‹ Tableau des guerres de la révolution, de 1792 à 1815Chapitre 61 sur 120 · OPÉRATIONS EKTRE LA SE1KK ET LA B1ABJHE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS EKTRE LA SE1KK ET LA B1ABJHE

Passage de l'Aisne par Blucber (18). — Reprise de Reims par les coalisés (ao). — Napoléon à Vilry (aa). — Jonction des coalisés (a3).— Leur marche sur Paris (a3). — Bataille de Fcre-CLaoïpcnoise (1 5).— Combat de Claye et de Villcparists (a 8). — Bataille de Paru (3o).

L'armée française avait échoué contre Schwarzenberg à Arcis, comme à Laon contre Blucher. Cette combinaison qui la portait tour-à-tour sur les deux grandes masses ennemies était désormais épuisée , mais elle avait produit un résultat dont il était encore temps de tirer des conséquences décisives. Blucher avait perdu sa ligne d'opération et se trouvait séparé des Austro-Russes par un vaste intervalle dans lequel tous les corps français étaient libres de leurs mouvemens. Deux partis se présentaient. Rétrograder sous Paris pour y courir la chance d'une dernière bataille; marcher en avant , attirer Schwarzenberg , dont les manoeuvres dénotaient le dessein de ne point laisser déborder sa droite, soulever les braves populations de l'Est et reporter la guerre sur les derrières de l'ennemi.

Ce fut à cette dernière détermination que l'empereur s'arrêta. Politiquement, l'événement l'a condamnée; militairement, deux circonstances funestes en eussent rendu le succès douteux: l'échec éprouvé par lui devaut Yitry et les faux mouvements de l'aile gauche commandée par Marmont.

Ce maréchal, attaqué à Béry au-Bac et Pontavaire, après la dernière évacuation de Reims , défendit vigoureusement ces deux débouchés de l'Aisne; mais l'ennemi ayant été chercher un passage à Asfeld tourna sa droite et le fort. m de se retirer à l'ismcs. Sa retraite entraîna celle de Mortier qui , sur ^on ordre, était accouru de Soissons à Reims pour le soutenir:

L'armée de Silésie déborda sur lui eu se déployant sur la Vesle. Il hésita sur le point à défendre: Reims couvrait Châlons et Epernay; Fismes couvrait Château-Thierry. Faute d'une décision rapide, Marmont compromit les deux positions. Il renvoya Mortier à Reims dont Winzingerode le chassa, et lui-même fut repoussé par Rleist et York.

Au moment où par l'occupation de Reims la communication était ouverte entre Bluchcr et Schwarzenberg, Marmont reçut l'ordre de rejoindre l'empereur qui marchait sur Vitry. Ce fut alors qu'il dut vivement regretter de n'avoir point pris pour ligne d'opération la route de Reims à Châlons. 11 était dans la nécessité de faire un long détour et de s'exposer à rencontrer bien des obstacles pour exécuter ce qui lui eût été si facile s'il eût mieux compris que son premier soin devait être d'assurer sa jonction avec le centre et l'aile droite de l'armée. Il gagna en deux colonnes Château-Thierry j là il apprit que Vincent , chasse d Epernay , s'était péniblement retiré à travers bois. 11 fallait donc pousser jusqu'à Montmirail pour trouver une route qui ne fût point encore interceptée»

De son côté Napoléon se porta devant Vitry et fit sommer la place ; mais une nombreuse garnison se mit en défense et le temps manquant pour s'en rendre maître , il fallut renoncer à occuper une position qui eût affermi l'armée sur la ligne d'opération de Blucher, en même temps qu'elle eût contenu Schwarzenberg sur la rive gauche de la Marne. Celui-ci accourant sur les pas des Français , trouva une tête de pont qu'ils n'avaient pu enlever, et qui facilitait sa jonction avec l'armée de Silésie. L'empereur, coupé définitivement de Marmont et Mortier n'avait plus qu'à continuer son mouvement sur la droite de Schwarzenberg, il fit occuper Saint-Dizicr et Doulevent. Mais à ce moment, les coalisés encouragés par leurs affidés prirent la résolution décisive de marcher sur Paris.

Déjà Winzingerode était établi à Epernay; Sackcn, Langeron, Woronzof se rendirent à Châlons pour passer la Marne. York, Kleist débouchèrent de Château «Thierry sur Montmirail. L'année de Silésie allait donc s'échelonner sur cette même route ou elle avait manqué d'être anéantie. Maintenant un simple à-droite devait la porter sans obstacle sous les murs de Paris. Bulow seul était resté autour de Soissons. Ce n'était pas tout : Schwarzenberg disposa son armée en deux colonnes pour les lancer par les chemins de Cosle et de Sommepuis ; Winzingerode, détaché sur les derrières eut la mission d'observer les mouvemens de Napoléon.

Cependant Marmont et Mortier continuant leur marche donnèrent

au milieu des masses de l'ennemi , ils manœuvraient sur la Soude pour gagner Vitry par Cosle, dans le même temps que les corps de Schwarzenberg cheminaient en sens inverse et que ceux deBlucherallaient saisir sur plusieurs points la chaussée de Montmirail. Ils n'étaient point les seuls exposés à des coups accabians. L'arrière-garde de Macdonald (Pacthod /jooo), n'ayant pu se rendre à Arcis avant que Sclrwarzenbcrg eût commencé à défiler, s'était repliée à Sézanneoù se trouvait aussi une division d'escorte (Amey 1 800) qui , après s'être égarée en cherchant à conduire le grand parc à Sommcpuis, songeait à le mettre sous la protection des deux maréchaux. Sur la nouvelle qu'ils avaient quitté Montmirail où Vincent seul était resté, Pacthod et Amey s'étaient mis en marche par Champaubert et Bergères.

Marmont ne tarda pas à se heurter contre la cavalerie de la colonne de droite de Sclnvarzenberg; tandis qu'il s'efforçait de l'arrêter en tête, les cosaques tournant sa gauche, le séparèrent de Mortier. Il fallut plier, les deux corps gagnèrent péniblement Sommcsous. Il se reformèrent en arrière de ce bourg, s appuyant à Chapelai ne et Monteprcux ; mais la seconde colonne austro-russe ayant alors dépassé Mailly, détacha sa cavalerie qui les chargea derrière Montepreux et les rompit de nouveau. Pareille manœuvre les déposta par deux reprises de Fèrc- Champenoise et de Linthes ; enfin , la nuit , ils parvinrent à tenir ferme entre Sézannc et Alternent. Cependant Pacthod et Amey étant arrivés à Villesoueux furent assaillis par lu cavalerie de Langeron qui côtoyait la Soude attirée par le bruit du combat. Ce n'était pas assez : la cavalerie de Sacken accourut sur leurs derrières, les força de quitter la route, de se retirer à travers champs, d abord à Clamangc puisa Ecury-le-Repos d'où ils espéraient gagner Fèrc, mais un nouveau détachement, sorti au galop de Bergères, leur eu avait déjà barré le chemin.

Les deux généraux ne perdirent point courage, ils entendaient le canon de Marmont dans la direction d'Allement et, en se jetant dans le vallon du Petit-Morin , ils comptaient encore rallier le maréchal. Vain espoir! Comme ils s'avançaient, formés en carrés, bravant les efforts des escadrons qui les enveloppaient, la cavalerie de réserve de Schwarzcnberg atteignit Fèrc et s'élança contre eux. Ils avaient déjà traversé Aulnay, Bannes, ils touchaient au grand Broussy lorsqu'une masse de 12,000 chevaux les entoura et les cribla de mitraille. Il ripostèrent par un feu terrible; on les somma de déposer les armes, mais ils puisèrent de nouvelles forces dans l'excès de leur infortune , et préférèrent arroser de leur sang le sol sacré de la patrie. Les deux divisions succombèrent avec gloire, non sans faire essuyer aux ennemis d'énormes pertes. A peine un petit uombre parvint-il à rejoindre Vincent qui, lui-même,

pliait devant l'avant-garde de Kleist et d'York et se retirait de Montmirail à Rebais.

Au point du jour, Marmont partit d'AHemcnt ; mais d'autres difficultés étaient survenues. Il y avait à Sézanne un millier d'hommes que Compans venait d'amener de Paris; cette troupe qui avait semblé suffisante pour assurer la retraite avait été dépostéc par la cavalerie de Kleist et d'York. On était donc complètement investi ; il fallut se frayer le passage, ce que l'on fit bravement; après quoi l'on prit à Mœurs quelques heures de repos. Cependant les deux généraux prussiens s'étaient rendus directement de Montmirail à la Ferté*Gaucher, d'où Compans et Vincent avaient été repliés sur Coulommiers. C'était encore un combat à livrer. Mortier essaya d'enlever la position pendant que Marmont faisait face vers Estcrnay à l'avant-garde des colonnes qui le poursuivaient. Le premier éprouvant trop de résistance, l'un et l'autre se retirèrent par Provins à Nangis.

Les coalisés avaient le champ libre, Napoléon s'était placé volontairement sur leurs derrières. La journée désastreuse de Fère-Champcnoise avait jeté hors de leur chemin les débris de Mortier et Marmont. Compans seul se trouvait devant eux avec une poignée d'hommes qui se recrutait de quelques gardes nationaux.

Ce général était le même qui, 1 8 mois auparavant, enlevait les redoutes de Schwardino et le redan de Semenowskoi. Ses habiles dispositions sauvèrent Paris d'une occupation par surprise , en donnant le temps aux deux maréchaux de passer la Marne à Charcnton et de se déployer en avant de l'enceinte du nord.

Pour éviter l'encombrement et laisser à Schwarzenberg la route de Coulommiers , Blucher , appuyant à droite , se transporta sur celle de la Ferté-sous-Jouarre. Sa tête de colonne fut arrêtée à Saint-Jean-les-deux- Jumeaux, par Vincent qui , après un assez long engagement) recula jusqu'à Trilport et incendia le pont.

Le lendemain, l'ennemi rétablit le passage, et Compans évacua Meaux pour prendre position à Claye où il reçut quelques renforts. Attaqué et forcé, il se reforma vers Monsaigle, où il se maintint plus long-temps; mais enfin débordé par sa gauche, il replia sa ligne à Villeparisis où il soutint avantageusement le combat jusqu'à la fin du jour. A la nuit il traversa la forêt et fit halle à Bondy.

Le lendemain, pour le soutenir, les dépôts delà garde s'avancèrent jusqu'à Pantin; mais, au lieu d'ouvrir le feu, l'armée de Silésie prit le chemin de Villepinte à Aulnay et marcha sur le Bourget; toutes les troupes alors se replièrent sur Paris. Blucher continua à s'étendre par la droite pour s'appuyer à la Seine; il fut relevé sur la route de

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Bondy par le corps de Wittgenstein ; les gardes et les réserves commandées par Barclay de Tolly formèrent le centre de l'attaque. A gauche, Wurtemberg et Gyulai se) disposèrent à passer la Marne à Lagny, afin de gagner Charenton et de compléter au nord l'investissement de Paris.

Dans cette même journée, Mortier et Ma r mont, après s'être séparés à Nangis et réunis à Brie-Comte-Robert, débouchèrent par le bois de Yincenneset prirent position le premier sous Montmartre, le second aux prés Saint-Gervais , Belleville, Bagnolet et Charonne.

D'un autre coté , Napoléon arriva à Troyes avec la cavalerie de la garde. Après avoir chassé de Doulevent un corps austro-russe , il était revenu sur ses pas pour battre Winzingerode à Saint-Dizier. C'est là qu'il reconnut la grande manœuvre des coalisés et qu'il se détermina à se porter au secours de Paris.

Le 3o mars 1814, Paris fut menacé par trois colonnes fortes ensemble de 1 40,000 hommes.

Mortier opposa à l'aile droite 10,000 hommes; Marmont au centre 1 1 ,000 hommes. Pour contenir l'aile gauche, il n'y avait que le fort de Vincennes que liait aux murs du faubourg Saint-Antoine une batterie de 28 pièces servie par les élèves de l'école Polytechnique; un tambour en palissades couvrait le pont de Charenton, défendu par les élèves de l'école vétérinaire d'Alfort. Des tirailleurs de la garde nationale s'étaient répandus sur tout le iront d'attaque et le maréchal Monoey avait réuni en avant de la barrière de Clichy des détachemens des diverses légions.

Cos forces montaient à peine à a5,ooo hommes, elles soutinrent ho» norablemcnt le choc; mais avant le milieu de la journée la plupart des positions étant enlevées, on ouvrit des négociations qui se terminèrent par une convention en vertu de laquelle les troupes durent se retirer à Fontainebleau , avec tout le matériel qu'elles pourraient enlever jusqu'au lendemain à six heures du matin*

Pendant le combat , l'empereur après avoir marché militairement jusqu'à Villeneuve-1' Archevêque monta dans une chaisse de poste accourant à Paris où sa présence eût fait surgir 5o,ooo hommes. Il arriva trop tard : à quelques lieues au-delà d'Essone il rencontra la têle de colonne en marche sur la route d'Italie. Il lui restait la ressource de concentrer à Fontainebleau les 20,000 hommes qui évacuaient Paris et les 3o,ooo qu'il ramenait de la Haute-Seine, puis d'offrir la bataille sous les murs de la capitale. Peut-être l'ennemi ne se fût-il point hasardé à combattre, adossé à une immense ville dont la colère eût pu l'anéantir ; mais lesévènemens politiques dominèrent les combinaisons de la guerre. Le sénat prononça la déchéance de Napoléon , Marmont prit parti pour une fraction d'assemblée qui délibérait sous les baïonnettes étrangères. Il

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monœy (Rose-Adrien leannot d» ),

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Bataille do Paris (1814),

livra sou corps d'armée dont la mission était de défendre la ligne de l'Essonc, donnant ainsi le signal d'une défection qui devint bientôt si générale, que l'empereur se vit forcé d'abdiquer.

Lorsque l'année se fut dispersée, les coalises oublièrent leurs promesses, le sénat fut ebassé et par une simple déclaration, un prince, qu'on s'était vanté d'appeler librement au trône, replaça la France sous l'empire du droit public consacré par le traité de Westphalie, invoqué par les déclarations de Mantoue, de Pilnitz et par le manifeste du duo Brunswick.

OPÉBATIOHS EN BELGIQUE.

Ocuq.alion de Breda par lus allié* (9 décembre 1 8 1 3). —Attaque de cette p'ace par les Français (ao). — Défense d'Anvers { 1 3 janvier 1 rr février).— Retraite des corps français (fin de janvier). — Reconnaissance de Maubeugc — Combat do Vieiu-Condé (34 février). — Attaque de Maubeuge («3

. inar»), — Combat de CourtMy (3 1).— Attaque de Berg-op-Zoooi (9 mar»).

Decaen , avec une poignée d'hommes , rejelé par Bulow , en deçà de la Meuse, futdansla nécessité de dégarnir les premières places du Brabant- Ilollandais et de laisser les Prussiens prendre possession de Brcda , Gertruydenberg, Willemstad. Ceux-ci, assurés de l'initiative, s'arrêtèrent pour attendre Winzingerode.

La missiou des deux corps de l'armée du nord était d'envahir la Belgique et d'ouvrir, par Maubeuge, la communication avec l'armée de Silésie; mais l'intervention d'un corps anglais, débarqué à Willemstad, dans le dessein de capturer ou d'incendier la Hotte renfermée dans les bassins d'Anvers, compliqua leurs opérations.

Cependant Napoléon remplaça Decaen par Maison , lui fit passer deux

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faibles divisions de la jeune garde et lui prescrivit de ressaisir le débouche de Bréda. On se porta sous cette forteresse, mais elle tint bon et les moyens manquant pour faire un siège régulier, on se replia sur la Dyle et l'Escaut. Bulow, à son tour, prit l'offensive; pendant que sa cavalerie menaçant Louvain y attirait le général français , le gros de l'armée courut à Anvers qu'il espérait surprendre; mais il ne put porter ses feux jusqu'aux remparts; à deux reprises il éprouva de la part de la place une résistance inatteuduc qui le força de rappeler ses colonnes à Bréda.

Sur ces entrefaites Macdonald et Mortier, dont la présence sur la Meuse lui imposait uue grande circonspection, partirent pour la Marne. Winzingerode, arriva de Dusseldorf à Liège, dès-lors il entra franchement en campagne.

Maison perdit à Liège son appui sur la Meuse et resserra sa ligne d'Anvers à Louvain; puis Winzingerode, se portant à Namur, pour pénétrer par Avesnes en Picardie , il pivota sur sa gauche et replia l'aile droiteà Valenciennes. Bientôt il survint un troisième corps ennemi (a5,ooo) commandé par le duc de Saxe-Weymar. Le poids de cette nouvelle masse disloqua l'armée: la gauche fut renfermée dans Anvers qui était vivement attaqué, la droite et le centre se concentrèrent sous les murs de Lille. Bulow gagna lentement Laou et Lafere, le duc de Weyraar , borna ses soins à protéger le siège d'Anvers et à tâcher, en s'emparant de Maubeuge,d'assurerla ligne d'opération de ses deux collègues. Il fit d'abord reconnaître cette place, en même temps qu'un détachement marcha sur Condé pour observer les mouvemens de Maison. Celui-ci cherchait à renouer la communication avec sa gauche; le corps saxon se heurta, près de Condé, contre une de ses colonnes, fut culbuté et donna l'éveil au général en chef qui ajourna ses projets sur Maubeuge pour se jeter à Dendermonde sur la route que les Français voulaient ouvrir. Lorsqu'il les eut vu reculer devant lui, il revint à l'attaque de la place qu'il convoitait. Après bien des hésitations , ses troupes occupèrent l'en placement du célèbre camp de 1 793. Les vieilles redoutes alors si long-temps disputées n'étaient plus gardées; la ville renfermait à peine 1000 hommes de garnison, commandés par le colonel d'artillerie Schouler. Les Saxons en possession de hauteurs qui commandent la forteresse crurent en avoir bon marché , ils dressèrent trois batteries et commencèrent un feu roulant. Les canonniers de la garde nationale ripostèrent bravement à l'ennemi, démontèrent ses pièces , fircut sauter ses munitions et l'intimidèrent au point qu'à la nuit il battit en retraite sur Mons.

Maison mit la circonstance à profit : il déboucha sur Gand, rallia sa gauche et inspira des inquiétudes sur Bruxelles. Le duc de Saxe se bâta d'amener ses forces à Alost, et Maison, plus soucieux de ravitailler

Maubeugc que de batailler avec lui rebroussa chemin, écrasa une division qui manœuvrait sur Courtray, pour inquiéter sa retraite, après quoi il se dirigea vers Valencienues. Les choses en étaient là lorsque les évènemens de Paris amenèrent une suspension d'armes.

Pendant ce temps Carnot défendit vigoureusement Anvers. Gorcum, après avoir soutenu un long siège, ouvrit ses portes, et Berg-op-Zoom fut le théâtre d'un de ces brillans faits d'armes qui ont paré d'un dernier et vif éclat l'époque de nos revers.

Le général anglais Graham assiégeait Berg-op-Zoom , que défendait Bizanet avec une garnison réduite à 2700 hommes. L'affaiblissement de la troupe, les dispositions des habitans lui inspirèrent le dessein de surprendre la place. A l'entrée de la nuit il forme quatre colonnes de 1200 hommes chacune et à l'aide d'une fausse attaque qui attira la garnison, il réussit à les jeter dans la partie de l'enceinte qui avoisine le port. Mais ce succès apparent se transforme promptement en une honteuse défaite. Au jour les Frauçais forment trois colonnes, déblaient le rempart, s'assurent de la porte par laquelle les assiégeans peuvent se retirer et les criblent de mitraille. Ceux-ci , confians dans leur nombre , résistent d'abord , mais deux de leurs généraux , mais près de aooo des leurs succombent , le reste dépose les armes.

OPÉRATIOHS SUR LB BHOHB.

Prise de Genève par les coalisés (îo décembre i8i3). — Invasion de la Savoie (fin de décembre). — Prise de Bourg (ai janvier).— Mouvement autour de Lyon (fin de janvier).— Occupation de Cliàlons-sur-Saone (4 février).— Les Français reprennent l'offensive ( 1 7 février). — Combats à Ai» (a3). — A Annecy (24). — Sous Genève (a5 17). — Prise du fort de l'Ecluse (14 mars), — Occupation de Lons-le-Sauloier (a8).— Retraite d'Augereau (du 5 au 9 mars). — Combat de Limonest(ao). — Evacuation de Lyon (11).

L'extrême gauche de la grande armée combinée, commandée par Bubna (12,000) prit sans coup-férir Genève, d'où elle déboucha par les

deux rives du Rhône. Cette irruption imprévue eut des conséquences fâcheuses pour la défense du midi. Dessaix , Marchand , qu'on avait chargés d'organiser les levées de la Savoie et de l'Isère, avaient à peine réuni quelques cadres et les corps dont l'armée d'Augereau devait se composer n'étaient point encore en ligne. Les colonnes autrichiennes envahirent la Savoie, occupèrent Bourg malgré la résistance des habitans et poussèrent par la droite jusqu'à Lyon. Buhna hésita devant cette ville populeuse où il y avait au plus 3ooo soldats. Après trois jours de vaines manœuvres, sur la nouvelle que des renforts étaient survenus, il battit en retraite, puis, tandis que sa gauche cherchait, sans y réussir, à pénétrer dans l'Isère par le fort Barreaux, il répandit la droite entre le Rhône et la Saône, força l'entrée de Châlons qui lui fut bravement disputée par les habitans avec 200 hommes de la ligne et établit des postes à Mâcon et Villefranche.

Cependant les troupes françaises arrivèrent à la file de Toulon, de Nîmes, de la Catalogne. Augereau eut sous ses ordres 22,000 hommes outre les gardes nationales qui formèrent les garnisons. Il en mit 5ooo à la disposition de Marchand et Dessaix pour rentrer en Savoie, puis à la tête de 17,000 hommes, il déboucha en deux colonnes sur Mâcon et Bourg.

Le détachement de la rive gauche du Rhône obtint de brillans succès. Il déposta l'ennemi de Montméliant, d'Aix, d'Annecy, il poussa jusqu'aux portes de Genève; il contraignit, à la suite d'un brillant combat, les ennemis à s'y renfermer. Cette place dont la possession eût permis de soulever la Savoie, la Suisse méridionale, de saper la base si déloyalement acquise par la coalition, fût sans doute tombée au pouvoir du maréchal s'il eût marché avec la décision , l'ardeur de ses belles années. Mais au lieu de s'attacher aux pas de Bubna, de l'anéantir sous les murs de Genève, d'appeler aux armes les fidèles Vaudois, après avoir fait enlever le fort de l'Ecluse, il lâcha prise pour porter son armée à Lons-lc-Saulnier dans le dessein de disperser les corps qui bloquaient les(places du Doubs. Funeste exemple de ce que peut une seule faute! A Genève, Augereau prenait à revers par leur extrémité les lignes de Schwarzenberg , et en menaçant Bâle, il le forçait peut-être à reculer jusqu'au Rhin. A Lons-le-Saulnier il se trouva trop à portée des masses du généralissime. 60,000 hommes s'en détachèrent commandes par le prince de Hessc-IIom bourg. Ils le replièrent de poste eu poste, le battirent à Limoucst en avant de Lyon , le forcèrent d évacuer cette ville, de se retirer sur l'Isère où ils allaient l'attaquer encore lorsque les hostilités furent suspendues. Ainsi fut perdue pour le salut de la France la grande diversion que l'empereur avait préparée !

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