FoRM. CALCAIRES
C'est-à-dire principalement calcaires.
Ce sont les calcaires concrétionnés en stalactites et stalags mites, en pisolithes, en travertins modernes; ce sont les calcaires incrustans qui se ^ont formés ou déposés depuis les temps historiques, et qui se déposent encore, soit dans les cavernes, grottes ou autres cavités de la terre, soit au foûd de certaines eaux , soit à la surface du sol.
Tous les calcaires concrétionnés ont été dissous dans les eaux , les uns dans les eaux froides à Taide d'un excès d'acide carbonique, les autres dans les eaux thermales au moyen du gaz hydrogène sulfuré.
Les premiers se forment en général plus lentement, et c'est à cette cause qu'il faut rapporter les stalactites et stalagmites des cavernes et grottes calcaires, et les incrustations qui enveloppent les corps plongés dans ces eaux.
Le nombre des cavernes à stalactites est si considérable , que nous ne saurions à quel exemple donner la préférence; celui des eaux incrustantes l'est beaucoup moins. Nous renvoyons pour les exemples aux articles Calcai&e coNcaifoiONNii et Stalactite du Dictionnaire des sciences naturelles.
Mais cette formation en calcaire concrétionné offre une considératipn plus importante et entièrement relative à notre objet.
1 C*ett-à-«dire , formés par Toie de dissolution diimique.
tEARAINS LY8IENS. 4^
Ce terrain , et pour ainsi dire la même masse de calcaire concrétionnë, peut appartenir en partie à la période saturnienne- et en partie à la période jovienne ; car les parties de la surface du globe abandonnées par les hautes eaux fluvialiles, lacustres et marines n'ont pas été aussitôt habitées par les hommes : des animaux d'espèces actuellement inconnues y ont précédé l'espèce humaine, et paroissent même avoir été détruits avant que les hommes aient paru sur le même sol. Cependant le sol n^étoit plus sous Teau, par conséquent les stalactites pouvoient déjà se former dans les cavités calcaire», et elles s^ formoient en effet avant la dernière catastrophe qui a fait périr les animaux dont on trouve les ossemens sans qu'ils y soient jamais accompagnés de ceux de l'espèce humaine.
Par conséquent une partie des stalactites des cavernes du calcaire jurassique, une partie du travertin de l'Italie, de la Hongrie, de l'Amérique, est très-probablement antérieure i l'époque géologique actuelle ou jovienne. Mais dans l'impossibilité où l'on est de les distinguer, et par conséquent de les séparer nettement, nous les laissons ensemble.
Cependant il est des cas où cette séparation est indiquée , et d'autres où elle-même est parfaitement claire.
Le premier est celui du Travertin des états romains. Les architectes et constructeurs savent très-bien distinguer le travertin ancien ou inférieur, celui qui par sa compacité et sa solidité est le seul qu'on puisse employer convenablement dans les constructions; ils savent, dis-* je, le distinguer du travertin moderne, qui ne possède pas les mêmes qublités» Mais cette distinction n'est que relative , et ne nous apprend pas si le travertin déclaré ancien est antérieur aux temps historiques et de l'époque où les eaux, même les eaux fluviatiles, étoient à une élévation qui ne pourroit se concilier avec l'état actuel des confineps et des monumens des hommes , ou si ces travertins ne sont seulement que des
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plus anciens temps de la période actuelle ou jovienne. ' Le second cas ne laisse point d'incertitude , et les travertins qui s'y trouvent doivent évidemment être reportés à répoque saturnienne* *
C'est lorsqu'ils sont situés k une élévation et dans une position telle que les eaux actuelles ne peuvent les y avoir déposées , et qu'il faille admettre une hauteur des eaux stagnantes ou courantes absolument incompatible avec l'état actuel des eaux , tels sont les travertins de la colline de Colle •lir la route de Sienne à Volterra. *
Ainsi , après les calcaires concrétionnés en stalactites et stalagmites des cavernes ; après les calcaires incrustans d'un grand nombre de sources , depuis celles d'Arcueil et de Sèvres près Paris , de Bernouville près- Gisors , "âe Saint- Allyre en Auvergne , jusqu'à celle de Guancavelica dans l'Amérique méridionale, et celle àt Java dans l'Océan oriental» viennent, comme exemples authentiques de terrains •calcaires joviens ou des temps actuels, les Travertins des plaines de Tivoli à l'^st de Rome , les dépôts du Teverone à Tivoli même, formant dans la vallée un barrage remarquable qui produit les belles cascades de ce lieu si célèbre
1 If. de Buch avoit déjà fait remarquer que les eaux douces auiqvelles ëtoit dû ce travertin , aToitnt dû être contenues à a5 mètres •B-dessus du niveau de la mer.
à Yoyes le dëreloppement de ces fails «çt de leur théorie , et de ceux qui peuvent être rapportés à la même époque, dans la Description géologique des terrain de l'aris (édition de 182a, p. 3ia et suiv. , et notamment page 317), ou se trouve la description du travertin élevé de Colle. C'est en voyant dans le même lieu le travertin moderne et le .travertin ancien, et en observant d'où le premier tire son origine, que j'ai été conduit ( pag. 319) à regarder les eaux sortant de Tintérieur de la terre, chargées de matières pierreuses en dissolution, comme nae des causes qui ont produit la plus grande partie des terrains cal« eaîres compactes, soit d*eau douce, soit même marins.
TEAHAINS LTJIENS. 4^
«0118 les rapports historiques et pittoresques ; les dépôts de Terni , au confluent du Velino et de la Nera , dus à la même cause et produisant le même barrage et des cascades nok moins belles ; ceux de Saint - Philippe en Toscane , qui ont élevé dans une vallée primordiale une véritable colline couverte de jardins 9 de plantations et d'habitations. '
Nous ajouterons à ces exemples de terrains calcaires récens :
1 •* Le Travertin qui couvre le fond et les environs d'un làc d*oh se dégage avec abondance du gaz hydrogène sulfuré à droite de la route de Sirang à Batavia dans File de Java. *
2.* Celui qui se fcHine' dans les marais de la. grande plaine de Hongrie , et qui devient assez solide pour servir de pierres à bâtir: toutes les maisons de Czegled en sont construites.' Ce travertin enveloppe des planorbes et d'autres coquille»^ qui j qnt conservé leur test presque sans altération , circonstance qui -établit une assez grande différence entre les calcaires lacustres jo viens ou des temps actuels , et les calcaires lacustres saturniens ou antérieurs aux temps historiques.
3.° Le. calcaire de même origine, de même nature, renfermant aussi une grande quantité de coquilles et végétaux lacustres, qui se form« journellement au fond du iac BaLie, comté, de Forfarshire en Ecosse. ^
? Ces exemples , qu'on pourroit multiplier, mais qui sufiisent pour établir ce premier mode de formation, ne nous mon- •trent ^e des terrains formés dans l'eau douce.
1 Toyes U deicription gëognostiqne de ces lienx dans l'ouvrage cité plus haut, page 3 14 et 3 16.
a Ab£l, Voyage en Chine.
3 Bsudaut, Voyage en Hongrie, tom. 2, page 353.
4^ M. Ltell y On a récent formation of freshwater limestone in Fat' fÊTthire, etc., Traatact. de la soc. géolog. de Londres , seconde série, ^oL a, pag. 73. L'auteur a très -bien fait ressortir les ressemblaYice^ et *H$ différences àe^ trarertins modernes et des ttavertins anciens.
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Dans quelques circonstances , qui parois&entplus rares , pro* bablement parce qu(K Tobservation en est beaucoup plus dif«* ficile , des concrétions dues également à une précipitation de calcaire des eaux qui le tenoient en dissolution, ont eu lieu dans la mer , ont agrégé le sable qui en couvroit le fond et ont enveloppé les corps organisés qui pou voient s'y trouver. Tels sont :
i." Les agrégations et concrétions si connues, si souvent citées, qui se forment dans la Méditerranée sur la côte de Sicile, en face de Messine, et qu'on n'hésite pas à attribuer maintenant à la cause locale que nous venons d'indiquer. Il faut , dit Spallanzani , dix à douze ans pour que le sable de cette côte, qui consiste en grains de quarz ,'de fèlspàth, d^amphibole , de mica, etc« , ait acquis, par le ciment calcaire qui agrège ces parties, la dureté nécessaire pour servir à faire des meules de moulins. Cette roche est évidemment de formation nouvelle, et on y a même quelquefois trouvé des parties d'instrumens à Tusage des hommes.
aJ* Une roche à peu près semblable qui «se forme, suivant M. John Davy , sur la côte de Colombo à Negombo dans Tile de Ceilan. La formation est plus rapide et plus abondante dans les lieux où la mer est généralement plus agitév.
3.** La pierre calcaire sableuse, à texture grossière, mais d'une consistance solide , qui sur la côte du vent de l'ile de la Guadeloupe, au parage nommé le Moule ou le Mole, accompagnoit et enveloppoit le squelette de Caraïbe qu'on y a trouvé et qu'on a voulu faire regarder momentanément comme un véritable anthropolite, ou comme un hoinme pétrifié dans des couches solides continues et de l'époque saturnienne.
Cette pierre, dont les parties grossières sont composées non-seulement de petits grains de calcaire compacte , mais de petits coraux, de petites coquilles, fait vbir pour ciment descfs parties, à unodil exercé, un enduit ou incrustation calcaire qui a lié tous ces grains et qui indique le calcaire pré-
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cipitë de quelques eaux d'une source minérale sous-marine. ■ Il est probable qu'il y a bien d'autres exemples de ces faits : nous ne les possédons pas ; mais nous répéterons ici ce que nous avons fait remarquer ailleurs*, c'est que la plupart de ces sources, si abondantes en calcaire, sortent presque toutes de terrains calcaires situés dans le voisinage d'un terrain volcanique : les deux derniers exemples qu'on vient àt rapporter, confirment cette généralité»
Les PisoLiTHEs, ou concrétions calcaires sphéroldales, dont la grosseur varie depuis celle d'an grain de millet jusqu'à celle d'un gros pois, sont la plupart des prodoits de l'époque actuelle et sont évidemment formés par la précipitation du ê^eailre tenu en dissolution dans certaines eaux minérales au moyen de l'acide carbonique ou du gaz hydrogène sulfuré. Les mêmes eaux qni à Tivoli , à Terni , à Vichy , à Carlsbad ^ etc. , déposent dit calcaire concrétionné stratiformè , produisent également des pisolithes.
L'AaaAGONiTs parof t aussi appartenir dans certaines circonstances à cette époque. On a un exemple de petites veines 4e calcaire fibreux , d'aspect soyeux, ayant tous les caractères de l'anagonite , qui a rempli les fissures d'un ciment antique attribué aux Romains aux i>ains de Saint- Nectaire en Auvergift , et qui semble avoir ouvert ces fissures pour %^y introduire par cette force d^efflorescence capillaire que l'on voit agir si puissamment dans la nature ^t dans les laboratoires.^