CLII
légitimité ; la souveraineté n'est pas simple et iiw divisible , comme le dit Grotius. PEifendoif la divise en parties potentielles ; le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif. La vé^ rite est , dit Barbeyrac , que la souveraineté ren*. ferme un assemblage de divers droits ou pouvoirs distincts , conférés pour une même fin , c'estpàn dire pour le bien de la société ) mais, rien n'em^ pèche quHls ne soient entièrement séparés t'ua de Fantre , ou distribués à diverses personnes.
Pufendojf pense y contre l'opinion de Hobbes^ que le souveraip ne peut pas légitimement vouloir autre chose , que ce qui, d'après la droite raison , est conforme aux droits do l'Etat. Qua^t à la liberté des opinions , notre pnbUciste convient qu'elles sont naturellement libres y et qu'il est audessus des forces humaines de ramener tous les, jugemens à une harmonie parfaite ; iQais, il ne veut pas qu'on enseigne publiquement d'autres doctrines que celtes approuvées par le souverain ; et cependant il convient que nulle 0{)inicuQ véritable n'est contraire à la paix , et que toutes, celles qui sont coi^ traires à' la paix doivent etr^ regardées comme fausses. Barbeyrac s'(^lëve contre ces prii^oes, qui, d'eux-mêmes ou à l'instigation de leurs courtisan^, s'érigent en inquisiteurs k l'égard, de^ opinion^ les plus indijBTér^ntes.
Pufendorf u^exdimme pas jusqu'où peut s'éten*
( cun )
are le pouvoir des souverains , en matière de refigion : cette réserve est indigne d'un poblicîste, qm ne doit reculer devant aucune question.
En parcourant les diverses formes des gouvememens , notre auteur trouve que la démocratie est la plus andenne. En parlant de la monarchie y il repousse l'opinion d'un auteur qui avait soutenu IHnconciliabilité de ce gouvernement avec la nà« ture du pacte social , parce qu'on ne peut concevoir des individus assez stupides pour conférer le pouvoir suprême à un seul homme et à ses descendans à perpétuité. L'opinion de cet auteur nous parait vraie , appliquée aux monarchies despotiques 'y elle est fausse à Fégard d'un état , où le pouvoir du monarque est limité par la loi , de manière qu'il ne puisse renverser la constitution.
jPu^ndorf pense que lé souverain n'est tenu de Tendre compte a personne, et qu'il est inviolable; qu'il est au-dessu3 des lois humaines. Pour résoudre cette diificulté , il faqt distinguer entre la sou* veraineté réelle et la souveraineté personnelle : le prince n'étant que le représentant de la souveraineté , peut être , par une disposition expresse , déclaré inviolable j mais alors il ne peut rien faire dans l'état, qu'avec le concours de ses ministres^ et ce sont ces. derniers qui répondent , devant la nation , des fautes du monarque ) car à tout at.«« tentât, il faut une réparation^