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CHAPITRE II

Tableaux et développemens des caractères des neuf

classes* de terrains.

La classification géognostique des dififérentes roches ou masses minérales qui entrent dans la composition de l'écorce du globe , est , de toutes les classifications du domaine de l'histoire naturelle , celle qui variera le moins , qui ira toujours en se perfectionnant, et qui finira par atteindre sa limite de perfection; car ici les matières à classer le sont déjà, il ne s'agit que de reconnoitre l'ordre dans lequel elles sont placées* C'est le but vers lequel tendent tous les géologues, et les gratides différences qu'on remarquera entre les classifications géologiques de 1780 , celles de 1810 et celles de ce moment,

INTRODUCTION. sS

ae résultent pas de la manière de voir des naturalistes qui les ont établies, mais seulement de Terreur dans laquelle on étoit sur les choses; car, dés que cette erreur est redressée et que sa rectification est admise , il faut aussi en admettre les conséquences*

Les géologues du même ttmps, également instruits de toutes les observations faites jusqu'à eux, ne peuvent différer que par la manière de prendre la série de bas en haut ou de haut en bas, et par les groupes qu'ils établiront dans cette série ; mais ses élémens resteront toujours les mêmes , et dans Tordre résultant de l'observation. Une partie de cette série pourra seule pendant long-temps apporter quelques divergences dans les résultats ; c'est celle qui est relative à ces terrains massifs ou typhoniens qui sont venus à travers tous les autres s'intercaler à différentes époques au milieu des membres de la série des terrains stratifiés.

Ces réflexions font connoltre la cause de l'espèce d'uniformité qui règne dans les classifications géologiques , au moins dans leur division principale* On ne peut en effet faire du nouveau dans une telle classification que par ignorance , erreur ou hypothèse sans fondement.

Malgré cette uniformité , conséquence nécessaire de la matière examinée , on reconnoitra déjà deux époques et deux systèmes assez différent dans la classification géologique ; la première est celle de Werner et de sa nombreuse et savante école. Cest sur les bases de la classification géologique de ce célèbre professeur , que MM. Reuss , Karsten , Leonhard , Kop et Merk, de Heim, etc., ont établi les leurs.

Quelques géologues de la même époque s'en sont un peu écartés ; mais seulement dans la formation des groupes , tels aont: MM. de Hof, Hausmann , de Aaumer, etc.

Les géologues anglois ont d'abord suivi le même système général en plaçant tous les tenrains en série ; mais ils ont aparté d'heureuses rectifications dans la formation des groupes,

24 INTRODUCTIOlf.

et surtout dans ceux qui composent les terrains de sédiment* Mais c*est de ^introduction d'une toute nouvelle classe de terrain , de celle qu'on nomme terrains massifs, ou soulevés, ou plutoniques, que date la seconde et nouvelle ère géologie que; elle est toute récente» M* de Buch en a fourni Tidée principale, MM.de Humboldt, Kef^rstein, Poué, l'ont saisie, et ce dernier surtout nous semble Favoir appliquée dans tous ses développemenstf !

C'est aussi celle qui est la base de la division des terrains en deux grandes classes, que j'ai suivie : quant aux bases de Tordre sériai que j'ai adoptées dans l'exposition des divers gi'oupes de terrains qui composent Técorce du globe, elles avoient déjà été posées dès 1 8 1 3 , dans le cours de géognosie que je fis alors à la faculté des sciences, et en 1814 dans mon Mémoire sur le Cotentin : le tableau que je présente n'est que le développement de celui que j'avois exposé à cette époque; mais ce développement a éprouvé de grands changemens par les connoissançes qui ont été acquises depuis lors sur la structure du globe, par les observations que j'ai eu occasion de faire, et surtout par les secours que j'ai trouvés dans les ta<bleaux du même genre , publiés successivement par MM. Buckland , de Humboldt , de Bonnard , Philipps et Conybeare , et tout récemment par M. Boue.

Le tableau des terrains publié par ce dernier en 1827, m'a surtout été du plus grand secours par sa richesse en faits, résultats et rapprcchemens nouveaux et toujours aussi intéressans qu'utiles, lors même qu'ils ne seroient pas tous définitiveiitent î dujis. Mais on ne peut blâmer un géologue de hasarder des rapprochemens; c'est, comme je l'ai déjà dit et ici et ailleurs, sa seule voie expérimentale; car, n'étant poiiit le maître des circonstances, n'ayant aucun moyen de décou*vrir la vérité par des expériences, il faut qu'il attende que l'ocrasioii de vérifier ses conjectures se présente, soit à lui, aoit à d'autres. Toutes ces présomptioiis hasardées par dc«

^NTBOOUCTION. 25

bommes sages et judicieux observateurs, soot pour ainsi dire des expériences commencées qu'ils 'n*ont pu terminer, et qu'ils laissent à continuer aux savans qui suivent la même carrière.

Les tableaux suivans offrent l'énumération des classes, ordres et groupes dans lesquels j'ai cru devoir diviser les terrains qui entrent dans la composition; de Técorce du globe.

Ces classes sont présentées presque isolément dans le premier tableau, dont j'ai déjà publié Pébauche dans ma Classification minéralogique des roches. Elles sont ensuite développées dans les autres et subdivisées en ordres, groupes ou formations , exposant dans Tordre le plus ordinaire ou le plus vraisemblable de superposition pour les terrains en série , et d'apparition pour les terrains hors de série, les roches et minéraux qui entrent dans la composition de ces groupes ou formations , ou qui s'y rencontrent le plus ordinairement.

Pour ne point surcharger ces tableaux de détails difficiles à saisir et à suivre, et qu'on ne peut souvent pas suffisamment motiver, je me suis borné à indiquer la synonymie la plus ordinaire dans les principales langues employées par les géologues.

Lorsque cette synonymie a eu besoin d'êlre expliquée ou développée , je l'ai fait à l'article de chaque terrain. J'ai également renvoyé les exemples à la suite de l'exposé des caractères géognostiques de chaque formation. Je me suis contenté d'en indiquer quelques- ufis dans la troisième colonne, uniquement pour préciser l'idée qu'on doit prendre de chaque groupe.

Je n'ai point eu l'intention de donner l'énumération de tous les lieux où se présente le terrain ou la roche en question , mais seulement de prouver par des exemples choisis dans mes propres observations, lorsque je l'ai pu, ou dans les sources les plus authentiques, que les généralités caractéristiques établies à l'article de chaque terrain , ne sont pas fondées sur des présomptions ou de vagues et trompeurs

ù6 INTBODUCTIOir.

souvenirs ; maïs qu'elles peuvent être appuyées sur des faits» Il ne reste plus alors qu'à savoir si les faits ont été bien observes, s'ils ne sont pas des exceptions dues à des circonstances locales , etc. ; ce sont certainement des sources d'erreurs, qu'il ne m'a pas été possible d'éviter; mais en prenant le moins possible aux auteurs qui n'ont pas vu par euxmêmes, l'aurai au moins évité de propager des erreurs. D'ailleurs, î'ai eu soin de citer mes sources et mes autorités, lorsque l'exemple donné n'étoit pas devenu ce qu'on appelle classique.

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