OPÉRATIONS DE L AJLHKE DE CATALOGUE
Occupa tk>D de Vich (i5 janvier 1810). — Ravitaillement {de Barcelone (»o janvier) —Combat de Vich (19'février). — Prise d'Hwtalrich (16 avril). — Surprise de La Bisbal (14 septembre)* — Marche »ur Taragone (10 janvier 181 1). — Combat de Valls ( février).— Incendie de Manresa (39 avril). — Surprise de Figuères (9 avril). — Combat de Figuères (10). — Réduction de Figuères (iy août).— Reprise de Mont Serrât.— Combat de Mont-Serrat (a5 juillet 181a).
Le 7» corps, appuyé sur les places de Barcelone, Girone, Figuères et Roses , était destiné à réduire la Catalogne. Cette tâche fut au-dessus de ses forces. Nous avons vu comment le 3* corps lui vint en aide. Ses opérations se réduisirent à assurer les communications avec la France , à approvisionner Barcelone , à faire tomber quelques points fortifiés , enfin à soutenir Suchet.
Deux routes principales sont ouvertes entre les départemens du midi et la Catalogne : l'une descend dans la Cerdagne, longe la rivière de Segre et se réunit à Lerida, avec un des embranchemeos de la seconde. Celle-ci, à peu de distance de la mer, que longe un chemin secondaire, traverse la Fluvia, le Ter, le Llobregat, l'Ebre et les forteresses de Figuères, Girone, Hostalrich, Barcelone, Taragone, col de Balaguer et Tortose. A Barcelone, à Taragone elle jette, sur la droite, deux bras qui se joignent à Lerida d'où ils conduisent à Saragosse.
Lors de l'ouverture de la campagne, l'armée active était autour de Girone, et les levées espagnoles, occupant Vich, étendaient leurs ailes l'une du côté de Figuères, l'autre dans les montagnes qui encaissent le Llobregat. Elles n'avaient point une organisation redoutable; c'étaient en grande partie des Sonia l eues qu'il avait été impossible d'enrégimenter.
Au premier mouvement sérieux des Français elles se replièrent au-delà des monts et s'établirent sur le haut LIobrcgat. Augereau, après avoir pris possession de Vich , fit ses dispositions pour enlever Hostalricli dont la garnison le séparait de Barcelone. Cependant il partit luimême avec 900 hommes pour ravitailler celte grande ville. Il y parvint non sans combattre à chaque pas, et fit, à Granollers, sa jonction avec la garnison qui avait détaché 2000 hommes à sa rencontre. Lorsqu'il eut introduit dans Barcelone le convoi qu'il escortait, il revint à Hostalrich à portée de l'armée ennemie dans la prévoyance d'une attaque de flanc. En effet O'Donnel, qui la commandait alors, après s'être concentré àManresa , déboucha sur Vich ; mais aux approches de cette ville il fut contenu par la division qui s'y était postée et, lorsqu'elle eut reru des renforts, il fut battu et rejeté sur la Scgre.
Avant de se lancer à sa poursuite Augereau voulut réduire Hostalrich, mais cette bicoque le retint jusqu'au milieu d'avril. Pendant le siège, ses efforts se bornèrent à défendre les lignes de blocus des mouveineus d'O'Donnell pour dégager la garnison. Lorsqu'il l'eut réduite aux dernières extrémités il eut la douleur de la voir s'échapper. Ce fut à cette époque que l'empereur» irrité, le remplaça par Macdonald, et chargea de prendre Lerida , Suchet dont l'approche eut pour effet de ramener à Taragonc toutes les forces espagnoles.
Macdonald ne fut pas plus heureux que ses prédécesseurs : durant trois mois, il fut absorbé par le soin d'approvisionner Barcelone. Il coopéra ensuite au siège de Tort ose, en menaçant Taragone et en réussissant de la sorte a tenir en échec O'Donneil. Mais la difficulté des vivres l'ayant force de s'éloigner, toute son attention fut bientôt attirée au nord de la province, où le général espagnol ranima la guerre par une expédition aussi heureuse que hardie.
Après avoir expédié par mer ses convois et son artillerie, O'Donneil, trompant la surveillance des postes français, circula autour de Barcelone, arma sa troupe près du rivage, et entoura inopinément La Bisbal, où Schwartz était cantonné avec i3oo hommes. Ce général fut enlevé; on prit Palamos, la Cerdagne fut envahie, et les guérillas osèrent se montrer sur le territoire de l'empire. Ces mouvemens contraignirent Macdonald à reporter ses forces en arrière : il fit entrer dans Barcelone un immense convoi , il échelonna 20,000 hommes dans cette ville, dans Gironne, dans Figuères; puis, avec i5,ooo hommes, il revint seconder le siège de Tortose. Après la prise de la place, il marcha sur Taragone, oh de violentes dissensions venaient d'éclater. Mais il ne put en tirer parti ; le sentiment du danger commun rallia les Espagnols, ils nommèrent à la place d'O'Donnell , qu'une grave blessure éloignait de l'armée , le mar*
quis de Campo-Verde , qui se mit en état de défense. Trop faible pour entreprendre un siège, le maréchal battit en retraite jusqu'à Lerida, harcelé par l'ennemi, contre qui il soutint à Valls un rude combat. Le quartier général resta jusqu'à la fin de mars à Lerida. Alors le commandement de Macdonald ayant été réduit à la Catalogne septentrionale, il dut se rendre à Barcelone. L'armée espagnole, manœuvrant sur Taragone et Mont-Scrrat, lui barrait la route; il prit un détour en remontant le Llobregat. Arrivé à Manresa,il fut accueilli par une violente fusillade. C'était une division espagnole qui lavait côtoyé le long des hauteurs et qui engageait le combat. On la déposta, l'on entra dans la ville; mais à la nuit, soit accident, soit colère des vainqueurs, elle fut incendiée. Ce désastre exalta la population entièrc,qui se leva pleine de rage et ne cessa point d'escorter la colonne française en lui faisant éprouver de grandes pertes. A peine au terme de sa marche pénible, Macdonald apprit une nouvelle foudroyante. Le fort de Figuères vouait detre surpris par l'ennemi, qui avait jeté une garnison dans cette place si importante pour assurer les communications avec la France. Jamais succès n'eut plus de retentissement , la Catalogne entière fit entendre un cri de triomphe. Campo- Verde partit de Taragone avec jo,ooo hommes, pour renforcer la garnisou do Figuères et lui fournir des munitions de toute nature. Toutefois, malgré sou activité, malgré la diversion qu'essaya de produire un détachement anglais débarqué auprès de lloscs , il fut prévenu : 4opo Français lui présentèrent la pointe de leurs baïonnettes , le prirent eu flanc , le rompireut , lui mirent hors de combat 3ooo hommes, lui enlevèrent ses convois et lui ôtèrent l'espoir de renouveler celte tentative. Macdonald , à sou tour, investit la place et la réduisit par famine.
Mais rien ne pouvait abattre la constance des Espagnols; ils s'emparèrent des îles qui ferment l'embouchure du Ter, ils firent irruption sur les lignes de communication au-dessus de Barcelone, et forcèrent les Français à abandonner Montserrat. Enfin ils reportèrent la guerre dans laCerdagnc. A ce moment, Macdonald fut remplacé par Decaen, dout les efforts se bornèrent d'abord à ravitailler Barcelone , opération dout les difficultés allaient toujours croissant.
m GUERRES DE LA RÉVOLUTION.