‹ Tableau du commerce antérieurement à la découverte de l'Amérique, servant d'introduction à la collection de lois maritimesChapitre 22 sur 29 · III · texte numérisé non relu

III

Ixxxij INTRODUCTION.

dite de la Chiozza, existoit entre Venise et Gênes, un amiral vénitien pourchassa, dans les parages de l'île de Rhodes, un navire génois, dont ia cargaison, composée de mousselines, d'étoffes de soie, d T or et d'argent, étoit évaluée à quinze cent mille ducats. Ces marchandises étoient asiatiques ; mais la quantité de celles que les Génois portoient en Asie pour les échanges n'étoit pas moins considérable. On voit encore qu'un autre amiral vénitien captura deux navires catalans chargés pour le compte de Génois, dont les cargaisons étoient évaluées, Tune à vingt mille ducats de Venise, f autre à quarantequatre mille Cette seule circonstance suffit pour révéler l'étendue du commerce génois; car, à une époque où le droit des gens maritime n'admettoit pas le principe que le pavillon couvre la marchandise, ce chargement, pour le compte génois sur des navires catalans, ne peut s'expliquer par le désir d'éviter les captures ennemies. II prouve donc l'étendue d'un commerce auquel les navires nationaux ne suffisoient pas. Ce même fait, en nous apprenant qu'une grande partie de ces marchandises étoit de fabrication française, constate l'activité des relations de Gênes avec la France. Nous verrons en effet plus bas les privilèges qu'elle avoit obtenus dans ce royaume.

Gênes n'avoit pas la souveraineté absolue de lout le littoral connu vulgairement sous le nom de rivière de Gênes; plusieurs des villes qui y sont situées, telles que Savone, Oneille, Albinga , Monaco, Vintimille, formoient des états indépendans ou avoient des souverains particuliers. C'est ainsi qu'il existe des traités de Savone avec la Catalogne de 1356 et 1393 *, et que d'autres avoient eu lieu au xm. e siècle. Mais Gênes exerçoit dans ces parages un véritable protectorat jusqu'à Nice », ce qui la mettoit en relations habituelles avec Marseille, tant par les voies de mer que par celles de terre, et avec les ports du Languedoc.

Nonobstant des mésintelligences passagères, nées de quelques intérêts commerciaux, les rapports des Génois avec la France étoient très-suivis. Leurs navires abordoient jusqu'à Calais, dès le commencement du xiv. c siècle 4 , et des escadres armées par des particuliers se mettoient au service des rois.

1 Chinazzo, Cronica délia guerra de Chiozza, ap. Murât. R. I. S. ». XV, col. 746 et 747 — 1 Capmany, Memorias, t. II, pag. 134 el 184. — 8 Fetlerici, pag. 34. — * Le lèvre , HUt. de Calais, t. L", page 69».

INTRODUCTION. IxxXtij

Gênes n'eut pas un commerce moins actif avec l'Allemagne et la haute Italie.

Une partie des productions de ces pays, destinées aux échanges d'outre-mer qui n'étoient pas expédiées pour Venise, passoient à Gênes par Milan II est probable que le prix en étoit principalement soldé avec des marchandises asiatiques. Mais ce que j'ai dit plus haut du commerce intérieur de l'Italie ne permet pas de douter aussi que les produits de l'industrie génoise n'entrassent pour une quantité assez considérable dans la balance de ce commerce.

Les Génois entretenoient aussi des relations avec l'Italie cen* traie et méridionale, quoique fréquemment interrompues par l'état de guerre. Celles avec la Sicile dépendoient surtout de la situation politique des affaires. On connoît entre ces pays deux traités de 1276 8 et de 1292 3 . Gênes avoit une loge ou bourse de commerce à Messine au xiv. e siècle 4 .

Le commerce des Génois n'étoit pas moins actif avec l'Espagne, nonobstant les guerres continuelles entre eux et les Catalans. Ils étoient, en vertu d'un traité de 1278 & , en relations avec le royaume de Grenade, qui pendant les xiv. e et xv. e siècles occupoit encore une partie de l'Espagne*

Des documens de 1316 et de 1335 constatent aussi qu'ils faisoient des importations de marchandises, et notamment d'alun , en Angleterre 6 , et qu'ils trafiquoient en Ecosse

Le commerce lointain des Génois ne consistoit pas seulement dans celui qu'ils faisoient par la voie de leurs établissemens de Galata et de Crimée , ou par les ports de l'Arménie , de l'Asie mineure et de la Syrie, dans l'Asie centrale, dans l'Inde et la Chine, comme on l'a vu page xxvij. Ils continuèrent d'avoir des relations actives sur la côte de Barbarie, par suite des traités faits au xm. e siècle, car on n'en connoît pas qui appartiennent aux deux suivans. Ces relations furent un moment troublées par l'entreprise hardie d'un Génois, qui s'empara de Tripoli, en pilla les richesses et vendit ensuite sa conquête 8 . Mais le gouvernement eut la prudence de le désavouer.

1 Uzzano , cap. lxxxi. — 1 Forges , pag. 6. — 3 Captnany, u IV, pag. 14. — * Pcgololti , pag. 100. — * Notice* des manuier. t. XI , page 17. — 8 Rymer, t. II, part, n, pag. 94 , 59 ; part, m , pag. l j§. — ' Rymer, L II , part, i , pag. 98. — • Matt. Villani, ap. Muratori , R. I. S. t. XIV, col. 334.

Ixxxiv INTRODUCTION.

Quelle que fut la puissance de Gênes à,Constantinople et du côté de la mer Noire, elle resta liée avec l'Egypte, par suite d'un traité fait en 1290 '. Elle y avoit un consul en 1384 9 . Les seuls traités connus qui appartiennent à l'époque dont je m'occupe sont de 1419 et 1431 3 . Ce dernier nous donne la preuve que l'intérêt commercial l'emportoit sur toutes les considérations d'humanité et de religion; les ambassadeurs consentirent que le soudan fît la traite des esclaves à Cafta. Un Génois, que la Broquière rencontra dans ses voyages d'Asie, faisoit ce trafic 4 , et un statut, certainement antérieur à 1415, laisse entrevoir que les Génois avoient à leur service des esclaves mahométans.

Il est facile de juger combien un commerce aussi étendu et aussi actif devoit accumuler de richesses et développer de luxe dans la capitale *.

Ce fut dans ce temps de prospérité qui élevoit les fortunes des particuliers à un degré de splendeur dont les palais de Gênes rendent encore témoignage , que l'état fonda ou plutôt consolida la banque de Saint-Georges c , l'un des établissemens financiers les plus remarquables du moyen âge, qui rendit des services immenses à l'état , et fut souvent utile non-seulement aux nationaux , mais aux étrangers ; non-seulement aux particuliers , mais aux souverains eux-mêmes.

Cependant les révolutions dont cette république turbulente étoit sans cesse le théâtre ne permirent jamais qu'elle recueillît tous les avantages qu'auroient dû lui procurer l'habileté de ses amiraux, l'intrépidité de ses marins, l'esprit entreprenant et les immenses capitaux de ses commercans.

Comme les autres villes de l'Italie, à l'exception de Venise qui sut se maintenir calme au milieu des révolutions , Gênes étoit déchirée par les factions des Guelfes et des Gibelins, quoique cependant le parti des papes y ait presque toujours triomphé , précisément parce qu'il étoit le plus populaire. Mais les haines de quelques familles nobles qui, se couvrant sans cesse du prétexte du bien public, se disputoient le gouvernement, l'esprit démocratique qui armoit souvent le peuple contre toutes les familles nobles, sans distinction, ajoutoient à ces causes de

1 Notices des manuscrits, t. XI, pag. 34. — * Frescobaldi , pag. 37. — 3 Notices des manuscrits, t. XI, page 71. — * Mém. de l'Institut, Sciences morales, t, V, page 510. — 5 Fanucci ». III , pag. 171. — 0 .M. Lobero, Memorie stariche délia banea di S. Giorgio, G«nov«, 183S.

INTRODUCTION. IxxXV

désordres. Presque toujours ces révolutions précipitoient la république dans des partis désespérés; c*est ainsi quVn 1353, pour échapper aux dangers d'une guerre contre Venise et les Catalans, elle s Yt oit donnée à Visconti dont elle secoua le joug trois ans après.

L'esprit de faction étoit tel dans cette malheureuse république, que ses alliances ou ses guerres, si pourtant on en excepte celles contre Venise et Pise , étoient décidées plus encore par la couleur politique que par l'intérêt commercial. Il étoit porté à un si haut degré d'exaspération que les exilés étoient réduits à se faire justice par la force , et à solder des troupes contre leurs adversaires a .

L'année 1 323 en fournit un terrible exemple. Un grand nombre de Guelfes, expatriés et proscrits par les Gibelins, armèrent en course, et parcoururent la Méditerranée, pillant indistinctement les navires génois et ceux des autres peuples , ce qui leur procura un butin de plus de trois cent mille florins. Enhardis par ces succès et poussés par l'esprit de vengeance contre les auteurs de leur proscription , ils se portèrent vers la mer Noire, où ils firent de nouveaux pillages. Un chef de Turcs, maître de Sinope, les reçut, les accueillit, et par trahison les massacra pour s'emparer de leurs trésors 3 .

Quelquefois cependant l'intérêt commun, produisant ce qui ami.it dû n'être inspiré que par l'amour de la patrie et de l'humanité, amenoit des réconciliations. On en trouve un exemple trop rare pour que j'omette de le citer. En 1332, à l'approche d'une guerre contre les Catalans, les vengeances, les proscriptions, qui s'étendoient jusque sur les enfans, exposoient la république à rester sans défense contre ses ennemis; les partis suspendirent leurs haines, s'en rapportèrent à l'arbitrage de Robert, roi de Napies, et acceptèrent des conditions qui, rétablissant chacun dans ses droits, produisirent l'union de tous contre l'ennemi extérieur 4 .

Ces convulsions intestines amenèrent nécessairement le déclin de la puissance génoise. Tandis que Venise, sa rivale ? prospéroit, sous un gouvernement qui avoit ôté au peuple toute influence dans les affaires politiques, un excès contraire occa-

1 Marin, t. VI , page 109. — 1 Fanucci, t. III, pag. 193. — 8 Stella, ap. Murator. il. /. S. t. XVII, col. 1051. Giov. ViUani,coI.54l.— « W. coi. 715.

IXXXVJ INTRODUCTION.

sionoit à Gènes la perte de l'état et la chute de l'ancienne prospérité*

La dernière moitié du XV* siècle n'est plus remarquable , en ce qui concerne cette république , que par ses troubles domestiques , ses révoltes contre les maîtres qu'elle se donnoit et dont elle se lassoit bientôt, ou par les guerres sans cesse renaissantes entre les princes qui s'en disputoient la souveraineté.

PiM. Pendant le Xin/ siècle les Pisans s'étoient élevés, par leur industrie manufacturière, et surtout par la navigation et le commerce, à un degré de grandeur qui, plus d'une fois, les mit en état de lutter avec gloire et succès contre les Vénitiens et les Génois. La funeste bataille de la Me!oria, en 1284, avoit singulièrement diminué leurs forces et augmenté celles des Génois, leurs implacables ennemis ».

La haine entre les deux peuples ne put que s'accroître lorsque la perte de la Terre Sainte eut détruit les relations des Pisans , du coté de la Syrie, sans leur laisser la possibilité d'obtenir, du côté de la mer Noire, une concurrence à laquelle ils furent obligés de renoncer par un traité de 1299. On a vu, page ix, que le port possédé par Pise vers l'embouchure du Tanaïs tomba probablement entre les mains de ses ennemis, et finit par être détruit par les Tartares.

Epuisée par les guerres maritimes précédentes, n'ayant qu'un territoire borné, qui ne fournissoit pas aux expéditions qu'il falloit renouveler sans cesse, et à la lutte qu'elle soutenoit sur terre contre la plupart des villes de Toscane, engagées dans un parti politique opposé à celui qu'elle avoit embrassé, Pise marcha rapidement vers sa décadence.

Son port à l'embouchure de l'Arno avoit été détruit dans la dernière guerre contre Gènes *, et le trop fameux comte Ugoliti n'avoit pu y faire que de modiques réparations en 1285 K

Presque réduite à la rade de Livourne, dont la séparoient des marais difficiles, et où ses ennemis pouvoient aisément lui causer de grands dommages, elle y fit construire une tour destinée a la défendre et a rendre la navigation moins périlleuse *.

La plupart des colonies qui lui fournissoient des bois de

1 Giov. Villani , col. 999 tt s*qq. — « Tronci , Annali pitani , ad MM. 1184. Fcderici , pag. 57. — » Tronci, ad ann. 1*85. — * Tronci, ad ann. 1307.

INTRODUCTION. Ixxxvij

construction et des matières d'échanges pour le commerce étranger lui furent successivement enlevées. Par le traité de 129$) elle avoit été obligée de céder aux Génois la Corse et quelques ports de la Sardaigne Elle perdit le reste de cette île en 1324 8 ; et bientôt elle se trouva réduite a n'avoir d'autres possessions que ses marennes , encore assez fertiles , et l'île d'Elbe, importante à cette époque par la production du fer 3 . r

Son commerce se ranima quelquefois à la faveur des troubles intérieurs, ou des revers qui interrompoient celui de Gênes, ou par l'effet de traités avec cette république, tels que ceux de 1300, 1318 et 1329: on voit même par une convention de 1340 qu'elle s'unit à sa rivale pour réprimer les pirates qui infestoient la Méditerranée *. Elle fit aussi quelques traités qui suspcndoient les hostilités avec les villes de Toscane, surtout avec Florence, dont les marchandises furent dirigées assez longtemps par l'Arno sur le port de Pise 6 .

Ce fut dans ces espèces de répits qu'elle entretint encore des relations avec la Sicile par un traité de 1 3 1 6 6 , avec la Catalogne par des traités de 1326 et de 1353 7 , avec l'île de Chypre en vertu des privilèges obtenus en 1291 8 ,avec Constantinople et la Turquie 9 , avec les villes du midi de la France et l'Angleterre ,0 .

Des documents de 1314, 1354, 1374, 1397 et 1 398 attestent qu'elle continua de faire un commerce assez suivi sur les eôtes de la Barbarie et de Maroc M . On n'a aucune connoissanee de traités qu'elle ait faits à la même époque avec l'Egypte. Le soudan , qui , dans ces sortes de relations avec les Européens , envisageoit ce qu'il avoit à craindre ou à espérer, trouva peu d'intérêt sans doute à se lier de nouveau avec une république dont la puissance déclinoit chaque jour.

En effet, la navigation de Pise n'etoit plus qu'un timide eabotage; sa marine militaire dépérissant, et presque anéantie, ne pouvoit ni défendre des établissemens lointains, ni protéger les armateurs contre les ennemis et les pirates qui ne cessoient de les harceler.

1 Trôner, ad ann. 1999. Federici, pag. 39.— » Traité de 1326, cite par Fanucu , t. 111, pag. îi9. — 3 Faniicci, t III, pag. 159, 904. — * Borgo, Sceîti dipl. pitani , pag. 76. — 5 Matt. Villani, col. 768. Pignotti, t. III, pag. 55, 6». Federici, pag. 34. — • Fanucci.t. III, pag. 191. — 7 Lùnig, t. I ", col. 1083. — » Fanucci, 1. III, pae. 133. — 9 Pegolotti , pag. 94, 3a, 41, 10», 908. Uzzano, cap. lxviii, lxx, lxxi. — 10 Rymer, t. V, pag. 743. — 1 1 Fanucci , t I V, pag. 9 9 , 64 , 65, 1 43. Lûn g, t. t", col. 1118.

IxXXVÏij INTRODUCTION.

L'ancienne valeur des Pisans prit une direction nouvelle. Après avoir été les plus actifs commerçons de la Toscane , ils en devinrent les guerriers les plus intrépides*

Toutes ïes villes de cette contrée, engagées dans le parti guelfe, étoient liguées contre eux, qui n'avoient presque jamais cessé d'être dévoués aux Gibelins. Florence étoit à ia tête de cette ligue; ancienne alliée de Pise, elle en étoit devenue la plus implacable ennemie. Des guerres malheureuses et toujours suivies de traités de plus en plus onéreux, les tentatives souvent renouvelées par les Pisans d'échapper au danger, en s'ofFrant à tout maître qui voulût les accepter, pourvu qu'il leur restât une patrie, suspendirent quelque temps encore une catastrophe de plus en plus imminente.

Le commerce, qui seul pouvoit attirer des capitaux et suffire aux dépenses de ia guerre, n'offroit plus à Pise de ressources pour solder des armées. Florence, son heureuse rivale, n'en manquoit point, parce que son grand crédit lui en procuroit abondamment.

Les Pisans développèrent dans la crise fatale un courage digne d'un meilleur sort. Bloqués sur terre et sur mer, privés de Livourne que le maréchal de Boucicaut, gouverneur de Gênes, avoit occupé dès 1404, sous prétexte d'empêcher les Florentins de s'en rendre maîtres ils furent en 1406 contraints par la famine de subir le joug de leurs ennemis.

Un grand nombre de citoyens refusèrent de prêter serment aux vainqueurs, préférèrent l'exil au déshonneur et se retirèrent à Palerme et dans d'autres cités de l'Italie , où ils furent reçus avec distinction *.

Sans respect pour les souvenirs d'un éclat, d'une industrie, d'une habileté maritime, qui étoient un des plus grands titres de gloire pour la Toscane, le gouvernement de Florence, n'écoutant que sa haine et l'intérêt des commerçans dont il étoit composé, interdit aux Pisans toutes les branches d'industrie manufacturière et de commerce en gros.

Ce seroit m'écarter de mon sujet que de parler des tentatives par lesquelles les Pisans essayèrent plusieurs fois de secouer un joug que les vainqueurs appesantirent sans pitié 3 . Je

1 Pigootti, t. III, pag. 188. — * Tronci, ad ann. 1491. — * Pignotti, t. III, pag. 368. Fanucci, t. IV, pag. 188.

INTRODUCTION. Ixxxix

ne m'occupe des événemens historiques que dans les rapports avec le commerce; et depuis la catastrophe de 1406, celui de Pise se confond avec le commerce de Florence.

-• Pendant la grande prospérité de Pise et les guerres qu'elfe Ftoew*. soutint longtemps avec gloire, Florence s'élevoit , à l'aide de son industrie, de son économie, et sembloit croître pour la ruine d'une république dont elle fut d'abord l'amie et l'alliée fidèle 1 .

Peu de villes en Italie ont été agitées par les factions autant que le fut Florence. Cette prodigieuse activité des esprits qui causa tant de malheurs publics et particuliers sous les rapports politiques se portoit également vers le commerce et l'industrie , comme elle se porta plus tard vers la culture des lettres et des beaux arts; et ce n'est pas sans raison qu'on a pu dire que Florence étoit l'Athènes de l'Italie.

Le commerce ne cessa jamais d'être l'objet des soins du gouvernement et le but des efforts de toutes les classes des citoyens. Leurs premiers statuts municipaux nous les représentent divisés en différens corps de métiers, auxquels uppartenoit tout ce qu'il y avoit de plus distingué par la naissance et les richesses, et dont il falloit nécessairement être membre pour occuper des emplois publics *.

Une industrie si étendue rendoit indispensables des rapports avec les pays étrangers, tant pour recevoir les approvisionnemens des manufactures que pour en exporter les produits. La position topographique de Florence lui présentoit des obstacles qu'elle sut vaincre avec autant de persévérance que d'habileté 8 .

Dès le commencement du xm. e siècle elle s'étoit assuré un libre transit par la Lombardie 4 , les territoires de Bologne 5 , de Pistoie 6 , de Modène 7 , de Gênes 8 , et de toutes les villes de la Toscane dont elle étoit environnée 9 . Au xiv. e siècle elle jouissoit des mêmes avantages sur les territoires de Ravenne et de Faenze ,0 .

1 Tronc i , Annal» Pisam, ad un. 1 114 et 1 117. — * Pagnini, Délia décima, t. II, pag. 10, 11 , 83. — 3 Pagnini, t. II, pag. 19. — 4 Ammirato, Istorie Florentine, t I, pag. 65. — 5 Murât. Antiquit. ital. mei. avi, t. III, col. 453, 4à4. Storia di Bologna, pag. 605 et 606. — B Fioi a\ mu . Storia d\ l'is/oia , cap. xill, pag. 981. Ammirato, 1. 1, pag. 981. — 1 Mural t. II, col. 865 etseqq. — • Ammirato, 1. 1, pag. 158. — 9 Ammirato, t I, pag. 189 et 195. — 10 Pagnini, t. II, pag. 91 et 178.

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