‹ TABLEAU DES PROGRES DU DROIT PUBLICChapitre 16 sur 89 · MI · texte numérisé non relu

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\ie des citoyens. L'appel au peuple souveraia était toujours réservé en toute matière ( liv. 1 1 , ch. 5i)y et Cicéron justifie ce point important du droit public de Rome, par la citation des livres pontificaux conservés jusqu'à son temps.

Du reste , après avoir disputé sur la meilleure forme de gouvernement , Cicéron pense , comme tou^ les bons esprits , que la démocratie , Faris* topratie et la monarchie peuvent rendre les peu^ pies heureux , si les principes de la constitution ne sont pas pervertis, de manière à les faire d^ér nérer en ochlocraiie ^ en oligarchie et en despO"^ tisme (liv. i.*% ch. 26}. Mais il préférait , avec tous les grands hommes de la république romaine , un état politique mélangé des trois principes de chaque gouvernement, ainsi qu'on en a la prçuve dans une phrase, conservée par Servius. ( ïraduct. de M. Yillemain , p. 197, tom. !.•' ).

c( J'aime en «Set (dit-il ailleurs, liv. 1 /', ch. 45), » que dans llËta^ il éxi&;te un principe éminent et » royal; qu'une autre portion de pouvoir soit » acquise et donnée à l'influence des grands , et » que certaines affaires soient réservées au juger 9) ment et à la volonté de la . multitude. Cette y> constitution a d'abord un grand caractère d'é- >> galité , condition nécessaire à l'existence; de » tout pays libre: elle offre ensuite une grande w stabilité. ;DanS' une iCOnstitution aiusi pondér

( i-xn )

» rée j mie révolution ne saurait arriver sans » grands vices de la part des chefs de l'filat ; c j> il n'y a \va de motif de remuer là où cfaacuu » son rang assuré , et ne voit pas au-dessous i » place libre pour y tomber ou y être précipité.

Voici les raisons qu'il donne de sa préfiérenc pour les gouvernemens mixtes, iiv. i/% ch. uy.

<c Daiis la moqarchie, tout ce qui n'est pas 1 )) monarque est dépouillé de drmt et de pouvoi » public ; dans l'aristocratie , la multitude parti 7> cipe a peine à la liberté , étant privée de tout^ y> puissance et de toute délibération pubUque ; el » dans les états où le peuple régit tout , en le sup* » posant juste et modéré , l'inégalité elle-même •y> devient inique , parce qu'elle ne souffre aucun y^ degré dlionneur ou de dignité, j^,.

N'est-il pas surprenant ^ n'est-il pas admirable que cette théorie des gouvernemens représentaà& , dont l'ère est aujourd'hui arrivée , ait été devinée et exposée avec tant de justesse par Cicéron , il y a -deux mille ans ?

Mais ce qui est pins étonnant encore, c'est qu'on retrouve cette idée des gouvernemens mîx- I tes dans deux fragraens conservés par Stobée

(Anthol, , p. 253). « Il faut , dit Archytas, phi- » losophe grec , que la meilleure cité sç compose m de la réunion de toutes les autres formes poli- » tiques ; qu'elle renferme une part de dé*

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» mocratie , une part d'oligarchie , de royauté et » d'aristocratie. »

La même idée reçoit un développement plus étendu , et des formes presque modernes , dans l'extrait d'un livre sur la république du pythago* ricien Hippodamus ( ibid. p. a54 ).

€c Les lois produiront surtout la stabilité , si » l'ËI at est d'une nature mixte et composée de ton* » tes les autres constitutions politiques ; j'entends » de toutes celles qui sont conformes à l'ordre na* » turel des choses. La tyrannie , par exemple y » n'est jamais* d'aucune utilité pour les états, non » plus que l'oligarchie. Ce qu'il importe donc de » poser pour première base y c'est la royauté , et )) en second lieu l^aristocratie. La royauté , en ef» » fet , est une sorte d'imitation de la Providence » divine ; mais il est difficile à la &iblesse humaine » de lui conserver 06 caractère ; car elle se déna^ » ture bientôt par le temps et par la violence. Oh » ne doit donc pas en user, qu'elle ne soit limitée. » 11 faut la recevoir aussi puissante qu'il est néces* » saîre , et dans la proportion la plus utile à l'état* » Il n'importe pas moins d'admettre l'aristocray> tie , parce qu'il en résulte un combat d'ému*y> btion entre phisieurs che& , et un fré- » quent déplacement du pouvoir. La présence de » la démocratie est aussi nécessaire ; le citoyen , ^ qui est une portion de tout l'état , a droit de

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