OPÉRATIONS EU ITALIE
Défection de Murât (Gn de janvier).— Bataille du Miocio (8 février).— Combats de BorgUetlo et
Salo ( i o- 1 4).— Passage du Taro.
Comme Eugène se disposait à disputer à 60,000 Autrichiens, maintenant commandés par Bellegarde, la célèbreligne de l'Adigc, une division allemande, soutenue par les 24,000 Napolitains de Murât, s'avançait en remontant la rive droite du Pô pendant que les Anglais débarqués en Toscane, côtoyaient la mer pour attaquer Gênes. Il fallut renoncer à ces positions si connues, il fallut prendre pour pivot de la défense Mantoue, par 011 Ton pouvait, selon l'urgence, manœuvrer soit dans les états Vénitiens, soit dans les Légations. Bellegarde fut le plus prompt à provoquer la bataille. Il passa les ponts de Vérone, il fit tourner par sa droite le lac de Garda et la Rocca d'Anfo , il forma ses colonnes pour forcer le Mincio à Pozzolo, à Borghetto, à Monzambano. A son approche Eugène sortit de Mantoue par les deux rives et l'action s'engagea; chaque armée coupant la rivière qui les séparait l'une et l'autre en deux parties de forces inégales. Les Français remportèrent dans ces plaines, tant de fois illustrées, une dernière et stérile victoire. Ils enlevèrent à l'aile gauche ennemie Pozzolo , ils détruisirent le pont ; ils poussèrent sur Valeggio si vivement que Bellegarde se hâta pour les coutenir de rappeler les troupes qui tenaient la rive droite. Enfin après une longue lutte, le fcld-maréchal se retira à Villa-Franca affaibli d'une perte de 5ooo tués et blessés et a 000 prisonniers. Deux jours après il essaya sans succès de déboucher du pont de Borghetto; enfin sa droite, qui s'était emparée de Salo, en fut chassée et rejetéc dans les montagnes.
Après ces échecs, Bellegarde, en proie à des fièvres épidémiques se tint immobile et laissa au roi de Naplcs le soin de déposter le vice-roi. Celui-ci fit passer au-delà du Pô, avec 20,000 hommes, Grenier qui prit position sur le Taro, mais il n'y eut de ce côté que des escarmouches. Murât n'agit avec vigueur et ne força le passage du Taro qu'au moment où l'abdication de l'empereur étant connue , on convint d'une suspension d'armes. A la même époque les Anglais, après avoir livré dans la rivière du Levant une suite de légers combats , étaient parvenus sous les murs de Gênes.