III. d
XXvj INTRODUCTION.
qui avoit lieu à cette époque dans l'intérieur de l'Asie par les voies de terre. Celui auquel la navigation prêtoit son secours donne lieu à plus de développemens. Je vais essayer de les présenter.
commerce Le cercle de cette navigation , considérée en ce qui concerne riThirrin I e point de départ des marchandises provenant de la Chine, de maritime*, l'Inde et des îles adjacentes , étoit renfermé dans les mers que nous nommons Océan paciiique ou de la Chine, et mer des Indes. A cette navigation , dirigée vers le golfe Persique, la mer Rouge et les côtes de l'Ethiopie, succédoient des transports terrestres , qui , relativement à l'Asie, conduisoient ces marchandises, parles voies que j'ai indiquées , dans les ports de la Syrie, de l'Arménie, de l'Asie mineure et de la mer Noire; et, relativement à l'Egypte , dans les ports de la mer Rouge, et principalement à Alexandrie.
chine. Fidèle à l'ordre géographique que je me suis tracé, je commence par ce qui concerne la Chine. Les documens qui appartiennent aux deux siècles dont je m'occupe ne nous apprennent, sur le commerce intérieur de ce pays, rien de plus que ce que nous savons par le récit de Marc-Paul , dont j'ai présenté l'analyse, tome II, pages xxv et. suiv. Odéric de Portenau, qui voyagea dans la Chine méridionale au commencement du xiv.* siècle, Ebn Batouta, ie seul Arabe qui, à ma connoissance, ait écrit sur ce pays dans le même siècle' , et Conti, voyageur européen qui appartient au xv. c * , n'ajoutent presque rien aux renseignemens que nous devons au célèbre Vénitien , dont l'exactitude a fini par triompher des préjugés, et peut-être de l'envie de ses contemporains. S'il étoit possible de trouver quelques notions plus étendues , ce seroit dans les ouvrages composés dans la Chine.
Malgré les travaux de nos savans modernes, les écrits des Chinois sur la statistique de leur pays et ses relations commerciales avec les pays étrangers au moyen âge , si tant est qu'il en existe, nous sont encore inconnus 3 . Au surplus, cette lacune
1 Ebn Batouta, chap. xxm. — • Ap. Rannisio . t H, fol. 37C et suiv. — 3 Voir néanmoins les Mémoires sur 1rs Chinois , t. II , pag. 50 1 , 540 , 57 1 , 573, 677, C07, 668 ; t. III , pag. 1 35 ; t. V, pag. 43; t. VIII, pug. 185 et 9C7; t IX, pag. 150, 15t, 408 : niai» ils sont relatifs à l'état moderne, et ne se réfèrent que d'une manière très-superficielle à l'état de choses antérieur au passage des Portugais par le Cap de Bonne-Espérance.
INTRODUCTION. XXVlj
n'est qu'apparente. L'Europe ayant continué de recevoir et de consommer les marchandises chinoises dans une progression toujours croissante en raison de f extension et des développemens du fuxe , ia masse des productions dut sans cesse augmenter; mais i'état de l'industrie et de l'agriculture ne changea point dans la Chine. Telles nous les montrent les voyageurs du xiii.' siècle, telles les ont trouvées au xvi. e ceux qui la visitèrent après la découverte d'un passage par le Cap de Bonne-Espérance. Quelques Européens étoient parvenus à y avoir accès J , soit par la navigation de la mer des Indes , en traversant l'Egypte ou les provinces asiatiques voisines du golfe Persique , soit par les routes au nord et au midi de la mer Caspienne, déjà indiquées, page vj. On peut croire cependant que ces cas étoient rares, et du genre de celui qui conduisit Marc-Paul dans ce même empire.
H est probable que pendant les xiv. et xv.' siècles la Chine avoit des rapports commerciaux avec le Japon et cette multitude d'îles qui sont disséminées dans l'Océan pacifique, telles que les Manilles, appelées depuis Philippines, les Moluques, les Célèbes, Bornéo, Java *.
Quant au commerce de ia Chine vers l'Océan méridional , il ne paroi t pas moins certain que Malacca et Sumatra, désignée par Marc-Paul sous les noms divers de Java mt'nor ou Lambry, et par Odéric de Portenau sous celui de Lamry, recevoient les commerçans chinois , dont les navires , en échange d'épiceries , d'aloës , et d'autres productions locales 3 , apportoient des porcelaines, des étoffes de soie, de l'alun de roche, du musc, de ia rhubarbe , et toutes sortes d'ouvrages de tabletterie 4 . Le thé ne figure point dans ces objets de commerce. Quelque ancien qu'ait pu en être l'usage dans la Chine, ainsi que je l'ai dit, t. II, page xxviij, rien ne nous apprend qu'il fût encore un objet d'exportation. Les Indiens et les Arabes n'ayant ni le goût ni le besoin de cette plante ne pensèrent pas probablement à la faire connoitre à l'Europe, où l'usage du thé n'a été que très-récemment introduit.
Toutefois Malacca et Sumatra n'étoient pas toujours le dernier terme de la navigation chinoise vers l'Occident. Dès avant
1 Wadding, Annales minorum , t. VII , page 63. — 1 Barthèma, fol. 183. — 3 Barthèma, fol. 183 b. Barboaa, ap. Ramusio, 1. 1.", fol. 353, 354. — * Barbosa, fol. 358.
XXViij INTRODUCTION.
le x. c siècle , elle s'avançoit vers les ports de l'Inde , à Ceylan , et même dans le golfe Persique jusqu'à Bassora *. On voit qu'aux xiv/ et xv. e siècles les navigateurs chinois suivoient^ les mêmes erremens, et se rendoient jusque dans la mer Rouge» par le moyen de leurs jonques ou navires d'une portée considérable, dont quelques-unes pouvoient contenir jusqu'à mille personnes 3 .
La Chine n'étoit pas le seul pays de cette partie orientale de l'Asie qui prît part au commerce maritime. Le Tonquin et la Cochinchine offroient une assez grande importance, sinon pour la navigation , du moins pour la production d'objets qui entroient dans le commerce 4 . On exportoit surtout de Cambodje et de Siam une prodigieuse quantité de bois de calembec ou aloës, dont l'odeur parfumée est si agréable aux Orientaux; et les échanges consistoient en esclaves, en épices et en étoffes de laine *.
hwnfllc Malacca et Sumatra étoient le centre principal des expéditions dûcange ^e * a Chine et des îles qui l'avoisinent, ainsi que du continent situé entre cet empire et le golfe de Siam. Les Arabes , assez généralement désignés sous le nom de mahométans ou Maures, et quelquefois de Choulias, dans les relations des Européens qui parcoururent la mer des Indes après la découverte du passage par le Cap de Bonne-Espérance , y faisoient un commerce immense. Ces habiles et hardis navigateurs avoient multiplié leurs étabiisseraens sur toutes les côtes, depuis l'Arabie jusque dans la Chine méridionale. Aux avantages d'une grande et ancienne expérience, d'une activité commerciale et d'une aptitude aux négociations les plus compliquées , bien supérieures à celles des peuples plus orientaux, ils en joignoient un autre inappréciable : les côtes du golfe Persique, presque toute l'Asie méridionale, les contrées qui bordent la mer Rouge , l'Egypte, c'estpà-dire , les pays alors les plus civilises et les plus à portée de faire le commerce avec l'Europe, étoient habités par leurs coreligionnaires, qui leur servoient de correspondans , et facilitoient l'écoulement et la consommation des marchandises qu'ils ne cessoient de leur expédier de la mer des Indes.
Les Indiens prenoient aussi part à ce commerce; mais, soit
1 Masoudi , Notices des manuscrits , t. I.", page 18. Anciennes relations, publiée* par Renauclol, pag. 9 et 14.— 4 Barbosa, fol. 354, 355 — 1 Ebn Botouta, page 17J.— * Barbosa, fol. 378. — * Barbosa, fol. 351 , 370, 371.
INTRODUCTION. xxix
par l'effet de préjugés religieux , soit par le résultat «Tune indolence natureiie , ils n'offroient pas une concurrence redoutable aux mahométans, ni même aux chrétiens moins nombreux , établis depuis un temps immémorial sur la côte de Coromandel et sur celle de Malabar «.
Par Teffet de cette navigation des Chinois, des Indiens et des Arabes, Malacca et Sumatra, dont Achem étoit le port le plus fréquenté, réunissoient, indépendamment de ce que produisoient l'agriculture et l'industrie locales, toutes les marchandises de l'Europe , de l'Afrique, de l'Asie méridionale , et des diverses parties de llnde susceptibles d'être un objet d'échanges commerciaux *. Les navigateurs de ces parages avoient rédigé un corps de droit maritime qui a survécu aux grandes révolutions dont ces pays ont été le théâtre 3 . Au dire des premiers Européens qui y abordèrent, les richesses des commerçans de Malacca et de Sumatra étoient immenses. On y voyoit arriver sans cesse des navigateurs de tous les pays, non-seulement de l'Arabie, des côtes de llnde que baigne le golfe de Bengale, des deux rivages de la presqu'île en-deçà du Gange, ainsi que de Ceylan et des îles voisines; mais encore des Arméniens, des Turcomans, des Africains, des navigateurs de Quiloa, Monbaze, Mélinde, Magadoxo 4 .
Les ports occidentaux de la presqu'île de Malacca facilitoient les moyens de faire quelque commerce dans les royaumes de Pégu et d'Ava, peu connus encore du temps de Marc-Paul, mais d'où l'on exportoit , aux xrv." et xv." siècles , une grande quantité de pierreries, et du musc, qui la plupart du temps étoit falsifié *.
L'Inde joint immédiatement les pays que je viens de nommer. i»rfe Elle forme l'immense territoire qui s'étend de l'orient à l'occident entr * u depuis le cent dixième degré jusqu'au delà du soixante-sixième degré de longitude , entre le Bramapouter et l'Indus , bornée au nord par le Népal , le Kaschemir, le Thibet , et au sud par la mer. La navigation qui avoit lieu sur les côtes de cette vaste contrée servoit à extraire de l'intérieur les productions agricoles et industrielles du pays, en même temps qu'elle y introduisoit
1 Barbosa, fol. 330, 346, 367, 411. — » Barbosa, fol. 343 a. — 1 Atiatic rtscarches, t. XII, page m. — * Ebn Batouta, chap. xxil. — 1 Barbota, fol. 3û0, 351.
XXX INTRODUCTION"
les marchandises du dehors. Je serois donc naturellement amené à parler du commerce intérieur, dont ractivitë devoit être proportionnée à celle du commerce extérieur. Malheureusement f époque dont je m'occupe n'est pas plus riche en renseignemens sur cet objet que ne l'a été l'époque précédente. Quoique depuis le xi. e siècle les raahométans, et dans la suite les Mongols, y eussent fait des conquêtes considérables, l'état intérieur de ce pays n'en étoit pas mieux connu : les écrivains arabes 1 n'ont fait qu'ajouter un très-petit nombre de notions, sur le commerce des cotes, à celles que nous devions aux anciens. Les premières relations des Européens, après le passage par le Cap de Bonne- Espérance , ne nous ont pas fourni plus de lumières. C'est depuis un siècle seulement que l'intérieur de l'Inde a attiré l'attention d'une manière spéciale, et il s'en faut de beaucoup que le9 recherches des savans aient levé le voile qui ne cesse de couvrir depuis si longtemps cette belle partie de l'Asie. Tout ce qui paroît démontré, tout ce qu'on peut assurer sans crainte de se tromper, c'est que le mouvement commercial de l'intérieur de l'Inde devoit être immense, puisque ce pays et la Chine fonrnissoient presque exclusivement, au reste de l'Asie et aux deux autres parties du monde ce que nous avons l'habitude de désigner sous le nom de productions asiatiques.
On peut diviser le littoral que baigne la mer des Indes en deux régions principales: la première s'étend depuis l'embouchure du Bramapouter jusqu'au sommet oriental de la presqu'île en-deçà du Gange. Le territoire que borde au midi le golfe immense appelé mer du Bengale, formoit, comme on l'a vu, tome II, page xxx, un royaume du même nom, longtemps tributaire de la Chine , traversé par le Gange, et dont une grande partie fut ultérieurement conquise par Tamerlan et ses successeurs. Les productions les plus connues de ce pays étoient, comme au temps de Marc^Paul , les tissus de coton de toutes sortes de qualités , li » épiceries, l'opium, le sucre , le riz, la soie, et les esclaves Ce pays étoit, du coté du nord, en relations avec le Thibet, sur lequel nous ne trouvons point à cette époque plus de détails que dans la précédente. II est très-probable, du reste, que les communications de cette partie de l'Inde avec la Chine avoient
» Voir Ebn BatouU, chap. xvi et suiv. — » Barbo*a, fol. 340 a.
INTRODUCTION. xxxj
lieu par les routes qui traversent ie Thibet et se croisent à Tschu-Lumbo. On a vu qu'elles existaient dès ia plus haute antiquité; les voyageurs modernes les ont constatées, et les annales chinoises nous apprennent qu'en 1 4 1 5 un ambassadeur fut envoyé par l'empereur du Bengale à celui de la Chine, au sujet des intérêts commerciaux des deux pays 1 ; mais nous n'avons pas d'autres détails à ce sujet; nous savons seulement que les navires expédiés du Bengale fréquentoient tout le littoral de llnde, de la presqu'île de Malacca, les ports de la Chine, et que les mahométans qui s'y livroient au commerce y étoient nombreux *.
Le golfe du Bengale contient des îles, dont les plus connues sont Nicobar et Andaman. Nous ne connoissons sur le commerce qu'un pouvoh y faire rien de plus que ce qu'en a dit Marc-Paul.
A l'occident de cette partie de llnde , les Mongols , et dans la suite les shahs de Perse, avoient conquis un immense territoire, factage, qui s'étendoit vers le midi jusqu'à la presqu'île de Guzarate , et quelquefois jusqu'au delà des monts Windhia. Ce territoire, dont le commerce intérieur n'est pas plus connu que celui de l'empire du Bengale , étoit évidemment traversé par des routes qui servoientà en exporter les produits, ainsi que ceux du Bengale, dans la Perse; il devoit aussi communiquer avec la Bactriane, et par là avec les pays plus septentrionaux, dont les marchandises arrivoient, comme au temps des Romains, aux ports de la presqu'île en-deçà du Gange.
Le royaume d'Orixa étoit voisin du Bengale, et formoit la partie supérieure de la côte orientale de la presqu'île en-deçà du Gange. Ce royaume fournissoit toujours, comme au temps de Marc-Paul, et sans doute en plus grande quantité, les diaman.s de Golconde. C'est là que commençoit la côte de Coromandel , dépendant d'un royaume connu successivement sous les noms de Bisnagor, Narsingaet Visapour, qui s'étendoit jusqu'à la côte occidentale, où il avoit aussi des ports 3 . Les notions fournies par les voyageurs, qui peuvent, avec la plus grande probabilité, se référer aux xiv. e et xv. e siècles, sont plus développées que celles que j'ai données, tome II , page xxxj, d'après Marc-Paul.
1 Mailla, Histoire de la Chine, t. X, page 175. — * Barbosa , fol. 349 et suiv. De Guigne», Histoire des Huns. t. IV, page 18B. — 4 Langlès , t. Il . page xlix. Conti , fol. 375.
XXxij INTH ODl 1 CTION.
En descendant la côte orientale de cette presqu'île, on trouvoit Mazulipatnam , grand marché où les habitansde l'intérieur venoient en caravanes , Pélicate , Méliapour, Tan jour, Cael , &c. 1 . Le petit nombre des ports de la côte de Coromandei , leur peu de sûreté, et les bas-fonds du rivage qui forçoient à se servir de très-foibles embarcations, avoient été la cause de ce qu'un grand nombre de commerçons de ces contrées étoient allés former des établissemens sur la côte occidentale, bien mieux disposée pour le commerce. La partie extrême de la presqu'île, formant le cap appelé Comorin ou Cameri, étoit toujours célèbre par la pêche des perles qui se faisoit dans son voisinage.
L'île de Ceylan continuoit d'avoir dans cette partie de la mer de» Indes les avantages dont Malacca et Sumatra jouissoient vers l'orient. Elle étoit un lieu de marché universel*, où l'affluence des Africains, des Arabes, des Indiens, des Malais, des Chinois, formoit une nation distincte de ia population indigène. II s'y étoit formé une sorte de droit commun maritime , dont l'équité avoit fait disparoître toutes les nuances des préjugés qu'enfantent ordinairement les haines religieuses 3 .
A partir du cap Comorin et en remontant la côte occidentale , on trouvoit un pays parsemé de villes et de bourgs commerçans, entremêlés de terrains que leur fertilité et les travaux agricoles couvroient de plantations et de moissons, dont les produits entroient dans le commerce. La population indigène étoit divisée en castes, dont les unes se livroient exclusivement à l'agriculture ou à l'industrie intérieure, tandis que les castes marchandes en facilitoient le débit; mais le commerce maritime étoit presque exclusivement entre les mains des mahométans, connus sous le nom de Maures, qui y avoient fondé une multitude de factoreries et de riches établissemens. Un gouverneur spécial de leur nation les protégeoit et leur rendoit la justice. Leur nombre, leurs richesses et leur influence dans ce pays étoient tels , qu'au dire des premiers Européens qui y ont abordé, et des écrivains orientaux d'une époque plus ancienne, les Maures sembloient être les maîtres du pays 4 . Les Indiens du Guzarate et de Coromandei y formaient aussi des colonies assez
1 Odcric, pagc97.Barbosa, fol. 348 A, 319 a. — » Edrissi, page 39. Ebn Batouta, chap. xx. Heercn, Dr Tapobrane insuld &c. inter Comm. Soc. Gott t. VII, page 86. — 3 Johnston , Atiat. transact. t IV, page 3. — 1 Alvarez , ap. Ramusio, t. I. rr , fol. 37 e.
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nombreuses, et se foisoient remarquer par une grande aptitude, une exacte probité et une extrême sagacité dans leurs spéculations propres ou dans le commerce par courtage dont ils étoient les intermédiaires ; on n'en remarquoit pas moins parmi les chrétiens établis depuis longtemps dans ces parages
Les rois du pays, satisfaits des produits immenses que rapportoient a leurs douanes Ventrée et la sortie des marchandises, voyoient avec indifférence leurs sujets abandonner tous les profits du commerce à des étrangers *. Une multitude de navigateurs de l'Egypte , de l'Arabie , de la Perse , venoit s'y approvisionner d'arec, de drogues médicinales, d'encens, de racines de chaya propres à donner au coton la couleur orange, de logre ou sucre de palmier et d'huile faite avec le fruit de cet arbre, de gingembre, de tamarin, de bois de sapan, de myrobolans, de laque, d'indigo, de piment, de poivre, de cannelle, de noix muscades, de camphre, de cannes à sucre, et de toutes sortes d'épiceries, de perles, de diamans , de pierreries de toute espèce, d'ivoire, de bois de sandai et de brésil, d'aioës, de benjoin , de sagou, de maïs, de porcelaines de la Chine , d'étaim , de soie écrue ou travaillée , de brocards d'or et d'argent , de tissus de cotons fins ou communs, et d'une multitude d'autres productions naturelles ou industrielles des parties intérieures de la presqu'île , et même des autres parties de l'Inde bien plus éloignées, que les navigateurs de Malacca, de Sumatra, de Ceylan , y apportoient 3 . On y trouvoit avec une abondance presque égale les productions de l'intérieur de l'Asie méridionale et de l'Europe , qui arrivoient sans doute par l'Egypte ou par les caravanes que la Syrie dirigeoit vers le golfe Persique 4 . Les principales étoient les vins de Candie, les étoffes de soie d'Italie, les ras, les velours, les camelots communs, les draps, les tapis, les brocards, le vif-argent, le cinabre, l'essence de rose, l'encens, le soufre, le vermillon, le cuivre, le safran, et un grand nombre de productions de l'industrie des Européens, que ceux-ci échangeoient contre des marchandises asiatiques dans les grands marchés de Syrie et d'Egypte, et qu'ensuite les négocians de ces contrées apportoient dans l'Inde 5 . A l'arrivée
1 Barthèma, fol 177 A. Barbosa,fol. 344 a. — * Vaaco de Ganta, ap. Ramusio, fol. 130 d. — «Barthèma, fol. 105 c. Barbota, fol. 363.— * Vmco de Ganu, fol. 131 A. — » Barboaa, fol. 339, 345.