‹ Tableau des terrains qui composent l'écorce du globeChapitre 51 sur 126 · V.« CLASSE. TERRAINS YZÉlVnENS ^ ou DE SÉDIMENT · texte numérisé non relu

V.« CLASSE. TERRAINS YZÉlVnENS ^ ou DE SÉDIMENT

Cette partie étendue et puissante de Técorce du globe offre en grand , et même sous de petits volumes, une structure clairement stratifiée. Les terrains que cette classe renferme présentent tous, de la manière la plus nette, ce caractère de structure qui ne se voit dans aucun autre avec la même évidence : ce sont les terrains en couche, et par conséquent en série, les plus sûrs, les moins embarrassés d'exceptions et d'anomalies.

Les roches non stratifiées qui s'y montrent quelquefois, ou bien y sont rares et très- restreintes, comme le gypse et quelques dolomies, ou bien, comme les ophiolites et les porphyres , elles diffèrent entièrement des roches stratifiées par leur mode de formation et même par leur position : c'est ce qu'on examinera à l'article de ces roches.

Les roches qui appartiennent évidemment à cette classe de terrain, montrent, dans leur texture et dans leur structure, sauf les exceptions du gypse, de la dolomie et du selmarin, un mode de formation par voie mécanique, c'est-à-dire, que la plus forte masse des parties qui les composent n'a point été tenue en dissolution chimique. Ces parties n'ont été que suspendues dans un liquide qui les a déposées plus ou moins lentement, suivant leur ténuité.

Quoique le plus grand nombre des roches des terrains yzémiens ait été produit par sédiment , il en est quelques-

1 La plus grande masse de ces terrains est produite par des sëdimens mécaniques* Ils renferment aussi des roches cristallisées (le gjpse ^ la doloiuie, le selmarin^ etc.); mais elles y sont eu très-petite quantité.

2 Terrains secondaires et tertiaires, terrains de sédiment, Flôtz-Gshirge •

)S8 TERB. YZéM. TH ALASSI Q UB8.

répandus dans toutes les parties de ce terrain, appartiennent aux genres et espèces d'animaux désignés aux tableaux n.*^4,

Des mammifères , principalement des pachydermes et des carnassiers, des oiseaux , des cétacés , des reptiles de tous les ordres, mais plus particulièrement des chéloniens, des poissons, des crustacés, quelques insectes fort rarement, et parmi les zoophytes, des fongies et dts orbilolites.

Parmi les mollusques testacés, les genres de coquilles que Ton désigne vulgairement par Tépithète de littorales, notamment des cérites, fuseaux, cythérées, arches, nummulites, et enfin une multitude de genres et d'espèces, qui montent à • plus de douze cents connus, en sorte que les caractères négatifs sont plus faciles à exprimer que les positifs, mais ils ne sont jamais que présumés; une seule observation peut, d'un moment à l'autre, leur enlever leur valeur absolue, mais non pas leur valeur relative.

Néanmoins on n'a trouvé jusqu'à présent, dans ce terrain, en position naturelle, c^ est-à-dire , comme y ayant vécu, aucun trilobite, orthocératite , productus, spirifer, inocérame, catillus, ammonite, bélemnite, quoique ces derniers testacés soient si abondans dans le terrain immédiatement inférieur à celui-ci.

Les végétaux fossiles offrent des caractères qui n'ont pas moins d^mportance ; ainsi les phyllites ou feuilles de dicotylédons, les tiges de palmiers, les fruits des différens genres de cette famille , y sont communs , et plusieurs ne se trouvent guère que dans cette division des terrains yzémiens, tandis que les fougères véritables y sont très-rares. On n'y a encore vu aucune tige de calamité, de lycopodites, de cycadées, etc.

Ce terrain est nettement stratifié en couches et bancs; on y voit rarement des lits, La stratification de ses diverses parties est en général parallèle et horizontale.

Il ne forme que des collines , des monticules et des plateaux

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peu élevés^ dont le plus haut niveau ne paroitpas dépasser neuf cents mètres , dans ce qu^on peut appeler sa position normale ; car dans quelques cas il paroit avoir été porté jusqu'à deux mille cinq cents mètres.

Les pentes de ces collines sont généralement douces ^ et quand elles présentent des terrasses ou des escarpemens | ils sont peu hauts.

. Le terrain thalassique est répandu sur tout le globe ; cependant on n'en connoit encore que peu d'exemples authentiU ques en Amérique et en Asie. Il ne couvre jamais une grande étendue de pays sans interruption. Il est plutôt disposé par îles ou par bassins. Le bassin de Paris , celui de Londres , les collines subapennines, offrent des exemples tranchés de ces terrains dans leur plus grande étendue.

Les terrains thalassiques sont généralement calcaires, sableux et marneux ; ils ne renferment aucun véritable gîte de minerai exploitable ; ils ne contiennent même au-dessus des argiles plastiques aucun sulfure métallique en quantité notable.

Le peu de minerai pyriteux et ferrugineux que ces argiles renferment , y est disséminé en nodules ou petits lits interrompus. On n'y voit aucune sorte de filons, soit pierreux, 8oit métalliques ; mais ces terrains contiennent entre quelques-unes de leurs assises, et dans certaines localités, des lits de combustible fossile, qui appartiennent constamment aux lignites.

Il y a dans ces terrains quelques fissures assez étendues , des canaux ou puits verticaux et quelques cavernes ; mais ces ca- «vités y sont rares.

Les corps organisés fossiles., notamment les mollusques testacés , y sont assez généralement disposés par lits continus , composés quelquefois d'une espèce dominante. Tantôt ce sont des cythérées , comme dans les marnes du gypse , tantôt des huîtres, des cérites, des lucines, des corbules, des turrîtelles, des nummulites, etc.

ïSà tBlB. YZéM. TITALASSIQUES.

Les coquilles y sont ce qu*on nomme calcinées. QuelqnefoU aussi elles y sont pétrifiées en silex ; mais c'est plutôt leur Iroyau que leur test qui a pris cette nature.

Telles sont les considérations générales qu'offre le système totier d( s terrains yzémiens supérieurs.

Le tableau que nous en donnons et dont nous allons discuter les diverses parties, fait connoitre la suite des forma- 'tïoris ou groupes de roches et des roches que nous attril)uonrs à ce terrain , et Tordre de superposition qu'elles affectent le plus ordinairement.

Obêer\^ati(m générale sur les terrains thalassiques,

\\ me paroft à propot, avant de décrire les groupes ou les formations qui composent ce terrain, de revenir sur ce que j'entends dans le cas actuel et dans les cas semblables par formation locale, et de faire voir que ce qu'on a dit sur les dépôts de ce% terrains par bassins est tout-à-fait conforme à ce que nous avons énoncé, M. Cuvier et moi, long- temps avant qu*on ait présenté ce mode de gisement comme nouveau ou comme une objection à notre classification des divers groupes de roches des terrains parisiens; de rappeler enfin que nous avions su reconnoitre la distinction établie par Tillustre profe&seur de Freiberg entre les diverses sortes de gisement qu'il a nommées formation locale, formation morcelée et formation par bassin, et que nous avions tâché de l'appliquer avec précision k l'ensemble des terrains parisiens.

Nous pensons donc, M. Cuvier et moi, que les terrains dits tertiaires, dont le bassin de Paris offre l'exemple le plus développé et le mieux connu , ne peuvent être regardés comme une formation locale dans la véritable signification de ce mot , c'est-à-dire comme une formation qu'on n'auroit trouvée que dtfos deux ou trois lieux de la surface du glphe, telle quepourroît être la roche de topaze de Schneckenstein, la formation des diamans, la phosphorite terreuse d'Estra-

tERR. YzéM. THALA3SIQnE5« l3l

madure, etc.; mais que c'est un terrain répandu sur presque tout le globe, qui, au lieu de couvrir sans interruption de grandes étendues de pays, est disposé par bassins qui ne soiit peut-être pas moins étendus que des terrains beaucoup plus anciens, quoiqu'il soit de règle assez générale en géologie, que les formations prennent d'au tant moins d'extension q.u'ç}lês deviennent plus superficielles. Il s'en faut donc de beaucoup que ces bassins soient aussi petits et aussi rares qu'on Ta cru lorsqu'on les a signalés pour la première fois.

Ainsi, nous le répétons avec beaucoup de géologues, le terrain dit tertiaire n'est point une formation locale , mais c'est une formation principalement par bassin , et encore n'estelle pas toujours ainsi ; car les collines subapennines, qui présentent ce terrain des deux côtés de l'Apennin, n'offrent nullement l'apparence d'un bassin.

Secondement , tous les bassins fpnt voir pu réunis, ou di* versement groupés et séparés , le même système de roche ; c'c^t un fait qui n'est pas contesté, et j'ai vu assez de tei:rains. tertiaires en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre; j'en ai réuni assez d'échantillons, pour avancer avec quelque autorité cette généralité.

Troisièmement, et ce fait, encore plus..frapp^pt,.^8t-il aussi moins contesté: ces terrains, si bien c^ractjérisés j)ar leur position, par l'ensemble de leurs roches, le sont epcpre mieujç, .non pas par les dépouilles de telle et telle espèce, de tel ft ,tel genre de corps organisés , mais par le système général , p^r l'ensemble de ces dépouilles. C'est un caractère général qu'on ne peut faire bien connoître que par des énumérations complètes , comparées les unes avec les autres , comme c'est le cas de toutes les distinctions ou réunions qu'on nomme naturelles * ; en sorte que , si on réunissoit un monceau de

1 6*il falloit dire d'une manière précise et. absolue en quoi les habi-

-» - ...... • « y . , j ■ I.., t -•|''i. ...Jl.

tans de la Proyence diffèrent pbvsiqttement des habitant, dç 1^ Pforman-

1^2 tE&R* YZéM. THALASSIQUfiS.

coquilles de la craie, en supposant même qu'il s'y trouvât quelques cérithes, quelques lueines, etc., et un monceau de Coquilles des terrains tertiaires, en supposant qu'il s'y rencontrât quelques ammonites, quelques bélemniteset quelques gryphées (ce qui ne s'est pas, que je sache, encore vu), il ii*est pas un géologue expérimenté qui ne reconnût ces deux monceaux pour appartenir à des terrains dififérens, et qui n'indiquât tout de suite les terrains d'où ils viennent.

Or, c'est par ces traits généraux que se ressemblent tous les terrains tertiaires connus; c'est par les rapports numériques de leurs débris organiques, comparés avec ceux des autres terrains, et non par des listes absolues de ces débris, qu'ils s'en distinguent : ce sont ces traits généraux qui indiquent une époque commune , une période et des circonstances communes de formation.

Nous n'avons jamais dit que dans chacun de ces bassins les différentes roches qui composent ces terrains et les débris organiques qui y sont ensevelis , dussent tous s'y trouver; qu'ils dussent s'y trouver dans le même ordre de superposition, qu'ils ne dussent jamais varier, ni dénature, ni d'espèce, ni de prédominance. Nous n'avons jamab dit (et si nous l'avions dit, nous nous empresserions de restreindre un principe beaucoup trop absolu et qui n'est une conséquence ni de nos travaux, ni des règles de formation admises pour nos terrains) que ces roches ne puissent pas différer considérablement, suivant les lieux, renfermer plus de mica et d'argile dans les Apennins, plus de sable et de mica en Suisse , plus de calcaire et de marne

die, on n'avanceroit pat un seul caractère qui ne fût contestable, et cependant quel est Thomme le moins observateur qui , voyant nn régiment composé de Normands à coté d'un régiment composé de Proyençaux, ne sera pas frappé tout de suite des différences physiques de cet deux troupes d'hommes: telle est la différence des caractères absolus et des caractères tiret des rapports numériques.

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en France et en Angleterre; du gypse dans un lieu, de la marne sans gypse dans un autre; de Targile plastique dans le bassin de Paris, et point du tout dans d'autres bassins; des dépôts puissans, solides, etc. , de lignite en Provence ^ et seulement quelques indices de ce combustible dans le bassin de Paris. Mais nous avons dit que ces lignites avec leur argile s^ëtoient toujours présentés à nous dans les parties inférieure! des terrains tertiaires que nous avons eu occasion d'étudier , sans avoir jamais avancé qu'ils ne dussent se trouver que là.

Il nous semble donc que nos généralités , présentées, comme nous Pavons fait^ c'est-à-dire comme Pexpression des faits que nous avions observés, ou même comme l'expression des faits ou des cas les plus ordinaires, restent avec toute leur valeur, et que le terrain tertiaire placé au-dessus de la craie, déposé sur toute la terre dans des bassins plus ou moins étendus et circonscrits, s'y reconnoissant partout par la nature générale de ses roches et par l'ensemble des débris organiques qu'il renferme , indiquoit une formation générale qui a eu lieu à une même époque géognostique par des causes et dans des circonstances semblable» sur peut-être plus de la moitié du globe. *

Far conséquent, en examinant par groupes et successivement les roches qui entrent dans la composition des terrains yzémiens supérieurs , je ne prétends pas établir ni que ces croupes soient toujours composés des roches dont nous les formons, ni que ces roches y soient toujours disposées dans

i Les layes actuelles., si semblables entre elles, malgré lents différences de détail , si différentes du traehyte et des basaltes da monde antédiluvien; ces laves, qui s'épanchent toujours dans des limites bien plus circonscrites que ne sont celles de terrains, tertiaires, mais qui se nnontrent sur tous les points du globe, sont un des phénomènes que je puis apporter pour expliquer le plus clairement possible ce que j'entends par époque , causes et circonstances géognostiques semblables..

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le même ordre, ni que les groupes eux-mémea se suivent partout dans Tordre où on les a placés ici; nous disons seulement que ce sont les associations et Tordre qui se sont présentés le plus ordinairement.

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