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5yO PÉRIODE IX.
17 sept. 1810. par les Russes, et la défaite des Perses à Àlkbolwalaki par Paulucci.
Etat *le ta Poiie Avant de parler de la guerre entre la Russie et la ttomane. p orte ^ y sera nécessaire de jeter un coup d'œil sur l'état de l'empire ottoman. 11 étoit tel que tout présageoit dès-lors la dissolution prochaine de cet Empire, mal organisé et plus mal gouverné , ou l'expulsion des Turcs de l'Europe. Partout l'autorité du grand-seigneur tfcoit méconnue : Paswan Oglou, pacha deWiadm, étoit en pleine révolte ; Ali , pacha de Janina , n'obéissoit que quand cela lui convenoit. Les Sérviens, sous la conduite de Czerni George , avoient pris les atmes «t menacoient de s'emparer de Chabatz et de Belgrade. 1 Djezzar , pacha de Syrie , sans se déclarer contre la Porte, jouissoit d'une indépendance absolue. La secte des Wechabites étoit en possession de l'Arabie; l'Egypte étoit déchirée par des guerres civiles. Selim Iïï, qui régnoit depuis 1789 , convaincu que la Porte ne rétablirait Son autorité qu'en donnant une autre organisation à son armée , s'efforça de la mettre sur le pied européen : cette tentative lui ■coûta plus tard le trône.
Telle étoît k situation de l'empire ottoman , lorsque Buonaparte, pour empêcher l'empereur Alexanare d'envoyer des secours à la Prusse, résolut de le brouiller
avec la Porte* Le général Sébastiani, envoyé à Constantinople en qualité de ministre de France , sut à tel point s emparer de l'esprit du divan , que pendant quelque temps il le dirigea absolument. Les sujets de dissensions entre la Porte et la Russie ne manquoient pas, et ils étoient de nature à fournir à chaque partie un motif spécieux pour se plaindre de l'infraction des traités : le ministre de France ne cessoit de soufflerie feu de la discorde. Il engagea aussi le divan à refuser le renouvellement de son alliance avec F Angleterre, de 1799 ^ qui alloit expirer, an^iou^force Pre '™yant qu'on ne feroit pas -droit à ses griefs, les" DardaDelk*. l'empereur Alexandre donna ordre au général Michelnovembre 1806. son d'entrer en Moldavie et en Walachie. La Porte 3o décembre, déclara alors la guerre à la Russie; mais, dérogeant
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pour la première fois à un usage barbare, elle laissa partir M. d'Italinski, ministre d'Alexandre. Peu de 7 janvier 1807. jours après M. Arbuthnot, ministre d'Angleterre, après avoir itérativement demandé le renouvellement des traités et l'expulsion de M. Sébastiani, quitta Cons-, tantinople. Quelques semaines après , une flotte angloise de neuf vaisseaux de ligue, trois frégates et plusieurs brûlots, commandée par le vice- amiral Duckworth, força le passage entre les Dardanelles, et parut 20 février, devant Constantinople. Duckworth 'demanda au divan que les châteaux des Dardanelles et la flotte turque lui fussent remis ; que la Porte cédât à la Russie la Moldavie et la Walachie, et qu'elle rompît avec Buouaparte; mais au lieu de profiter du premier moment de surprise que son apparition avoit causé , il laissa aux Turcs le temps de se mettre en état de défense 5 animés et dirigés par Sébastiani , ils le firent avec tant d'énergie et de succès, qu'au bout de huit jours le vice-amiral crut n'avoir rien de mieux à faire que de lever l'ancre et de repasser les Dardanelles.
Arrivé à Malte, il prit à bord 6,000 hommes de Les Anglois troupes sous les ordres du général Fraser , et les trans- e f,g"î'*"| l
Sorta en Egypte. Les Anglois s'emparèrent d'Alexan- 20 mars, rie; mais au bout de six mois ils se virent obligés de 21 septembre, rendre cette ville , par capitulation , t au gouverneur d'Egypte.
La campagne de 1807 n'eut pas de résultats bien Campagne décisifs, parce que le général Michelson avoit reçu île 1807. l'ordre de détacher 80,000 hommes pour combattre les François en Pologne. Czerni George, chef des Serviens révoltés, prit Belgrade, Chabacz et Nissa, entra en 3i janr., 5 ft v. Bulgarie, et, renforcé par des troupes russes, remporta divers avantagés signalés. Michelson lui-même fut victorieux près Giurgewo, sans , toutefois , pouvoir 17 n,ars * s'emparer de cette place. La guerre se fit avec plus de * succès sur les frontières des deux empires en Asie. Le séraskier d'Erzeroum fut entièrement défait par le 18 juin, général Gudowitsch , et cette victoire fut un événement
d'autant plus heureux, qu'elle empêcha les Perses de faire une diversion vigoureuse en faveur des Turcs, L'événement le plus important de la campagne fut i<* juillet 11*07. la bataille navale de Lemnos : la flotte russe , sous les ordres du vicë-amiral Siniawin, défit le capitan-pacha qui étoit sorti des Dardanelles, après la retraite de Duckw orth.
Rëvolmion <lc Lorsque la marine ottomane essuya cet échec, Se- Cou f! a ! , «i"° ,,lc Km III ne régnoit plus. Ce souverain s'étoit rendu
par l'introduction de la discipline
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et pr ses liaisons avec les François. Une coutume regardée comme loi fondamentale, et d'après laquelle uni sultan , qui pendant sept années de règne n'avoit pas eu d'enfans, étoit regardé comme indignQ du trône, servit de prétexte à la soldatesque pour se soulever. 29 mai. Selini , n'ayant pu apaiser la révolte , abdiqua volontairement, et installa sur le trône son cousin Mustapha IV, fils de Abdoul-Hamid. Dans l'amnistie que ce prince publia, il reconnut aux Janissaires le droit de renoncer à l'obéissance d'un grand-seigneur qui s'écarteroit des usages reçus , et celui de lui nommer un successeur.
ArnnMice L'empereur Alexandre promit, par la' paix de Tilde ëlobcia. ^ ^ de k ire e ' vacuer J a . Moldavie et la Walachie , de
manière cependant que les Turcs ne pussent occuper ces deux provinces qu'après la conclusion de la paix définitive. Le général françois Guilleminot fut envoyé au camp turc pour négocier, sur cette base , un a4 août. armistice. On le signa en effet à Slobosia. L'évacuation des deux provinces, stipulée par cet arrangement, n'eut pourtant pas lieu ; TempereUr de Russie refusa la ratification du traité ; parce qu'il renfermoit quelques articles qu'il jugeoit incompatibles avec sa dignité, et les choses restèrent sur le pied où elles étoient. Cette circonstance fut un des prétextes dont Buonaparte se servit pour continuer l'occupation de la Prusse. Au milieu de ces tergiversations, le temps vint où un nouveau système prévalut : les cabinets, de Saint-Pc-
*i789 — i8i5. 57S tersbourg et de Paris se rapprochèrent , et il est probable que le sôrt de la Porte , et nommément des provinces transdanubiennes t fut un des objets dont ou s'occupa dans l'entrevue d'Erfurt. La France perdit son influence â Constantinople qjuand on la vit 1 alliée de la Russie, et l'Angleterre dingea dès-lors la politique du divan.
D'ailleurs Mustapha IV ne régnoit déjà plus. En Révolution <i* homme d'un courage rare, Mustapha Baïractar, pacha C °XToo8° P,e de Routschouk, un des plus zélés partisans des changemens opérés par Sélim, qu'il regardoit comme le seul moyen de sauver TËtat , marcha sur Constantinople, et fit annoncer à Mustapha qu'il eût à céder sa a8 juillet 18 H. place à l'ancien et légitime sultan. Mustapha crut saur ver sa couronne en faisant mourir Sélim $ mais Baïractar proclama Mahmoud , frère de Mustapha, et celuici fut enfermé au sérail. Baïractar, revêtu <l'un pouvoir absolu, rétablit le corps des seïmens, ou troupes disciplinées , sur le pied européen , et prit des mesures vigoureuses pour mettre l'Empire en état de résister, aux Russes. Ce projet patriotique lui coûta la vie : après le départ d'une partie des seïmens pour l'armée, les janissaires et le peuple de Constantinople se .révoltèrent. A la tête d'un corps de troupes nouvelle- i4 novembre, ment organisées, Mustapha Baïractar se défendit courageusement ; mais voyant approcher le moment où il faudrait céder à la supériorité du nombre , il fit mourir l'ancien sultan et sa mère, dont les intrigues avoient amené le soulèvement , et se retira dans une maison fortifiée , où il avoit fait placer une quantité de poudre : les janissaires l'y ayant suivi, il se fit sauter en l'air avec ses persécuteurs. Le jeune sultan Mahmoud eut le courage de déclarer qu'il maintiendrait le nizamigedid ; mais, attaqué lui-même dans son palais, et apprenant que la ville étoit remplie de feu et de carnage, il plia sous la nécessité, et rétablit les privilèges des janissaires. 11 est probable qu'on ne le laissa vivre que parce qu'il étoit le dernier rejeton du sang d'Osman.
TiaJie de paix Les ministres du divan que le général Sébastiani
terre 'ci!a Porte. avo * 1 " S a 8 nt5s P our ^ es intérêts de la France, se trouvant entièrement écartés par la dernière révolulion, M.Robert Adair, nouveau ministre d'Angleterre à 5 janvier 1809. Conslantinople , conclut un traité de paix, par lequel la Porte confirma aux Auglois lçs avantages commerciaux que celui de 1675 leur avoit accordés . ainsi que la navigation delà mer Noire que Spencer Smith avoit obtenus le 5 août 1799.
Campagne Immédiatement après le retour de l'empereur tiç 1899. Alexandre d'Erfurt, l'ordre fut donné d'ouvrir des négociations avec , les Turcs. Les conférences furent tenues àYassy; mais elles se rompirent sur-le-champ, lorsque les plénipotentiaires russes eurent demandé, comme conditions préliminaires, la cession de la Moldavie et de la Walachie, et l'expulsion du ministre anglois de Ccmstan tinople. Les hostilités recommencèrent. Le prince Prosoroffski , et après sa mort, le prince Bagration, commandèrent les Russes. Ceux-ci passc- 8aoyt. rent le Danube y s'emparèrent d'Ismaïl , et livrèrent à 2C septembre. Tartaritza , près Silistria , une bataille sanglante qui les força de lever le siège de cette place. Le grand-vizir, ne sachant pas profiter de son avantage , se retira dans ses quartiers d'hiver. # Campagne La campagne de 1810 fut plus décisive : le général de 1810. Kamenskoi II avoit pris le commandement en chef de l'armée russe; son frère Kamenskoi I, etMarkoflf ou- 4 juin. vrirent la campagne par la prise de Basardjik ; celle de u juiu. Silistria, par le .général en chef et par le comte de Langcron, ouvrirent aux Russes le chemin de Schioumla où le grand-vizir Youssouff-Pacha occupoit un camp retranché, pendant que le général SabaniefF défit , -près i4 juin. de Rasgard, un corps turc, dont les débris furent obligés de se rendre.
Le grand-vizir demanda un armistice pour négocier la paix; il lui fut répondu qu il pouvoit la signer de suite, en reconnois«ant le Danube comme limite des deux Empires, et promettant de payer une somme de -20 millions de piastres , jusqu'à 1 acquittement de la-
quelle la Russie resteroit en possession de la Bessarabie. Le grand-vizir , stimulé par le ministre d'Angleterre , rejeta ces. conditions.
Youssouff- Pacha se tenant toujours dans son çamp, dont les derrières et oient appuyés surl'Hémus,Kamenskoî H attaqua ses retranchemens , mais en fut repoussé 18 1 o avecperte. Il laissa sonfrèreàKargalL-Déré(àSJieuesde 2 ^» 3(i » 2 7 i um Schioumla) à la. tète d'un corps d'observation; luimême tenta de prendre Routschouk de vive force, 2 août, mais il fut encore repoussé. Kamenskoi II se vit obligé, par Tapproche de forces supérieures, d'abandonner sa i5 «oui. position à Kargali-Déré. Résolu de sauver Routschouk, Youssouf détacha Mouhtar-Pacha , avec un corps de 4o,ooo hommes , qui prirent une position formidable a l'endroit où la Yanlra se jette dans le Danube. Surle-champ, Kameoskoi II laissant au comte de Lange ron le soin de diriger le siège de Routschouk , et ordonnant à Sass de cerner Guirgewo , qui est situé de l'autre côté du Danube , en face de Routschouk , se tourna contre Mouhtar, et ^'attaqua dans ses retranchement à Batyne : après un carnage effroyable , les 7 septembre. Russes s'emparèrent de vive force du camp turc; Mouhtar se sauva avec un foible détachement. Peu de . jours après, le comte de Saint-Priest prit Szistowe i3 septembre, avec toute la flottille turque. Routschouk et Guirgewo 27 septembre, se rendirent le môme jour, Nicppoli et Widdin un peu plus tard : de manière qu'à la fin de la campagne les Russes étoient maître* de toute la rive droite du Danube. Le grand- vizir se tenoit toujours, dans son camp formidable de Schioumla.
Les Serviens, assistés d'un corps russe, s'emparèrent des dernières forteresses de leur pays , où les Turcs s'étoient encore maintenus , telles que Cladowa , Oréawa et Praowa.
FIÉRIODB IX.