre la Domine! et l'Aa, cherchant à se lier par Buremonde avec Clerfayt. Les Hollandais se résignant à la défensive, une division suffit à les contenir, le reste de l'armée marcha contre les Anglais. Battu à Boxtel et sur les bords de l'Aa , coupé de Buremonde , York fut forcé de prendre la route de Grave et ne se trouva en sûreté qu'à Mook, au-delà de la Meuse, à i5 lieues de l'extrême gauche des impériaux.

Pour compléter la séparation entre le prince d'Orange et le prince anglais, il n'y avait plus qu'à enlever Bois-le-Duc. Pichegru l'investit et, pour empêcher les Hollandais de déboucher de l'île de Bommel, il débuta par l'attaque des forts de Crèvecœur et de Saint-André. Celui-ci à demi ruiné, ne pouvait pas tenir, l'autre, aux premiers coups de canon se rendit et livra des pièces de gros calibre* dontb'sassicgeans manquaient. On fit ohscr*

PICHEGRU( Charles),

Né a Arboi» (Francbc-Comté) , en 1761 Général en chef de l'armée do Rhin, Je l'armée do Nord

et de l'armée de Rhin-et- Moselle Mort en 1804.

Conquête de la Hollande ( Jiimcr 1 705 ).

ver Heusdcn , puis les divisions Bonneau et Moreaux se déployèrent sur la Mouse dans le but de paralyser l'armée anglaise; les généraux ennemis ne firent aucun effort pour dégager la place, cl le gouverneur capitula dès qu'il aperçut les équipages de siège. La veille, Moreaux profita de la retraite des impériaux pour entourer brusquement Vcnloo.

OPÉJUTIOSS DE l/AXNBE DE » A MBBB-KT-MEL6E.

Attaque de Maastricht (17 septe mire). — Bataille de Siu imonl — Bataille d'Aldeuliovcn (2 00 Udir.).— Retraite «In impériaux «i-ddà du Rhio ($ e» 6).— Cowbrt d'Audtjruach <a3).-Retraite Je MœUwdorf (a J).Prue de Maetricbl <4 wve«l>re).

Les places du Nord étaient reprises. Schercr avait rejoint l'armée de Sambrc et-Meuse # forte de ! 6,000 hommes. Flanquée sur ses ailes par l'armée de la Moselle a Trêves, par Piebcgru dans le Brabant Hollandais, elle pouvait attaquer avec toutes les chances de succès. Jourdan s'y disposa; il s'agissait de faire reculer les impériaux et de les détacher de la Meuse . Le moyen le plus prompt était de les tourner et de menacer leurs communications. Schercr prit /jo,ooo hommes pour forcer le passage de l'Ourthe et de l'Ai vaille, culbuter Latour,qui défendait les deux rivières, et pénétrer jusqu'à la route d'Aix-la -Chapelle; pendant ce temps, de fortes démonstrations à Maëstridit et à Liège devaient rctcnirle centre et la droits de l'armée

feu s'ouvrit devant Maëstricht. Klebcr resserra les impériaux dans la place avec une vigueur qui donna le change à Clerfayt. Le lendemain , tandis que toute son attention se portait sur la Meuse, Schercr mit en mouvement ses trois divisions ; Marceau , débouchant de Comblain-Pont, se jeta dans FAivailleet parvint a se former sur le bord opposé. Cet exem

pie gagna, et Latour plia jusqu'aux collines de Sprimont; mais il tenait encore par sa gauche à la rivière, et les Français engagèrent la bataille, partie sur l'une, partie sur l'autre rive. Les impériaux furent trop vivement pressés par Marceau pour profiter de l'avantage de cette position; déjà ils perdaient leur appui sur l'Ai vaille, lorsqu'une brigade républicaine força le pont d'Esncux et se déploya sur leur flanc droit. Ce fut le moment d'un assaut général : tout s'ébranla , on se forma en colonnes, on gravit les hauteurs; Latour se retira au-delà de la Vcsdcr ou îl passa la nuit.

Au jour , une colonne de aooo hommes déboucha de Liège contre Clerfayt, pendant que Schcrer manœuvrait pour tourner la droite de Latour et pour le séparer du généralissime ; les impériaux échappèrent aux conséquences de cette combinaison en se retirant précipitamment à Hervé. De là, ils gagnèrent Aix-la-Chapelle , puis les rives de la Roër où Clerfayt prit position : la droite à Linnich et Ratheim ; la gauche , sous Latour à Dueren, et le centre à Aldenhoven. Ainsi rangé, il attendit le choc, résolu de disputer encore les approches du Rhin.

Après quelques jours de préparatifs, l'armée française se déploya pour la dernière grande bataille qui dût de long-temps se livrer en-deçà de ce fleuve.

On avait laissé un faible détachement en observatiou devant Maastricht et près de 1 00,000 hommes s'avançaient contre les impériaux réduits à 77,000; mais à l'infériorité du nombre, ceux-ci suppléaient par l'avantage du terrain. Les rives escarpées de la Roêr, couvertes d'artillerie , et des retranchemens élevés sur le plateau d' Aldenhoven semblaient rétablir l'équilibre.

Jourdan , en personne, conduisit le centre, Lcfebvrc l'avant-gardc, KJcber la gauche, et Scherer la droite divisée en trois colonnes disposées de manière à envelopper Latour.

Lcfebvrc enleva d'emblée Linnich; mais l'incendie du pont le retint à la rive gauche; Kleber força le passage et se déploya à Ratheim. EnCn Jourdan emporta les redoutes d'Aldcnliovcn et rejeta Clerfayt dans Juliers. Cependant rien n'était décidé: Kleber, seul sur la rive droite, courait risque d'être anéanti. Scherer n'avait point donué ; sa division de droite, pour se développer sur le flanc gauche de l'ennemi, avait dû remonter la Roër jusqu'au gué de Nicdegen; retardée par le mauvais état des chemins, elle ne prononçait pas le mouvement qui lui était prescrit; toute l'économie de l'attaque était dérangée. Latour, concentré sur le plateau de Dueren , accablait d'un feu violent les deux autres divisions qui, d'abord, le reçurent immobiles; l'impatience les prit, elles s'élancèrent dans la rivière, elles enfoncèrent les portes de Dueren et se for-

mèrent dans la plaine; mais les batteries opposées Continuaient à les foudroyer, et leur artillerie n'ayant pu les suivre, elles se trouvaient hors d état d'y répondre ; on pensait à battre en retraite, quand la colonne si long-temps attendue parut et décida de la victoire. La nuit approchait, Lalour en profita pour s'éloigner.

Dans la situatiou singulière où se trouvait l'armée française, Clerfayt pouvait ramener la fortune, mais au lieu de tirer parti de la séparation des divisions de Jourdan qui se trouvaient les unes en-deçà, les autres au-delà de la Roêr, il imita la réserve de son aile gauche, et abandonna Juliers, affaibli de 4<>oo tués ou blessés et d'un millier de prisonniers. Les républicains perdirent environ aooo hommes.

Le lendemain, Juliers fut investi et capitula. Kleber fit une marche en arrière pour assiéger Maêstricht, et Jourdan s'élança sur les pas de Clerfayt. Les impériaux n'essayèrent pas de s'arrêter sur l'Erfft, il passèrent le Rhin à Cologne et Bonn ; leur retraite entraîna Mêlas qui se replia, par les routes de Coblentz et d'Andernach, poursuivi par l'armée de la Moselle.

Ce dernier général arriva dans Andernach en même temps que Marceau, formant l'extrême droite de l'armée de Sambre-et-Meuse; refoulé dans Coblentz , il l'évacua , après une courte résistance , et les Français entrèrent pleins d'enthousiasme dans l'ancien quartier-général de l'émigration.

L'élan était partout donné , Moreaux porta sa droite sur la Nahe et Michaud déboucha par la route de Frankenthalet des lignes du Speyerbacb. Mœllcndorf, à qui l'on avait déjà enlevé Kaiserslautern, pressé sur ses deux extrémités, se hâta de passer le Rhin à Bingen. Enfin Hohenlohe, qui était resté à Gellheim, s'ouvrit difficilement une retraite par le pont de Manheim.

Les trois armées républicaines firent leur jonction sur la rive gauche du Rhin et se déployèrent de Spire à Dusscldorf, aux acclamations de la France.

Kleber, avait fait une marche en arrière pour assiéger Maêstricht; cette place, après une belle résistance, ouvrit ses portes le h novembre.

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