II. m
XC INTRODUCTION
commerce de Wisby, aux xii. c et xm. e siècles, ne peut être révoqué en doute.
Pendant long-temps les Norvégiens se dirigèrent principalement vers les îles de Feroer, les Orcades, les îles Britanniques, Flslande , alors très-civilisée , et même jusqu'au Groenland 1 ; mais l'objet de cette dernière navigation ne pouvoit être que la pêche 8 . Ils naviguoient aussi dans le même but vers la mer Glaciale du côté de forient, et en parcourant toutes ses cotes ils alloient, comme on l'a vu t. I. er , page Ixxj, jusque dans la mer Blanche, à l'embouchure de la Dwina, faire des échanges avec les Permiens, dont ce fleuve traverse le pays. Leur habileté nautique a toujours été célèbre : c'est dans les livres qui ont parlé de leur navigation qu'on trouve les premières traces du procédé qui consiste à faire usage des voiles, lors même qu'on a le vent de côté; procédé qui paroissoit si fort au-dessus de la portée du vulgaire, qu'on l'attribuoit au sortilège, parce qu'il n'étoit connu que d'un petit nombre de pilotes 3 .
Au xm/ siècle, leurs relations étoient assez actives dans la Baltique; ils venoient dans les ports du Jutland, que les Islandais fréquentoient aussi 4 , et jusqu'à Lubeck 5 , en Danemarck, en Suède, à Wisby, en Prusse 6 . La conséquence naturelle de ces rapports fut d'attirer les commerçans de la Frise, de la basse Saxe et de la Baltique , dans les ports de Norvège, dont les plus célèbres étoient Drontheim et Berghen.
Mais le Danemarck, la Suède et la Norvège, presque toujours en guerre entre eux, étoient également tourmentés par des discordes intestines. L'affoiblissement de la population , suite de ces guerres extérieures et intérieures, dut nécessairement retarder leurs progrès; et lorsque les navigateurs de la Baltique, de la basse Saxe et de la Frise, s'y présentèrent, ils s'emparèrent aisément d'un commerce pour lequel les naturels leur offroient peu de concurrence.
Ce n'est donc en réalité qu'au moment où ces villes y eurent fondé des établissemens qui reçurent des accroissemens considérables par la formation de la ligue anséatique et de son sys-
1 Tous ces pays sont, ainsi que la Russie, nommes dans les codes norve'gicns et islandais des XII.* et xiii.* siècles. — * Torfœus, Hist. Norvag. part, iv, cap. H. — 3 Forsler, Voyages dans le Nord, trad. fr. , t L", pag. 117. — * Statut. Slesvie. $ 19, ap. Ancher, Dansk Love- Historié, t. H, append. pag. 8. — » Drcyer , Dâ inhumano jure mnfragii, pag. 58. — 0 Voir la note l ci-dessus.
INTRODUCTION. xcj
tème maritime, qu'on a des notions exactes sur le commerce des trois royaumes, et ce commerce ne leur étoit point propre; livrés à l'exploitation exclusive des étrangers, ils n'en étoient, à vrai dire, que des colonies
Les dernières années du xin. e siècle offrent une époque mémorable dans ïe nord de l'Europe par la formation de la ligue
A mesure que l'industrie , le trafic et la navigation se développoient dans les villes que j'ai déjà nommées, les commerçait* s'y réunissoient en corporations dont tous les membres s'engageoient à se soutenir réciproquement. Ceux qui partoient de la même ville pour conduire leurs marchandises dans un autre lieu, ou pour en amener celles qu'ils alloient y acheter, s'entendoient sur les moyens de voyager ensemble ou de former de petites escadres; ils se garantissoient ainsi des dangers que multiplioit un brigandage presque toujours impuni, souvent autorisé par de grands exemples.
• v Bientôt les commerçans d'une ville s'allièrent avec ceux d'une ville voisine dans le même but; l'utilité et les heureux résultats* de ces associations individuelles se manifestant de plus en plus, les gouvernemens intervinrent pour former des espèces de fédérations. Les liens d'amitié qui en étoient la conséquence portèrent ces villes à se faire réciproquement des avantages commerciaux par des exemptions ou des modérations de droits fiscaux*
Une sorte de fraternité les conduisit à se communiquer la jouissance des avantages qu'elles obtenoient dans les pays peu civilisés où leur commerce étendoit ses opérations. If falloit s'y défendre de vexations, de pillages, de coutumes abusives ou inhospitalières. L'intérêt de tous, quel que fût ensuite le profit individuel qu'en pouvoient tirer les particuliers , étoit de s'entendre et de se soutenir mutuellement; les villes les plus foibles sollicitaient à cet effet le patronage de celles qui avoient le plus de crédit pour obtenir ou le plus de force pour conserver.
C'est ainsi que se formèrent successivement, sous le nom
1 Consulter, sur les privilèges obtenus en Nonre'gc, Werdenhagcn , De reluspublieii IfanscaticU , part, m, cap. un; M. Lappenberg, ouvrage déjà cite; etSartorius, Getchichtt des llamcatischen Bundes , 1. I", pag. 333 à 333.
Ttl . .
XCXl'j INTRODUCTION.
générique Jf><mfcn, qui dans la langue allemande signifioit association 1 , la réunion de Lubeck et d'Hambourg dans la première moitié du xni. c siècle 9 ; celle de Brème, de Lubeck et de quelques autres villes pour le commerce dans la Livonie 3 ; celle d'Hambourg et de plusieurs villes de la Prise orientale pour la navigation sur l'Elbe et dans l'Océan germanique 4 ; celles que j'ai indiquées pages Ixxvj et Ixxxiij pour le commerce en Angleterre et en Flandre; enfin celle de presque toutes les villes du littoral de la Baltique pour le commerce à Wisby 5 et à Nowogorod 6 . Une semblable association existoit déjà entre les villes situées sur le cours du Rhin inférieur, qui, après avoir été quelque temps en rivalité avec celles de la Baltique 7 , avoient fini par comprendre que leur intérêt étoit de s'en rapprocher.
Plus les heureux effets de ces associations particulières et distinctes se développoient, plus on sentit l'avantage qu'il y avoit de s'entendre pour obtenir partout des privilèges commerciaux et pour les mettre en commun , afin de créer un plus grand nombre d'intéressés à leur extension et à leur maintien. L'expérience ne pouvoit manquer d'apprendre à ces villes qu'aucune n'étoit assez forte pour atteindre le but qu'elles se proposoient ; que l'union seule leur donneroit la force dont elles manquoient individuellement.
Ce furent, il n'est pas possible d'en douter, ces causes qui produisirent la fusion de toutes les associations formées dans îe xii. e siècle en une seule , qui devint célèbre sous le nom de ligne anséatique 8 .
Lescommencemens de cette ligue, dont on cherche vainement à fixer la date 9 , tant leur foiblesse attira peu l'attention, sont avec beaucoup de vraisemblance attribués à la fin du xm. e siècle 10 . Si les motifs qui avoient inspiré l'idée des associations particulières présidèrent à sa formation, bientôt de plus hauts
1 Meyer, Annales Flandrici, pag. ÏÔ6. Fischer, Gesehiehte des teutsehen HandeU, t. L", pag. 973. — * Lanibec, Origines Hamburgenses , lib. H, pag. 81. Werdenhagen, De rebuspublicis Hanscaticis, part, m , cap. Il et xxiv. Dreyer, De inhum. jure naufragii, pag. 14. — 3 Arn. Lubec. lib. ni , cap. IX, n. 5. Werdenhagen , ubi suprà, part, ni, cap. II. — * Roth, Geschichte des Niimbergischen Handels ein Versuch, chap. m, 5 3. — * Document divers de 1SI0 et ann. suiv. ap. Drcycr, ubi suprà, pag. 14, 89, 90 et 341. — • Voir ia note 1 de la page Uxxviij. — i Pfeflel, Abrégé de f histoire d'Allemagne, pag. 364 et 380. — • Fischer, ubi suprà, t. I.", pag. 903. — • Werdenhagen , ubi suprà , part, iv, cap. vni. Chytreus, Saxon: . lib. xxm, pag. 609.| — 10 Dreyer, ubi suprà, pag. 18. Sartorius, Geschichte des Hanseatischcn Blindes, 1. 1.",' pag. 6 1 et suhr.
INTRODUCTION. xciij
intérêts se développèrent ; son accroissement fut rapide , les résultats presque incroyables ; et probablement les premiers associés ne prévoyoient pas qu'ils fondoient une confédération dont l'empire s'étendroit sur les deux mers du Nord, qui donneroit des lois aux peuples chez lesquels leurs vaisseaux ne se présentoient alors qu'avec une timide circonspection , soutiendroit des guerres contre des rois puissans, disposeroit de leurs couronnes, et traiteroit long-temps d'égal à égal avec l'Angleterre , la France et FEspagne.
Il n'est pas sans importance de faire remarquer combien, dans une position assez analogue, le nord présentoit un spectacle différent de celui qu'offroit le midi de l'Europe.
Les villes qui se partageoient le commerce de la Méditerranée étoient, comme on l'a vu, dans un état perpétuel d'hostilité. On eût dit que ni cette mer où elles dominoient, ni l'Asie et l'Afrique, dont elles exploitoient le commerce, ni l'Europe, qu'elles approvisionnoient, ne sursoient à leur avidité de gain et de domination; chacune vouloit seule avoir l'honneur et les profits de cette grande entreprise.
Sur les mers du Nord, de nombreuses villes commerçantes s'élèvent aussi; aucune n'aspire, du moins par la force des armes, à la prééminence sur les autres. Les intérêts communs de la navigation, le désir, immodéré sans doute, de dominer dans tous les pays où un accès leur étoit ouvert, les conduisent et les animent; aucune ne prétend détruire le commerce des autres; elles se considèrent toutes comme les membres d'une seule famille qu'il faut faire triompher en tout lieu et à tout prix : mais le triomphe doit être pour toutes, et leur union contre les ennemis communs n'est troublée par la prétention d'aucune à s'élever sur la ruine de ses rivales.
Pendant tout l'espace du xin. e siècle qui s'est écoulé depuis le moment où l'association anséatique se forma, jusqu'au milieu du xrv*. e , où, fière de ses richesses et forte du sentiment de sa puissance , elle prit un véritable caractère politique, et se trouva en état de lutter contre des souverains, le soin des confédérés fut spécialement de se procurer l'accès de tous les pays où ils trouvoient le moyen de s'introduire, et surtout d'obtenir l'abolition de l'usage barbare de confisquer les navires et les effets des naufragés. Ce n'est que dans l'exposé du commerce
XCÎV INTRODUCTION.
des xrv. e et xv. e siècles que j'aurai à parier de cette célèbre confédération avec l'étendue qu'exige un tel sujet.
Du commerce H me reste, pour compléter le tableau du commerce en EurnBwMim rope, pendant les xn. c et xin. e siècles, à dire quelques mots de celui de l'Allemagne ».
La position de ce pays le mettoit à même d'entrer en relations avec les côtes du Bosphore, de la mer Noire et de la Baltique; avec la Flandre, la France et l'Italie. Mais ces relations n'eurent pas lieu tout-à-coup ; elles se formèrent successivement.
Les plus anciennes sont probablement celles qui s'établirent entre l'Allemagne orientale et l'empire grec par la vallée du Danube. Constantinople étant, avant les croisades, le centre du commerce, tout ce qui vouloit y prendre part devoit nécessairement se diriger vers ce point. Mais l'Allemagne en étoit séparée par des états qui, ainsi qu'on l'a vu t. I. er , page Ixxiv, furent successivement occupés par les Avares , les Bulgares et les Hongrois. Ces peuples furent donc les premiers intermédiaires entre les deux pays *.
Les provinces européennes de l'empire grec n'étoient pas les seules où la position des Hongrois les mît à même d'entretenir un commerce actif et lucratif. Par le nord-ouest de leur pays , ils se dirigeaient vers les côtes occidentales de la Baltique , en suivant une voie qui avoit servi aux Grecs et aux Romains 3 . Cette voie connue encore au vi. c siècle, lorsque Théodoric régnoit sur la Pannonie 4 , ne fut point entièrement abandonnée dans les temps- postérieurs 5 . En se dirigeant au nord-est, les Hongrois parvenoient dans la Russie, où l'on a vu, t. I. cr , page Ix, que Kiow étoit depuis long-temps célèbre par son commerce. - i
Par l'effet de cette triple communication avec Constantinople, la Baltique et la Russie, ils étoient parvenus, à l'époque des croisades, à acquérir un haut degré de prospérité, et leur industrie s'étoit promptement développée 6 . Semlin , appelée Zeugmé
1 Voir sur ce commerce M. Hûllcman, Staedtewesen des mittelallers , t. I.", pag. 330 et suiv. Comme il ne m'a pas rte possible de me procurer plusieurs des ouvrages qu'il indique, je me bornerai quelquefois à le citer. — * Cet! r en us, Compend. histor. t. fl, pag. 59G. Léo Grammat, Chronogr. pag. 477.— * Plin. H il t. nat. lib. xxxvii , cap. m.— * Cassiodor. Variar. lib. v, epist. il. — » Filiasi , Saggio suif antico eommercio de' Veneziani , pag. 64. — 6 Scliwandtner,Scrt>r. rerum Hungaric. t. I.",p*g. 4i0. Arnold. Lub. lib. i, cap. T.
INTRODUCTION. XCV
par les écrivains de Byzance , est indiquée comme une ville trèsriche et l'entrepôt principal de cette contrée ».
Mais la grande impulsion que les croisades donnèrent aux ambitions de tout genre, eut aussi son influence sur les Allemands. Au lieu de ne traiter avec l'empire grec que par l'intermédiaire des Hongrois, les habitans des villes voisines du Danube parvinrent à se lier directement avec Constantinople et à y former des établissemens a . Bientôt les relations que ce commerce leur donnoit avec les Russes, qui de leur côté venoient trafiquer dans f empire grec 3 , formèrent des liens entre les uns et les autres.
Les Allemands se rendirent par les mêmes voies que les Hongrois à Kiow 4 . Plan Carpin, voyageur du xm. c siècle, atteste qu'il en avoit trouvé dans cette ville qui se dirigeoient vers la Tartarie *.
Les parties de l'Allemagne qui, avoisinant le Danube, entroient par ce fleuve en communication avec la Hongrie , et recevoient les produits de ce pays, ainsi que les marchandises de l'Orient, n'étoient pas les seules qui fissent le commerce avec Constantinople et Kiow. Dès le xu. c siècle les Juifs établis dans un des faubourgs de la ville de Prague y posscdoient d'immenses richesses 6 . Plan Carpin , qui avoit traversé la Bohème et la Pologne pour se rendre à Kiow, nomme les commerçons de Breslau parmi ceux qu'il y rencontra 7 .
D'un autre côté, la Bohème et la Silésie se lièrent avec les bords de la Baltique 8 . Elles étoient à cet égard dans une situation plus favorable que les pays voisins du Danube. Aussi , dès la formation de la ligue anséatique, à la fin du xm. e siècle, Prague et Breslau entrèrent dans cette confédération.
La vallée du Danube étoit, comme on l'a vu, la voie la plus facile pour l'introduction des marchandises de l'Orient dans le centre et le midi de l'Allemagne. Une route tracée avec beaucoup d'exactitude dans les Capitulaires de Charlemagne et
1 Cinnamus, pag. 139 et teqq. — 1 Otto Frisingensis, De rebut gestis Frederici, lib. i , cap. xxiii. — 3 Voir t. I.", pag. Ix. — * Otacheri duci» Siyric dipï. ann. 1 190 ; Leopoldii duci» Austriœ dipi. ann. 1193, ap. Scbeid. Orig. Guelf. I III, pag. 30 et 31. Vita S. Mariant , ap. Bolland. 9 febr. pag. 369. Vita S. Godoardi, ap. Bolland. 4 maii, pag. 537 et 538. — • Plan Carpin, pag. GC. — 8 Cas m as , Chron. ad. ann. 1090, pag. 46. Benjamin deTudèlc, pag. 145. — 7 Plan Carpin, pag. C6. — 8 Werdenhagen , Dt reiiupubltcit Hatueatieis, part, m , ebap. xxtit.
XCvj INTRODUCTION.
de ses successeurs immédiats 1 nous apprend que dès le ix. e siècle l'abbaye de Lorrick étoit le premier entrepôt et le point d'introduction de ces marchandises dans l'Allemagne; de là elles remontoient le Danube jusqu'à Ratisbonne, d'où une route par Forcheim,Erfurt, Magdebourg et Bardewick , iesconduisoit dans la Saxe. A mesure que le commerce allemand acquérait de l'accroissement, et que des villes importantes s'établissoient aux bords de la Baltique et sur l'Océan qui baigne les côtes de la basse Allemagne, cette route dut continuer d'être suivie avec plus d'activité 9 , sauf quelques variations dans les lieux de station* C'est ainsi que, Bardewick , nommée dans les Capitulaires et dont le commerce s'étendoit jusqu'au Danemarck 3 , ayant été détruite en 1184 par Henri le Lion, Lubeck, d'abord peu considérable, hérita de ses relations et de sa prospérité 4 .
Magdebourg , après beaucoup de vicissitudes qui avoient presque anéanti son commerce 5 , recouvra dans le xn. e siècle ses anciens avantages par l'effet des privilèges dont les empereurs la dotèrent 6 .
Halle sur la Sale avoit dès 1124 une foire célèbre où l'on amenoit des lieux les plus éloignés des marchandises rares et précieuses 7 .
Salz, située sur l'Elbe à peu de distance de Magdebourg, avoit une industrie très -active et faisoit parvenir les produits de son travail en Flandre par l'intermédiaire de Lubeck et de Hambourg 8 .
On doit aussi, nonobstant les doutes élevés à ce sujet 9 , compter parmi les villes occupées du commerce intérieur et extérieur, celle de Soest 10 . Lubeck lui communiqua au xiii. e siècle les privilèges dont elle jouissoit dans Fîle de Gothlande 1 1 :
1 Capitul. ami. 805, cap. IX : Capit. coll. lib. ni, cap. vi; lib. vi, cap. rcLXXiu. Cet textes sont commentes avec beaucoup de cle'tails dans un ouvrage intitule Grundliche W iederlegung des von der Stadt Leipzig. .. . Beylagen, pag. 19, Magdebourg, 1748. — 1 Privil. ann. 1068, op. Ludwig. Script. Bamberg. t. 1.", col. 1883. Born , De jure stapulte et nund. cwit. Lipsiensix, diss. i, pag. 93. — * Sagittarius , Hitt. antiq. urbis Bardew. cap. m. Scblôpken, Bardewick Chronik, part. I, cap. II , $ 17. — * Helmod. Chron. Slav. lib. 1, cap. LXXII et lxxvi. Arnold. Lubec. lib. iv, cap. il. Werdcnhagen , De rebuspublicis Hanseat. part, m, prjef. — 5 Cosmos, Vita S. Adalberti , n. 3 — 6 Werdenhagen , ubi tuprà, part, in, cap. IV. . Voir l'ouvrage cite' note 1 ci-dessus, et Born , De jure $tap. et nund. civil. Lipsiensis, diss. n, pag. 54.— ' Drcyh$Mpl,BeschreibungdesSaalArci$ct, t pag. 9 et 667 ; t. II, pag. 435.— 8 Lenz , Brandenburg. Urkund. pag. 51. — 9 Arpe, Feriœ «ttivales, pag. 883. — 10 Haerbelin , Analecta medii eevt, prrf. Dreyer, De inhumano jure npufragii, pag. 841. — « Traite' de 1841 , ap. Haerbelin, ubi tuprà, pag. 989.
INTRODUCTION. XCVij
ses navigateurs fréquentaient les ports du Danemarek 1 et de la Livonic 8 .
. Des documens des xn. c et xin. c siècles attestent aussi le commerce de Leipsick 3 , de Dresde 4 et de Brunswick 5 , qui dut probablement son origine et son extension à la direction de la route partant du Danube dont je viens de parler, et aux communications avec la mer Baltique que l'Oder et l'Elbe procuroient à ces villes.
Dès l'époque à laquelle se rattache l'indication donnée par les Capitulaires, une route plus directe vers l'Occident devoit naturellement servir au commerce du Danube avec le Rhin. On a vu, tome I. er , page Ixxiv, que Charlemagne avoit projeté un canal pour unir ces deux fleuves , inspiré sans doute par le désir de rendre moins difficile le trajet que les commerçans étoient obligés de parcourir. Quoi qu'il en soit , des documens qui se rapportent à l'époque dont je m'occupe en ce moment semblent prouver qu'en remontant le Danube, à partir de Ratisbonne, dont l'importance n'avoit pu que s'accroître 6 , jusqu'au point où ce fleuve commence à être navigable, et en traversant les pays actuellement appelés Wurtemberg et grand duché de Bade, on arrivoit vers Strasbourg 7 pour continuer des relations encore plus éloignées du côté de l'Ouest.
H est probable aussi qu'outre cette ligne en quelque sorte directe, le commerce des villes situées sur le Danube en suivoit d'autres obliques , au Nord-ouest et au Sud-ouest. Par l'une il étoit dirigé vers Francfort, Coblentz et Mayence 8 , ce qui le lioit à celui des Pays-Bas ; par l'autre il s'étendoit vers la Suisse, où les lacs et les rivières lui faisoient atteindre le Rhône pour le lier au commerce de l'est et du midi de la France.
Le nombre des villes commerçantes sur le Danube s'accrut par l'effet de l'extension des relations dont je viens de parler. Vienne
» Privilège de 1931 , ap. Hoerbelin , AnaUcta &c, pag. 885. — * Arndt, Liefland Chron. t. Il , pag. 105. Document de 1303 , ap. Haerbelin, ubi suprà, pag. 988. — ' Born , De jure ntapulte et nund. civil. Lips. dis*. I, pag. 39 et seqq. Veck, Chron. Dresd. pag. 18. — » Rvmer, t. I.", part I, pag. 109. Gndebusch, LieflanA Ja rbiii -h. t. I.", pag. 874. — * Werdenhagen , De rebuspubiiets Hanseaticis, part, m, cap. H. — 6 Vita S. Eberhardi, apud C«nisium, Thesaur. monum. eccles. t. ni, part, u, pag. 308. — 7 Documens cite» par M. Hiïlleman, t. I.", pag. 338. — s Schcid. Origin. Guelf. t III, praef. pag. 30 et 38. Rauch. Scriptores rerum Auttriac. t. III, pag. 90 et 86. Un document relatif à 1 abbaye de Fulde de 1878, cilc par Scliannat, Tradit. Fuldetu. pag. 976, parle des étoffes appelées baidacehini, qui certainement étoient des productions asiatiques , ainsi qu'on le voit dans .Mu raton , Amiquit. Jtnl. medii avi, t. II, col. 416.