Acte relatif aux dissidens
période viîî.
été décrétées à leur préjudice , dans les années 1717 » v 1753, 1736, et 17 06, furent annulées, et on leur accorda un tribunal supérieur mixte, composé de juges mi -partis, pour terminer les différends qui viendraient à naître entre des personnes de religion différente. Cet acte fut confirmé par uu traité de paix et d'alliance ,
a4 février 1768. signé à Varsovie entre la Russie et la Pologne, <;t par lequel ces deux puissances se garantirent mutuellement la totalité de leurs possessions en Europe. L'impératrice de Russie garantit plus particulièrement la liberté , la constitution et l'intégralité de la république ».
Confédération L'acte dont nous venons de parler , de môme qu'un de Bar. autre qui modifient les lois , appelées cardinales ou fondamentales de la république 2 , ayant déplu à la grande majorité des Polonois, ils firent des efforts pour revenir contre ces actes. La diète de 1768 ne fut pas plutôt terminée , qu'il se forma une confédération à Bar en Podolie, pour la défense de la religion et de la liberté 3 . Elle s'étendit successivement dans plusieurs palatinats, et fut fondue ensuite en une confédération générale , dont le comte de Pac fut élu maréchal. Ces confédérés avoient des étendards qui représentoient la Vierge Marie et l'enfant Jésus ; ifs portoient , comme les croisés du moyen âge , des croix brodées sur leurs habits et se servoient de la devise : vaincre ou mourir. Les Russes firent marcher des troupes pour dissiper les confédérés à mesure qu'ils se réunissoient. En6n, ces derniers, secondés parla cour de France et par M. de Vcrgenncs, ambassadeur de cette cour à la Porte, réussirent à soulever les Turcs contre les Russes. La 'guerre éclata entre les deux empires sur la fin de l'année 1768 ; elle
« Voyez ces pièces en langues russe et polonoise dans le Recueil des constitutions , p. 16; eu langue allemande dans Màrtens, t. IV, p. 58-2; en polonois, arec une traduction latine, dans Wencjc, t. III , p. 65i.
* Ce second acte, rédigé en polonois et en latin , se trouve dans le recueil cité , pag. 84 j dans Martexs, tom. IV , p. 5o,4; et dans Wevck f t. III , p. 701.
3 Voyez le manifeste de la confédération de Bar dans V Histoire des révolutions de Pologne, t. H, p. 35 1.
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fut désastreuse pour les Turcs , et accabla aussi lés confédérés de Pologne. Le manifeste du grand - seigneur contre la Russie est du 3o octobre, et la déclaration de guerre 1 de cette dernière puissance, du 4 décembre 1768.
L'impératrice fit marcher différentes armées COIllre eiilrc G i UCr g C uMyBg les Turcs , elle les attaqua à la fois depuis les bords du en *J c ïe It u "£?* Dniester jusqu'au-delà du mont Caucase. Le prince Alexandre Galitzin , qui commandoit l'armée principale , devoit couvrir la Pologne et pénétrer dans la Moldavie. Ce général passa le Dniester a deux reprises; il fut 1 7&9» chaque fois repoussé par les Turcs qui ne furent pas plus heureux dans les différentes tentatives qu'ils firent pour forcer le passage du fleuve. Ils essayèrent ce passage une dernière fois. Douze mille hommes ayant mi se P t * *7 6 9* réussi à traverser le fleuve , il survint tout à coup une crue d'eau si considérable , qu'elle rompit le pont et que la retraite fut coupée aux Turcs. Ce corps ayant été taillé en pièces par les Russes , une terreur panique saisit l'armée ottomane en-deca du Dniester, elle déserta son camp et même la forteresse de Choczim.' Les Russes en prirent possession sans qu'il leur en coulât une goutte ae sang ; ils pénétrèrent depuis dans Pratérieur des provinces de Moldavie et de Walachie 2 .
La campagne de 1770 fut des plus brillantes pour Campagne les Russes. Le général Roumanzow, qui succéda au de 177 °* prince Galitzin dans le commandement de l'armée de Moldavie, remporta sur les Turcs, aux environs du 18 luîlfpt 1770, Pruih et duKagoul, deux victoires éclatantes qui le etier * ont, 77°rendirent maître du Danube et des places d'Ismml , de Kilia et d'Akkerman, situées dans ta Bessarabie , vers l'embouchure de ce fleuve. Une autre armée russe , sous les ordres du général comte Panin , attaqua la forteresse de Bender, défendue par une nombreuse garnison turque. Elle fut emportée d'assaut , et la plus 2 6sr P t. 1770. grande partie de la garnison passée au fil de l'épée.
1 Voyez VHistoire des révolutions de Pologne , tout. II , p. 021 et 33y.
' Voyez l'Histoire de cette campagne; par M. de Keralio.
i64 jflémppE vur.
L'impératrice «ne se borna pas à presser les Turcs sur les tords du Dniester et du Danube , et à troubler leur commerce dans la mer Noire; elle forma le projet hardi de les attaquer en même temps dans les îles de FArchipel et sur les côtes de la Grèce et de la Morée. Une flotte russe , sous les ordres d'Alexis Orlow et de fin de 1769. l'amiral Spiritow , sortit delà Baltique, franchit les mers du Nord et le détroit de Gibraltar, pour se porter dans la Méditerranée et dans l'Archipel. Réunie à î> juillet 1770. l'escadre du contre-amiral Elphinston, elle livra un r combat fort vif à la flotte du capitan-pacha , dans le
canal qui sépare l'île de Scio de la Natolie. Les vaisseaux amiraux du capitan-pacha et de l'amiral Spiritow s'étant joints dans ce combat , le feu prit à l'un , et fit sauter les deux vaisseaux en l'air. La nuit sépara les combattans; mais les Turcs ayant eu l'imprudence de se retirer dans la baie étroite de Tchesmé , les Russes les y poursuivirent, et incendièrent toute leur flotte 7 juillet. pendant la nuit. Ce désastre jeta la consternation dans la ville de Constantinople ; et le mauvais état de défense où se trouvoient les Dardanelles laisse croire que si les Russes avoient su profiter de la première frayeur des Turcs , il leur auroit été facile d'emporter cette capitale *• L'An glois Elphinston, qui commaodoit une escadre de la flotte russe , en qualité de contre-amiral 2 , avoit ouvert cet avis, mais les amiraux russes ne jugèrent pas à propos de le suivre.
Campagne La guerre fut continuée foiblemcnt , en 1 7 7 1 , sur le de 1771. Danube; mais la seconde armée russe, aux ordres du prince Dolgorouki , réussit à forcer les lignes de Pérétop , défendues par une armée de soixante mille Turcs et Tatars , que le khan de la Crimée commandoit en personne. Dolgorouki, après avoir franchi cette barrière redoutable, se rendit maître de toute la Crimée,
» Mémoires du baron de Tott sur les Turcs , t. IH, p. 21 , ^3. a5 et 35. Lettres de M. Peyssohmel, contenant des observations sur les Mémoires de Tott, p. "]5 , 77 et 81.
* Elphinston avoil suggéré à l'impératrice le projet hardi dVenvoyer une flotte dans la Méditerranée pour surprendre les Dardanelles et la ville de Constantinople.
de même que de l'île de Taman , et reçut de l'impéra-
Irice , pour prix de ses exploits , le' surnom de Krimsky.
De prétendus députés de la nation tatare signèrent un 1 77 3 *