Gr. TERR. PÉLAC. ÉPIOLITHIQUES
Ce groupe , composé d'un grand nombre de roches , comme le fait voir le tableau , est peu important, car il manque dans un grand nombre de terrains jurassiques y recouverts immédiatement par les terrains crétacés. Ses limites sont difficiles à assigner. On ne sait si Ton doit rattacher ses roches mal caractérisées, soit aux terrains crétacés, soit , comme le pense M. Buckland , aux terrains jurassiques , ou s'il mérite de former un groupe à part.
Nous posons, avec les géognostes anglols qui ont cité plusieurs exemples de ce terrain, sa limite supérieure au sable ferrugineux , et sa limite inférieure à la marne oxfordienne inclusivement. Son mode de formation est entière-
1 Voyez k ce sujet la De«cription géologique des environs de Paris , ëdit. de 1822, page 98, et mon Mémoire sur les caractères soologiques des formations, Annales des mines, 1821 , tom. 6, pag. 537.
2 C'est un terrain presque innominé : il est décrit, défini même, mais jamais nommé : ce sont les marnes bleues supérieures de M. Constant Prévost, par opposition à celles du lias, qui sont inférieures k l'oolithe; c'est Vupper oolitic système de M. Conjbeare ^ ou l'oolithe supérieure. J'ai cherché à rendre cette phrase caractéristique, dont on ne peut faire un adjectif, par l'expression univoque d'épioolithique, et par contrac* tion, épiolithiifue.
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nent mécanique : il est très-distinctement stratifié , à assises nombreuses et peu puissantes; il a peu d'étendue* Les minéraux qu'on y trouve | en le prenant dans toute son épaisseur, sont des silex cornés, des pyrites, du gypse, de la barytine, des lignites en morceaux épars ; il renferme aussi , dans tine de ses couches subordonnées, la marne oxfordienne, des nodules sphéroïdaux de calcaire compacte, bitumineux ou argileux , divisés en plusieurs parties prismatiques. Les géologues anglois les ont nommés seplaria.
Jl est peu répandu , et nous n'en connnoissons d'exemple! authentiques qu'en Angleterre et en France. On ne le cite point dans le reste de l'Europe.
C'est par deux caractères que ce terrain se distingue des autres : i."" par l'abondance des couches de marne calcaire et argileuse qui le composent; aJ^ par ses corps organisés fossiles.
1. Le CALCAïaE pokilandieii, du nom de l'ile de Portland, où il est très -caractérisé, abondant, et exploité pour la construction des monumens de Londres, est composé. en général de petits grains oolithiques miliaires. Il paroi t être caractérisé par Vammoniles triplicatus. Il renferme des lits interrompus de silex corné.
Nous ne connoîssons encore sur le continent aucune roche calcaire qu'on puisse rapporter avec certitude à cette roche, quoique plusieurs calcaires de la Charente inférieure semblent avoir beaucoup d'analogie avec elle.
Nous suivons l'opinion de M. Boue, en y rapportant, mais avec doute, les calcaires sableux et les grès à fucoïdes de quelques parties des Alpes de Suisse , des Alpes de Ligurie , des Apennins et des Carpathes.
2. La Mabne arçileuse havrienne paroît être analogue a celle de Kimmeridge. Uostrea delloidea, coquille très -bien caractérisée, et le grjphœa virgula, qui se trouvent dans l'un
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et l'autre lieu , paroissent établir clairement cette analogie ^ qui est augmentée par la présence des trîgonies.
3. Le Calcaire que nous appelons Cobaluque', pour signaler le grand nombre de productions marines qu'il renferme, paroit se retrouver au cap de la Héve , prés le Havre, au-dessous de la marne argileuse précédente, comme aux environs d'Oxford ; mais , au lieu des madrépores très -abondans dans ce dçmier lieu, il présente , au Havre, ainsi qu'à Hécourt, à Doudeauville , à Beuvreil dans les environs de Beauvais , ua grand nombre de petites gryphées {gryphœa virgula^ Defr.) , eiVostrea gregarea^ qui se trouve en Angleterre dans le calcaire de ce groupe. Les gryphées engagées dans un calcaire compacte à grain fin et polîssable, forment la lumachelle que nous avons nommée virgulatre.
4. La Marne oxfordiennb nous paroft assez difficile à re^ trouver avec certitude dans le terrain pélagique épiolithique de France. Ses beaux cristaux de sélénite n'offrent pas un caractère assez particulier potfr la faire reconnottre dans les marnes argileuses inférieures du cap de la Héve , qui en renferment aussi.
4.' Gr. TERR. PÉLÂG. JURASSIQUES.* Ce groupe , remarquable par son étendue en toutes dimensions, par son importance, par la ressemblance de ses carac-
1 Coral-rag des gëolognes anglois. (Voyez le tableau , pour le codlplëment des exemples de lieux, de la synonymie et de la liste des minéraux engages.)
a Sourent aussi calcaire ooliihique moyen on principal (great ooUtke); mais le nom de terrains jurassiques nous paroît préférable, parce qu'il est plus général , qu'il indique un terrain composé de différentes rocbes, se trouTant dans une position géognostique analogue à celle de la chaîne dn Jura. — Lower oolitic System, Goiitb. — Oolite formation, db la BicHB. Nous ne la commençons qu'au CornbrasH. -—Jurakalk, A. Boui, moins le lias; et jusqu'au Mergeithon do Honfienr* Je vais développer les motifs de ces reitrictions.
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téres dans tous les pays , est cependant mal limité tant supérieurement quMnférieurement. Ses limites sont posées artificiellement, et on ne peut pas encore déterminer clairement la séparation des couches qui ont été produites ou déposées i des époques géognostiques et dans des circonstances différentes.
Nous ddoptons , pour le moment, le mode de limitation suivante :
Four limite supérieure , les marnes argileuses et calcaires du groupe épiolithique. Nous sommes conduit à cette opinion par Fobservation qu'aucun sommet élevé du groupe complet, -volumineux, tris-étendu du terrain jurassique, dans le Jura même , n'est recouvert par c£ terrain , ce qui semble indiquer : premièrement, que ne s'étant pas déposé i la même époque que lui et comme à sa suite , il n'est point un membre inhérent de ce grand corps de roches calcaires ; secondement, que, s'il s'est déposé dans plusieurs lieux au-dessus du groupe jurassique , il s'en est séparé facilement et complètement dans d'autres lieux, ce qui paroit établir entre ces deux groupes une ligne de séparation plus facile , et par conséquent naturelle.
La limitation inférieure , fixée au lias , me paroit encore plus tranchée , et me semble très-bien établie par la nature différente des roches composantes et par celle des minéraux qu'elle renferme. Le groupe jurassique, tel que nous le défiaissons , et quand il n'est pas placé immédiatement sur les terrains métallifères , ne contient aucun minerai métallique , tandis qu'ils sont assez abondans dans le lias. Les corps organisés fossiles de ce dernier sont presque tous différens de ceux du système oolithique; enfin, la stratification est quelquefois contrastante. Nous reviendrons sur cette comparaison à l'article du Li<u»
Ce terrain , sauf quelques veines ou quelques druses de calcaire spathique, de fluorite, etc., est entièrement de formation mécanique. La nature dominante de ses roches est cal-
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Caire. Ce calcaire appartient en général aux variétés de calcaire compacte que j'ai définies ailleurs , et que j'ai désignées sous les noms de calcaire compacte commun et de calcaire corn* pacte fin, blanc et jaunâtre.
Il est nettement stratifié; les couches sont très-multîpliées* La stratification n'est horizontale que lorsque le terrain est en plaine ou en plateaux éloignés des terrains granitoides.
Malgré l'homogénéité de ce calcaire dans la plupart de ses variétés , malgré sa compacité , il est rarement susceptible de donner des masses d'une grande étendue ; et sa couleur étant généralement pâle et incertaine , on n'y exploite presque aucun marbre.
Les collines et montagnes qui dépendent de ce terrain ont en général une forme bien déterminée. Elles présentent des pentes souvent très-roides d'un côté, qui offrent des escarpemens successif d'une assez grande élévation, dus à la tête des couches qui , s'inclinant d'une manière plus ou moins rapide de l'autre côté, offrent des plans inclinés souvent d'une grande étendue.
Quelquefois aussi le terrain jurassique s'élève en masses à
stratification peu inclinées , terminées par des plateaux rarement horizontaux et creusés de vallées peu profondes.
Cette disposition est si générale , et surtout si frappante dans la chaîne du Jura proprement dite , qu'il suffit de la citer pour exemple.
Les couches sont quelquefois presque verticales , et semblent, dans quelques cas, s'être appuyées, en prenant cette position , contre les extrémités coupées à pic de couches presque horizontales. (Le Salève présente un exemple de cette disposition.)
Ce terrain s'élève à une assez grande hauteur. Le plus haut niveau d'un terrain jurassique bien déterminé , est celui de la Dole, dans le Jura. Il est de 1,700 mètres au-dessus du niveau de la mer.
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- Ii6 terrain jurassique, cette partie principale du terrais pélagique, a une grande généralité et couvre des pays d^une étendue considérable. Cependant on ne peut le regarder comme une formation enveloppante ; car il y a de vastes pays, tels que la Scandinavie ' , la Pologne , etc.^ qui paroissent en être entièrement ou presque entièrement dépourvus.
Je ne connois d'autres gites de minerai ni d'autres métaux dans la masse même' de ce terrain que du fer hydroxidé oolithique, ocreux ou compacte , du manganèse lithoïde et terreux (à Thivier, près Périgueux; à POiselière , prèa de Cullan, département du Cher) et des pyrites dans les marnes argileuses qui en séparent les principales assises et quelquefois dans le calcaire lui-même (près d'Arau). Quoique ce caractère des terrains jurassiques soit négatif, il a presque la valeur d'un caractère positif, par Pexamen que î*ai pu faire d'un grand nombre de suites de roches de ces terrains et par Passentlment presque général des géologues.
C'est par les cavernes ou autres cavités étendues et Bombreuses qui le percent, et par ses pétrifications encore plus nombreuses en genres et en espèces, que ce terrain se distingue particulièrement des autres terrains de sédiment*
Les premières présentent Fimage de canaux irrégulièrement renflés et rétrécis, qui serpentent au milieu de ses couches, en les suivant ou les traversant dans toutes sortes de directions. Ces cavités ont donn^ autrefois passage à des cours d'eau puissans, comme le prouvent l'aspect de leurs parois et les matières de transport qu'on trouve dans le fond de cts cavernes et sur les saillies des rochers qui en forment les parois.
1 J'ai TU de l'oolithe de Tile de GotKIaade qui paroit ayoir toiu les caractères de Toolithe jurassique; mais de pareils échantillons ne peu- Tent serrir qu'à faire présumer et rechercher la présence d'un terrain.
a II n'y a presque pas une formation qui ne partidpe du terrain qni la précède ou qui la soit, dans tea pointi de contact avec cet terrains.
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Enfin 9 plusieurs donnent encore passage à ces cours d'eau^ Les sources de l'Orbe , etc. , d^ns le Jura , celle delà SorgMe, à Vaucluse, sont des preuves frappantes de cette ancienqç destination des cavernes*
Les débris organiques fossiles sont tellement nombreux» que cette considération suffiroit seule pour rendre difficile de; donner une équmération complète de toutes les espèces dq ces corps que Ton a observées dans le groupe jurassique.
Mais le plus grand nombre de ces espèces est resté indéter* miné. Leur connexion intime avec la roche ^ la perte de leuç tét pour les coquilles 9 rendent les échantillons presque toujours incomplets et indéterminables. Néanmoins nous ébaucherons cette énumération en prenant pour noyau celle que MM. Philîpps et.Conybeare ont donnée.
IjCs subdivisions du terrain pélagique jurassique qui peuvent être bonnes et claires pour un pays , ne me semblent pas encore établies .d'une manière assez générale pour être appliquées à tous les terrains jurassiques connus même ei% Europe. Cependant celles que nous avons indiquées dans le tableau ont été assez exactement observées , en Angleterre , en France et dans quelques parties de l'Allemagne, pour être -admises dans ce qu'elles ont de principal. J'ai cru utile^e diviser ce groupe en trois sous -groupes, que j'ai cherché & désigner par des noms qu'on puisse prendre adjectiveqient, et qui soient indépendans de toute opinion particulière et de toute circonstance locale. Ces divisions , déjà indiquées dans le groupe jurassique sous les noms de grande oolithe, d^ooUthe inférieure f étoient plutôt qualifiées que nommées par ces expressions*