II. i
prendre les armes , et annonça l'intention de ne point se séparer de la Grande-Bretagne ni d'embrasser un système absolu d'indépendance. Mais le ministère britannique ayant fait des efforts extraordinaires pour la campagne de 1776, et ayant pris des troupes allemandes à sa solde , les Américains crurent devoir rompre tout lien avec l'Angleterre , afin de pouvoir , à leur tour , recourir à des protections étrangère». Dcclaraiim L/indi'pendance fut donc déclarée formellement par
suivi de près de la rédaction des articles de confédération et d'union perpétuelle des états d'Amérique , au nombre de treize provinces. Elles prirent, par l'acte de leur confédération , le litre d'Étals- Unis de V Amérique ».
CotwiiuHion En vertu de cette confédération, ebaque état resta «Je* Etais- Uub.] e ma ître dans son administration intérieure et de sa législation , et on attribua au congrès, composé des députés de toutes les colonies . le pouvoir de régler les affaires politiques, c'est-à-dire tout ce qui concerne la guerre , la paix , les alliances , los monnoies , les poids et mesures , les postes , de même que l'accommodement des différends qui s'éleveroient entre deux ou plusieurs des états confédérés.
Capaulation La première affaire favorable aux Américains dans de Saiatoga. j eur g Uerre contre l'Angleterre, fut celle de Trenton a5 drc. 1776. sur la Delaware : où le général Washington surprit un corps de Hessois et d'Anglois , et les fit prisonniers. Mais ce qui mit, en quelque sorte, le sceau à l'indépendance de l'Amérique , fut l'échec important que
» I^c premier acte de confédération est du 4 octobre 1776. Voyrx Recueil des lois constitutives des Etats-Unis de l'ÂmJriaue, p. i4. Jt ne comprenait alors que onze états. La Caroline méridionale et le MaryJand n'en ctoient pas encore»«On fit depuis des chaitgemensà cet acte , et on en rédigea un nouveau le 9 juillet 1778 , qui ne fut définitivement ratifié qu'en 1781. Dans ce dernier acte, la Caroline méridionale et le Maryland sont compris. Voyez Constitutions des treize états-uni&éde l'Amérique , p. 423. Une convention générale , convoquée , en 1787 , à Philadelphie t arrêta un nouveau plan de constitution fédérale, qui , en étendant le pouvoir du congrès et du président des lîlath-Unis, ressert a davantage les nceud» de l'union.
feçut le général Bourgoyne auprès de Saratoga. Ce général, s'étant avancé du Canada pour soutenir les opérations du général Howe qui marchoit sur Philadelphie , fut forcé , par les troupes américaines aux
ordres de Gates , de mettre bas les armes par une capi- 16 oct. 1777. tulation qui fut signée au camp de Saratoga 1 .
La nouvelle de ce désastre ne fut pas plutôt ar- La France alliée rivée en Europe, que la France qui , pendant que l'at- aux Americaini * teolion de l'Angleterre étoit tournée sur les troubles de l'Amérique, avoit mis sa marine sur un pied respectable, prit la résolution de reconnoître la nouvelle république et de s'allier formellement avec elle. Des traités d'amitié , d'alliance et de commerce furent signés à Paris , entre cette puissance et les Etats-Unis 6 févrhr 1778. d'Amérique La France exigea , comme une condition principale , que les Etats-Unis ne missent bas les armes que lorsque l'Angleterre auroit reconnu leur indépendance 3 . La notification que fit la cour de France à celle de Londres, de son traité avec les Etats- Unis, devint le signal de la guerre entre les deux notions.
Cette guerre que la France entreprit pour la liberté Guerre des mers contre l'Angleterre, fut la première qui , ent * e . ,a . France
k • ^ y j / 1 ? et l'Angleterre.
bornée uniquement a des opérations maritimes, n embrasa point le continent de l'Europe. Loin de traverser la France dans cette entreprise , on vit les puissances européennes applaudir à ses succès 4 ; et , tandis que la Grande-Bretagne, réduite à ses propres forces, ne 4rouvoit aucun allié sur le continent , la France parvint à mettre l'Espagne et la Hollande dans ses intérêts.
L'Espagne, après avoir joué, pendant quelque L'Espaene et la temps , lé rôle de puissance médiatrice , entra dans la ^^l^pii*^^ 001
1 Koyez ceue capitulation dans Sovhés, Histoire des trouble* de V Amérique a alloue , t. H , p. 3n-.
a Y oyez ces traités dan» Màrtens , t. I , y*. 685 et 701. s Article 8 du traité d*alliance.
* [Les puissances européennes applaudirent aux succès de la France, moins parce qu'elles *e réjou'u>soicnl de l'humiliation de l'Angleterre , que parce que 1rs piincipes révolutionnaires avoient infecté les cabinets même. J
igÇ PÉRIODE VIII.
guerre , pour satisfaire aux engageuieus qu'elle avoit ' contractés par le pacte de famille 1 $ et, quant à la Hollande , l'Angleterre se décida , de son chef , à rompre avec elle. Le ministère britannique étoit aigri contre cette république qui , au lieu d'accorder à l'Angleterre les secours qu'elle pouvoit réclamer en vertu des traités, servott avec complaisance les intérêts de ses ennemis. Les Hollandois se plaignoient à leur tour des vexations multipliées qu'ils ne cessoient d'éprouver de la part des armateurs britanniques; ils cherchèrent à s'en garantir , en se couvrant de l'égide de la neutralité armée, que l'impératrice de Russie venoit de négocier pour la protection du commerce des neutres contre les puissances en guerre. Ce fut pour prévenir
20 déc. 1780. leur accession à cette neutralité, que 1 Angleterre se hâta de déclarer la guerre à la république 2 .
Observations Sans entrer ici dans les détails des événemens de
ur cette guerre. celte g uerre , dont le théâtre principal s'établit en Amérique, et qui s'étendit de là aux Indes ^et en Afrique , nous nous bornerons à faire quelques observations générales.
Lorsque les hostilités commencèrent entre la France et l'Angleterre, celle-ci avoit une très- grande supériorité de forces sur mer. Elle étoit armée aux deux extrémités du globe ; le nombre de ses vaisseaux étoit prodigieux, ses arsenaux regorgeoient de muuitions, ses chantiers étoient dans la plus grande activité ; mais, depuis la réunion des armées navales de France et d'Espagne , il ne fut plus possible à la Grande-Bretagne , obligée de partager ses forces , de défendre ses
1 Par une convention particulière, signée eu/re les deux cours à Aranjuez , le 12 avril 1779 , la France stipula , entre autres chose», pour elle, l'entière liberté du port de Dunkerque, la possession d« îles de Terre-Neuve et île Dominique , avec la liberté absolue du commerce des Indes orientales $ l'Espagne stipula la restitution de Gibraltar , du fort de la Mobile, de Pcusarola et de l'île de JUinorque , etc.
« On trouve dans le Recueil statistique de DonM, t. III et IV, toutes les pièces relatives à la rupture entre l'Angleterre , la France» l'Espagne et la Hollande.
1715 — 1789. 197 possessions éloignées , contre toute attaque de la part des François et de leurs alliés.
On compte jusqu'à vingt-un combats de mer qui Combms curent lieu entre les puissan ces belligérantes. Dans tous maritime», ces combats, l'Angleterre , distinguée par l'expérience de ses amiraux et par l'habileté de ses marins, ne perdit pas un seul vaisseau de ligne.
Le premier combat naval fut livré près d'Ouessant, 27 juillet 1778. entre le comte d'Orvilliers et l'amiral Keppel. Cette action, dont les deux nations s'attribuèrent également la gloire, fut aussi indécise que la plupart de celles dont elle fut suivie. Il n'y eut proprement de décisif que le combat que l'amiral Rodney livra au comte de Grasse , 12 avril 1782. entre les îles Dominique et Saintes. L'amiral anglois ayant coupé la ligne des François, réussit à s'emparer de cinq vaisseaux de ligne , y compris le vafcseau amiral, et eut l'honneur d'amener l'amiral françois prisonnier à Londres.
Au commencement de la guerre , les Anglois dépouil- Conquête» lèrent les François de leurs possessions aux Tndes orien- woproque*. taies-, telles que Pondichéry, Chandernagor et Mahé; ils leur enlevèrent en Amérique les îles de Saint-Pierre et de Miquelon , de même que celle de Sainte-Lucie , et prirent aussi posseseien-de l'île de Gorée sur les côtes de l'Afrique. Lès François compensèrent depuis ces pertes par la conquête des îles Dominique , Saint- Vincent, la Grenade , Tabago , Saint- Christophe, Nevis et Montserrat. Tous les forts et établissemens des Anglois sur le Sénégal en Afrique , de même que Gondelour aux Indes, tombèrent également en leur pouvoir.
Les Espagno^ se rendirent maîtres des forts que les Anglois occupoient sur le Mississipi ; ils prirent le fort Mobile ou Condé , dans l'ancienne Louisiane francoise, et soumirent toute la Floride occidentale avec la ville de Pensa cola. Aidés des François, ils reconquirent en Europe l'île de Minorque avec le Port-Mahon et le fort Saint-Philippe; mais les forces réunies des deux nations échouèrent dans l'entreprise qu'elles formèrent sur Gibraltar. Cette place, défendue courageusement
îgo* PÉRIODE VIII.
parle général Elliot, fut deux fois ravitaillée par des
1 780. flottes an gloisçs ; d'abord par celle de Roduey ; et < lepuis 1762, par l'amiral Howe. Les batteries flottantes de l'invention
de M. d'Arcon, dirigées contre la place assiégée , furent détruites par des boulets rouges, que le commandant anglois leur lança a vec^pro fusion. Ce fut principalement l'opiniâtreté des Espagnols à vouloir reprendre le rocher de Gibraltar, qui priva long-temps la France et l'Espagne des avantages que devoit leur procurer la réunion de leurs forces navales contre la Grande-Bretague.
Quant aux Hollundois, ils éprouvèrent de grands , désastres dans cette guerre. Leurs îles de Saint-Eustache, de Saba et de Saint-Martin, dans les Antilles, furent envahies par les Anglois qui y firent un butin immense. De même leurs établissemens de Démérary et d'Esséquébo, dans la Guiane , ceux qu'ils tenoient sur la côte de Malabar et de Commande!, principalement Negapatnam et Trinquemale , sur la côte de Ccylan , furent successivement réduits. Les François réussirent cependant à reconquérir les Antilles hollandoises et la forteresse de Trinquemale.
Déroute du lord ^ ans l' Amérique septentrionale, les succès de la Comwaliis. guerre furent long-temps balancés entre les Anglois et les Américains. Enfin le lord Comwaliis , après avoir
1781. fàit la conquête des deux Carolines, s'avança dans la Virginie ; il y prit Yorck-Town et Glocester : mais ayant pénétré dans l'intérieur de cette province , Washington, Rochambeau et La Fayette tournèrent leurs forces contre lui, et furent soutenus, dans cette attaque, par une flotte françoise que le comte de Grasse amena à leur secours. Comwaliis , resserré alors de tous côtés et obligé de se renfermer dans Yorck-Town , fut forcé
, 190a. 1781. de capituler et de se rendre prisonnier de guerre avec toute son armée 1 .
Conférence* Celte déroute décida du sort de Y Amérique. La pour la paix. nouve lle n'en fut pas plus tôt arrivée en Angleterre,
« Mémoires de Rochahibeau , t. 1, p. 2q3. Ramsay, Vie de Washington , ch. Vlll.
1715 — 1789. 199 quelle opéra un changement dans le ministère britannique. Lord North et ses collègues donnèrent leur démission et furent remplacés par des membres du parti de l'opposition. Les nouveaux ministres essayèrent d'en venir à une paix particulière, soit avec les Américains ,
tion avec la France. Les conférences s'ouvrirent à Paris, sous la médiation de l'empereur Joseph II et de l'impératrice de Russie. Elles durèrent depuis le mois d'octobre 1782 jusqu'au 3 septembre 17 83, où les traités de paix définitifs entre la Grande-Bretagne, la France , l'Espagne et les Etats-Unis de l'Amérique furent signés, chacun séparément , à Paris ou à Versailles. La signature du traité entre l'Angleterre et la Hollande n'eut lieu , à Paris *, que le 20 mai 1784.
En vertu de- ces traités, l'indépendance' des treize Traité* de Pari» états-unis de l'Amérique est reconnue par l'Angleterre, cl de Ver8ai,,e *et les limites des possessions respectives des deux puis- ( sances sont réglées dans toute l'étendue de l'Amérique septentrionale. Un continent de plus de soixante-dix mille milles carrés d'Allemagne est assigné aux états confédérés qui obtiennent aussi le droit de pèche sur les bancs de Terre-Neuve , dans le golfe de Saint-Laurent , et dans tous les autres lieux où ils avoient été jusqu'alors en usage de pécher.
La pêche francoise à Terre-Neuve est réglée d'une manière plus avantageuse qu'elle ne l'avoit été par les traités antérieurs. Les îles de Saint-Pierre et de Miquelon sont cédées en toute propriété et souveraineté à la France. Da»s les Antilles , la France conserve Sainte- Lucie et Tabago, en restituant à l'Angleterre la Gre-
1 Voyez ces traites dans le Recueil de M. de Màrteks, t. II,
Î. 462, 484 , 4g7 , 5so ; et dans Soûles , Histoire des troubles de 'Amérique t t. IV. L'examen critique de ces traités, conclus sous le ministère de M. de Vergenues , se trouve dans un mémoire du général Grimoaru, lu au conseil du loi en 1786 , et publié par Soula vie, Mémoires historiques et politiques du règne de Louis Xff, U V, p. 17 et 27.
200 l'ÊKJODE VJJÎ.
nade et les Grenadines. Saint- Vincent , la Dominique, Saint-Christophe, Nevis et Montserrat. En Afrique, les forts et établissemens du Sénégal restent à la France avec ïïle de Gorée qui lui est rendue. Aux Indes orientales, tous les etablissemens des François, tels que Chandernagor, Pondichéry , Mahé, sont restitués, et l'Angleterre s'engage à procurer à la Fi ance un arrondissement pour Pondichéry. Les clauses des traités antérieurs relatives à Dunkerquc sont abolies.
L'île de Minorque dans la Méditerranée et toute la Floride en Amérique sont cédées k l'Espagne qui restitue à l'Angleterre les îles de la providence et de Bahama , et accorde de plus aux Anglois la faculté de couper du bois de teinture ou de campêche* dans de certains districts de la baie de Honduras.
Enfin la Hollande cède Négapatnam à l'Angleterre , et assure aux sujets britanniques la libre navigation dans les mers de l'Inde^ où les Hollandois avoient maintenu jusqu'alors la navigation et le commerce exclusifs.
Tel est le précis des traités de Paris et de Versailles . qui terminèrent la guerre d'Amérique. La France y maintint l'équilibre maritime contre l'Angleterre dont la grande supériorité sur mer avoit alarmé toutes les puissances maritimes et commerçantes. [Il est vrai que cet avantage fut de peu de durée et que les Anglais reprirent leur supériorité, et la poussèrent pendant la révolution françoise à un point où elle n'étoit jamais parvenue. Au reste leur commerce ne souffrit aucune atteinte par la perte de si vastes colonies; l'industrie croissante de la nouvelle république eut plus que jamais besoin d'être s oui en ue par des capitaux et un crédit que les négocians ne pouvoient trouver que dans l'ancienne métropole.] La France acquit la gloire [fort stérile] d'avoir contribué , par ses efforts , à l'affermissement de la nouvelle république des Etats-Unis, qui par la vaste étendue de son territoire, par l'accroissement progressif de sa population , de son industrie et de son commerce, pourra exercer, avec le temps, une
17 i5 — 1 7^J« 201 grande influence sur les destinées de l'Europe, [si le gouvernement central a assez de force pour détruire le germe de dissolution que la république porte en son sein.]
Un événement mémorable qui se rapporte à la guerre ê ^ ™ ™utraïu« d'Amérique, est la confédération des puissances du aimée. Nord sous le nom de neutralité armée. Cette guerre , parement maritime , ayant donné une étonnante activité au commerce des états du Nord, par le besoin que les puissances en guerre avoient de bois de construction et de munitions navales de toutes espèces, l'Angleterre , » pour empêcher les François et les Espagnols de se procurer ces objets dans le Nord, profita de sa supériorité sur mer, pour faire saisir, indistinctement, tous les bâtimens marchands à pavillon neutre, et pour confisquer les effets appartenant à des sujets ennemis, et trouvés à bord de ces bâtimens. L'impératrice de Russie, voulant arrêter ces vexations, résolut de protéger t à main armée, la navigation commerçante de ses sujets. Par une déclaration quelle adressa à la France et à l'Angleterre , elle fit connoître à ces puissances t\ue son février 1780. intention étoit de maintenir la liberté des effets qui appartiendreient à des sujets des nations en guerre , eu n'en exceptant que les véritables munitions de guerre , telles que boulets, poudre, canons, et généralement tout ce qui étoit réputé marchandise de 'contrebande, en vertu des articles 10 et 1 1 de son traité de commerce avec la Grande-Bretagne 1 de Tannée ij6b. Elle ne se borna point à faire cette déclaration ; elle engagea la Suède et le Danemarck à en publier de semblables , , et conclut des conventions avec ces puissances , à l'effet g ci 10 août de protéger, par des convois, la navigation de leurs l 7*°. sujets , et de se prêter mutuellement de l'assistance en cas d'insulte faite à leurs bâtimens marchands 2 . La cour de Copenhague déclara plus particulièrement que
1 Voyez celte déclaration dans Dohm , Mate ria lien zur Slatistick , toro. IV , p. 177 ; et dan» Martoms , t. JI, p. 7*.
» Dohm , loin. IV, pag. 210 et 220. Martels , tom. JI , f> 100 et 110.
' la mer Baltique étant , par sa situation locale , une mer fermée, les vaisseaux armés des puissances en guerre n'y seroient point admis pour y commettre des hostilités contre qui que ce fût i.
✓ Plusieurs puissances, telles que le roi de Prusse,
l'empereur Joseph II, la reine de Portugal et le roi des Deux-Siciles accédèrent à la neutralité armée , en don» naut leur adhésion aux principes établis dans la déclaration de l'impératrice de Russie 2 . La France et l'Espagne applaudirent à ces mesures et aux principes que , l'impératrice de Russie venoit de consacrer. L'Angleterre dissimula , en se référant aux traités , et attendant , pour s'expliquer , un temps plus opportun ; mais, pour empêcher lés Hollandois de se couvrir de l'égide de la neutralité armée , elle déclara la guerre à cette république , avant que son acte d'accession à ces traités n'eût été ratifié par les puissances du Nord 3. Nouveaux dif- De nouvelles brouilleries s'élevèrent entre les Rus-
f *Rui*eëtia laSeS tl 1CS TurCS à la SUÎte de la P aix de ^y 1 ™ 1 ^'
Porte. L'orgueil de la Porte souffroit avec peine l'indépendance des Tatars , sanctionnée par cette paix ; il étoit choqué de voir les Russes promener leur pavillon jusque sous les murs de Constantinople ; aussi cherchoitr elle des subterfuges pour éluder l'exécution de ceux des articles du traité qui lui déplaisoient le plus. La .Russie, de son côté, qui regardoit l'indépendance de la » Crimée comme un acheminement à l'exécution de ses projets ambitieux , fit chasser le khan Dewlet-Guéraï, qui penchoit trop pour la Porte , et lui substitua Sahin- Guéraï, dévoué aux intérêts de la Russie. Ce dernier ayant encore été dépossédé par Sélim-Guéraï , soutenu de tous les partisans de la Porte, l'impératrice fil entrer
1778. dans la Crimée un corps de troupes, sous les ordres de Souwarow, et y rétablit, à force armée, son protégé.
1 Martens , t II, p. 84.
a Dohm, t. IV, p. 2'âGeisuiv.
3 On peut consulter sur l'histoire de la neutralité armée l'ouvrage très-important de M. le comte de Gœktz , alors arnbassideur de Prusse à lu cour de Saint -Péternbourg , intitulé : Mémoire , ou Précis sur la neutralité armée, imprimé à Bâle eu 1801 .
J7i5 — ^789* ao5 Les Turcs firent de grands préparatifs de guerre , et Convention on s'attendoit à une nouvelle rupture entre les deux «*pKcaiive «1« empires, lorsque, par l'entremise de M. de Saint- Priest, OU8 an 1 P ambassadeur de France à la Porte, le divan consentit A un accommodement qui fut signé à Constantinople , 21 mars 1779. sous le nom de convention explicative. L'indépendance de la Crimée et la souveraineté du khan Sahin- Guéraï y furent reconnues et confirmées de nouveau, La Russie et la Porte s'engagèrent à retirer leurs troupes de cette presqu'île , ainsi que de l'île de Taman. La Porte promit surtout de ne jamais alléguer le prétexte du lien spirituel , pour se mêler du pouvoir civil et politique des khans. Le libre passage de la mer Noire dans la mer Blanche et de celle-ci dans la mer Noire fut assuré de la manière la plus expresse, à tous les vaisseaux russes qui seroient de la forme, de la mesure et de la grandeur des vaisseaux des autres nations qui trafiquent dans les ports de la Turquie *• Cette convention ne rétablit que foiblement la bonne intelligence entre les deux empires. Les troubles de la Crimée ne tardèrent pas à renaître. Le khan Sahin- Guéraï fut chassé de nouveau par le parti dévoué à la 1782. Porte. Aussitôt une armée russe rentra dans cette presqu'île et y ramena le khan fugitif, tandis qu'une flotte (le cette nation , sortie du port d'Azow, coupoit aux mécontens toute communication avec la ville ae Constantinople.
Ce fut dans ces circonstances que l'impératrice Ca- Crbw therinell crut que le moment étoit arrivé de mettre ^minaiion* la Crimée au nombre de ses provinces. Elle fit occuper, j c la Russie. * par ses troupes , cette presqu'île , de môme que tout le Kouban , et chassa les Turcs de l'Ile de Taman dont ils setoient rendus maîtres dans l'intention de s'ouvrir une communication avec les Tatars. Enfin , cette princesse exposa dans un manifeste les motifs qui 1 obli- 8 au il 1783. geoient de réunir à son empire la. Crimée, de môme
1 Martevs, t. 11! , p. 34g.
a Voyez Campagnes de Souwaroiv ; t. I , p. i5g. ■ .
lo'k PÉRIME VIII.
que l'île de Tamau et leKoubau Sahin-Guéraï se dé- 28 juin 1783. mit par un acte d'une souveraineté dont il n'avoit pas joui longtemps.
uo^e^Ia ^ v ^ nemen ^ m * un coup terrible pour la Porte
Crimée. Ottomane. Le peuple de Constantinople demanda tumultueusement la guerre. Mais Te divan , qui seutoit son impuissance,, ne négligea rien pour Féviter. Les préparât! fe dés Russes, tant par terre que par mer, étoient immenses, et il subsistoit un concert et une intimité parfaite entre les coure de Vienne et de Saint- Pétersbourg. L'Angleterre s'efforça en vain d'engager les Turcs à reprendre les armes: iîs furent retenus p u la France et par l'Autriche 2 . Àu lieu de combattre, 8 janvier 1784. ils prirent encore le parti de négocier. Un nouveau traité fut signé â Constantinople. La souveraineté rie la Crimée , de l'île de Taman et de toute la partie du Kouban qui est située sur la rive droite de la rivière de ce nom , adoptée pour frontière entre les deux empires , fut abandonnée â la Russie. La forteresse d'Oczakow, sur laquelle les Tatars de la Crimée avoient formé des prétentions , est cédée à la Porte avec tout son territoire 3.
4iasi fiuit la domination des Tatars de la Crimée, jadis si redoutables à la Russie dont ils avoient été le fléau etia terreur. L'impératrice forma de ce vaste
Ïïays deux nouveaux gouvernemens , sous les noms de a Tauride et du Caucase.
Différends II subsistoit depuis long-temps des différends entre
rnire l'empereur J es Hollandois et le gouvernement général des Paysci ludlollaudois. ... 0 „ . , °. , , , D ./
bas autrichiens sur 1 exécution du traite de la barrière, de 1 7 1 5 , et de celui de La Haye , de 1 7 1 8. On avoit négligé de déterminer d'une manière précise les limites de la Flandre hollandoise, telles que ces traités les ont in-
* Martens , Recueil , t. I V , p. 444.
* Tous les revers des Turcs, depuis 1774, sont attribués, en grande partie , à la pusillanimité du cabinet de Versailles, dans 1* mémoire déjà cité du général Grimoard , publié par SoulaviB, Mémoires historiques et politiques du règne de Louis Xfl, t-V» p. 72 et suiv.
3 Martens, Recueil des traités , t. II, \u 5o5-,
rliqnées plutôt que réglées 5 et depuis long-temps la cour impériale a voit cesse de payer aux Hollandois le subside que le traité de la Barrière avoit stipulé en leur faveur. Cette cour ne consentoit à se prêter à un règlement définitif de limites et au paiemeut du subside , qu'autant que l'Angleterre et la Hollande se concerteroient avec elle sur le rétablissement des places de la Barrière, dont les fortifications avoient été ruinées pendant la guerre pour la succession d'Autriche. Elle exigeoit pareillement que ces puissances se réunissent pour la conclusion d'un traité de commerce et de tarif avantageux aux Pays-Bas, ainsi qu'elles en avoient pris l'engagement par les traités antérieurs. Enfin l'empereur Joseph II crut devoir profiter de l'événement de la guerre survenue entre l'Angleterre et la Hollande , pour 1 781 . débarrasser entièrement les Pays-Bas autrichiens des chaînes que le traité de la barrière leur avoit imposées. En ordonnant la démolition de toutes les places fortes des Pays-Bas, il comprit dans cet ordre les places de la Barrière, et somma les Hollandois d'en retirer leurs troupes. Ces républicains ne pouvant point invoquer la garantie de l'Angleterre avec laquelle ils étoient en guerre, se virent forcés de déférer à la sommation de l'empereur. Leurs troupes évacuèrent, successivement, janvier 1781. toutes les places de la Barrière.
Cette docilité des Hollandois encouragea l'empereur à pousser plus loin ses prétentions : il ne se borna plus à résilier les traités de 17 1 5 et 1718, il exigea que les Jimites-de la Flandre fussent rétablies sur le pied de la convention passée en 1664 entre l'Espagne et les Etats- Généraux ; et , au lieu de faire , de sa nouvelle demande, un objet de négociation, il prit possession des forts, 17&*. places et districts renfermés dans les limites qui avoient été fixées par cette dernière convention. [Ainsi ce prince prouva encore une fois qu'il ne connoissoit d'autre 1 ègle que sa convenance , et qu'aucun traité n'étoit sacré à ses yeux s'il mettoit des entraves à son ambition.]
Les Hollandois ayant adressé à la cour de Vienne Conférence» leurs plaintes contre ces violences , l'empereur consentit Jc Bruxe,lcs *
206 PÉRIODE VIÏT.
à ouvrir des conférences à Bruxelles, pour y terminer à l'amiable tous les différends. A l'ouverture des con- 1784. férences, ce prince fît déclarer qu'il se désistoit de toutes les prétentions qu'il avoit à la charge de 1» république, pourvu qu'elle accordât, en faveur des provinces belgiques, l'ouverture et la libre navigation de l'Escaut, avec la faculté de naviguer et de commercer directement aux Indes , de tous les ports des Pays-Bas. Mais tout en proposant cet état de choses comme un objet de négociation, il annonça que dès ce moment il étoit fermement résolu de regarder l'Escaut comme libre, et que la moindre opposition de la part des Etats-Généraux seroit à ses yeux une hostilité ouverte et une déclaration de guerre. Sans être intimidés par ces menacer, les Hollandois déclarèrent la demande de l'empereur contraire aux traités, et destructive de la sûreté et de la prospéiité de la république. Le vice-amiral Revnst eut ordre de prendre poste, avec une escadre, à 1 embouchure de l'Escaut, et d'empêcher tout passage de vaisseau impérial ou flamand. Deux bâtimens impériaux ayant voulu forcer le passage , les Hollandois leur lâchèrent une bordée , et les obligèrent d'amener pavillon.
Guerre entre L'empereur, regardant alors la guerre comms dé-
re Hff3oii. ,C,clal,ée > rompit les conférences de Bruxelles. 11 n'avoit cependant fait aucun prépa ratif , et les Pays-Bas se trouvoient dégarnis de troupes , de magasins et de munitions de guerre. Ce prince se flattoit que la cour de France épouseroit sa querelle , et qu'il en obtiendroit les secours stipulés par le traité de Versailles; mais cette cour qui négocioit alors un traité d'alKance avec la république, sentoit bien qu'en l'abandonnant , dans le moment actuel , elle la forceroit de se jetefr entre les bras de l'Angleterre. M. de Maillebois eut donc ordre de passer en Hollande pour y prendre le commandement de l'armée de la republique, et la France mit sur pied deux armées d'observation , Tune en Flandre , et l'autre sur le Rhin. Le roi écrivit à l'empereur des lettres très- pressantes pour lui faire adopter des vues pacifiques.
' Ces démarches, et les difficultés de toute espèce que jj, n 5* r * 0 "^°de la guerre des Pays-Bas présent oit à l'empereur, lui e p r ance. firent accepter la médiation de la cour de France. Une négociation s'entama, à>ce sujet, à Versailles». L'empereur y persista d'abord à -soutenir la liberté de l'Es- . caut; mais s'étant relâché depuis sur ce point, il se borna à faire valoir ses autres prétentions 2 . La négociation fut aussi longue qu'épineuse. Elle occupa le ministère de Versailles pendant une grande partie de l'année 1 786. L'empereur insista beaucoup sur la cession de Maestricht et du pays d'Outre-Meuse: il ne s'en départit qu'en exigeant une forte somme d'argent en indemnité , et une autre en réparation des dommages que les inondations de la Flandre, ordonnées par les' Etats-Généraux, avoient causés aux sujets autrichiens.
Par la paix qui fut signée à Fontainebleau, le traité raix (,e de Munster, du 3o janvier 1 648, fut renouvelé; mais on ne parla ni du traité de' la Barrière de 1716, ni de celui de Vienne de i73i. On convint de la fermeture de l'Escaut depuis Saftingen jusqu'à la mer, ainsi que des canaux du Sas , de Swin et des autres bouches de mer y aboutissant. Les Etats-Généraux s'engagèrent à payer à l'empereur , pour ses prétentions sur Maestricht et le pays d'Outre-Meuse, la somme de neuf millions cinq cent mille florins d'Hollande , et celle de cinq cent mille florins pour réparation des dommages causés par les inondations 3 . On satisfit amplement ce prince sur
1 Likgcet publia alors en faveur de l'empereur : Considérations sur Vouverture de V Escaut ^ Mirabeau , encouragé par la cour de France, le réfuta par un e'erit intitulé: Doutes sur la liberté de l'Escaut, dont la cour de Vienne demanda et obtint la suppression.
* V oyez , sur ces présentions , les Mémoire§ de M- le comte de Neny sur les Pays-Bas autrichiens , t. Il , p. 4i. ^
8 Les ambassadeurs hoilandois à Paris n'ayant été autorisés que ponr cinq millions, et l'empereur ayant fixé 11 n terme péremptoirc , la cour de France, pour trancher sur toutes le* difficultés, se chargea généreusement du paiement du surplus. Cette cour, paya , en «net , neuf millions quarante-cinq mille livres , monnoie de France, pour compléter l'iudemnilé allouée à l'empereur. Voyez le Mémoire, cité ci-dessus, du général Grimoard, qui fait la critique de toute eelte négociation , dans Soulavie, MJm. du règne de Louis XVI, t. V, p. 32 et suiv.
la plupart de ses autres prétentions , et la France se chargea de la garantie de ce traité 1 .
Immédiatement après la signature de ce traité de
I)aix, on renoua la négociation touchant le traité d'aliance, projeté entre la France et la république. Ce 10 nov. 1785. traité fut aussi signé à Fontainebleau, deux jours après le traité de paix 2 .
Trouble» Des troubles intestins agitoient alors la république " lîoil'aQde. 1 * ^ es P rovmces -Unies. L'animosité du parti républicain contre le stadhouder et ses partisans s'éloit réveillée plus fortement que jamais, à l'occasion de la guerre d'Améiique entre la France et l'Angleterre. Le parti républicain reprochoit au stadhouder son dévouement aux intérêts de l'Angleterre , qui lui avoit fait négliger la marine et manquer à la protection qu'il devoit au commerce hollandois, en sa qualité d'amiral- général des forces navales de la république. Les diverses magistratures des villes municipales, pour décréditer le stadhoudérat dans l'opinion publique, encouragèrent les écrivains périodiques à se déchaîner contre la personne de Guillaume V et son administration. On s'en prenoit à ses conseillers, et nommément à Louis, duc de Brunswick , qui , comme gouverneur du stadhouder, avoit eu, pendant sa minorité, la principale direction dès affaires , et qui continuoit encore à l'aider de ses conseils.
Eloignement Ce fut la ville d'Amsterdam, toujours distinguée
àch^ ^Tck* P ar SOn °PP os '^ on au stadhoudérat , qui la première * demanda l'éloignement du duc, qu'elle soutenoit être la cause de la décadence des forces maritimes de la ré- 1784. publique. Ce prince fut forcé de donner sa démission et de sortir même du territoire de la république 3 . La retraite du duc enhardit le parli anti-stadhoudérien , qui bientôt ne garda plus de mesure. Ce parti, pure-
* Martehz, t. II , p. 602.
» Dans Makteks , t. II , p. 612. Voyez Hist. des traités de paix, nouv. édit. , vol. IV.
3 Voyez Schlœzer f Ludwig Ernst, Herzog zu Braunschtveig und Lùneburg, G œl lingue, 1786, in-8°.
ment aristocratique dans son origine , fut renforce depuis par une foule de démocrates qui , non contens de rabaisser le stadhoude'rat , attaquoient aussi le pouvoir des magistrats des villes , et tendoient à changer la constitution en rendant le gouvernement plus populaire et plus démocratique. Dans les villes principales, des associations se formèrent sous la dénomination de corps francs, pour exercer les citoyens au maniement des armes. Tous les anti-stadhoudériens se disoient patriotes ; ils étoient soutenus secrètement par la France, qui comptoit s'en servir pour détruire l'influence de l'Angleterre, et pour attacher la république aux intérêts de sa couronne.
Une émeute populaire , arrivée à La Haye , fournit Retraite le prétexte aux Etats d'Hollande d'enlever au stadhou- ^^J^ der le commandement de cette résidence , qui fut confie à un conseil. Cette atteinte, portée à une prérogative qu'on regardoit comme inhérente au stadhoudérat, engagea le prince d'Orange à quitter La Haye et à fixer sa résidence dans la province de Gueldre, dont les Etats lui étoient plus particulièrement dévoués. Une attaque dirigée par le prince contre les villes d'Elbourg et de Hatteui , qui refusoient d'exécuter les ordres qu'il leur avoil intimés au nom des Etats de Gueldre , exaspéra tous les esprits ; elle donna un accroissement de forces au parti patriotique, et encouragea les Etats d'Hollande à attaquer directement le stadhoudérat et à aller même jusqu'à suspendre le prince de ses fonctions de capitaine-général de la province.
La cour de Berlin fit encore , du vivant de Frédéric- Intrrventioh des le-Grand, des démarches, tant auprès des Etats-Géné- cour 1 „ ei ' m
1 , , ' . r et <le France.
raux que de ceux de la province a Hollande , pour faciliter un accommodement entre les deux partis. Frédéric-Guillaume II ayant succédé à son oncle le 178^ grand roi , envoya , dans la même vue , à La Haye , le comte de Gœrtz , son ministre d'état , et M. Gérard de Rayneval eut ordre de s'y rendre de la part de la cour de France. Une négociation s'ouvrit entre ces deux ministres et les principaux chefs du parti patriotique.
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Elle fut sans effet 5 Panimosité ne fit que croître , et le parti patriotique se porta même à toutes sortes de violences* H' destitua par la force les magistrats des villes principales , et les remplaça par ses adhérons 5 ce qui mit le parti aristocratique dans la nécessité de se coaliser avec les stadhoudériens , afin de contenir la fougue du parti républicain. La guerre civile sembloit inévitable.
Offense faite ^ e m * dans ces circonstances que la princesse d'Oà la princesse range , épouse du stadhouder , prit là résolution de se d'Orange, rendre en personne à La Haye , dans le dessein , comme elle assuroit , d'y travailler au rétablissement de la paix. a8 juin 1787. Elle fut arrêtée dans sa route par un détachement du corps franc de Gouda , et conduite à Schoenhoven , d'où elle se vit forcée de retourner à Nimègue , sans avoir pu remplir l'objet de son voyage.
Les Prussiens Le roi de Prusse demanda satisfaction de l'outrage entrent dans la fait à sa sœur*. Les Etats d'Hollande ne s'étant pas Hollaude. empressés de la donner dans les termes que le roi l'exisept. 1787. geoit, ce prince fit entrer un corps de vingt mille nommes dans la Hollande , sous le commandement du duc de Brunswick, qui, dans l'espace d'un mois, se rendit maître de tout le pays , et obligea aussi la ville d'Amsterdam de se soumettre. Toutes les résolutions antérieures qui avoient été prises pour limiter le pouvoir du stadhouder , furent alors annulées , et le prince fut rétabli dans toute la plénitude de ses droits. La France ne s'y Quoique la durée de l'alliance entre la France et la oppose point, ^publique fût évidemment liée à la cause des patriotes , néanmoins cette cour ne fit aucune démarche pour soutenir ce parti , ni pour s'opposer à l'invasion des troupes prussiennes. Elle eut même la foiblesse de se concerter avec la cour de Londres pour un désarmement réciproque, en déclarant qu'elle ne conservoit aucune vue hostile relativement à ce qui s'étoit passe* en Hollande a . La politique des Etats-Généraux éprouva
1 Recueil de Herzberg » t. II, p. 427 et 429. * Herzberg, t. II, p. 458. Mon Recueil des traités, loin. Hi p. 498.
dès-lors une révolution complète; renonçant à leur alliance avec la France, ils embrassèrent celle de la Prusse et de la Grande-Bretagne. Par des traités qui furent signes à La Haye et à Berlin , ces deux puissances se iS avril 178S. chargèrent de la garantie du stadhoudérat héréditaire, en faveur de la maison d'Orange, conformément aux résolutions 1 des années 17^7 et 1748. Ainsi la France perdit honteusement le fruit des longues mesures qu'elle avoit prises et des sommes qu'elle avoit prodiguées , pour attacher la Hollande à son système fédératif , opposé à l'Angleterre.
Les troubles dont nous venons de parler furent suivis Troubles de près de ceux que les innovations de l'empereur Jo- def P a )»- Ba3 seph H soulevèrent dans les Pays-Bas autrichiens 2 . Diflerens édits rrue ce prince publia depuis le i. er janvier 1787 pour introduire un nouvel ordre d'administration , dans le gouvernement tant civil qu'ecclésiastique des provinces belgiques, furent regardés par les Etats du pays comme contraires à la constitution établie et comme incompatibles avec les en gagemens contractés par le souverain à sa joyeuse entrée. L'extrême agitation que causèrent ces innovations engagea l'empereur à retirer, dès le mois de novembre suivant, ses édits , et à rétablir les choses sur l'ancien pied. Cependant les esprits étant aigris de part et d'autre, les troubles ne tardèrent pas à renaître. Un subside, demandé par
1 Martens, t. III , p. 127 et i33; et Herzberg , t. II , p. 444. Voy*%y sur cette révolution , Mémoires de M. Ca illard dan« Y JHListoire de Irédéric-Guillaume II, par M. deSegur; Lettre <T un observateur impartial sur les troubles actuels de la Hollande, Nîmègue 1787 i Précis historique delà révolution aui vient de s'opérer en Hollande , par un patriote hollandois , réfugié à Paris , Paris 1788. Histoire des traités de paix , refondue ,