II.* Gr. TERR. ALLUV. LIMONEUX
lisse composent de limons argileux, marneux ou sablonneux, soit séparés, soit réunis; les premiers sont souvent colorés en noir ou en brun par des matières végétales, presque carbonisées, résultant de la destruction complète des végétaux. C'est par cette circonstance , qui entraîne avec elle beaucoup d*aotres conséquences, et par leur position, que les terrains aUuYiens linioneux différent essentiellement des phytogénes tourbeu|c ; ils ont quelquefois la même position , mais il est rare qu'ib s*y trouvent en même quantité. L*un l'emporte presque toujours de beaucoup sur l'autre. C'est dans les vallées larges, traversées par des grands cours d'eau; c'est au confluent de ces cours d'eau ; c'est surtout à leur embouchure dans la mer, que se montrent, dans toute leur prédominance , et presque toufours sans tourbe herbacée , les terrains limoneux ; les circonstances dann lesquelles ils se forment aont précisément celles qui ne permettroieot pas aux végétaux de se maintenir dan9 l'état de conservation particulière qui produit les tourbières , et celles-ci ne se présentent ordinairement que dans des lieux et àt% positions où les eaux peu agitées, ne tenant en suspension aucun limon, favorisent dans les végétaux l'altération particulière qui forme la tourbe.
Les débris organiques des terrains alluviens que renferment les terrains limoneux de la période jovienne , sont de même nature et de même origine que ceux que renferment les
»■ ■ .1 ■ ' Il ■ ■ I I M
I J'ai ^onn^ les dëTeloppemens de ces caractère! et circonsUncet à l'Article TouaBs da Dictionnaire des sciences naturelles.
38 ri&BIO DE JOVIENNE.
tourbes; mais ils y sont plus rares et moins bien conserves* Cest , enfin*, dans ces terrains qu'on a trouvé des bateaux presque entiers , qui , par leur forme et leur mode de construction , indiquent des peuples encore éloignés de la civilisation , et à peu près dans la position sociale où sont les peuplades sauvages de la mer du Sud et des deux Amériques.
CVst aussi dans ces terrains qu'on a découvert des restes de construction d'une époque connue et qui ont pu fournir une sorte de chronomètre du temps qu'il leur a fallu pour acquérir une épaisseur déterminée.
Les terrains limoneux couvrent le fond des vallées, leurs parties les plus larges, les espèces de renflemens qu'elles présentent, surtout k leur grande ouverture, soit dans les plaines, soit dans la mer; ils efi nivellent le fond sur une étendue et d^ine manière très-remarquable par son uniformité; ils forment , enfin , aux embouchures du Nil, du Gange, du Rhin, du Rhône, de l'Amazone, de TOhio , et de tous les grands fleuves de la terre , ces vastes atterribemens qu'on appelle des delta , par comparaison avec celui du Nil ; ils pénètrent jusque dans la mer, en recouvrent le fond vers les côtes, rélèvent au niveau de sa surface et prolongeant ainsi les côtes basses dans la mer, semblent faire reculer cette masse d'eau et faire rentrer dans Tintérieur des terres les villes bâties primitivement sur les rivages.
Enfin , il s'exhale souvent des terrains limoneux , lors même qu'on ne les remue par aucune fouille, des émanations malsaines, même pestilentielles, que ne produisent jamais les terrains tourbeux.
On peut donner le nom de Limon marneux, Limon sableux , Limon vaseux. Limon noir, aux différentes roches, toujours désagrégées ou plutôt non agrégées qui le composent, suivant que l'un des corps ou des propriétés indiquées par ce nom y est dominant; le seul minerai qui s'y montre quelquefois en petits amas,, est le fer titanifère arépacé.
TERRAINS ALLUVIENS. ?9
Let dunes ou monticules de sable qui se forment par Faction des vents sur les côtes sablonneuses et qui avancent même considérablement dans les terres , appartiennent k cette classe de terrains.
iïl.* Gr. TKRR. ALLUV. CAILLOUTEUX,
Ce terrain , quand il appartient à la période jovienne , se compose de cailloux, depuis ceux qui, par leur petitesse, constituent ce qu'on appelle gravier, jusqu'à ceux qui, atteignant au plus la grosseur d*un œuf, portent plus particulière^ ment le nom de galets ■ ; mais il faut s'arrêter à cette mesure dans ce qui appartient aux terrains joviens des cours d*eau s ceux des riyages de la mer peuvent se présenter sotis un volume beaucoup plus considérable.
C'est dans les vallées étroites ^ c'est aussi dans le lit et suv les l>ordft des cours d'eau qui traversent des plaines et des vallées larges qu'est situé le terrain alluvien dont nous trai<t tons. On ne doit pas l'aller chercher au-delà des limites des plus hautes eaux des temps actuels , et dès qu'on dépasse ee niveau , la grosseur des fragmens ou cailloux , la nature- des débris organiques qui les accompagnent, change et indique une époque beaucoup plus ancienne , une force beaucoup plus puissante dans le cours d'eau , et par conséquent un volume d'eau incompatible avec l'état actuel du sol, des cultures j dés habitations et des monumens les plus anciens ; il indique enfin des phénomènes presque contemporains de la dernière ou des
1 Le nom de cailloux n'entraSne pas nécessairement avec lui l'idée ée pierre arrondie par le transport, et semble indiquer que les pierres nommées ainsi sont de l'espèce du silex ou du quarz; on est obligé d'ajouter l'épithète de roulés, pour désigner les cailloux de transport* r^otre mol de galet, qui s'applique aux minéraux de toute sorte, arrondit par les roulis des flots marins , lacustres ou fluyiatiles , me paroit plus convenable. Je Temploirai toujours dans cette acception.
40 l'éRIQDE JOVIENNE*
dernières grandes révolutions de la surface de la terre. ' Cest ici que sont en contact immédiat les terrains jovieoé et les terrains saturniens ; mais quoique mêlés ensemble dans quelques points de contact, il est encore possible de les reconnoître; la simple réflexion faite sur ce que Ton voit, suffit pour conduire à cette distinction. Ainsi , quand sur les bords d'un fleuve tranquille, comme la Seine au-dessous de Paris, on voit une plaine composée de graviers, de galets et de blocs, ainsi que cela s'observe si facilement dans la plaine de Boulogne, on )peut admettre que les graviers, et même que les galets ovulaires , ont été amenés par les hautes eaux de la Seine, qui atteignent quelquefois ce niveap ; mais quand au milieu de ce gravier et de ces galets on rencontre des bloes péponaîres et* métriques de grés, de calcaire siliceux, de poudingue siliceux , on juge sans beaucoup d'hésitation , que ce fleuve n'a jamais pu , dans son état actuel , aller arracher, nsême dans ses plus hautes crues , ces blocs aux terrains de grès ou de calcaire siliceu;c d'où ils viennent, et qui sont situés à une grande distance de la plaine où on les trouve ; car il lui faudroit une puissance de transmission qui suppose une hauteur et une masse d'eau incompatiblea avec l'état connu de temps immémorial de la vallée de la Seine dans le bassin de Paris, état lié avec une multitude d'autres circonstances de géographie physique.
Le gravier et les galets des terrains alluviens sont donc proportionnés par leur nature , leur origine et leur grosseur, à la force de transmission la plus puissante que puisse acquérir le cours d'eau dans ses plus hautes crues connues ou présumables , et les galets et blocs des terrains clysmiens seront ceux qui par leur volume n'auroient pu être transportés sans
- > r * p ■ I I ■ ■ I ■ I II
1 Toyez sur raction des eaux actuelles à la surface de la terre, U partie qni concerne cette considération k l'article Eau du Dictionnaire dei sciences naturelles.
TBaAAIKt ALIUVIBVS. 4^
admettre une masse d*eau dont on ne pourroit trouver Torigine sans admettre en même temps des causes puissantes et générales qui, ayant dû agir sur presque toute la surface du globe, supposent une révolution géologique et par conséquent la cause que nous admettons.
Il n*y a pas que les eaux qui transportent des galets ou cailloux ; les glaces des glaciers qui descendent des pentes et des cols des hautes montagnes charrient sur elles et poussent devant elles des masses ou blocs de rochers quelquefois trésconsidérables; elles lés accumulent dans les vallées oh elles aboutissent, et s'en forment une espèce de rempart qu'on nomme morainèm
4a PéaiOOE JOVIENNB*