SECTION III
Depuis la fin de Tannée 1810 jusqu'aux traités de paix du
mois de novembre 181 5.
Décadence et chute de l'empire de lluonaparle.
17 juin.
12 juillet.
Naissance Nous avons vu le pouvoir de Buonaparte parvenir à du roi de Rome son comble 5 nous allons le voir s'écrouler. Néanmoins un événement arrivé en 181 1 , auroit pu affermir son aomars 1811. autorité si elle avoit été légitime : ce fut la naissance
d'un fils , auquel il donna le titre de roi de Rome. Prétendu concile L e différend qui divisoit le cnef de l'Eglise et Buo- " Fra"ce, 6 naparte , éclata publiquement cette année 5 la volonté de l'homme tout-puissant se brisa plus d'une fois contre la fermeté inébranlable d'un vieillard désarmé, Depuis que Buonaparte avoit dépouillé.l'Eglise de son patrimoine , et qu'il se trouvoit frappé d'excommunication', Pie VII , fidèle aux principes , refusa la confù> malion de tout évèque nommé par un homme exclu de la communion catholique. Buonaparte croyoit qu'il seroit possible de se passer de la confirmation papale; dans cette idée il convoqua à Paris un concile national , composé des évéques fyancois et italiens , et présidé par le cardinal Fesch , archevêque de Lyon. Bientôt il s'aperçut que le despotisme ne peut rien contre les opinions religieuses; les prélats sur la docilité desquels il avoit trop légèrement compte, déclarèrent que le concile 11'avoit pas d'autorité pour sup- )lécr la confirmation refusée par le pape- Cependant 'arrestation de trois évèques des plus récalcitrans, qui furent enfermés à Vincennes, ayant donné lieu à une négociation, les autres adoptèrent un projet modifié que leur avoit communiqué le gouvernement, h condition toutefois qu'il fût soumis à l'approbation du ppc;
mais celui-ci qui se trouvoit toujours à Sa vonc , refusa de traiter avec le concile qu'il déclara nul , comme ayant été convoqué sans son autorisation. Ainsi Buonaparte échoua complètement ; le concile fut renvoyé, et une vingtaine de sièges de France et d'Italie restèrent sans évéques.
Avant de rapporter les grands événemens qui ren- Campa^ versèrent la domination de Buonaparte, il est neces- Portugal «aire de jeter %n coup d'ceil sur ceux qui, en 1811 et en 181 1. 181 2 , se passèrent en Portugal et en Espagne.
Le défaut de vivres et les maladies qui en sont ordinairement la suite , forcèrent enfin Masséna d'eflec- mars. Cuer sa retraite , pendant laquelle Wellington lui fit éprouver des pertes considérables. Ainsi le Portugal fut, pour la troisième fois, débarrassé de la présence des F rançois. U seroit impossible de comprendre , dans le cadre étroit que nous nous sommes tracé , le détail des marches et contremarches que les généraux exécutèrent et des entreprises qu'ils tentèrent. Nous indiquerons isolément les principaux faits d'armes.
Le maréchal Soult reprit Badajos , pendant* que 10 mars. Wellington se tenoit encore dans sa position de Torres- Vedras , ou l'avoit à peine quittée pour ' suivre Masséna. Comme la possession de cette place étoit importante pour Wellington , il en forma le siège : mais le maréchal Marmont qui avoit pris , à la place de Masséna, le commandement de l'armée du Nord , et le maréchal Soult s'étant réunis, le forcèrent -à y renoncer. Il se retira en Portugal, et s'y tint sur la déiensive pendant le reste de la campagne.
L'honneur de la campagne de 1811 appartient au général Suchet. Après des sièges meurtriers, il prit * Tortose par capitulation, et Tarragone de vive force. « cr jaiiv.28juin. H se rendit maître de la même manière de Montserrat, l 9 aout - Une victoire signalée qu'il remporta sur Blake, à Mur- 2b octobre, viedro , l'ancienne Sagontc , prépara la conquête de la grande ville de Valence qui se rendit par capitulation. 9 janvier 1812.
Au commencement- de 1812, les forces des Fran- Campagne œis, en Espagne, se montoient à i5o,ooo honime5, Jc l i8 . l , 2a "" (,el *
J r 0 de» l'ymice».
Les alliés se composoient de 5 2,000 Anglois , 24,ooo Portugais , 1 00,000 Espagnols y compris 20,000. guérillas.
19 janvier 1 81a. Wellington surprit Ciudad-Rodrigo , et se retira encore une fois en Portugal, où il garda la défensive pendant près de cinq mois. 11 tomba ensuite sur Sala- 28 juin. manque, prit cette ville, et défit Marmont dans la 21 juillet, grande bataille des Aréopiles , où Glausel sauva l'armée françoise d'une déroute complète. Joseph, Buonaparte quitta Madrid , Soult ordonna la levée du siège de Cadix , qui duroit depuis deux ans , évacua l'Andalousie , et se réunit en Murcic, à Joseph. Wellington, maître de Burgos , désiroit s'emparer aussi de la citadelle de cette ville , dont la possession étoit nécessaire pour sa sûreté ; mais Souham, successeur de Marmont, et Soult approchant de deux côtés pour sauver cette 11 octobre, place , le général anglois se retira de nouveau en Pori" novembre, tu gai. Joseph Buonaparte rentra à Madrid. * BrouiHerie entre A cette époque, le nord de l'Europe avoit été le e^ïïr* 1 " 16 théâtre de grands événemens. Depuis quelque temps e a usMc. j> am |ty entre les cours de Saint-Pétersbourg et de Saint-Qouds'étoit refroidie. Les dernières usurpations de. Buonaparte , consommées dans le courant de i8ro, amenèrent une rupture. L'extension de l'Empire français vers la Baltique, devoit inquiéter Alexandre; la manière dont Buonaparte s'étoit emparé du duch*. d'Oldenbourg , patrimoine de sa famille , étoit un outrage pour sa personne. Il donna la première marque 5i Jcc 1810. de mécontentement en renonçant , quoiqu'indirecteinent, au système continental par un ukase qui permit l'importation des denrées coloniales , pendant qu'il - interdisent celle des produits françois , excepté les vins. . Sous prétexte d établir une force pour le maintien de ces dispositions , il créa une armée de 90,000 hommes. La rupture avec Buonaparte paroissoit dèslors immanquable.
, Oc* option II s'éleva aussi de nouvelles brouilleries avec la
,P U lucl\"i *c a " ie ^ u ^ e * buonaparte seplaignoit de ce que, dans ce pays, le système coutinental n'étoit pas exécuté avec toute la
1789—1815. 579 sévérité possible. Il demandoit que Charles XIII mît à sa solde 2, 000 matelots ; qu'il introduisit le tarif de Trianon et admit des douaniers françois à Gothembourg. Enfin la Suède , le Danemarck et le duché de Varsovie dévoient former une confédération sous la protection de la France. Pendant ces discussions , le -maréchal Davoust, qui commandoit dans le nord de l'Allemagne, fit occuper la Poméranie suédoise- et ^janv. 1812. l'île de Rûgen. Buonaparte offrit cependant de rendre cette province à la Suéde , et de forcer Alexandre à lui restituer la Finlande , si Charles XIII vouloit fournir 5 0.000 hommes contre la Russie.
La Suède se rapprocha au contraire de cette puis- Premièie sance. Par une alliance qui fut signée à Saint-Peters- ébauche de U bourg , Alexandre promit de lui procurer la J\onvege ; iloUm un corps de a5 à 00,000 Suédois et de i5 à 20,000 5 avril 18x2. Russes devoit faire ensuite une diversion , contre la France , sur les côtes d'Allemagne. Cette disposition fut changée plus tard ; dans une conférence que l'em- doaoAi. pereur eut à Abo , avec le prince royal / celui-ci consentit que le corps russe, destiné à agir en Norwège , fôt transporté à Riga pour, la défense de la Russie , et qu'on n'entreprît que plus tard la conquête de la Norwège.
Charles XIII se réconcilia aussi avec l'Angleterre , qui avoit toujours fait semblant d'ignorer la déclaration de guerre du 17 novembre 1810. Un traité de paix fut signé à Oerebro. On y convint, mais en 12 juillet, termes généraux , d'une alliance défensive.
Buonaparte voyant approcher le moment d'une Àllwuce entre rupture avec la Russie ^ balança quelque temps sur le ,a 1 jV)"^ 1 ,a parti qu'il prendroit à l'égard de la Prusse , dans le cœur de laquelle il possédoit toujours trois forteresses. 11 se décida enfin à conserver cet état , et à s'en faire un allié sur lequel re tombe roi t le fardeau priucipal de la guerre. Quatre conventions furent conclues, le même a4 févrirr. jour , à Paris , entre les deux puissances.
Par le traité principal, il fut établi une alliance purement défensive ,4 en juger par les articles patens 5
58o PÉRIODE ÏX.
maïs par les articles secrets cette alliance fut déclarée offensive, de manière cependant que la Prusse ne fournirent pas de contingent au-delà des Pyrénées, en Italie et contre les Turcs.
Par la, première convention qu'on devoit également tenir secrète , l'alliance fut expressément dirigée contre la Russie, et le roi de Prusse promit de fournir un corps auxiliaire de 20,000 hommes. Glogau , Stettin et Custrin dévoient rester occupées par les François. Les deux autres conventions se rapportent aux sommes que la Prusse dçvoit encore , et aux fournitures qu'elle alloit faire. Buonaparte promit de payeur comptant l'excédant de celles-ci sur le passif.
mené ei la rrance. Lie secours réciproque qu'on se fournira sera de 3o,ooo hommes. On fit espérer à la cour de Vienne qu'elle pourroit rentrer dans la possession des provinces illyriennes.
Division De$ ce moment , Buonaparte fit les plus grands pré-
nalion , alcell , troi»P a^a ^f s • ^ n sénatu^-consulte divisa en trois bans toute, bans. la population mâle de France, depuis l'âge de vingt i3 mai». jusqu'à celui de soixante ans , et mit 1 00,000 hommes, du premier ban, à la disposition du gouvernement. Les princes de la confédération fournirent leur contingent ; la Bavière 3o,ooo hommes; la Westphalie et la Saxe chacune j j 0,000 , -Wurtemberg i4,ooo , le royaume d'Italie 4o,ooo.
SejourdcDmde. il existoit entre Buonaparte et l'empereur Alexandre, des négociations tendant, en apparence*,. à s'entendre sur les griefs réciproques ; mais dès Je. commencement elles avoient pris une tournure dont on ne pouvoit espérer aucun résultat satisfaisant. On les continuai 17 mai. Dresde, où Buonaparte s'étoit rendu. Il s'y entoura de l'empereur d'Autriche, de l'impératrice, du roi de Prusse et d'un grand nombre de princes de la confédération du Rhin* C'étoit le dernier . moment de sa grandeur; il y attendit le retour du comte de Narbonne qu'il avoit envoyé à Wikia, auprès de l'erape-
reur Alexandre, aveô ses dernières propositions. Immédiatement après l'arrivée de ce négociateur, la guerre 12 juiu 1812. fut déclarée.
■Pour compléter l'histoire du système continental , Modification du nous devons encore parler du prétendu décret de Buo- 6 3 stème couti-
i o -i o n . • . t 1» , neiital eu laveur
«aparté, dtr 20 avril 1811. Cet acte , qui rapporte à Te- j e * Américain*, garddes Etats-Unis d'Amérique , les décrets de Berlin et de Milan, n'a été rendu qu'au moins une année plus tard; mais lorsqu'il fut officiellement communiqué au ministre d'Amérique à Paris , l'orgueil de Buonaparte jugea à propos de le faire antidater. Aussitôt qu'il fut r connu à Londres, il eut pour suite un ordre du cabi- 23 juiu 1812. net britannique rapportant, à l'égard des Américains, tous les ordres antérieurs * à condition que les Américains révoqueroient les actes par lesquels ils avoient mis des entraves au commerce des deux peuples.
L'armée de Buonaparte se montoit à 687,000 com- Forces battans, dont 7 3,ooo hommes de cavalerie. Elle étoit "«r™!"*divisée en trois armées; l'armée principale, formée v des divisions de Davoust , Oudinot et Ney : c'est là que se trouvoient aussi les Wurtembergeois , à la tète des- (piels étoit le prince royal; la seconde armée, commandée par Eugène Beauharnais , et composée des divisions de Junot et de Gouvion-Saint-Cyr : les Bavarois sous les ordres de Deroy et Wréde , en fa isolent partie ; la troisième armée , sous les ordres de Jérôme Buonaparte , se composoit des Polonois sous le prince Pouiat'owski , des Saxons sous Régnier , des Westphalieus sous Vandamme. Le corps auxiliaire autrichien , à la tète duquel se trouvoit le prince de Schivarzember», formoit l'extrême aile droite ; le corps du maréchal Macdonald avec les Prussiens ? étoit placé à l'extrême gauche.
Alexandre n'opposa à cette masse que 260,000 hommes , divisés en deux armées , qu'on nom moi t première et seconde armées de l'Ouest. Celle-là , sous les ordres du comte Barclay de Tolly , s'étendoit jusqu'à Grodno , et communiquoit , au nord , avec le corps du comte d'Essen, gouverneur de Riga , et au »
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sud , avec la seconde armée de l'Ouest , à la tète de laquelle étoit le prince Bagration. Mais indépendamment de ces forces , on formoit en toute hâte des armées de réserve et d'observation qui, par la suite, se réunirent aux armées principales.
Pian Dans le grand nombre de batailles qui se livrèrent
Je» deux parties, pendant cette mémorable campagne, nous ne choisirons que les plus importantes, satris vouloir faire un récit complet des mouvemens qu'on exécuta. L'infériorité des forces que l'empereur Alexandre avoit à opposer à Buonaparte , fil admettre un plan défensif d après lequel , en détruisant tous les moyens de subsistance dans le pays qu'on abandonnoit, on devoit attirer l'ennemi dans des contrées dénuées de toutes les ressources. Buonaparte s'en laissa imposer par ces retraites simulées. Son plan tendoit à se placer entre les deux armées russes, à les détruire Tune après l'autre et a pénétrer dans l'intérieur de l'Empire , où il comptoit trouver d'immenses richesses et dicter la paix comme il avoit fait deux fois à Vienne.
Campagne Le passage du Niémen par l'armée françoise , fut le de R u ** c ^ • commencement des hostilités , et en même temps celui 22 juin 1 12. j e j a retra j te ^ es R usses# Buonaparte réussit d'abord
à pénétrer entre leurs deux armées ; mais à la suite de 2 3 juillet, plusieurs combats livrés par Bagration , nommément à 6 août. Mohiloff, la jonction des deux armées s'opéra à Smolensko. Jérôme Buonaparte et Yandamme , auxquels Buonaparte attribuoit cet échec , eurent ordre de quitter l'armée françoise. Celle-ci avauça jusqu'à Witepsk.
17 août. Buonaparte livra , à Barclay de Tolly , une bataille sanglante à Smolensko ; il s'empara de force de celte ville à laquelle les habitans mirent le feu. Il n'y trouva pas de vivres et à peine un abri pour loger ses blessés.
A la nouvelle des progrès que faisoient les François, un enthousiasme général s'empara de la nation russe. Alexandre l'avoit excité en se rendant à. Moscou; la noblesse arma ses paysans et se prépara à un combat à outrance. Les deux armées dites de l'Ouest furent
fondues en une seule, dont le prince Kouiousoff prit 28 août 18» 2. le commandement. Il livra ji Buona parte , une bataille à Mojaïsk ou sûr la Moskwa, à 25 lieues de Moscou. 7 septembre. Quoique 65, 000 hommes, russes, françois et alliés couvrissent le champ de bataille cette affaire ne fut point décisive ; mais KoutousofF, dont l'armée étoit réduite à 70,000 hommes , tandis que de i5o,ôoo à la tête desquels Buonaparte s'étoit trouvé la veille , il en * restoit encore 1 20,000 , résolut de continuer sa retraite , et de livrer Moscou à l'ennemi. Les François i4srptcmbr*. y entrèrent sept jours après la bataille. Us trouvèrent cette capitale abandonnée , mais renfermant encore d'immenses richesses que les habitans n'avoient pu emporter.
Deux jours après , un incendie qui éclata en cinq d J n j£ e 0 "^ u cents endroits à la fois, réduisit cette immense ville i6*t|>t«mhrê. en cendres : les précautions avoient été si bien prises , que toutes les tentatives des François pour arrêter les progrès du feu furent inutiles; de 9,1 58 maisons, on n'en put sauver que 2,o4i. Dans cet incendie périrent les subsistances qui avoient un instant ranimé le courage des soldats.
En peu de temps la famine se manifesta dans l'armée de g elr * ile de Buonaparte : dissimulant sa position, celui-ci offrit, à J 003 !*" e deux reprises , la paix. Alexandre ayant refusé de traiter dans un moment où la guerre alloit commencer seulement , disoient les généraux russes , il fallut se résoudre à la retraite. Elle commença le i5 octobre. *5 octobre. Le maréchal Mortier qui commandoit l'arrière-garde avoit eu ordre de mettre le feu au Kremlin, palais des 23 oclobre anciens tzars de Russie. Buonaparte marcha sur Smolensko par un pays entièrement désert 5 il étoit harcelé sans cesse par les Busses , dont les armées l'accompagnoient, en marchant, à une distance convenable, sur ses deux flancs. Arrivée à Smolensko, après avoir perdu 9 novembre. 4o,ooo hommes ,'1'armée fut assaillie par un froid rigoureux qui augmenta ses* maux. KoutousofF l'ayant devancée et pris poste à Krasnoi , elle fut obligée de se frayer un passage avec une perte de x5,ooo hommes
et 70 canons. Deux jours après, 1 1,000 hommes du corps de Ney mirent bas Jes armes. Il restoit au conquérant de Moscou 3 5, 000 hommes et 25 canons, mais point dé chevaux,
rH BtS!a ^ ^ ette arm< k avoit cinôuante lieues à traverser pour nrnver à la Bérésina où d'autres dangers l'attendoient. Le passage de ce fleuve étoit occupé par l'armée de * TchitchakofF, qui , forte de 5o,ooo hommes, étoit venue de la Moldavie. Une autre armée russe, celle du comte de Witgenstein , venoit du nord pour se joindre à la première ; mais le corps de réserve de Victor, qui arrivoit de Prusse , l'arrêta un instant, sans pouvoir empêcher la jonction finale. Victor , Oudinot et Don*hruski amenèrent à Buonaparte un renfort de 35,ooo hommes exténués par la raim et le froid. Le passage 27 ci 28 wov. d e l a Bérésina fut forcé avec une bravoure admirable ç l61,1 ' il coûta la' vie ou la liberté à plus de 5o,ooo François
îeSé
Ici le gros de l'armée russe cessa de poursuivre les malheureux restes de l'armée de Buonaparte; néanmoins, jusqu'à Wilna, ils furent continuellement barcelés par les Cosaques. Ils manquoient d'ailleurs de vivres et de vêtemens ; 26,000 hommes succombèrent à ces privations sur la route de Wilna. Ce fut la première ville qu'on rencontra : toutes les autres étoient 9 ckcenibie. détruites; les malheureux qui l'atteignirent j furent enfin pourvus de vivres , mais les Cosaques ne les y laissèrent pas jouir d'un long repos : dès le lendemain il fallut commencer à se retirer à Kowno, d'où ils se dirigèrent sur la Vistule. Indépendamment du corps de Macdonald qui avoit sous ses ordres des Prussiens . et du corps auxiliaire autrichien avec lequel étoient les Saxons , qui tous ne participèrent pas à la déroute , il est revenu de Russie 18,800 François, Italiens, et 25,ooo Polonois et Allemands ».
1 Le deuil se trouve dans Y Histoire des traités de paix , vol. X , )>. 179. D'après un dénombrement officiel, il fut brûle, depuis Moscou jusqu'à Wilua, 3oo,ooo cadavres françois, italiens et allemands. Le reste étoit prisonnier en Russie. -
Bu on aparté lui-même étoit parti clandestinement Fuite dès le 5 décembre, laissant le commandement de Par- dcBuona l w,ltè ' mée à Joachim Murât. Il se sauva avec une telle hâte , que, dès le 18 décembre, il arriva à Paris.
Le prince de Schwarzenberg , réuni au général Rey- Défrciinn nier qui commandoit'les Saxons , avoit livré à l'armée d Y * de Tchitchakoff plusieurs combats, dont aucun ne fut décisif; après l'affaire de la Bérésina, il se retira, vers la fin de launée , à Varsovie et Pultusk. Des batailles plus meurtrières, quoique guère plus décisives, avoient eu lieu entre le comte de Wittgénstein et l'aile gauche des armées françoises , surtout au commencement de la campagne, lorsque Oud in ot et ensuite Gouv ion - Saint-Cyr étoient réunis à Macdonald ; les Prussiens avoient rendu en ces occasions d'utiles services : mais aussitôt que le général York, qui commandoit ce corps auxiliaire, eût été instruit de la retraite de Buona parte , il se crut autorisé , non par des motifs politiques qu'il n'auroit pu avouer-, mais par la position militaire, dans laquelle il se trouvoit comme abandonné 9 à conclure avec les Russes une capitulation , par laquelle il se sépara, avec son corps, de l'armée 29 Me 1813. Françoise.
.Cet événement peu important par lui-même, quoiqu'il produisit une grande sensation dans la nation prussienne , servit de prétexte à Buonaparte pour demander de nouvelles levées sans être obligé de convenir de toute l'étendue des pertes qu'il avoit éprouvées. Un dé -ses ministres , Regnault de Saint-Jean-d'Angely, osa même, dans un rapport officiel, parler de la glorieuse retraite de Moscou Ainsi un sénatus-con- u janvier suite rendu au commencement de l'année mit de nouveau 55o,ooo hommes à la disposition du gouverne-, ment. Pour trouver les fonds nécessaires aux nouveaux arméniens, Buonaparte s'empara de la fortune de toutes les communes de France ; leurs propriétés furent vendues à son profit, et il promit de dédommager les communes en leur assignant des rentes sur le grandlivre de la dette publique.
IL a5
Concordat dei8i3.
1 3 février.
Défection de la Fruste
Rien n'importunoit Buonaparte aillant mie la résistance que ne ccssoit «le lui opposer Pie VIL Dans l'espoir de la vaincre plus facilement , si ce respectable vieillard se trouvoit à sa proximité, il l'avoit, vers le milieu de Tannée 1812 , fait transporter au château de Fontainebleau. Après son retour de Moscou, il s'y a5 janvier, rendit lui-môme, et réussit à arracher au Pape son consentement à un nouveau concordat , à condition cependant que ses stipulations fussent tenues secrètes jusqu'à ce qu'un consisloire des cardinaux les eût examinées. Mais Buontparte se hâta de publier le nouveau concordat comme loi fondamentale de l'Etat ; ce qui engagea Pie VII à* le désavouer, et à le déclarer nul et non avenu.
Cependant une nouvelle ligue formidable se préparait contre Buonaparte. Après la campagne de t8 12 * le roi de Prusse demanda que, conformément aux conventions du 24 février, Buonaparle lui bonifiât 0,5 millions comme excédant des fournitures que son pays avoit faites aux armées françoises , sur la somme qu il de voit encore à titre de contribution de guerre. Le refus de Buonaparte de payer cette dette servit de prétexte à Frédéric-Guillaume pour secouer une alliance contraire aux intérêts de sa monarchie. Un appel fait à la nation excita un enthousiasme général, et , grâces aux soins avec lesquels depuis cinq ans on avoit tout préparé en secret, en unclind'œil l'armée prussienne qui avoit été réduite à 4 2, 000 hommes, fat portée à 120,000. La défection de la Prusse servit de prétexte à Buonaparte pour demander de nouvelles levées. Un séna tus-consul te, du 5 avril, lui donna encore 180,000 hommes. •
Un. traité signé à Kalisch et à Breslau,* posa les bases d'une alliance intime offensive et défensive entre a 7 et 2 ** février. ] a ]\ uss i e e t le roi dePrusse. Alexandre promit de fournir i5o,ooo 1 hommes , et la Prusse 80,000, sans les garnisons des places fortes. Alexandre s'engagea à ne pas poser les armes aussi long-temps que la Prusse ne scroit ruonstituée dans Us proportions statistiques y
h février.
Traité de Kalisch.
géographiques et financières, conformes à l'état de la monarchie telle qu'elle était avant la guerre de 1806. Peu de jours après, ces deux monarques se virent à Breslau , et resserrèrent les liens de l'amitié* qui les unissoit depuis long-temps.
Une proclamation du prince KoutousofF, datée de J?^^!^^ Kaîisch , annonça aux Allemands que la confédération rhénane, rhénane devoit être regardée comme dissoute ». La a3m»rn8i3. maison de Mecklenbourg , sans attendre cet appel, avoit donné le premier exemple de sortir de cette ligue monstrueuse. Les alliés s'étoient flattés que le roi de Saxe fèroit cause commune avec eux; mais ce souverain déclara qu'il resteroit fidèle à son système- Cette persévérance d'un prince estimable dont le pays abondoit en ressources fit beaucoup de tort à la cause commune ; plus tard elle coûta au roi de Saxe la moitié de ses états- , sans compter le duché de Varsovie , cpril ne pouvoit regarder que comme une possession précaire.
La Suède avoit pris envers Alexandre l'engagement J^^^ de Êiire une diversion sur les derrières de Buonaparte, ^coaiitto». * à condition qu'on lui assurât la possession de la Norvège, ou au moins fle la province de ce royaume qu'on appelle évéché de Drontheim. La Grande-Bretagne auroit désiré que cet arrangement se fît du consentement du roi de Danemarck , auquel on offroit un dédommagement du côté du Holstein, ainsi que la Pomeranie suédoise. Frédéric VI s'y étant absolument ■ refusé, il fut conclu à Stockholm un traité entre la 3 mari 181 5. Grande-Bretagne et la Suède , par lequel la dernière s'engagea à employer un corps de 3o,ooo hommes dans une opération directe, sur le continent, contre la France; il fut convenu que cette armée agiroit de concert avec les troupes russes placées , par suite d'autres arrangemens, sous le commandement du prince royal de Suède. La Grande-Bretagne promit d'em-
» Voyez Recueil de pièces officielles , par Sciksll , vol. IV > pag. 335.
588 PÉRIODE ÎX.
ployer tous les moyens nécessaires pour procurer à ht Suède la possession de la Norwège, sans, toutefois , avoir recours à la force , à moins que le roi de Danemarck ne refusât d'accéder à l'alliance du Nord. Elle
Ï>romit de fournir des subsides à la Suède, et lui cécb Ile de la Guadeloupe.
Après être devenue l'alliée de l'Angleterre , la Suède conclut aussi une ligue offeusive et défensive avec la 12 avril iSi3. Prusse, par un traité qui fut également signé à Stockholm. Frédéric-Guillaume promit de joindre 27,000 hommes de.ses trouoes au corps que le prince royal çommanderoit en Allemagne.
Campagne Joachim Murât , auquel Buonaparte avoit remis le aWo» ne* commandement du peu de troupes qu'il avoit ramenées i5 iaavTeif ?Si5. ^ e Moscou , les abandonna pour se retirer à Naples.
Eugène Beauharuais se mit à leur tête , et arriva avec 10 mari. 1 6,ooo hommes sur l'Elbe ; mais, en attirant à lui les troupes franchises de la Poméranie, les Bavarois , les Saxons et un corps que le général Grenier avoit formé, il porta , vers la fin de mars, son armée a 87,000 hommes, en s'étendant sur la rive gauche du fleuve depuis Dresde jusqu'à Hambourg. Bientôt toutes les forces disponibles de Buonaparte en Allemagne furent de nouveau portées à 3o8,ooo hommes.
L'armée prussienne étoit de 128,000 hommes, y compris les garnisons et les réserves; mais les trois corps de Blùcher , York et Bùlow , qui entrèrent en campagne, ne se montoient qu'à 5 1,000 combat tan s. L'armée principale des Russes que , depuis la mort de KoutousofF, commandoit le comte de vVittgeostein * étoit de 58.000 hommes; mais toutes les forces russes sur la Vistule, l'Oder, et entre l'Oder et l'EIJbe, se montoient à 1 66.000 hommes.
La première affaire qui eut lieu en Allemagne fut le a arril. combat de Lunebourg,où le général russe Dœrenberg força le corps du général Morand , venant de la Pomé-r ranie, à mettre bas les armes.
Bataille de L e 35 avr fi Buonaparte prit le commandement de Gtou-Gertchea. son armée# Le 3 mfti j Kvra aille, avec 1 1 5,000 hom-
mes, à 69,000 Prussiens et Russes, commandes par Wittgenstein. L'avantage de la journée resta aux François. La perte en tués fut égale des deux côtés ; les Prussiens firent mille prisonniers avec dix pièce*, de canon : ils n'en perdirent pas un seul. Le cnainp de cette bataille, où les Prussiens se couvrirent de gloire , est situé près de Gross - Gerschen : par vanité Buonaparte lui donna le nom de Lut zen , pour rappeler la mémoire de Gustave - Adolphe. Dans ses bulletins, il représenta cette bataille peu décisive comme une victoire complète, parce que les alliés ne renouvelèrent pas le combat , et commencèrent le lendemain leur retraite sur la droite de l'Elbe, pour se rapprocher de leurs renforts.
Ils prirent position à Bautzen : au nombre de 96,000 hommes, ils y livrèrent bataille à i48.ooo François , ou Wur*chm. commandés par Buonaparte. Les alliés étoient conve- 21 mai 181 S. nus de ne pas s'exposera une défaite,maisde mettre fin à chaque bataille aussitôt qu'ils* verroient qu'elle ne tournoit pas à leur avantage . D'après ce principe, ils conv mencèrent leur retraite avant que la bataille de Bautzen , ne fut décidée. Cinq jours après cette bataille, h la«Jquelle les François donnèrent le nom de Wurschen , Blûcher remporta à Haynau un avantage décisif sur le a6roai. corps du général Maison, dont il prif toute l'artillerie.
11 fut conclu entre les deux partis un armistice à Armistice Poisehwitz. Buonaparte le désiroit, parce qu'il avoit de P 4 °^ llI# besoin d'un délai pour faire venir des renforts , surtout depuis qu'il se voyoit menacé dans le Nord par une descente des Suédois. Il n'en auroit probablement pas voulu, s'il avoit pénétré les vues de l'Autriche; mais le comte de Metternich sut habilement les lui cacher dans les entrevues qu'il eut avec lui à Dresde, et la pénétration du grand capitaine fut en défaut. Les alliés ne voul oient pas de l'armistice, parce que leurs arméniens étoient finis, et qu'il leur faisoSt perdre dii temps : ils y consentirent, parce ^ue l'Autriche le demandoit. Cette puissance avoit besoin d'un délai pour achever ses préparatifs ; elle l'avoit désiré d'à-
5 9 0 ^ODB,,
bord par un second motif. FUe espéroit encore éviter la guerre en faisant accepter à Buonaparte des conditions de paix infiniment modérées auxquelles les alliés ayoient consenti par le traité du 27 juin, dont nous arlerorii» tout à l'heure. Au moment de la signature e l'armistice , le comte de Metternich qui avoit fait connoltre ces conditions à Buonaparte, avoit déjà acqujs la certitude que les deux monarques ne s'étoient pas trompés en prédisant qu'elles seroient refusées. Tout espoir de paix étoit évanoui ; mais alors subsis- ♦ toit toujours l'autre motif qui fàisoit désirer uu délai
à la cour de Vienne.
Congrès Par line' convention signée à Dresde , Buonaparte de Prague, accepta la médiation de V Autriche pour une paix soit 5ojuiDi8i3. générale soit continentale, et l'armistice qui devoit finir au 20 juillet, fut, à la demande de François I, prolongé jusqu'au 10 août. Un simulacre de congres s'ouvrit à Prague : Buonaparte ncvouloit pas de la paix, parce qu'il ne croyoit pas que l'Autriche se déclareroit contre lui ; les alliés n'en vouloient pas , parce qu'Us connoissoient les dispositions de cette puissance ; et celle-ci, la seule qui avoit des vues pacifiques, avoit renoncé à l'espoir d'amener Buonaparte à un arrangement raisonnable. Le congrès de Prague s'ouvrit sous de tels auspices; on s'y disputoit encore sur la forme dans laquelle on entameroit les négociations , lorsque le 1 o août arriva. Les ministres de Russie et de Prusse déclarèrent alors le terme de l'armistice expiré et avec lui leurs pouvoirs annulés.
L'Auuiclie Deux jours après , le 12 août, l'Autriche déclara la eiiit-edansla guerre à Buonaparte , et les trois mona renies réunis à coalition. p ra g ue? résolurent d'accompagner, pendant toute la campagne , l'armée principale qui étoit sous les ordres du prince de Schwarzemberg.
Nous allons indiquer ici sommairement les traités
Iwr lesquels l'accession de l'Autriche , si décisive pour a cause des alliés, fut préparée, et la sixième coalition consolidée.
i4 juin. à°. Traité de Rcwhenbach entre la Grande-Bretagne
1789 — 18 1 5. 591 et la Prusse. La première s'obligea de payer à l'autre dans les six mois restant de l'année 666,666 livres ster- Jings pour l'entretien de 80,000 hommes et contracta , à l'égard de l'agrandissement de la Prusse, les mêmes engagemens que la Russie avoit pris par le traité de Kalisch. Le roi de Prusse promit de céder à l'électorat d'Hanovre un arrondissement peuplé de 3oo à4oo,ooo âmes, dans lequel seroit comprise la principauté de Iiildesheim.
u°. Traité deReichenbach entre la Grande-Bretagne i5 juiu i8i3. et la Russie : la première promit de payer à l'autre dans le reste de l'année 1 ,535,334 livres sterling pour l'entretien de 160,000 hommes.
5°. Traité dcReichenbach entre l'Autriche, laPrusse a 7 et la Russie. La première s'engagea à déclarer la guerre à B.uonaparte si, à l'expiration de l'armistice, il n'avoit pas accepté les conditions de paix qu'elle lui avoit communiquées. Ce sont ces propositions auxquelles nous avons fait allusion plus haut. L'Autriche ne deznandoit pour elle-même que la restitution des provinces illyriennes , du territoire qu'elle avoit cédé au duché de Varsovie , renonçant aîasi non seulement à ses terres en Souabe 1 mais aussi à ses possessions eu Italie, tant à celles qui lui av oient appartenu en 1 792, qu'à celles qu'elle avoit obtenues en compensation de la perte de la Belgique : tant étoil sincère le désir de cette puissance de donner la paix à l'Europe î La Prusse se contentait de la restitution de sa part du même duché, de celles de Dantzickct de l'évacuation des forteresses occupées par les François , abandonnant ainsi toutes ses possessions sur la rive gauche de l'Elbe. Ainsi pour entrer dans les vues de l'Autriche et pour assurera la cause commune la participation de cette puissance, la Prusse renonçoit aux avantages que le traité de Kalisch lui avoit assurés. Ainsi on laissoit subsister . le royaume de Westphalie , et l'on n'enlevoit à }3uonaparte que ses dernières usurpations dans le nord de l'Allemagne. Mais, le ministre qui couseilla au roi de Prusse de souscrire à ce sacrifice , avoit bien jugé
5i)2 PÉRIODE IX.
ilu caractère de Buonaparte , en annonçant que des conditions sj modérées seroient refusées parce qu'elles paroîtroieut à ses yeux une, preuve de foiblesse. U obt int que, par unjautre article du traité dont nous parlons, il fut stipulé que si ces conditions étoient rejetées et que la guerre Ait une fois commencée , on ne feroit la paix ^ua condition que l'Autriche et la Prusse fussent rétablies sur le pied où elles étoient en i8o5, que la confédération du Rhin fût dissoute , l'indépendance de la Hollande et celle de l'Italie assurées , et la maison de Bourbon rétablie sur le trône d'Espagne,
6 juillet 18 1 5. 4°. Traité de Péterswaldau entre la Grande-Bretagne et là Russie, par lequel la première se chargea de l'entretien de la légion allemande de 10,000 nommes au service de Russie.
5°. Traite d'alliance définitive entre l'Autriche , la Prusse et la Russie , signé à Tœplitz. Ces puissances s'assisteront réciproquement avec 60,000 hommes. On convinjt de la reconstruction de la monarchie autrichienne sur l'échelle la plus rapprochée de celle de 1 8o5 , de la dissolution de la confédération du Rhin et du royaume de Wejtphalie, de la restauration de la maison de Brunswick- Lunebourg.
3 acioi...r. 6°. Traité d'alliance» signé à Tœplitz entre l'Autriche et la Grande-Bretagne.
Le Danema rk Buonaparte, de son côté, acquit aussi un allié à cette
* C ^cLaUtion! 1 6 époque. Déjà ' es Danois étoient entrés dans Hambourg avec les François , lorsque le maréchal Davoust força 3o mai. le général Tettenborn à évacuer cette ville qu'il avoit occupée au mois de mars. Une flotte angloise ayant 5i mai. paru devant Copenhague et ayant exigé la cession de la Norwège en faveur de la Suède, le roi de Danemarck 10 juillet, et Buonaparte conclurent à Copenhague un traité par lequel ils s'engagèrent : le premier à déclarer la guerre a la Suède, à la Prusse et à la Russie, et Buonaparte à la déclarer à la Suéde. Immédiatement après, une armée de 12,000 Danois sous les ordres du prince Frédéric de Hcssc, se réunit à celle de Davoust.
Le plan de campagne des alliés avoit été arrêté dans ^? nfi | ren "* iy les conférences de Trachenberg tenues par Pempereur * e rac ,cu 1 r§ * de Russie,' le roi de Prusse, le prince royal de Suède, 21 juillet i8i3. et les plénipotentiaires d'Autriche et de la Grande-Bretagne. Les forces de la coalition se montoient à 2 64,ooo Autrichiens, 249,000 Busses, 277,000 Prussiens et 24,000 Suédois ; mais 700,000 hommes seulement entrèrent en campagne, dont 192,000 étoient occupés aux sièges de Dantzick, Z a m osez, Glogau, Gustrin et Stettin. Les 700,000 hommes étoient répartis en sept armées :
i.° Armée de Bohême > composée d'Autrichiens, de Prussiens et de Russes sous les ordres du prince de Schwarzenberg, forte de 237,700 hommes ayant 1698 canons.
2. 0 Armée du Nord y composée de Prussiens, Russes et Suédois, sous les ordres au prince royal de Suède, forte de i54,ooo hommes ayant 387 canons.
3. ° Armée de Silèsie , composée de Prussiens et de Russes sous les ordres de Blùcher, forte de 95,000 hommes avec 556 canons.
4. ° Armée autrichienne sur les frontières de la Bavière > commandée par le prince Reuss, forte de £2, 700 nommes ayant 42 canons.
5. ° Armée autrichienne en Italie sous Hiller f forte de 5o,ooo hommes ayant 120 canons.
6. ° L'armée de réserve autrichienne , entre Vienne et Presbourg sous les ordres du duc Ferdinand de Wurtemberg , forte de 60,000 hommes.
7. 0 V armée de réserve russe en Pologne sous les ordres de Bennigsen, forte de 57,000 hommes avec 198 canons.
À ces forces Buonaparte opposa , outre Tannée de Bavière qui observoit celle du prince Reuss , et outre 4o,ooo hommes qu'Eugène Beauharnais avoit en Italie, 46p,ooo hommes y compris 80,000 hommes qui occupoient treize forteresses 1 .
1 Savoir: Dant/ick, Zamoscz, Mo il in , Stcttio , Custrin , Glogau, Torgau, Wittcubeig , Magriebourg , Mai-ieoberg pièa Wurtzbourg , t>ie$ÛV , Freyberg et Petersberg prés Ërfuil.
3û4 PÉRIODE IX*
Suiudela L es hostilités recommencèrent, immédiatement tSrtca Aile- H P r ^ s k dénonciation de l'armistice. La Silésie, la magne. Saxe , et pendant quelque temps la Marche en furent le théâtre. Le prince royal de Suède couvroit Berlin
3ui étoit menacé parle maréchal Oudinot. La balailk e Gross-Beeren gagnée par le général prussien Bùlow sauva la capitale. En Silésie, Blùcher pressé par Buonaparte s'étoit retiré jusqu'à Iauer; mais celui-ci. averti de la marche des alliés sur Dresde, ayant rebroussé chemin avec une partie de son armée, Blùcber attaqua le maréchal Macdonald sur la Katzbach,et 26 août. remporta une victoire signalée dans laquelle il 6t 10,000 prisonniers et prit io3 canons. Le général Putbod qui commandoit un corps détaché de 8000 hommes, lut 39 août. obligé de se rendre à Plagwitz au comte de Langeroo.
L'armée de Bohême attaqua Dresde quelques beures après que Buonaparte y étoit arrivé avec des renfort?. 36 et 37 août. La bataille fut sanglante et dura deux jours; i5,ooo Autrichiens coupés à l'aile gauche , ayant été obligés de mettre bas les armes , l'armée des alliés se retira en ordre , laissant 6000 tués et blessés sur le champ de bataille et 26 canons entre les mains des François, auxquels cette victoire coûta 18,000 homme*. Le général Moreau qui , sur l'invitation du prince royal de Suède, étoit venu prendre part à la délivrance de la France, fut mortellement blessé.
Avant la bataille , Vandamme avoit été détaché arec 5o,ooo hommes pour couper la retraite aux alliés. H rencontra le comte Ostermann-Tolstoy qui étoit à 1* tète de tfooo Russes, et le poussa jusque dans la valltf deCulni. Le roi de Prusse, qui étoit à Tœplitz, avertit le général russe que s'il ne parvenolt à arrêter la marche de Vandamme , celui-ci pourroit réussir à couper l'empereur Alexandre de son armée. Les Russes se bat- 39 août. tirent toute la journée avec la résiguation la plus héroïque ; le comte Ostermann ayant eu le bras gauebe emporté, Milloradowitsch prit le commandement» Enfin renforcé par quelques régimens russes et autrichiens que le roi de Prusse avoit appelés à leur
secours, ils maintinrent leur position. Dans la nuit , Barclay de Tolly arriva avec de nouveaux renforts, et livra le lendemain la célèbre bataille de Culm , qui fut 3o août i8i3. décidée par l'arrivée du général Kleist sur les hauteurs de Nollendorf qui étoient derrière la position de Vandamme. Celui-ci se trouvant ainsi coupé , une partie de sa cavalerie força le passage en culbutant un régiment de recrues; Vand atome avec 10,000 hommes et 81 canons se rendit prisonnier.
Buona parte brûloit d'envie de s'emparer de Berlin : ' Ney , à la tête de 80^000 hommes, fut chargé de cette entreprise ; mais il essuya une déroute complète à Den- 6 aeptembre. newitz , par le prince royal de Suède , et surtout par Bulow et Tauenzien. Les François perdirent 20,000 hommes qui furent pris avec 80 canons et tous les bagages.
Le plan des alliés de faire sortir Buonaparte de Bataille Dresde et de l'attirer dans les plaines de la âaxe , où de Leipzkk. ils pussent réunir contre lui toutes leurs forces , réussit parfaitement. A la tête de 1 a5,ooo hommes , il quitta Dresde dans l'espoir de combattre isolément les armées 7 octobre, ennemies ; mais celles-ci manoeuvrèrent de manière que les armées de Bohème , du Nord , de Silésie et l'armée de réserve russe fussent en mesure d'opérer leur jonction au signal donné.Les plaines de Leipzick décidèrent de la domination de Buonaparte.- U y déploya 171 ,000 combattans les alliés en auroient eu 5o 1,000 si dès le commencement de la bataille ils avoient déjà été réunis». Différentes affaires préludèrent à cette grande hataille :1e 16 octobre, l'armée de Bohème étant encore seule , livra trois combats séparés à Wachau , a Connecta et à Lindenau : tous les trois furent indécis; mais le même jour Blùcher rencontra à Mceckern le maréchal Marmont et le culbuta. Le lendemain il y eut des combats peu décisifs, livrés par les trois armées de Suède , de Blùcher et de Bcnnigsen qui approchoient du champ de bataille deLeipzick.Buonaparte commen-
1 bavoir : 78,000 Autrichien*, 69,600 Trussieus, l56,ooo, Ruww*. 18,000 Suédois.
5q6" période ix.
ça à sentir le danger de sa position ; pour la première ibis il prévit la possibilité d une défaite et envoya Bertrand à Weissenfels , pour s'assurer du pont de laSaale. Le 18 , à la pointe du jour, il fit faire par le général autrichien Mecrfeld qui étoit tombé entre ses mains, des propositions d'armistice et de paix, auxquelles on n'eut pas d'égard. Ce fut la première journée de la bataille de Leipzick : l'armée françoise fit une résistance héroïque , et ce ne fut que l'arrivée des armées de Suède et de Blûcher , qui la força d'abandonner une partie de ses positions, et de se retirer jusqu'aux portes de Leipzick. Quelques corps de Saxons et deVV ùrtembergeois passèrent ce jour-là dans les rangs des alliés. Pendant ta nuit, l'armée françoise effectua sa retraite par Leipzick sur Weissenfels : Macdonald et Ponialowski eurent ordre de défendre la ville. Le lendemain les alliés l'attaquèrent; les François résistèrent avec vigueur. À dix heures du matin, Buonaparte s'échappa à travers les fuyards , les canons et les équipages qui encombroient la porte d'Àltranstadt. L'Elster qui fonge la ville , n'a qu'un seul pont ; on le fit sauter aussitôt que Buonaparte l'eut passé. Ainsi Macdonald et Poniatowski se trouvèreut enfermés avec leurs divisions. Celui-ci se noya dans TElster qu'il Voulut passer à la nage; Macdonald fut fait prisonnier, ainsi que le roi de Saxe qui étoit resté à Leipzick Buonaparte perdit dans ces deux journées en tués , blessés et autres prisonniers, 70,000 hommes et 3oo canons. Les allies payèrent la victoire par la mort de 46, 800 des leurs.
Défection Buonaparte dirigea sa fuite précipitée vers Mayencei <k la Bavière continuellement poursuivi par les Cosaques qui firent encore beaucoup de prisonniers et un riche butin en canons et équipages. Arrivé à Hanau il trouva le passage coupé par unennemi qu'il n'a ttendoit pas. Depuis le mois d'août on étoit en négociation avec le roi de Bavière pour l'engager à abandonner la cause de Buonaparte. 11 s'y décida enfin par une convention qui fat
Sociobic. signée à Ried , et qui assura à la Bavière la possession * de sa souveraineté absolue et pleine indépendance , et,
pour les restitutions qu'elle serott dans le cas de faire à
l'Autriche , une indemnité complète et contiguë à ses
autres états. Immédiatement après la signature de la
convention deRied, le général bavarois Wrede, à la
tête de 45 à 5o,ooo Autrichiens et Bavarois, se mit en
marche par Neubourg, Anspach et Wûrlzbourg, prit
cette ville et se porta sur Hanau qu'il occupa. Avec 36 a* oct. i8i3.
ou 4o,ooo hommes il s'opposa aux François qui
dans leur retraite arrivoient par Gelnhausen. Il leur
livra bataille pendant plusieurs jours de suite : Buona-
parte y perdit 26,000 hommes en tués, blessés et pri- 3o ei Si oci.
sonniers; mais avec les 35,ooo qui lui rest oient, il .
força le passage et se retira sur la rive gauche du Rhin.
Le maréchal Gouvion Saint-Cyr, que Buonaparte avoit
laissé à Dresde, se vit obligé de capituler avec 27,000^
hommes. Dantzick se rendit avec 20,000 hommes; Tor-
gau avec 10.000* .
Au mois de mai , Eugène Beauharnais avoit pris Je Campagne commandement de l'armée d'Italie qui occupoit les * e provinces, Ulyriennes : il se vit obligé de se retirer derrière l'Adige , devant Hiller, qui s'étant rendu maître du Tyrol, menaçoit de le couper. Cette campagne n'en fit pas moins [beaucoup d'honneur au général françois.
Après la bataille de Leipzick le prince royal de Suède Le Danemarck marcha contre Davoust et les Danois. Le premier se e "q^jJ*™* la renferma dans Hambourg*, où il fut bloqué, les Danois se retirèrent dans le Sieswick : on leur accorda un armistice dont on excepta cependant les places de Gluck-* stadt et Friedrichsort qui capitulèrent pendant la cessation des hostilités; Frédéric VI se hâta de signer la paix à Kiel : le Danemarck entra dans l'alliance contre i4 janvier 1S1*. Buonaparte ; nous parlerons ailleurs des cessions réciciproques qui furent faites par ce traité. Le même jour le Danemarck signa la paix avec la Grande-Bretagne ; il promit de fournir 10,000 hommes contre Buonaparte , et la Grande-Bretagne s'engagea à lui payer 33,553 liv. sterl. par mois. La paix fut aussi rétablie entre le Danemarck et la Russie, par le traité d'Hanè- 8 février, vrej et entre le même et la Prusse, par celui de Berlin. aS août.
Campagne Buonaparte avoit rappelé d'Espagne le maréchal de 181 3 Soult avec une partie de ses troupes. Wellington , gé- *n Espagne, n éralissime des années espagnoles, déGt à Vittoria Jourdan, le successeur de Soult : i5,ooo François ai juin. restèrent sur le champ de bataille, 3,ooo- furent faits prisonniers-; Jourdan perdit toute son artillerie. Joseph Buonaparte abandonna pour toujours le trône d'Espagne. L'activité du maréchal Suchet fit manquer une expédition entreprise, du côté de. la mer, par sir John Murray , contre Tarragonne. Wellington prit 3i août. Saint-Sébastien et Pampelune, et força l'armée firan- 5t octobre, çoise de passer la Bidassoa et de se retirer sur Bayonne.
Elle étoit de nouveau commandée par Soult , qui , par des renforts l'avoit portée à 4o,ooo hommes.
Changemena En Allemagne, la confédération rhénane etle royaume eu Allemagne. <fe Westphalie fiuent dissous ; les électeurs de Hanovre et de H esse, les ducs de Brunswick et d'Oldenboorg rentrèrent dans leurs patrimoines, et accédèrent à l'alliance. Le roi de Wurtemberg et l'électeur de Bade firent leur paix avec les alliés, par des traités particuliers. Tous les princes de la confédération rhénane entrèrent dans la grande ligue, excepté le roi de Saxe, le grand-duc de Francfort et les princes d'Isembourg et de la Leyen qui en furent exclus : leurs pays furent traités en conquête.
Négociations De retour à Paris, Buonaparte annonça l'intention ^«l^iSil ^ e c° n tmuer la guerre , en se faisant de nouveau accorder 5oo,ooo hommes par le Sénat. Cependant il parut vouloir donner suite à des négociations que les alliés du contineut avoient entamées : elles partoient des bases convenues à Tceplitz , d'après lesquelles le Rhin devoit former la frontière de la France, et le royaume de Hollande être donné à un frère de Buonaparte; mais la tergiversation delNapoléon et les -arméniens qu'il ordonna laissèrent le temps à l'Angleterre de faire changer d'idée aux monartjues. On résolut de s'en tenir au plan que Pitt avoit imaginé en i8o5.
Par le sénatus-consulte du 18 novembre 181 3, fut
Campagne
de 1814 en France*
complète le nombre de i ,260,000 hommes « qui, indépendamment de l'armée existant au I er septembre 1812, avoit été sacrifié à l'ambition de Buonaparte. Les forces avec lesquelles les alliés envahirent la France étoient divisées en trois armées :
i°. Vannée dite de Bohême , commandée par le prince de Schwarzenberg, et composée de 261,000 Autrichiens, Prussiens, Russes et Allemands, étoit destinée à entrer en France par la Suisse ; .
2°. V armée de Silésie, sous les ordres de Blûcher, forte de 137,000 hommes, Prussiens, Russes et Allemands, devoit passer le Rhin du côté de Mayence;
5°. U armée du Nord, composée de 174,000 Prussiens, Russes, Allemands, Suédois, Hollandois et Anglois, avoit la tâche d'occuper la Hollande et les Pays- Bas. Le prince-royal de Suède , et , en son absence , le duc de Saxe-Weimar, le commandoit. < .
Indépendamment de ces trois armées, les alliés avoient une réserve de 235,ooo hommes, et les Autrichiens une armée de 80,000 hommes en Italie. Dans les derniers jours de décembre 18 1 5 et au commencement de Tannée 1 8 1 4 , les deux premières armées entrèrent en France. Nous allons indiquer seulement les principaux événemens de cette courte campagne.
Après quelques affaires de peu d'importance, Blûcher attaqua Buonaparte à la Rothière, avec des forces i er février, supérieures , et , malgré la vigoureuse résistance qu'il éprouva, il remporta une victoire complète. Buonaparte lui rendit la pareille treize jours après, à Eloges ouVauchamp: cerné par Grouchi, Blûcher se fraya un chemin à la bayonnette , et perdit 6,000 hommes. Les alliés ayant éprouvé divers échecs, leurs deux armées se réunirent à Trôves ; mais le prince Schwarzenberg ne voulant pas livrer bataille dans cette position , se mit en retraite. Blûcher s'en sépara alors pour continuer l'offensive, après, toutefois, s'être renforcé par les corps de Bûlow et de Winzingerode qui venoient de la Belgique ; leur réunion eut lieu à Soissons. 'j 3 mars. Blûcher prit position derrière l'Aisne. Buonaparte,
l4 février.
21 février*
7 mars i8i4. ayant passé cette rivière , culbuta a Craone les corps russes de Woronzoff et Saken , et attaqua Blûcher à
10 mars. Laon. 11 y fut totalement battu, et cette victoire engageai! Scbwarzenberg à renoncer à la défensive pour
20 man. marcber sur Paris. D livra bataille à Buona parte à Arcis-sur-Aube : quoique sanglante , elle ne tut pas décisive. On s'attendoit à la voir renouvelée le lendemain, lorsque Buonaparte résolut inopinément de marcher à Saint-Dizier , pour couper les alliés de leur communication avec le Rhin , attirer à lui les garnisons de Lorraine et d'Alsace, et transporter le théâtre de la guerre en Allemagne.
Congrès Mais , avant de finir le précis de cette campagne, il de Châuilon. f au *. ^j.]^ du congrès de Ghâtillon , qui s*ouvrit le 5 février; il fut la continuation des négociations qui a voient eu lieu à la fin de 181 3, avec la différence que l'Angleterre y prit part. Les alliés consentaient à laisser régner Buonaparte , mais dans les limites de la France telles qu'elles avoient été en 1792. Il fît semblant d'abord de vouloir traiter sur ces bases ; mais son seul but étoit de gagner du temps. A mesure que ses troupes remportoient quelque avantage, il haussoit
1S mars. de ton ; enfin , au bout de six semaines, les alliés rompirent les conférences.
Quadruple Pendant la tenue de ce congrès, l'Autriche, la Grande* de ciîàumonu ® re * a 8 ne *■ 1* Prusse et la Russie signèrent , à Chaumont,
1" mars, la fameuse quadruple alliance, base du droit public européen moderne. Chaque allié s'engagea â tenir constamment en campagne , contre l'ennemi commun. i5o,ooo hommes. La Grande-Bretagne promit de fournir aux trois autres puissances , pour le service de l'année 18 14, un subside de 5 millions de liv. sterl.. de manière cependant qu'elle ne les paieroit qu'au prorata jusqu'à la fin du mois dans lequel la paix auroit été signée, en y ajoutant deux mois pour le retour des troupes autrichiennes et prussiennes, et quatre pour celui des Russes. Le but principal de l'alliance étoit le rétablissement d'un écruilibre de puissance, fondé sur les bases suivantes : l'Allemagne composée
1789 — i8i5. 4oi
de princes souverains unis par un lien fédéral if; la fédération suisse dans ses anciennes limites et dans son ancienne indépendance ; l'Italie partagée en états indépendans , intermédiaires entre les possessions autrichiennes dans cette presqu'île et la France ; la Hollande , état libre et indépendant , sous la souveraineté du prince d'Orange avec un accroissement de territoire.
Rlùcher étoit maître de Châlons et de Château- F»o Thierry, lorsque les alliés connurent, par une lettre dc 'jî^sK 8 ^ interceptée, le projet de Buonaparte. Pour lui persua- en Fiancé, der qu'effrayés de sa marche, ils avoient rebroussé chemin et le suivoient , on envoya après lui le comte de Winzingerode, à la tête d'un corps de cavalerie de* 8,000 hommes, qu'il pouvoit prendre pour l'avantgarde des alliés. Il fut trompé par cette manœuvre et continua sa marche vers l'est pendant que les alliés dirigèrent la leur sur Paris. Schwarzenberg attaqua et battit les corps de Marmont et de Mortier à Soude- *5 mars i8i4. Sainte-Croix, pendant que l'armée de Silésie força les corps de Puthoa et Amey à se rendre prisonniers , près de Lafère -Champenoise. Cette double affaire coûta aux François 5,ooo tués, 10,000 prisonniers et 80 pièces de canon. Marmont et Mortier se retirèrent surParis. Ils furent battus à Montmartre et Belleville : les hau- 3° mars teurs qui, de ce côté, dominoient Paris, furent prises de force par les alliés, auxquels cette victoire coûta 9,000 hommes. Dans la nuit, il fut signé une capitulation pour Paris.
L'entrée des alliés dans la capitale de la France eut lieu le lendemain 1 . Le vœu du pcuole se prononça A 6 ^^^ hautement , que l'empereur Alexandre ne balança pas à déclarer , en son nom et au nom de ses alliés, qu'ils ne traiteroient plus avec Napoléon ni avec aucun de sa famille* 11 invita le Sénat à établir un gouvernement provisoire; c'étoit nécessaire, parce que le comte
1 Ce )Our-là, Alexandre et Fre'de'iic - Guillaume y entrèrent; l'empereur François y arriva quelques jours plus tard.