LOI DE MOÏSE
M. àe Èonaîâ et des partisans ^émbleilt , éti toute occasion , vouloir opposer là législation die Moïse à celle de PÀssémblée de I789 , comme ^tant la raison divine elle-même.
Nous avons relu avec attention , dans là Genèse , le texte des lois 'pt*ûmulgùées par Moïse , comme si elles avaient été dictées par Dieu , et il nous est impossible de partager cette admiration.
CbnimenCôns pàrleûécafogue(6^/z^^^ycli. âc^ Vers. 3 et sùw. )
Art. 1.*' Tf^oué n^àurez point de Dieux étrari" fgers devant moi:
Cette loi ne dit pàS qu'il n'y a qu'un ï)ieu véri* table, elle exclut seulement les Dieux étrangers. Xa loi a poiir objet Unique rétablissement d'une religion exclusive et dominante ; par conséquent la violation dû premier principe du droit na^ tureL
Art. 2. P^Qus ne ferez point dHmage taillée , ni aucune figure de tout ce qui est en haut ,
( CCCLtV )
Vans te ciel , et en bas y sur la terre > ni de tout te qui est dans les eaux y sous la terre,
Vous ne les adorerez point , ^t pous nèjeur rendrez pas le souverain cy^Ue } caf je-jsuis le Seigneur çolre Dieu , le Dieu fort et jaloux > qui penge y iniquité des pères sur les eiifans jus^ qu'à la tix)isième et quatrième générçtionSy dans tous ceux qui me haïssent ^ et qui fais rrriséri^ corde y dans la suite, f^, mille générations j.à cçux qui rn 'aiment ^ ^et qui gardent rries préceptes. ,
Cest prohiber- le culte innocent des images« Cela pouvait-il être un principe fondamental? Cela était-il même du doaiaii^e du législateur?
Que Dieu spît fort^ à la bonne hei:^'e} ii)ai% jaloux et, vindicatif ^^n point de punir, sur lea petits-en&ns , la faute djes pères , et de pardonner tous leurs crimes aux enfans d^cçux, qui. ont aipé le Seigneur , c'est ia violation d'un pripcipe de justice et d'équité, que la morale proscrit : Qu'est calomnier Dieu que de lui prêter ce, langage..
Art. 5% f^ous ne prendrez point enivain^^lé nom du Seigneur ^ uotre Dieu j car le Seigneur ne tiendra pomt pour innocent celui qui aura pris en vain le nom du Seigneur ^ son Dieu.
C'est consacrer la religion du serment. Cela est^ bien ; c'est un principe du Droit naturel.
Art. 4. Souvenez-pous de sarictifier le jour du sabbat, f^ous travaillerez durait six jours ^ et
iPous y ferez tout ce que wus, aurez à fàh^} fnais le septième e^t. le Jour du repos consacré au Seigneur^ votre Dieu : i^ous ne ferqz y en ce jour y Qucurp ouvrage y ni vous y ni voire fils y ni t^otre fille y ni votre serviteur y ni votre servante y ni vos* bêtes de somrrie ^ ni V étranger qui sera dans Vènceinte de vos villes ; car le Seigneur s^est Imposé le septième joun.^
Nous ne nous attacheroo» pas , comtn^ M. Dur. tnont y^ à critiquer la rédaction ; mais nous dirons^. qu'il n^y a p^s ^ eci droit natoreL , ds raison de se reposer un jour plutôt que l'autre , le jour dvk sabbat plot^t que- le johk du dUi9al9che ; que , puisque Dieu nous a donné des besoins ce jour-là ^ il nous a, pijjc une coBséque^ce* j^éces^iise , donnée la droit dé travailher et d'assurer noise eiist^nce«^
En quoi d'aiUeucs le travail peut U «être offensant pour la divinité? N'est-ce pas au contraire uxù^ Vertu? D<ii reste) Moïse a poussé la probîbitioi^ jusqu'à l'^'bsurde. 11 n'est pas. un. pays au moqde ^ cm j le diniancbe, ou s'abstienne de tojate espèce^ d'ouvrages.
Act. 5. Monor^z potrepère e^ i^tre- mère , afirt^ 'que vom viviez longuement sur la terre que U^ Seigneuty votre Dieu y vous^ donnera^ ' Cette foi dit-elle assez? et la raison qu^on doane l^our imposer un pareil d^viE^r^ u'ëst^elte^ pas inr sUflSsante? • *:
( CCCLVI )
Art. 6. Vous ne tuerez point.
Art. 7. Vous ne cor^meitrez poinf dç fofnlcation.
Art. S.j^ous ne déroberez point.
Art. 9. Vous ne porterez point faux témoin», gnage contre potre prochain.
Voilà tout le Code pénal dSin peuple ! Est-il suffisant? Où sont les délits contre l'ordre public^ ef tant d'autres?
Art. 10. Vous ne désirerez point la maison de t^otre prochain ;vous ne désirerez point sa femme j,^ ni son sen^iteurj^ ni sa s^rçante ^ ni son bœufj ni son âne y ni aucune de toutes les choses^ qui lui appartiennent. ^
Ceci est. un principe de morale ) mab.un l^pat:^ lateur ne peut pas s'occuper du for intéiieur;
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Il y a d^ gens qui admirent y sur parolie 9 la législation de Moïse. A raison de sai> grande antir qiiité , il faut sans doute la juger avec beajucoup d'indulgence ; mais , si on ne fondait son opinion que sur cette Charte, on en aurait une bien pauvre idée , et on aurait droit de s'étonner qu'on l'ait si souvent invoquée.
Parcourons rapidement lea autres lob psincipales. Moïse ( ch. %i , vers. 9 ) consacre le principe de l'esclavage , aujourd'hui recopnu y par
• ( çqayii )
toutes le^ notions chrétiennes, çiitqinel et contrûre à la, religion et à Phumanité.
II autori$e, par une loi , la prostitution , et, ce qui la rend plus immorale, il en fait un lucre pour le père. Lorsque le maître à qui une fille est vendue on est dégoûté, il lui permet de la céder fi son fils , ou de la renvoyer, en lui payant le prU 4q S4 virginité (vers. ,731 8, 9 et \o.)
Il punit également de mort le fils pour avoirfrappé son père ou pour l'avoir maudit. N'est-ce pas encourager au parricide?
Celui qui frappe spn esclave , au point de mettre sa ^ie w. péril , est coupp^ble 9 si l'esclave meurt sous les coups ; il est innocent , si l'esclavç survit d'un $eul jour , et cela parce qu'il fa acheté de sou argent. ( vers. 20 et a i . )
Peut-on rien voir de pjt^s. inique ?
Moïse adopte aussi la loidu talic^, et ilçst prouvé que rien n'est plus injuste que cette manière da punir , parce que c'est l'intention , et non le ré^. «ultat pli^ysique qui fait le crime.
Si un bçpuf blessée quelqu'un à mort; , le bœuf > est lapidé , et le maître acquitté j dans le 9iéme. * cas , s'il est prouvé que le. bçeuf frappait de la corne , et que le maître ne l'ait pas renfermé , alors, le bœuf et le maître sont pu^is de mort.
Peut-on rien voir de plus absurde !
Moïse croyait aux sorciers et aux enchanteurs ,,
( ccchyiu y
et 3 les punit de mort ( ch. sa , vers. 18.) G>mbien d'innocens cette loi a-t-eHe £iit condamner ?
Quiconque sacrera à d^autrés di^f^ qu^au seul Seigneur véritable j. sera puni de mort (vers, ao.)
L'inquisition faisait brûler r& ceux qa'elld déclarait héi'étiqnes.
La seule loi polîtiqioe qu'on troave dans ce chapitre , est celle-ci : « Tous ne mandir^ point les » princes de votre peuple^ 2>
Nous doutons que M. de Bonald se contentât d'une législation aussi douce et aussi laconigue.
Yoilà l'aperçu du plus ancien G>de qne l'on connaisse , de ce Code qui a été regardé pendant tant de ^ècles comme l'œuvre de la divinité. On conviendra qu'il n'est pas de peuple ,sî peu avancé qu'il soit en législation , qui n'en ait nn meilleur.
Du reste , les JuiÊ euxnnémes le respectèrent .fort mal, tXMdhe ^ malgré le ton d'inspiré qu^ sut prendre -avec eux, ne fut pas assez fort pour empêcher de fréquentes révoltes. Mahomet , par les succès qu'il a obtenus , semble bien supérieujc à Moïse.
( COTLŒ )