‹ Tableau des terrains qui composent l'écorce du globeChapitre 53 sur 126 · OU M ARNO- SABLEUX -MARINS · texte numérisé non relu

OU M ARNO- SABLEUX -MARINS

Ce terrain, dont nous prenons le type dans le bassin de Paris , est poumons d'une sous-époque géognostique et d'une origine entièrement différente de celui qui le précède et de celui qui le suit. Il en dififére par tous les caractères tirés de la nature des roches et de celle des débris organiques qu'il renferme.

Dans les lieux que nous choisissons pour termes de comparaison, et sur lesquels nous devons prendre lès principaux caractères dé ce terrain , ses limites sont bien déterminées. C'est supérieurement le terrain lacustre, et c'est inférieurement encore un terrain lacustre. Or, comme le terrain mamosableux renferme principalement des débris de corps marins,

1 Produits par la mer, mais sans qu'on puisse toujours les reconnoître aisément et les distinguer des tritoniens.

Syn. Terrains marins supérieurs. — ? Crag ofSuffolk, Norfolk; Bags» hot • sand (rayez la note 2 de la page id4). — Molasse- oder Postpaleo* iherium-MergelfomuUion , Kty.-^ Zweite tertiâre Sandstttin' und Kalk/oT" mathnj fiovÉ. — Calcaire moellon, Marcel ve SE&au«

• TERR. YZéM. THAL. PROTélQUES. I4I

il se termine nettement aux points où les corps marins disparoîssent pour être entièrement remplacés par des corps terrestres ou lacustres.

En prenant le bassin de Paris pour tjrpe de ce terrain, on y reconnoit les roches suivantes, qui se suivent de haut en bas dans l'ordre où nous les nommons.

1. Grés bla>"C. C'est un grcs, dans l'acception minéralogîque de ce mot , tantôt blanc et pur ( Fontainebleau , Nemours, butte d'Aumont), tantôt rougeàtre ou jaunâtre, ferrugineux et un peu micacé, et se présentant plutôt à l'état de sable qu'à celui de roche solide ( Meudon , Feuguerolle , Montmartre , Romain ville , etc. )•

II renferme en minéraux et roches subordonnés :

Du Fer sablonneux , en rognons dans les parties supérieures (hauteur de Viroflay ^ Montmartre, Pantin , etc.);

Du manganèse terne en enduit ou en dendrites profondes (Belloy, département de Seine-et-OiseJ;

Et de nombreuses coquilles marines de différens genres ou 'espèces, dont on ne voit que les moules: il est extrêmement rare que le test soit conservé. Comme ces coquilles différent souvent de celles des marnes qui suivent ce grès, nous devons en indiquer particulièrement les espèces caractéristiques. Il est assez difficile d'établir cette détermination avec exactitude, à cause de la circonstance si commune de la destruction du test.'

Ces corps marins sont disséminés sans ordre dans les parties supérieures du grès. Il est fort remarquable que dans le plus grand nombre des lieux où on les observe, près Paris, aucun lirait conservé son test, pas même Vostreajlahellula , quoique

1 Voyez le tableau n.* 5, qui renferme les corps organisés fossilet marins de to.at le terrain thalassique, mais arec l'indication des gronpta auxquels chaque espèce peut être rapportée.

143 T£RA« YZÉM. TBAL. P&OTélQDE^*

les huîtres le perdent rarement. Mais la place de ce test eH! restée en cavité dans le grés , et en assez bon état pour qu on puisse obtenir, en le moulant en cire, une empreinte susceptible d^'étre déterminée avec exactitxide. Le test a donc existé, pendant quelque temps dans le grès et a ensuite été dissous; les parties calcaires on tété si complètement enlevées, que le grés ne fait que très-rarement etfervescence avecles acides. A une plus grande distance de Paris , du côté de Compiègne, etc., les coquilles du grès , si toutefois elles appartiennent à ce terrain, ont conservé leur test.

2. GoMPHOLiTE ' ET PouDiNGUE. Lcs terrains protéiques ont une très-grande extension. Nous Tavions soupçonné dès 1822*; nous avions même hasardé d^y introduire la molasse de Suisse, terrain immense en étendue et en puissance, et par conséquent les agrégats non moins immenses qui la surmontent. Ce rapprochement a été confirmé de la manière la plus flatteuse poumons, parle travail le plus complet et le plus satisfaisant qu'on puisse faire sur ces terrains^. M. Studera établi, parla réunion des preuves géognostiques de toute nature, qoe la molasse dont il sera question plus bas^appartenoit aux terrains marins supérieurs au gypse. Le gompholite me paroit être en Suisse, en Bavière, etc., dans une position analogue

à notre grès marin supérieur ou grès blanc. Je serois fort embarrassé de dire, dans Fétat actuel de la science, s'ils sont

1 Nttgelflue des Soitses. Voyez dans l'écrit intitulé Classification mijîéralùgiqut des. roches (i. y oi. in-8 °) Levrault, Paris et Strasbourg , frôay), 4es caractères distinctifs de cette roche et de toutes celles qui seront fimplement nientionnées dans la suite de ce tableau.

2 Description géognostique des environs de Paris, 182a, pag. 186 et 187, in-4.* La nature des corps organisés renfermés dans cette roche

suffit pour établir' entre elle et notre terrain marin supérieur au gjpM de .nombreuses analogies, etc. «

3 Monographie der jMolasse, par B. Sriinza, 1 roi. .iB-8.^Becii«9.i0ji^.

TBAB. TZéM. THAL. PROTéiQUBS* 14^

exactemeot contemporains , et s'ils ne le sont pas , lequel a été déposé avant Tautre. Eu commençant par le grès blanc, je n'ai eu pourobjet que de présenter la première la roche qui fait partie du pays que j'ai pris pour type des terrains tbalassiques.

Le gompholite est placé sur la molasse ou fait partie de la molasse, comme les poudingues siliceux sont placés sur nos grès marins supérieurs et en font partie. Il n'y a de dififé* rence entre ces deux agrégats que celle de la nature des roches roulées qui les forment, et leur puissance. Ces différences sont de peu d'importance en géologie; mais la position, qui est dans ces roches presque le seul et vrai caractère géognostique, est la même*

Dans le bassin de Paris et dans le sol de diverses parties de la France, tant vers le Nord que vers l'Ouest, de véritables poudingues, dans l'acception minéralogiquè de ce mot, c'est-à-dire des agrégats de galets de silex avec du ciment siliceux, recouvrent le grès en lits plus ou moins puissans, et se lient même avec lui ( Romaînville , Sanois). 11 ne faut pas confondre ces poudingues, qui sont au-dessus du grès, avec ceux dont nous parlerons plus bas. Or nous regardons le poudingue supérieur au grés comme analogue au gompholite de Suisse. Ils sont à nos foibles collines et à nos silex de la craie ce que les gompholites de Suisse, eic.^ sont aux montagnes alpines et à leurs roches granitoïdes.

Ce dernier agrégat se présente en collines et montagnes d^une étendue , d'une puissance et d'une hauteur prodigieuses ; elles semblent indiquer une origine et des causes violentes, qui s'accordent peu avec l'idée qu'on s'est faite pendant long-temps de la formation récente et de transport des terrains de^dim^nt suprérieurs. Il a fallu reconnoîtreles rapprorts ûe ces roches élastiques avec les terrains qu'elles recouvrent, ce "qui a offert de grandes diffîcultés; il a fallu remarquer qu'elles ne sont elles-mêmes jamais recouvertes par d'autres roishts que >par 'les terrains alluviens et clysmiens ,

144 TE&E. YZÉM. TUAL* TKOtÛiqjjtSé

le terrain épilymnique et quelques parties très -supérieures du terrain protéique, pour présumer d'abord et s'assurer ensuite que ces énormes masses n'étoient pas antérieures àTépoque des terrains de sédiment supérieurs; mais elles pouvoient leur être postérieures et appartenir aux terrains clysmiens caillouteux. Ce que nous avons dit sur la position de ces terrains, constamment supérieurs à tout dépôt, ne permet pas de les confondre avec les roches élastiques des terrains thalassiques ou de sédiment supérieurs.

Par conséquent les gompholites polygéniques de la Suisse, lesgonipholites monogéiiiques de Salzbourg, des départemens de la Drôme, des Basses-Alpes , etc., appartiennent à la dernière époque marine des terrains de sédiment supérieurs. Ils recouvrent, dans plusieurs cas, les roches sableuses, telles que le macigno molasse ; quelquefois aussi ils en sont recouverts : par conséquent il paroit qu'ils ont alterné avec elles, du moins d'après le récit des naturalistes qui les ont observés; car, pour moi, je ne les ai vus que supérieurs.

Ces roches sont solides , et tellement solides , qu'elles se taillent nettement et peuvent recevoir le poli.

Elles ne renferment d'ailleurs aucun minéral ni aucun métal; elles enveloppent quelquefois des débris organiques qui, malgré leur état imparfait de conservation, peuvent être employés utilement pour établir Tépoque de leur formation par rapport aux autres parties des terrains yzémiens supérieurs.

Enfin, elles sont accompagnées de deux roches ou parties coquillières que M. Studer nomme le Grès coquillier et le Nor geljlue coquillier, renfermant, le premier un grand nombre de coquilles assez entières, et le second, des débris de coquilles dispersées sans ordre dans la masse de ce gompholite. On n'en voit souvent que les moules, comme dans les poudingues supérieurs du grès de Montmartre, de Romainvilley etc.; mais ces moules sont tapissés de calcaire spathique , ce qui Indique que la formation de ces poudingues n'a pas été tota-

•¥»»• YZIÉM* TBAL. rtLOTAlQVMê» HS

lement privée de Finfluence de Taction chimique. Nous reviendrons ^r le grès en parlant de la molasse.

Les exemples que je viens de donner suffisent pour faire connoUre de quelle roche j'ai entendu parler. Les exemples de détails se trouveront dans les ouvrages cités, et surtout dans le grand travail de M. Studer. '

3. Magigno molasse. Cette roche, qui (dst composéîe de sable, de calcaire, d*un peu d*argile et de mica, avec une texture grenue, lâche et une consistance presque friable % a souvent la plus grande ressemblance avec les psammites des terrains de traumate (Grauwaclce) , et montre dans sa composition , sa texture et sa solidité, des variations assez nombreuses : elle ne se présente pas dans le bassin de Paris proprement dit , mais elle forme dans la Suisse et dans plusieurs parties de l'Europe méridionale des terrains puissans , étendus, composés d'assises très-épaisses, quelquefois à peine distinctes, qui renferment peu de corps étrangers.

On y trouve, comme roches subordonnées, du grès coquillier, du calcaire fétide, de la marne argileuse et des nodules calcaires plus durs que le reste de la roche, et qu'on nomme en Suisse Knauer. Ils sont disposés en assises parallèles , mais interrompues , et renferment une assez grande proportion de carbonate de chaux '. On y trouve aussi des

1 OuTrage cite, pag. io6,-io9, m , etc.

a yoyes ta spécification au motMÂGicKO, tom. XXTII du Dict. dm

•c. Bat. ;^t ma Classification minéralogi^ue des raches, 1827, page 126.

3. M. Bronner en a fait l'analyse, que TUL, Studer a insérée dans aoa

euTrage (pag. 98):

Carbonate de chaux 45,2

Oxide de fer 5,8

Silice * 37/1

Argile 3,9

Potasse et Perte 2,3

£au* 5,2

HS M&B* Ttiif« TBAU rtiOTiiqvMSé

lifnitef en lits souvent très-puittana., trèi*- étendus et accompagnés de liU plus minces de marne calcaire dure. Comme ce» lits se présentent aussi dans d'autres lieux, qu^il n'y a pas encore pour nous de moyens assurés de les distinguer , et qu'ils me paroissent appartenir au groupe lacustre palieo* thérien , nous y reviendrons plus bas.

Les minéraux disséminés dans cette roche sont très- peu nombreux ; j'y ai vu du calcaire spathique très-bien cristallisé (près Vevay). On y cite du gypse sélénite*

Les débris organiques qu'elle renferme sont ordinairement des coquilles marines , dans ses parties supérieures et moyennes 9 puis des lignites , des coquilles lacustres, des feuilles de palmier, etc., dans ses parties inférieures ou pa- IsBothériennes.

J'avois déjà rapporté , comme je viens de le dire plus haut , la molasse de Suisse aux terrains de sédiment marins, supérieurs au gypse; mais je l'avois fait avec quelque hésitation. Je n'en doute plus maintenant, depuis que M. Studer a admis et prouvé ces rapprochemens. Le grès marin supérieur, la molasse, le calcaire moellon, les marnes marines, soit isolés soit réunis deux à deux, représentent tout le terrain marin supérieur au calcaire grossier ou le groupe protéique.

11 ne faut pas vouloir trouver entre les roches presque d'agrégation , qui composent le groupe protéique k des distances si grandes, la même nature minéralogique , les mêmes eapécoa de corps organisés, le même ordre de position ; ce seroit exiger de la géognosie plus qu'elle ne peut donner : il doit suffire pour le moment de trouver un ensemble de roches, ayant une somme de caractères semblables dans tous les pays, placés sur un ensemble de roche présentant une autre somme de caractères. égalen»ent semblables dans des pays éloignés. C'est ce que parolt nous présenter de la manière la plus complète et la plus frappante le groupe protéique.

ÏBâ&k TtÉM. THAL. PAOTÉlQÛËl. ^ 147

En nous arrêtant , dans la description de la Mouisss , à la partie marine, bous y remarquerons , avec M. Studer, trois roches particulières : le grès coquillîer, la molasse proprement dite et le calcaire fétide ; mais ce dernier appartenaÀÏ au dépôt de lignite palœothérien , il ne doit pas en être hît mention ici.

Le Gués côQUiLLiER 9 composé de sable qyarzeux , cimenté par un carbonate de chaux , qui parott provenir des coquilles nombreuses qu^il renferme , contient en outre un gran j nombre de ^ains d'un noir verdàtre et une substance ver* dâtre qui le traverse en veinules. M. Bronner a ex&itkïûé cette matière assez remarquable dans cette position géognôs* tique, et lui a trouvé une composition noil moiùs teftûAt"' quable ' qui la rapproche tout-à-fkit du phosphaté dc^ éhàM ferrifère et de la glauconie crayeuse.

Les corps organisés fossiles qu'il renferme, et qui sont lit* diqués au tableau n.*^ 5, sont en général beaucoup decdquilTeS marines bivalves, dont on ne voit souvent que les noyaût' et les fragmens. Les ûnivalves sont rares en comparaison ^ ce qui offre une analogie fort remarquable avec ce que M. Marcel de Serres a observé dans le calcaire moellon des environs dé Montpellier. On ne' connoit daiia le grès coquillier aùcuii débris organique qui ait pu appartenir à des êtres terrestres' ou lacustres, ou aux terrains de craie.

Le grès coquillier est trés»netteniént stratifié et forme tou« fours les couches ou assises supérieures de la molasse. (Ar-

I Carbonate de ehans .4 # 40

Phosphate de «h«âni . .... « «..•.....*.. .^ 36,^

Silice et traem de iiiaai|[attèfe de fer et de- nfWgHéilfl». . i%3î

£att et matière animale ...« 5^8

Thvle > 1,3

J4B TBA&. YZiM. TBAL* PA0T1&IQUB8.

govie, entre Zofingen et Regensberg; au Buchelberg , où il atteint une élévation de 675*° au-dessus de TOcéan.} '

La MoLikssE qui forme la roche dominante du terrain qui porte ton nom 9 et qui lui donne ses caractères , ne demande plus à être considérée que sous le rapport de ses pétrifications, de sa puissance , de son étendue et de ses variétés,

M. Studer a épuisé tout ce qu^il y a à dire sur ses pétrificatîons, et ses résultats , d*un bien plus grand poids que ceux que j'avois tirés de mes rapides observations, confirment pleinement ce que favois présumé et annoncé dans l'édition de 182a de la Description géognostique du terrain de Paris (pag* 186 9 3.®). Il n'y a point de coquilles lacustres au mi* lieu même de la molasse. Toutes les coquilles sont marines et analogues en général aux espèces du grés supérieur de nos collines gypseuses , des collines subapennines décrites par Brocchi , et des collines des environs de Vienne, décrites par M« Constant Prévost. Lors même qu'on en trouveroit quelques-unes, leur présence pourroit s'expliquer trèt-naturellement par les considérations sur les mélanges exposées ailleurs. Les feuilles de j>almiers et d'autres arbres de la carrière de molasse de Bergère , près de Lausanne , paroissent avoir été enveloppées dans cette roche parla cause que nous avons admise dans ces considérations. D'ailleurs il ne faut pas oublier que nous allons trouver des lignitet lacustres dans la partie inférieure de la molasse.

On ne peut citer avec certitude aucune bélemnite, ammo* nite , térébratule , ni aucun autre débris organique marin des terrains crétacés ou jurassiques 1 on n'y connoit pas même de nummulites (pag. 389). M. Studer discute beaucoup mieux que je n'avois pu le faire les prétendues exceptions à: cette règlp, et fait voir le peu de confiance qu'on doit donner aux

i Studer, ourrage cité, pag. 96 et iuivantes.

TEflR* YZlâM. THAL. F HOlétQUB t. l40

faits qui semblent opposés à cette généralité ' : il admet la présence de la mer et son séjour sur place ; il se fonde (pag. 246) sur ce que presque toutes les coquilles fossiles de la molasse appartiennent à des espèces qui vivent dans le tablé ou qui sont adhérentes aux écueiis , et que leur présence démontre qu*elle$ ont vécu et se iorU propagées dans la place •0& on les trouve; enfin, on cite aussi (page 3 10) à Court, dans la vallée de Munster, un rocher dont le pied est visiblement percé par des pholades. Cette circonstance, qui semble indiquer un rivage , doit faire examiner si les bancs de coquilles qu'on trouve sur les pentes des collines les traversent réellement , ou si on ne peut pas les considérer comme les traces ou restes d'anciens rivages (pag. 33 7). Cependant la ressemblance entière de position, de nature et d'espèces de coquilles qui se montrent sur les flancs opposéf des collines du Belpberg et du Langenberg , ont porté tous les écrivains suisses à considérer comme un fait certain que c'est la continuatioQ d'une même couche, dont une partie a été enlevée par l'ouverturç de la large vallée de Giirbe. Malgré la di£férence de hauteur absolue, qui est d'environ trois cents mètres ( pag. 3 60) , les couches d'huftres sont toujours à peu près à la même hauteur au-dessus des lits de panopées(pag. 373).

Ces observations, très- curieuses, très -importantes, nonseulement pour la géognosie de la Suisse, mais pour l'histoire des terrains protéiques, tendent toutes à faire admettre que les corps organisés fossiles de tes terrains ont vécu sur le lieu ou à très -peu de distance du lieu où on les trouve; que leurs bancs ou lits ne sont pas superficiels , mais s'en.-

1 Nous ne pouvons entrer dans les détails de ce trarail d'ëruditioii «t de critique. Si on veut apprécier les motifs de N. Studer, il faut les lire dans Toutrage original, pag» S48 — aSs.

p5o TfRA. YZéM. THAL. F110TÉIQUES«

foncent jous les terrains qui composent le sommet des col* Unes qui en font voir les affleuremens sur leurs pentes* -

Quant à H hauteur de cette roche, et par conséquent du groupe auquel elle appartient , c*est certainement dans les Alpes suisses qu'elle est la plus considérable. On sait que le Rigi, qui est composé de gompholite, atteint une élévation de 1900 mètres ail -dessus de la mer : la qiolasse proprement dite ne s'élève pas au-delà de 800 mètres.

Les exemples des terrains protéiques, et notamment de ceux dans lesquels cette roche est dominante , seront présentés à la fin dç Thistoire des roches qui les composent,

4. Calcaïre moellch '. C'est un calcaire généralement sableux , rare et très-peu puissant dans le bassin de Paris , et qui manque quelquefois entièrement comme calcaire ; mais qui est presque toujours représenté comme formation marine par les lits plus ou moins épais et constans de coquilles ma* rines qui surmontent presque toujours le grés précédent. Lorsque ce calcaire existe , ou bien il se présente d'une manière non douteuse avec les caractères calcaires prédomipans , comme k NanteuiUle-Haudouîn „ prés Paris * ; aux envi-

1 J'adopte cette déiiomi nation proposée par M. Marcel de Serrrti maît je ne puis adopter qu'il j ait, dans ce qu'il a publié à ce aujet, #atre ckose de nouveaii que ce nom et l'observation de la puissance de ce calcaire beaucoup plut considérable dans le midi de la France (|u'atti( eavirons de Paris. On développera cette assertion à U fia de l'article des terrains tbalassîquesji parce qu'on en appréciera mieux la valeur lorsqu'on aura y^ les faits qui prouvent que nous avons reconnu et établi depuis ion^ - iemps VexUiencç d'iin calcaire grossier au-dessus des terrains d'eau douce moyent*

2 Pescript. géolog. des env. de Paris, édit. de idaa, pag. 53 et 55,

126 et 265. 11 7 a cependant quelque doute sur l'application de cet

exemple au groupe protéique. M. Lagrave vient de les augmenter par

ses observations consignées dans le Précis de statistique sur le canton

de Nanteuil-le-Haudou^i) (Anqu^ir^ du dép* de rO^e, 1629 > pag. 14X

TB&&* Tzilff. thaï» rKOtÛlQVEU l5l

Tons de Montpellier; au Loroux^ prés Nantes, etc.; ou bien il est mêlé d*une quantité de sable assez considérbble , eomttie dans les collines subapennines , dans les parties supérieures de la molasse de la Suisse, etc. (Voyez plus bas Tétiumération des lieux où se présente Tensemble des terrains proléiqnes. )

Ce qu'il offre de remarquable, en outre de sa grande épais* seur, aux environs de Montpellier, c'est la ptësenée et k Téu« nion des ossemens des terrains cljsmienset décent du g^upe palœothérien. La présence de débris de mammifères terrestres, Mon-seulement dans un terrain marin , mais couverts même de corps marins, a déjà été observée en Italie près Castelar« Guato , dans un terrain marin supérieur, analogue k celui dont il est ici question : il ne reste donc de particulier dans celui de Montpellier que la présence des débris d*animaux qu*on croyoit plus anciens que ces terrains , It pùlœo&tmum et le lojlhiodon^ On cherchera à Tarticle de là TnÉoatB des terrains thalassiques comment on peut se rendre compte de ces faits.

5. Markes uarinss. Elles sont tantôt calcaires, tantôt argileuses , en lits peu puissans , et caractérisées marines par les coquilles qu'elles renferment.

Elles sont quelquefois tellement calcaires, qu'elles passent, dans certains points, à l'état de calcaire compacte, 6n, propre & la lithographie. ( Montmartre , Moulignon , plateau de Montmorency, etc.)

Dans d'autres lieux et dans d'autres circonstances , elles sont ou très-argileuses, ou très-sablonneuses.

Quoique peu distantes du grès précédent , elles montrent souvent un ensemble de coquilles assez différentes , tout en conservant des espèces communes aux deux roches, ^ous indiquons aussi dans le tableau n.^ 5 celles qui nous ont paru les plus caractéristiques. Ces coquilles sont souvent brisées ^ comme pilées , mais le tét est presque toujours conservé.

l5a TB«a. YZÀMé TBAL« F AOTJÉIQCES.-

Les huîtres sont, comme on le remarquera, nombfeuse» dans la marne argileuse et rares dans le grés. C'est encore, comme elles se trouvent dans la nature. Mais on doit observer, qu'elles sont par lits, qu'elles sont adhérentes les unes aux autres, ou adhérentes aux lits de calcaire compacte , inter« posés dans cette marne j qu'elles sont presque toutes entières et bivalves ■ ; qu'il y a très-peu d'autres coquilles avec elles s toutes circonstances qui indiquent , si même elles ne le prouvent pas, qu'elles ont vécu dans les lieux où on les trouve.

Comme il est très-dîfficile , ainsi que je l'ai dit plus haut » de distinguer ce terrain marin supérieur au gypse du ter-^ rain marin qui lui est inférieur, les exemples de la présence de ce terrain hors du bassin de Paris sont souvent incertains. Noué tenterons cependant d'en indiquer quelques-uns, ne fût* ce que pour donner plus de poids aux généralités , en montrant qu'elles résultent de faits observés dans plusieurs bassins.

Avant de citer ces exemples , je dois présenter le tableau des caractères distinctifs qui me semblent pouvoir servir à faire distinguer le terrain protéique du terrain tritonien.

Ce terrain est principalement quarzo- sableux et ferrugineux , surtout dans ses parties moyennes.

On voit beaucoup de galets de silex et de grès dans ses parties supérieures. Ces galets sont quelquefois m^és avec les moules des coquilles mentionnées plus haut«

Ces coquilles consistent principalement en cérites cordon-* nées, elP ciihérées ^ pecluneulus pulvinatus ^ ostrea JlabeUulay et quelques autres petites huîtres.

U montre dans ses parties inférieures beaucoup de pail« lettes de mica.

C'est aussi dans cette partie que se voient des lits de marne

1 Cette difpoiitîon ett trèt-claire, et par contéquent trèt-fr«ppant«, •nr leg grandes huîtres, oslrea pteudo-chama , qu'on troure dans la marne argileuie au moulin de Pontet, au-dessus de PontcliarU*ain«

YBER. Y2BM. THAL. FROTélQDEâ. i5j

argileuse et calcaire , renfermant des espèces d'buttres trèsnombreuseà et souvent très^grosses, ostrta pseudo-chama , hip* popusj etc. \

On y connoit des os de cétacés, notamment de lamantin ; des clypéastres; mais peu d'autres échinites, peu de madrépores, point de nummulites.

On peut rapporter à cette partie marine et supérieure du terrain de sédiment supérieur :

Le bassin du Loroux, prés Nantes.

Le territoire de Banyuls des Aspres , sur la rive gauche du Tech ( Pyrénées orientales)-, de Nissan , entre Narbonne et Bézier; le Boutonnet, près Montpellier.

Bonpas , près d'Avignon , qui conduit , par nuances insensibles, à rapporter lemaèigno molasse ^e la Suisse au terrain marno^sableux marin.'

La colline de Highgate, près Loi^dres, et la partie supérieure de Headenhill, dans Tile de Wight.

1 On tronrera let preuves développéet de ces rapprochemens dans la description géologique des enrirons de Paris par MM. Cuvieb et Baoïr- GfiiAHT, édition de Ï822, pag. 176 i igS et suivantes. On 7 verra, notamment pag. 179, 181 et 182 , la Jû/inc/ion/ir^CMe des deux terrains, et marins et calcaires; Tun inférieur, l'autre supérieur au gypse, nonseulement dans les endroits cité» ici, mais encore dans d'autres lieux; enfin on pourra, remarquer que nous axons signalé particulièrement (pag. 182) les environs de Montpellier, comme offrant un calcaire nutrîn qu'on deçoU rapporter à la formation marine supérieure ou postérieure au gjrpse. On ne contrarie donc nullement les idées généralement reeues, comme semble le craindre M. Maagbl de ^ehaxs (Ann. des se. nat., 1827 , t. 2, pag. 325), en annonçant, sa Déconcerte £un calcaire marin en lits puissans et continus, plus récent que le calcaire grossier; car cette découverte, quelque valeur qu'on ipi attribue, coufirme pleinement la distinction que nous avons faite dès 1810, et développée en 1822, entre ces deux dépôts marins , Tnn inférieur e| l'autre -supérieur au second terrain d'eau douce, etc.

3^4 TEEH. YZéM. THAt. P AL£0 TR A&IBITS.

Le Lochenberg , prés Burgdorf , aux environs de Berne, été.

Les collines subapennines , depuis Asti en Piémont, {osqû'k Monte-Leone en Calabre. Elles .présentent vers leur sommet le sable ferrugineux, les galets, les buitres et osaemeni d'animaux terrestres , couverts de corps marins, qui proifvent que la mer a recouvert ces ossemens terrestres pendant asses long- temps pour que les huitres et les balanes qui y adbèrent aient pu s'y développer.

Les environs de Bonifocio en Corse.

Les environs devienne en Autriche, d'après M. C. Prévost.

En Hongrie, entre les rivières de Gran et d'Ipoly , diaprés M. Beudant.

3/ Cr. TERRAINS PALiEOTHÉRIENS. *

C'est le terrain lacustre le plus étendu , le mieux et le plus constamment bien caractérisé ; c'est celui auquel je rapporte tous les terrains de cette origine qui ne sont pas évidemment placés au-dessus d'un terrain marno-sableux marin ou qu'aucune circonstance ne peut y faire placer avec certitude.

Quoique nous prenions principalement les caractères de ce terrain dans le bassin de Paris ^ on va voir que, sauf quelques particularités , on en retrouve les caractères généraux dans presque toutes les parties de l'Europe où on Fa reconnu.

Cette formation n'a point toujours, comme dans le bassin de Paris, des limites supérieures claires et déterminées par un terrain marin , quelle qu'en soit l'origine; elle est quelquefois superficielle ou simplement recouverte, soit par des* terrains

1 Paljbotbzriers, parce que let Palœotherium et les antres paclij* dermes de cette famille le font reconnoltre partout , quelle que soit la nature de la roche qui les renferme.

Sjrn. Seconds terrains d'eau douce ou lacustres inférieurs. — Pmristr Gypt oder mittlere Sùstwasser» Formation , Kbferst. -^ lîiâiwAfier • ^^ dung des êrsten tertiàren Kalkes, fiooz.

YERa. TXéai. THAL. JALMOTBÛKinVê. l5!)

cljTsmiens, soit par des terrains pyrogènes (le Puy-eaAfélay , l'Auvergne, te Cantal).

Ses limites inférieures sont partout fort nettement prononcées: c'est , ou le terrain tritonien (grès , calcaire grossier, etc.)» qui est un terrain marin, ou des roches plus anciennes.

Sa texture, tantôt sédimenteuse , tantôt en grande partie cristalline , indique un mode de formation au moins autant par voie chimique que par voie de sédiment. Si la partie qu'on observe n'est pas entièrement le produit d'une précipitation chimique, il est rare qu'elle n'offre pas tous les caractères d'une dissolution préalable, au moins partielle, car, outre sa texture quelquefois concrélionnée et même cristalline (le gypse], outre ses couches et nodules siliceux, ses roches renferment des cavités tapissées de cristaux de calcaire spathique très -volumineux, de quarz très - gros et très- limpide, et de concrétions d'agate calcédonieuse (i Mouron, une }ieue avant Coulommiers, département de Seine-et-Marne, oii cette disposition est aussi claire que brillante) : caractères qui indiquent une dissolution préalable et complète de calcaire et desilice , et qiii éloignent l'idée de tout sédiment mécanique au milieu d'une masse d^eau abondante et agitée, qui, loin de permettre dételles cristallisations, auroit dû s'y opposer, en étendant considérablement lu dissolution', etc.

Ce terrain présente donc , dans la nature et la structure des roches et dés minéraux qui le composent, tous les ca^ ractères d'une formation propre, presque entièrement chimicfue y résultant de la cristallisation sur place d'une dissolution saturée de sulfate de chaux, de sulfate de strontiane, de carbonate de chaux, de silicate de magnésie, mêlée de quelques dépôts sédimenteux de marnes argileuses et calcairesv • Maïs c'est par les débris organiques, venant tous d'animaux ou de végétaux, soit terrestres , soit lacustres on fluvia* tiles , que ce terrain sç fait reconnottre et se distingue de iQus les autrç9«

iSG TÉRft. TZéM« THAL. FALAOrtÊÈKlBftS»

Nous présentons dans le tableau n«** 6 la liste de ceux qu^on y a reconnus et qu'on a déterminés avec pitcision. On y retrouvera plusieurs des espèces déjà nommées au terrain épiljrmnique , soit parce que les espèces appartiennent en effet aux deux terrains, soit parce qu'on n'a pas toujours pu distinguer clairement ces deux terrains, qui ont une même origine.

T6us les débris organiques trouvés dans ces terrains appartiennent donc évidemment à des êtres dont les genres analogues vivent actuellement à la surface de la terre ou dans les eanz douces. Je ne sache pas qu'on ait encore rencontré dans le milieu de ces masses , c'est-à-dire dans les parties qui sont loin du contact avec les terrains marins inférieurs et supérieors , aucun débris de mollusques, de poissons, de cétacés ou de reptiles marins, aucun madrépore, aucun fucus.

Le terrain palœotbérien est clairement stratifié, au moins dans ses parties supérieures et marneuses. Sa stratification est généralement horizontale, parallèle, et à couches peu épaisses. Ses parties massives, lorsqu'il en présente, offrent quelquefois (dans le gypse à ossemens) , une division prismatoïde, et souvent (dans le calcaire siliceux) des cavités irrégulières, sinueuses. Dans ce dernier cas la stratification est peu nette.

JI forme, ou des plaines basses, étendues, ou des plateaux peu élevés, à surface plane et à bords et pentes rapides, ou, enfin, des collines ou plutôt des buttes coniques.

Son plus haut niveau ne nous est pas encore bien connu; mais il ne parolt pas dépasser de deux cents mètres eelui de rOcéan.

Ce terrain, et principalement ses roches marneuses et cal« caires, est fort répandu* à la surface du globe; mab il ne if présente jamais sans coupures ou interruption sur une grande étendue de pays. Les terrailu lacustres pala^othériens .tonjours circonscrits offrent des formations morcelées par lias* sins, plateaux ou buttes.

arimm. Utiu. tbal*. pxiiEOTH^KiBNf. iS?

Il ne renferme aucun filon ni veine métallique , mais quelques petits amas de fer hydraté , de manganèse terne (Mont^ martre) , quelques masses de xylolithe qui semblent représenter les dépôts de lignites qui peuvent appartenir à ce terrain^

On y voit quelquefois de grandes fissures ou fentes, et même des cavités assez étendues pour être considérées comme des cavernes. Ces circonstances, bien caractérisées, sont fort rares.

Les pentes des plateaux et des collines qui appartiennent ^ cet ordre de terrain sont quelquefois, couvertes de débris et de gros bloes, résultant de la dislocation de ses propres couches.

Les roches qui entrent daus la composition de ce terrain sont en général calcaires et siliceuses. LtÈ premières dominent ; la magnésie y est abondante; lea sulfates de chaux et de strontiane s'y présentent souvent : on y connolt dvt soufre à nu ; mais s'il y a des sulfures métalliques, ils y sopt tellement rares, que je n'en puis citer aucun exemple authentique.

Les roches qui le composent sont dans Tordre de supers position le plus général et le plus probable :

%• LiGiOTES SUISSES oa DE LA MoLAssE. A mesure que lea couchea de la terre sont mieux étudiées , qu'elles sont exa« minées avec une sorte de minutie souvent fatigante et pour l'observateur et pour le lecteur, mais si efficace pour con«> duire avec sûreté aux généralisations; à mesure qu'elles sont examinées ainsi par des hommes différens dans des pays différens, la science géologique fait des progrès qui consistent à distinguer ce qui étoit confondu , g mettre à }eur juste place géologique les roches qu'on avoit réunies soua des rapports minéralogiques et zoologiques; rapports leç plus sûrs qu'dn puisse employer tant que les rapports géologiques ne sont pas bien connus.

Les roches ou terrains, ou même les lits subordoiinés de

l58 TBftft. rtiM* THAt. rAftAOTBÉKfUlil

combustible fossile, qu'oa appelle ligniU^ sont tout-à-latt dans ce cas. Autrefois ils étoient confondus arec les eb^rboni de terre. J*ai cberché avec M» Voigt à les en distinguer claire* ment ; mais je n'arois encore reconnu qu^un seul gtte ou qu'une seule formation de ces charbons fossiles: maintenant on peut, sans craindre dé passer à rextrémité opposée, en recooDoftre au moins quatre , qu'on verra à leur place respective dans le tableau des terrains , sous les dénominations de lignite de SuissC) lignite tritonien, lignite soissonnois, lignite de Tile d'Ai|c , etc.; ce ne sont peut-être pas les s«uls^ et il est possible que les lignites de Provence fassent un cinquième dépôt, à placer entre les lignites soisaonnois elle lignite de Tile d'Aix.'Tous n'ont pas la même importance , et ceux qui en ont le plus, comme les lignites suisse et soissonn6is , ne la contervent pal dans tous les pays. • ■

. Ik se ressemblent tellement que cette circonstance est une des principales causes de leur réunion en un seul groupe* 11 n'y a souvent que leur position qui puisse faire établir «ntre eux de réelles différences géognostiques.

Cette difficulté , d'où résulte nécessairement de l'incertitude dans la détermination de leur époque de formation , lorsqu'ik ne sont pas interposés dans des terrains connus , m*a engagé k réunir en un seul groupe, souà le nom^ de mamo^eharhm' neirx, tous les lignites des terrains thalassiquei, afin d-en fiiire mieux ressortir les ressemblances et les différences en les âé* crivant ensemble. J^ me bornerai donc k nommer à chaque terrain et à caractériser brièvement le gtte dé lignite qu'on j trouve. L'établissement du gfte de lignite que je' propose de distinguer sous le nom de Hgniie suisse, me parott naturel et propre à faire disparoltre les- difficultés qu'on tronroM dans la position de ce lignite , surtout a cause de la nature des corps organisés qa'il renferme, lorsqu'on voulort les rap^ porter aux lignites soissonnois ou de l'argile plastique. . vCes. lignites sont évidemment placés sous la molasse ou

Bi ¥|Am. XBAI. PA£i£OTHAftIKlC«. 169

dans les aasîsea les plus inférieures de cette roche du groupe protéique; maïs cette roche est marine, et les lignites, ainsi que les roches marneuses, au milieu desquelles ils sont, ne présentent que des corps organisés terrestres ou lacustres. Ils n*ont donc pas été primitivement déposés ou formés dans le sein de la mer.

En examinant ces corps d'une manière non-seulement géaérale, mais même spéciale, on voit qu'ils ont beaucoup plus de rapports a?ec les corps organisés du groupe palœothérien , également d'origine lacustre , qu'avec aucune autre forma» tien. Il paroit donc qu'ils ont été déposés, comme le groupe palflBothérien , dans une eau douce , et que ce dépôt a eu lieu à peu prè^ à la niéme époque géognostique que les terrains palseothériens. On sait qu'un des moyens les plus sûrs , et peut-être le seul, de déterminer les époques géognostiaues, c'est la succession des générations. Ces ligaites sont d'ailleurs placés, comme le groupe palseothérien , au-dessous d'un terrain marin protéique; et, dans les circonstances oit on a pu voir, ou au moins présumer, quel étoit le terrain qu'ils recouvroient , on a cru reconsoitre d'abord un terrain lacustre plus ou moins épais, ensuite un terrain de calcaire grossier ou tritonien.

Maintenant , si noua comparons ces lignites avec le terrain palsBothérien , sous le rapport des corps organisés fossiles , nous saisirons mieux les analogies et les différences.

On. a reconnu dans les lignites suisses des débris de mammifères, ce qu'c» n'a pas encore observé dans les lignites soi»sonnois, tels que nous les supposons placés '• Les uns sont des aniiaaux de genres et d'espèces voisina des grands mammifères des terrains dysmiens (le moitodon anguatitUns , le rhinocéros,

I Noii»«Toiift lieu de présunMr <|tte plusieurs des lignite» soistdniioi« •ont d'une ëp»qm bcauconp plnt nouvelle que nouf le penûoni, et qu'ib •ont différeni des Ugaitet de TargUe plutique.

l6o TEKA. YZ^M. TBAL. 9A^M0tUàtilE^êii

un castor) ; les autres sont des animaux qui , sans être entièrement semblables à ceux du gjpse, ont cependant plus 4*An^ logie avec ces anciens animaux qu'avec ceux des terrains dysmiens. Quelques-uns même sont communs aux lignites suisses 4)11 au moins à leurs analogues d'Alsace et d'Italie , et aux terrains lacustres du groupe palarothérien. Parmi les premiers on doit compter les anthracoûietium des lignites de Toscane et d'Alsace , dont une espèce , Yanthracolherium vetacum , s'est présentée dans les marnes lymniques du Puy-efl-Vélay. Fai^ les seconds, on doit remarquer le lophiodon, qui -se. trouve dans le lignite du Laonois et dans les marnes lymniques de Soissons, d'Argeaton , d'Issel, et le palœotherium Uselanum, qui lie les marnes de ce lieu avec celles d'Argenton , comme ces dernières sont liées aux marnes lymniques du gjFpse par d'autres rapports géologiques*

On remarquera l'analogie zoologique de ces genres avec les palœotherium et les. anoplotherium.

Parmi les végétaux qui paroissent avoir vécu sur le même sol et dans le même temps pu se sont déposés les lignites suisses, les marnes lymniques et ménLe le gypse , on doit remarquer leJlabellariaSchlotheimiif dans le lignite de Ifœring et dans la molasse de Lausanne ; le Jlahellaria tamanonis^ dans les aaroes lymniques d'Aix; VendogeniUs bacillaris, dans les lignites de Kaepfnacb et de Lobsann , et un endogénite, dans les innmes lymniques de Montmartre.

J'ai en vue, par la isomparaison de ces faits, d'établir l'analogie qui me parôft exister entre la période et les /causes dje formation des lignites suisses, et la période et les causes de formation du groupe paléotbérien* On remarquera deux choses : premièrement, qull n'est nullement question d'établir le moindre rapprochement entre la molasse et le gypse de Montmartre ; secondement , que ces périodes géognostiqves ont pu avoir, comme je l'ai exposé dans l'introduction, une longue durée} que les phénomènes et les productions do eom*

TB&B. rtÛM* THAL. PALiEOTBlftKIBNS. l6l

menccment d'une période étoieot un peu différens de ceux du même genre qui avoient lieu à sa fin ; qu'à Tépoque du passage d'une période à l'autre il y avoit, comme l'indiquent tous les faits, comme Doiomîeu et de Saussure l'ont dit de« puis long*temps , de grands mouvemens à la surface de la terre , qui dévoient s'opposer à la séparation très-nette des terrains qui se succédoient, etc. , et qu'en plaçant, comme je l'ai fait , parce que je crois que c'est Tordre naturel , les lignites suisses à la tête ou au commencement du groupe pa- IsBothérien , j'exprime leur différence essentielle d*avec la molasse et leuis rapports avec les parties moyennes et lacustres qui caractérisent d'une manière beaucoup plus absolue les terrains palsothériens. .

Les lignites suisses forment des lits quelquefois (rés-puîssans, alternant avec des marnes calcaires et des calcaires bitumineux et fétides , pétris de coquilles lacustres , qui se présentent quelquefois isolées , c'est-à-dire sans lignite.

Les lignites que je rapporte à cette formation , sont :

En France, le lignite de Lobsann prés Wissembourg, en Alsace; il est au milieu d'un terrain de marne lacustre, et il a , comme le fait remarquer M. Voltz , la plus grande alialogle avec le gite de Kœpfnach. Le même terrain renferme, dans le Sundgau , du gypse que le même géologue compare à celui du Puy-en-Vélay. '

En Suisse, les couches de lignites de Vevay , Lausanne , Kœpfnach prés Horgen , d'Ugg , etc.

En Italie, celles de Cadibôna, dans le golfe de Gènes, où se sont trouvés des ossemens d'animaux voisins des mastodontes , et que M. Cuvier a décrits sous le nom à'arUhraeotherium* - Le gtte de charbon minéral de Hœring en Tyrol appartient au même groupe de roches du terrain thalassique. Le gompho-

1 Celui de Bonxwiller est encore trop probUmatique pour ^ue je pnUse le rapporter aus lignitet tuitaet.

l6a TB&E. YléM. THAL. F AL AOTH^ aiBR 8**

fite qui le recoorre , les phyllites , les coquilles fiuviatiles , cjclades, lymnëes , planorbes, ete,, qui se montrent dans les marnes et dans le calcaire bitumineux qui les accompagne, et dans le lignite piciforme lui-même, établissent entre ce gf te , celui de Vevay , de Horgen , etc. , une ressemblance complète et frappante. Si ces derniers appartiennent aux terrains thalassiques, comme je ne puis en douter, celui de Hœring ne peut en être séparé.

Je présume que des débris de mammifère^ et de reptiles , trouvés non-seulement fossiles , mais pétrifiés , sur les rives de rirravadi , dans Tlnde , peuvent être rapportés à cette formation. Je les ai placés en conséquence dans le tableau des corps organisés fossiles des lignites.

2. MAR19ES LYiiNiQUES. Ellcs sout cu général plus calcaires qu^argileuses , blanchâtres, jaunâtres ou verdàtres; elles renferment plusieurs des espèces de mollusques testacés compris dans le tableau qu'on a donné de ces corps organisés; elles renferment aussi des débris de végétaux terrestres (des palmiers) , et c'est dans cette position qu'on doit placer les dépôts de lignites qu'on peut attribuer à ce terrain.

Elles sont supérieures ou inférieures au gypse, ou alternent avec lui.

C'est dans ces marnes, soit supéjrieures soit inférieures au gypse, qu'on trouve la célestine (sulfate de stronliane), tant compacte que grenue , en noduleaellipsoïdesou lenticulaires , cloisonnés, et dont les fissures 'sont quelq^uefois couvertes de célestine aciculaire.

3. Gtpss 611088m oa PALAOTHÉRBCV, H tst jauviltrepàle; sa texture est lamellaire , quelquefois uo pe» fibreuse ; i\ W mêlé de cakaire, et forme tanlèl des lits mince», alternant avec l«s marnes lymniques, tftet6# des masse» stratifiée», à eouebes épaisses, divisées en prismes irrégulîers par des fissure» perpendiculaires i la stratification.

TBA&* YZl&M. THAL. F ALiEOTH]& EICHS. l6S

Il renferme , dans ses parties marneuses , du soufre concréCionné (Montmartre), du manganèse terne, en petites plaques ondulées, et dans sa masse même, du silex corné en nodules ellipsoïdes*

Il ne présente guère en débris organiques que des ossemens. On n'j rencontre que très-rarement des coquilles, des insectes et des végétaux.

4« Calcaire sujgeux. Il est gri^pàle^ gris foncé, gris jaunâtre, blanc jaunâtre, à grains tellement uns, a texture tellement dense que plusieurs échantillons de ce calcaire (à Lachapelle, près Crecy, à l'est de Paris), vus isolément, ne se distinguent pas au premier aspect du calcaire compacte fin du Jura.

Il est mêlé de silice dans des proportions et d*une manière très-variables. Quelquefois la silice y est également répandue, invisible , et ne se manifeste que parla dureté qu'elle donne au calcaire et par le résidu qu'elle laisse par l'action des acides; plus souvent elle sy montre, sous forme de silex, en amas ramiBés , veinés ou veinules , se croisant sous toute sorte de directions , en concrétions calcédonieuses , agathines ou ja»poïdes, tapissant les cavités nombreuses que présente ce calcaire, enfin, donnant l'idée d'un mélange agité de dépèt calcaire-vaseux et de silice gélatineuse.

Dans cet état ce calcaire ne présente pas de stratification distincte , au contraire il offre l'aspect de masses irréguliéres et comme brisées, empâtées dans un ciment de marne calcaire*

Les roches et minéraux qui accompagnent le calcaire siliceux comme roche principale , sont le quarz hjalin , l'agathe , la calcédoine , le silex résinite , le silex ménîTite , le silex nectique, le calcaire spathique, la marne argileuse feuilletée, le silex corné et enfin la Macn^sitb p&astiqob #1

FEOILLETéE.

264 TBAK. YZÛU» THAL. f A LiEO T HiaiBNS.

Exemples du groupe pjlmothérien»

Je rapporterai i ce groupe , comme je Fai dit au commencement de son histoire , tous les terrains lacustres qui ne sont pas évidemment placés au-dessus d'un terrain marin qu^on puisse regarder comme de même époque que le groupe protéique ou marno -sableux.

Ainsi, en France et dans le bassin de Paris, presque tous les pays plats, soit plaines, soit plateaux, qui à Test de cette ville s'étendent des environs de Luzarche au nord , vers Arpajon et Fontainebleau au sud , et jusqu'à Coulommîers à Test, offrent toutes les variétés de ce terrain. C'est à Coulommîers que se voit la magnésite plastique , qui a été citée plus haut comme en faisant partie. '

Au Fuj- en - Vélay , où l'on voit avec les terrains lacustres et les coquilles qui les caractérisent , des apias de gypse , des squelettes de palœothérium. *

A Aix , en Provence , c'est le second point où le gypse paroisse se présenter comme à Montmartre. M. Marcelde Serres vient d'y reconnoftre des débris d'insectes très-nombreux et fort remarquables.

Les autres exemples de terrains lacustres que je vais citer, ne renferment pas de gypse, ou ne le présentent qu'en cri>> taux disséminés.

On connoit encore en France le terrain palseothérien , à Bernos dans le département des Landes, et dans un très-grand nombre de lieux aiix environs de Montpellier; dans le département du Gard , près d'Alais et à Salinelles , près de Sommières , etc. C'est dans ce dernier lieu que s'est présentée la

1 Descript. géologique det environs deParU, ëdit. dci8iJ, pag. ao5. "i-Ann. des min., 1822, pag. 291.

2 BEfiTR4iiD-Rooz^ DeicrîptioD.

TB&&. TIiSm. THAL. TAlAOrnÛKlEVB» l6S

magnésite dans une situation analogue à celle que nous lui avons reconnue près Coulommiers. '

Dans la vallée de la Sorgue , près Vaucluse; auprès d*Agen. M. de Férussac rapporte ce dernier à la seconde formation*

Dans FAuvergne et le Cantal , où il se présente en bancs puissans , renfermant des silex , au-dessous des roches volcaniques de ces pays * ; dans le département de rAUier , aux environs de Gannat et à Vichy ; dans le département du Cher, entre Mehun et Quincy (il renferme des* calcaires et des silex résinites, remarquables par le'ur belle couleur rouge carminé) ; à Argenton, dans le département de l'Indre, où il renferme de nombreux débris de squelettes de lophiodon et d'autres mammifères de genres actuellement inconnus; dans le département du Loiret, aux environs d'Orléans , où il présente à peu près les mêmes circonstances; à Bouxwiller, au pied du Bastberg , dans le département du Bas -Rhin.

En Angleterre, dans l'Ile de Wight, où les deux terrains d'eau douce, si bien décrits par M. Webster, sont parfaitement distincts.

Dans le Jura et en Suisse les terrains lacustres offrent une disposition particulière : ils sont généralement plus nettement stratifiés et dépourvus de ces tubulures sinueuses qui les caractérisent ordinairement; tel est celui du vallon du Locle, près Neufchàtel ; d'Œningen , près du lac de Constance.

On en a découvert aussi un très-grand nombre en Allemagne» et ceux-ci ne manquent d'aucun des caractères qui appartiennent à cette sorte de terrain ; tels sont ceux d'Urspring , prèsd'Ulm; des cantons au sud de Vienne , de laThuringe, etc.

En Hongrie , à Nagy-Vasory , contrée de Balaton ; au Blocksberg , près Bude , où M. Beudant a reconnu ces terrains, avec

1 Ann. des mines, i8aa» pege d'os. ^

A Mém. tur le« terrains d'eau douce ; Ann. du Muséum dliist. nat. de paris, tome i5, page 398.

\66 TBEE* TZiM« THAL. F ALiEOTHBB.1 EN-S*

Fensemble de tous les caractères qu'ils présentent aux en* virons de Paris*

L'Italie méridionale, depuis Sienne et les confins de la Toscane, jusqu'auprès deXarente, montre des étendues considérables de ce terrain, qui a ici un caractère particulier de nouveauté ; mais qui offre les caractères communs de texture dense, de tubulures sinueuses, de coquilles et végétaux lacustres, qui appartiennent en général aux terrains d'eau douce. Les exemples sont trop nombreux pour que je les énnmère; on les trouvera décrits avec détails dans la Description géognostique des terrains de Paria. '

Théorie des terrains lacustres ou d'eau douce.

■ Ces terrains, k peine soupçonnés il y a vingt ans, sont reconnus maintenant, ainsi qu'on vient de le voir dans un grand nombre de lieux. Ils ne présentent dans tons ces lieux qu'un seul caractère qui leur soit commun , sans exception z c'est de renfermer exclusivement des débris de corps organisés qui sont semblables à ceux qui , vivant actuellement a la surface de la terre ou dans les eaux douces, ne vivent pas également , généralement et naturellement dans la mer ou les eaux salées; voilà ce qui constitue la règle, la généralité, le premier point de la théorie, celui d'où il faut partir, d'après ce qui me semble être les lois ordinaires de la logique»

C'est ce caractère qui tonstitue pour moi le vrai terrain laeuitre, celui qui a dû s'être formé dans ou sous des eaux douces.

On a reconnu ensuite d'autres terrains qui contiennent aussi des débris organiques terrestres ou lacustres , souvent même 4rès-aboadanment$ mais souvent aussi ces corps, ou bien sont mêlés avec des productions marines (le terrain de Weis-

I Edition de 1822, pages 3 12 et fuir.

TEAa. Tll&M* THAÏ. V AL jS0THiAIlN4« ifif

senaU) prés Majeace), ou bien ils altcrneiit avec des lits qui renferment plus ou moins de débris marins (les lignites sois* sonnoiSy etc., peut- être les houilles).

De là deux divisions de terrains lacustres, et dans chacune de ces divisions deux sortes différentes , qui indiquent autant de modes ou de circonstances différentes de formation.

La première division des terrains lacustres renferme ceux qui indiquent , par le caractère presque absolu de la présence sans mélange de corps non marins, qu'ils ont été déposés dans des eaux non marines. Ce dép6t paroi t avoir été fait dans deux circonstances ass^z différentes^

Dans la première , les roches qui constituent ce terrain montrent une stratification imparfaite ou très- irrégulière, une texture compacte ou même cristalline, et renferment des minéraux qui ont été évidemment dissous , tels que du calcaire apathique, du silex pyromaque, du quart hyalin , du gypse ou lamellaire ou sous forme de cristaux, et jusqu'à de la mésotype '• Ils montrent une multitude de tubulures et dé petites cavités cylindroïdes , souvent parallèles, souvent bifurquées, toujours sinueuses, qui, comme jeTai dit dans d'autres écrits^ semblent indiquer le passage d'un gaz à travers une masse molle et un peu visqueuse. Les coquilles et autres débris or-' ganiques d'eau douce qu'ils renferment, y sont dispersés sans ordre, mais ils y sont plus entiers, rarement même écrasés. Je n'y connois aucune coquille bivalve, comme si ces mollusques , toujours confinés dans le fond ou sur le sol , n'avoient pu vivre dans une eau trop saturée de matières terreuses et salines ; tandis que les lymnées et les planorbes

1 En Âuver^e, auPuy dit de la Piquette, trouvé par ^, le comte de Laizer: j'ai reconnu dans les curieux échantillons, qui tfi'ont été remis par cet amateur distingué, des cristaux bien Caractérisés de Hiéèotype et d'apophjUite, tapissant les cavités des ittdutiA tubuUtu et des autres débris organiques qui composent ce caieaire.

l68 TBR||. YZlâM. THAL. FALiE OTUâ&IBKf*

avoient pu, en s^élevant vers les rives ou vers la surface, échapper à cette influence.

Ce sont pour moi des terrains lacustres de cristallisation confuse, mêlés souvent , il est vrai , de parties sédimenteuses, mais bien certainement dus à un précipité chimique de calcaire et de silex dans une eau douce qui tenoit ces matières en dissolution au moyen , soit de Tacide carbonique , toit du gaz hydrogène sulfuré, sôit d*un tout autre agent.

Les terrains lacustres de meulière des plateaux du bassin de Paris (qui sont supra*protéiques) ; les terrains lacustres de calcaire siliceux de Champigny, Septeuil, etc. (qui sont in« tra-protéiques) j ceux des départemens de la Nièvre, du Cantal , de TAuvergne , d'UIm , etc. , me paroissent résulter la plupart de ce mode de formation. Je ne sache pas qu'on ait encore cité dans ces terrains un seul débris authentique d'un animal ou d'un végétal exclusivement marin.

Le terrain lacustre qui se forme au fond du lac de Bakie en Ecosse , et celui qui se forme par un autre agent de dissolution, au fond du lac de Tartari, entre Rome et Tivoli, sont des exemples et même des preuves actuelles et évidentes de cet ancien mode de formation.

C'est là le vrai terrain lacustre ou d'eau douce*

La seconde sorte de terrain lacustre est également vraie , c'est-à-dire pure de mélange; mais c'est celui qui présente dans sa structure «n grand une stratification mince, très-régulière, une texture plutôt grossière ou d'agrégation, que compacte ou de cristallisation, dans lequel on ne voit presque aucune substance minérale cristalline, à peine quelques silex en lits (vallon du Locle), mais surtout point de ces tubulures ou canaux sinueux , si fréquens dans les premiers : les coquilles y sont la plupart écraséjes , et c'est dans ces terrains qu'on a renconnu pour la première fois des coquilles bivalves d'eau douce. ((Eningen, Aix en Provence, etc.)

Ceux-ci paroissent avoir été faits par voie mécanique. On

7EB&, TZAm. THAL. TALMOTBàtLlttlS* 1^9

peut 'se figurer assez bien leur formation , en admettant que des cours d*eau chargés de matières calcaires et même siliceuses , précipitées de leur eau ou enlevées au sol de leur lit ou de leurs rives, ont déposé ces matières dans des lacs ou grands amas d*eau douce , en enveloppant les corps organisés qui y vivoient , et formant sur le fond de ces lacs d*eau douce des sédimens stratifiés horizontalement*. Ces terrains ne renferment en général que des débris de corps organisés terrestres ou d^eau douce; mais on conçoit qu'ils pourroient avoir enveloppé quelques débris d*une autre origine»

La seconde division de terrains qui renferment des débris d'animaux et végétaux d'eau douce , mêlés ou alternant avec des débris marins, me semble avoir une tout autre origine* Il jT en a encore de deux sortes : les premiers sont composés, de lits assez régulièrement stratifiés de matière charbonneuse, d'argile, de marne renfermant des animaux et végétaux lacustres, et alternant une ou plusieurs fois avec des couches de calcaire, de sable ou de marnes qui contiennent des restes d'animaux marins. Ces restes sont en général assez entiers, quoiqu'en contact quelquefois avec des galets.

Lés terrains de cette sorte paroissent avoir été formés dans des marécages d'eau douce, à peu de distance desmers, et avoir été recouverts une ou plusieurs fois par les eaux marines et par leurs produits, soit qu'ils aient glissé sous ces eaux et se soient étendus sur la grève ou sur les galets qui la composent, foit que- ces eaux aient monté et les aient recouverts; circonstance très-importante , mais étrangère à la question actuelle (les lignites soissonnois et peut-être aussi les lignites de la molasse et même la houille filicifère )•

Cette théorie s'accorde assez bien avec l'épaisseur souvent considérable de ces dépôts, et avec l'alternance des débris ma-

1 J'ai déjà ébauché ceU« théorie dans les addition^ à la Description géologique des enpirons de Paris, édit. de 1822, p. 319.

170 TBaa. YZàWi. TBAI. rALiEOTBiAXXNS.

Tins et des débris lacustres dans quelques-uns de ces ligniies; elle explique les mélanges dans les points de contact entre le terrain marécageux et le terrain marin qui Ta recouvert.

Les terrains de la seconde sorte ne sont pas réellemeat des terrains lacustres ou d*eau douce ; ils sont composés de roches d'agrégation très - grossières , sableuses , marneuses et oaK caires, formées souvent d'une multitude de débris de coquilles marines. Leur stratification est assez sensible, assez puissante; ils ont, enfin , tous les caractères du calcaire grossier, et Us n'en diffèrent que parce qu'ib renferment un assez grand nombre de coquilles d'eau douce et terrestres, et mémed^ produits végétaux , tels que des fruits, des fragmens de lignite de même origine. Sans la présence notable de ces débris, on n'auroit pas été tenté de les rapporter aux terrains lacustres, auxquek ils n'appartiennent réellement pas. La théorie la phis simple montre que ces terrains ont été formés sous des eaux marines, non loin des rivages et à l'embbuchure des coun d'eau qui amenoient dans la mer les animaux et les végétaux terrestres, fluviatiles ou lacustres, qui vivoient dans ces cours d'eau , dans les marécages qu'ils traversoient ou sur leurs rives.

Les collines de Weissenau , près Mayence , et celles des environs de Francfort, offreht un des exemples les plus frappans de cette sorte de terrain. On peut dire que le calcaire grossier des environs de Paris , avec les petits lits de productions lacustres ou terrestres qu'il renferme, et les coquilles d^eao douce qu'on voit quelquefois disséminées dans ses couches (Mont -Rouge, Meudon, S. -Maurice, etc.), tst encore un exemple moins frappant, mais non moins vrai et non moins instructif de cette formation. .

Ainsi l'observation attentive de ces terrains j fait rc6onnoitre quatre modes différens de formation ; une théorie déduite de ces observations conduit assez simplement aux causes, qui doivent avoir produit les différences qu'on remarque dans ces quatre «ortes de terrains.

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A* Cr. TERRAINS TRITONIENS '

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