‹ Tableau des guerres de la révolution, de 1792 à 1815Chapitre 52 sur 120 · DISLOCATION DES DEUX AILES · texte numérisé non relu

DISLOCATION DES DEUX AILES

Bal aille de Polosk (16-19-30 octobre).— Combat de Smolewicai (3 1)— Prise de Witepsk (7 septembre).—Tsehicbagof marche sur Minsk (i3 novembre).— Bataille de Wolkowisk (16).— -Combat et prise de Borisof (ai).

Pendant que les maladies minaient le camp de Pololsk, Wittgenstein recevait incessamment des renforts. Lorsqu'il eut réuni 5o à 60,000 hommes, il résolut de déborder enfin la Dwina. Sa gauche déboucha par Drissa et lui-même attaqua les redoutes de Saint «Cyr. Le maréchal français se défendit avec vigueur et soutint pendant unejournée entière un combat sanglant et indécis. Le lendemain , informé des progrès de l'ennemi sur la rive gauche, il prépara la retraite qu'il espérait opérer sans trouble à (a faveur de la nuit. A peine avait-il commencé à défiler que le

feu, prenant aux baraques du camp', donna l'éveil aux Russes. Wittgens» tein se mit sous les armes, fit incendier la ville et livra l'assaut aux rei doutes que l'on évacuait. 11 fut encore une fois contenu , et avant l'aube , le* corps français étaient en sûreté sur l'autre rive. On combattit de nouveau pour repousser la gauche ennemie que l'on fit reculer en désordre jusqu'à Drissa. Alors on abandonna la ligne de la Dwina pour se replier sur Victor et s'appuyer sur la haute Bérésina , sur les lacs et le canal qui l'unissent à la Lukomla.

Mais la nécessité de couvrir à-la-fois Wilna et la retraite de la grandearmée força les troupes à s'étendre. Le 6« corps prit position à Glubokoc; le a% dont Oudinot reprit le commandement , s'établit à Lcpel , et Victor quitta Smolensk pour se porter à Sienno,afin de lier la défense delà Lukomla à celle de Witepsk.

Cette nouvelle ligne n'avait pas assez de consistance pour imposer à Wittgenstein qui la fit aisément tomber. En débouchant sur Lepel, en portant son effort contre la gauche d'Oudinot, il le contraignit de pivoter sur sa droite et de se ranger de Bobr à Smolewiczi. Après quoi, il attaqua et culbuta, sur le dernier point, les avant-postes de Victor; puis il fit enlever Witepsk et se déploya, la droite en tête , menaçant de déborder Oudinot et de le prévenir sur la route de Moscou. Dès ce moment, l'aile gauche fut coupée en plusieurs tronçons.

A droite , les opérations furent plus désastreuses. Lorsque Tschichagof apprit l'évacuation de Moscou , il laissa dans ses cantonnemens 3o,ooo hommes sous les ordres de Sacken pour tenir en échec le corps austrosaxon , et avec 3o,ooo hommes, il s'ébranla par Slonim et Neswieh dans le dessein de saisir Minsk, de s'emparer des riches magasins qui devaient ravitailler l'armée en retraite.

Rien ne lui fit obstacle jusqu'au Niémen, où il se heurta contre les avant-postes de la garnison de Minsk qu'il replia sans peine. Il entra avec non moins de facilité dans cette ville, dont le gouverneur se laissa surprendre sans songer à appeler à son aide les renforts qu'il avait de tous cotés à sa portée.

Cependant Schwarzenberg déboucha la gauche en tête defiialistock, paraissant vouloir s'élancer par Slonim à la suite de l'amiral. Les Saxons tenaient déjà Wolkowisk , lorsque Sacken sortit par Lapcnitza de la forêt de Bialowèse, le déposta et le poursuivit jusqu'à la Rossa. Mais, comme il se disposait à franchir cette rivière , les Autrichiens survinrent par la chaussée , le battirent complètement et le rejetèrent dans les défilés de la forêt. La route de Minsk était ouverte, Schwarzenberg n'avait qu'à pousser à Tschichagof, il lui eût arraché sa conquête, il l'eût mené l'épee dans les reins, il l'eût anéanti aux bords de la Bérésina. II

ne le fît point, il s'attacha aux pas de Sacken et le ramena jusqu'au Bug, comme s'il eût eu à cœur de mettre un espace de 60 lieues entre lui et l'amiral et de le rassurer sur ses desseins.

Les Russes purent alors sans inquiétude se livrer à l'exécution de leur plan offensif. Ils partirent de Minsk en trois colonnes , pour Beresino, Borisof et Zembin , dans l'espérance de couper Dembrowski , posté avec 6000 hommes à Bobruisk. Le général polonais avait reçu 1 éveil; il s'était hâte de remonter la rive droite de la Bérésina, et il parvint en même temps que les ennemis, devant la tête de pout de Borisof. Il manœuvra avec assez d'habileté pour .s'ouvrir le passage et passer avant eux la rivière; mais trop faible pour les contenir, il abandonna la ville et se replia sur Oudiuot.

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