‹ Tableau des guerres de la révolution, de 1792 à 1815Chapitre 32 sur 120 · OPÉRATIONS E3 ITALIE ET PARS LE TVROL · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS E3 ITALIE ET PARS LE TVROL

Combat de Sainl-Micbel (ag octobre). — Bataille de Caldiero* (3o). — Retraite des Autrichiens (j novembre et tuivans).— Invasion du Tyrol (4 à 7 novembre). - Capitulation de Jellacbieb.— Capitu. latioo du prince de Rohaq (24).

Ce prince , malgré l'empressement de Saint-Cyr à se porter au secours deMassena, ayant prévenu son entrée en ligne , s'était trouvé bien supérieur en nombre, et il tenait Tannée française resserrée sur l'Adige et dans les célèbres positions de Rivoli. Mais au premier bruit du mouvement de Napoléon au-delà du Rhin, il avait résolu d'en attendre le résultat, et il était convenu avec son adversaire d'un armistice. Lorsque Mack fut entouré dans Ulm, Masscna reçut l'ordre de déboucher et de prendre l'initiative. Il débuta par s'assurer du pont de Vérone et du faubourg de la rive gauche. Après s'en être rendu maître, il passa onze jours à préparer ses opérations. L'archiduc occupait les hauteurs de Caldiero : son front et sa droite étaient couverts de retranchemens, et il s'était mis en garde du côté des marais d'Arcole. Massena déposta d'abord une division rangée à Saint-Michel, puis il marcha sur ce champ de bataille si connu. Ses dispositions tendaient à y pénétrer par la gauche. Une colounc de 10,000 hommes fila le long de l'Adige pour le traverser vis-àvis Gombionc, et saisir, en enlevant le village, l'entrée des digues qui conduisent jusqu'à l'Alpon. En même temps, le reste de l'armée (3o,ooo hommes) se déploya pour porter son effort sur Caldiero. L'archiduc, au lieu d'attendre le choc dans ses lignes, fit une sortie générale cl engagea le combat dans la plaine. Cette habile résolution faillit lui donner la

victoire. La droite de Massena ayant échoué au passage de l'Adige , tes autres corps , d'abord accablés, reculèrent. Cependant, la fermeté d'un bataillon, qui s'était logé dans les haies de Caldicro et s'opposait audéveloppemcut des impériaux, leur permit de revenir à la charge, L'action se soutint jusqu'à la nuit avec des chances diverses, et eufin l'archiduc rentra dans ses retranchemens, affaibli de 5 à 6000 morts, blessés ou prisonniers. Les Français en avaient perdu a à 3ooo.

Le lendemain, le détachement de la droite réussit à franchir l'Adige, et le surlendemain il se mit à forcer la digue de Gombionc. Massena ne voulut point engager uue nouvelle affaire géuérale avant de connaître l'effet de ces manœuvres; il ne tarda pas à apprendre que l'archiduc était en pleine retraite, ses bagages avaient pris les devans, et l'armée se repliait en une seule colonne par la route de Vicence. On se lança à sa poursuite, on atteignit son arrière-garde à Villanova, à Montebello, on la mena Fépée dans les reins jusqu'à l'Isonzo, en lui enlevant presque chaque jour des prisonniers.

Le mouvement rétrograde de l'archiduc était prononcé , lorsque Ney parut à l'entrée du Tyrol qu'on appelle le pas dcScharnitz. C'est un col fermé par un fort, perché comme un uid d'aigle, sur le roc à sept cents toises d'élévation. Le maréchal osa commander l'escalade. 11 forma deux colonnes , et tandis que l'une se glissait au travers de sentiers à peine praticables derrière l'escarpement, l'autre se mit à le gravir. Les baïonnettes et quelques rares arbustes servaient d'échelles, et les havresacs de boucliers. On atteignit de la sorte le sommet sous une grêle de projectiles , et l'on pénétra de vive force dans la place où l'on ne trouva plus qu'une centaine d'hommes. Le reste (2000) frappé d'une telle audace venait de l'évacuer et se hâtait de gagner pays. Mais l'autre colonne barrait déjà la retraite, et bientôt les Autrichiens, pris entre deux feux, mirent bas les armes. Aussitôt le corps français traversa le col avec armes et bagages, et le lendemain il fit son entrée dans Inspruck que l'archiduc Jean avait abandonnée pour rejoindre son frère par Brixen et Laybach.

I.a marche triomphante de Napoléon rappela les deux princes au centre de l'empire. Us s'enfoncèrent dans la vallée de la Raab , pour se réunir, par Presbourg, aux réserves russes en arrière de Vienne qu'ils n'espéraient plus sauver.

Massena poursuivit l'archiduc Charles par la route de Laybach, et Ney l'archiduc Jean par celle de Brixen et Villach. Cependant Saint-Cyr et Augcreau entrèrent en ligne, chacun à la tête de 90,000 hommes. Le premier bloqua Venise et Tricste. Le second enleva les retranchemens de Feldkirch, poussa Jellachich sur le Haut-Tyrol, au moment où Ney, arrivant à Brixen, en fermait l'issue et le força de déposer les armes.

Les mouvemcus du sixième corps coupèrent aussi de l'armée principale une colonne de 7000 hommes commandée par le prince de Rolian. Ce général descendit résolument la vallée de la Brenta, surprit Bus3ano et se mit en mesure de percer par Villach. Mais, atteint et battu à Castel Franco par une division de Saint-Cyr, il mit bas les armes.

Page 1