‹ Tableau des terrains qui composent l'écorce du globeChapitre 30 sur 126 · II7TR0DUCTI0IV · texte numérisé non relu

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nomenclature. C'est Tabus qu'on a fait ailleurs de la muUi^ plication des noms et de leurs changemens, qui a empêché de faire, en géologie, nn usage utile et convenable de cette règle* On va voir en effet , par Fessai que j'ai tenté de som application aux terrains parisiens, combien il faudroit créer de noms pour désigner les diver» terrains qui composent l'écorce du globe , si on vouloit être conséquent aux principes.

Les terrains sont , comme on Ta dit , des associations de roches qui ont pour caractère cTavoir été formées à peu près k la même époque et d'avoir une position déterminée par rapporta d'autres associations. Ce sont là les seuls caractères distînctifs des terrains : il n'y a donc pas de roche essentielle ; il n'y a pas même de restes organiques essentiels propres à le» caractériser ; deux associations de roches et de fossiles appartenant évidemment au même terrain, peuvent n'avoir pas un fossile, pas une roche qui leur soit commune. (Le terrain d'eau douce est tantôt entièrement calcaire , avec des cyclostomes et des paludines, et tantôt entièrement siliceux, arvec des limnées, des potamides, eic)

On doit donc désigner les terrains par des noms qui ne puissent être celui d'une roche. Cette méthode, bien employée , ne permettroit plus de confondre les noms de roches et les noms de terrains; elle permettroit de dé6nir le terrain aussi longuement qu'on le croiroit nécessaire ,' et feroit disparoitre ces contradictions de noms avec la chose, comme celui de grès , appliqué à toutes les roches arénacées , ceux de terrain houiller sans houille, de calcaire grossier k des terrains dans lesquels on ne trouve aucun lit de cette roche , etc., ou qui, renfermant bien d'autres roches et d'autres calcaires que du calcaire grossier, devraient être nommées terrain calcaréo'mamo" sableux y si on vouloit indiquer leur composition par ce nom, qui n'est plus un nom, mais une phrase descriptive, etc. Cette considération , qui a frappé également M. d'Omalius d'Halloy , m'a engagé à proposer le nom de terrain.

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pr&téique pour designer ce groupe de terrains de Tordre des thalassîens , qui est principalement composé de calcaire, de marnes diverses et de grès, renfermant des cérites , des fusus, des lucines, des tellînes, etc., placé au-dessus du gypse, etc. Les noms de terrains plusiaques , tritoniens , palœothériens , jurassiques, conchyliens , pénéens , de Ijas, keuper^ etc. ont été faits d'après le même principe. Mais, par les motifs que j'ai exposés plus haut, je n'ai pas osé en porter plus loin l'application , et j'ai respecté beaucoup de noms significatifs, ou trop généralement admis , ou trop peu importans , pour être changés*

Quand j'ai été forcé de laisser des noms de roches aux classes, ordres, formations ou groupes de terrain, je les ai toujours pris adjectivement, ainsi que l'a fait M. d'Omalius d'Halloy ; tandis que les roches énumérées dans le tableau , ont dû toujours porter les noms déjà connus et définis minéralogiquement de ces roches et minerais.

Un autre motif qui auroit dû me porter plus hardiment k rejeter tous les noms simples ou composés de roches, même pris adjectivement, pour désigner des terrains, c'est le retour de ces mêmes roches et groupes dans des terrains dififérens. Ainsi, lorsqu'on désigne un groupe par le nom de mamo^ sableux, ou ^e calcaire, ou de élastique, il faut ajouter le nom du terrain , pour le distinguer tiu même groupe qui se rencontre dans d'autres terrains : cela alonge tellement les phrases des descriptions , qu'on préfère à une telle périphrase le nom )e plus étrange.

C'est pour éviter ce double inconvénient que j'ai préféré le nom de protéiqut à celui de marno-sableux ou terrain marinsupérieur; celui d^épiolithique, à celui d'argt'/o-ca/caire; celui de tritonien à celui de calcaréo^sahleux ou de calcaire grossier, etc. Ces mêmes associations pouvant se rencontrer dans d'autres terrains , il eût fallu toujours y ajouter les noms des terrains , tels que thalassien , pélagien , etc. ; tandis que ceux de

protéique , tritonien , etc., peuvent aller seuls, sans avoir à craindre la confusion*

J*aurois d^iré faire disparoi tre également , et par les mêmes motifs, les noms de marno ^ charbonneux y argilo'sa' hUuxj etc. , qui ne s'entendent bien qu'avec Faddition du mot Ûialassique; de élastique , qui s'applique tantôt aux terrains abyssiques , tantôt aux terrains hémilysiens , etc. Mais fai craint Tint rod notion d'un trop grand nombre d*expressions nouvelles dont la nécessité ne seroit pas suffisamment motivée»

J'ai adopté pour les roches les noms introduits dans ma Classification minéralogique des roches, publiée en 1827 , et je crois avoir éprouvé la commodité de cette classification et de son application. Le nom seul remplace une longue définition , qu'il eût été nécessaire de rappeler chaque fois qu'il eût fallu mentionner la roche, et il la remplace avec une uniformité et une précision qu'on ne peut attendre d'une définition dont les termes varient suivant la mémoire, le temps et les circonstances où se trouve celui qui veut l'employer.

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