CXLVIII
tion , et cependant Pufendorf décide que ic ^ souverain n'est pas obligé de remplir ce devoir. Dftis son grand ouvrage, le même auteur exa* raine l'origine de la propriété (liv. 4, ch. 4), et il pfétend qu'elle vient des conventions humaines , expresses ou tacites , et non de la loi naturelle. Barbeyrac remarque avec raison , que la propriété dérive toute entièt*e de la prise de possession : si cette occupation a été faite sans léser le droit de personne , et si le sol a été mis en culture par le premier occupant, il n'y a aucun doute que celuilà n'en soit légitime propriétaire ; car la loi de nature nous recommande de ne faire tort à personne y et nous n'avons aucun droit acquis sur des fruits ^ à la production desqueb nous n'avons en rien contribué.
* La communauté négative n'est vraie qu'autant qu'il n'y a pas encore eu d'occupation, réelle , de mise en culture \ car Dieu nous a donné un droit égal aux biens de la terre ; c'est l'opinion de Gicéron (De OiBc. , 1. 7 ). Toutes les difficultés sur la jouissance de l'air, de la lumière , des eaux, ont leur solution dans le point de savoir si ces objets sont ou non susceptibles d'occupation réelle et permanente. Ainsi la propriété des eaux de la mer n'existe pas ) celle des eaux pluviales , n'est qu'imparfaite ; celle des fontaines ou étangs , est -parfaite*
(cxux )
. Ces^sotioqs simples obI échappe à Pufendoff^ qui croit qu'on peut avoir le domaine de la mer , en l'occupant par des navires ; cependant , à l'égard du vaste Océan , il se trouve obligé d'appor* ter des modifications à son principe.
Notre auteur établit la propriété des côtes sujt des raisonnemens plus solides ; mais il connsut si peu sa matière , qu'il n'ose pas décider jusqu'où s'étend cette propriété. Lia solution est pourtant facile. On possède les côtes d'un pays jusqu'à la portée du canon.; car , par là , on en est en quelque sorte saisie et on peut faire respecter sa propriété.
Les livres Yii et vni sont consacrés au droit politique et au droit des gens. Pufendorf ne^ croit pas que l'homme , quoique sociable ( animal politique, suivant yfnstote)^ soit porté à former des sociétés civiles , et il s'en réfère à ce que Hobbes dit à cet égard. Il attribue la formation des sociétés à la crainte i sans doute ^les impressions de la loi naturelle ne suffiraient pas pour entretenir la paix parmi les hommes ; les passions égarent la raison y et c'est pour cela qu'il est utile de remettre la décision de toutes les querelles eur ire particuliers à des tiers. C'est là l'origine de la puissance publique -^ elle n'a pas d'autre fondement, de l'aveu de Pufendotfj que le consentement des^ individus -, c'est de cette union de vQJontési et dç.