CLIV
Du reste , P ufendorf ^àsm^X le pouvoir absolo^ en ce sens que le prince peut disposer à son gré des. pouvoirs sociaux ; mais il convient qu'il est sag^ de définir et de limiter le pouvoir du prince, pour éviter les abus. Les conditions apposées à l'exer-^ cice de cette autorité sont obligatoires ; mais it abandonne aussitôt son principe , en disant , que si le monarque viole sa parole royale , les sujets ne sont pas en droit de lui refuser obéissance ^ parce qu'il peut invoquer le prétexte du salut public. Mais dans ce cas , il est évident , qu'il n'existe plus , entre le monarque et les sujets , d'autre lien que la force. Pour éviter cet inconvénient^ PufendoffpTopo!&e que le peuple établisse une assemblée , sans laquelle le roi ne puisse créer de lois générales^ mais le même prince ne peut-il pa& corrompre ou dissoudre cette assemblée ? quel sera le remède 7
La légitimité des royaumes patrimoniaux , dérive , suivant notre publiciste , du droit de conquête; mais lui-même a dit plus haut que la conquête ne produit aucuns droits sll n'intervient de convention valable. Or, comment supposer qu'un peuple tout entier ait consenti a se rendre la propre chose du conquérant ! Il n'y a pas de différence , à cet égard , entre la conquête qui est la suite d'une guerre juste , et celle qui résulte d'upe guerre injuste : la force ne peut pas sup-
(CfLV)
plëer an consentement, et ie vaincn pent tonjours attaquer son vainqueur, si ce dernier s'est afiàîbli. Pufendorf reconnaît que les habitant d'une tille ou d'un pays peuvent déposer leur souverain et s'érigei^ en république; ils deviennent indépendans, k l'égard des puissances étran* gères , aussitôt que le prince a mis bas les armes , ou qu'il a traité avec eux ; il en est de même si le monarque a été détrôné dans un cas prévu par la loi dé l'Etat.
Notire auteur examine quels sont les devoirs des sujets , quand le prince oublie les siens et commet des injustices et des violences. Il pense, et nous croyons avec lui , que l'on doit supporter oes traitemens tant qu'ils sont supportables j mais, dit notre auteur (liv. 7 , cb. 8, $ 5), s'il nous commande des choses contraires à la v6* lonté de Dieu , on n'est pas tenu d'obéir.
Pufendorf CTo\t cependant qu'on peut , sans se rendre coupable , exécuter par ses ordres des actions contraires au dfcnt naturel ; nous ne le pensons pas : tout le monde sent les inspirations de la conscience, et s'il y a du danger à courir par la résistance, tt vaut mieux s'armer contre le tyran qui commande, que se rendre son complice.
Mais, dit notre auteur, s^l n'y a pas moyea