INTR OD VCTI ON. XIX
constate que des rives de l'Euphrate les commerçans marchoient à l'orient jusqu'à Bactres [Balk], dans une direction qui, sauf quelques changemens dans les noms de lieux, ne diffère point de celle que je viens d'indiquer. De Bactres, on arrivoit à un point qui probablement étoit Badakhsban actuel, où deux routes s'offroient aux caravanes. Celles qui se disposaient à traverser la Tartarie et à se rendre à la Chine par sa frontière septentrionale, se dirigcoient au nord-est vers le pays qu'on nomme aujourd'hui petite Boukharie et l'Eygour, et sans doute suivoient la route précédemment tracée, ou quelque autre dans la même direction. Les autres caravanes oontinuoient de marcher presque en ligne droite vers l'est, à travers le Cashgar; et si leurs intérêts les appeioient du côté de l'Inde, elles pou* voient s'y rendre par la vallée de Kaschemir.
Ces voyages, dont la durée étoit d'environ six mois exposoient les voyageurs aux plus grands dangers, non seulement à cause de la difficulté des déserts qu'il failoit traverser, mais encore à cause de la férocité et des habitudes de brigandage des peuples dont on parcouroit le territoire. On voit cependant, par les relations des voyageurs, que les Tartares., accoutumés à réduire les étrangers en esclavage, protégeoient les marchands munis de passe-ports a . Au milieu des vastes steppes qu'ils habitoient dans des maisons ambulantes, ils n'étoient pas insensibles aux jouissances que le commerce peut procurer. Les étoffos.de soie, d'or et d'argent, de la Chine et de la Perse, servoient à leur habillement d'été; les pelleteries apportées de Russie et de Boulgar, à leurs vêtemens d'hiver 3 .
L'événement qui donna lieu à une guerre sanglante entre Gengis-khan et le roi du Kharizme prouve même que les Tartares prenoient part au commerce. Cent cinquante marchands chrétiens, musulmans et tartares, envoyés par Gengis-khan dans le centre de l'Asie, furent assassinés par l'ordre du gouverneur d'Otrar, qui s'empara de -leurs -«trésors : Gengis-khan tira vengeance de ce crime (outre le roi du Kharizme, qui refusoit satisfaction, et la victoire qu'il remporta fut le prélude des invasions des Tartares dans l'intérieur de l'Asie 4 .
* Monte-Corvino , ap. Wadding, Ann. Minor. t. VI, pag. "0. — * Vinceul de Béarnais. Spee. hitt. lib. m, cap. utxiu. — 3 Carpio, pag. 88 et 89. Rubruquu, pag. 13, 14 et 15. M. Polo, lib. i, cap. xlti.— * Àbulfaragc, Hisl. comp. i S na»t. trad. lat. de Pocooke, pag. 884.
XX INTRODUCTION
D'autres voies servoient à faire arriver dans les ports de la mer Noire, de l'Arménie et de la Syrie, les marchandises expédiées du midi et du centre de i'Asie. La nature invariable des lieux en indiquoit deux que j'ai déjà fait connoître avec quelques détails , t. I. cr , pages xliv et suivantes.
Le point de départ de la première étoit aux bouches de l'Indus; celui de la seconde, aux bouches du Tigre et de l'Euphrate.
Les marchandises de la Chine méridionale , de l'Inde , et même de l'Arabie, arrivées par les voies maritimes que j'indiquerai plus bas, au grand marché de Cambcth [Cambaye, dans le Guzarate] étoient conduites aux bouches de l'Indus, qu'elles remontoient tant qu'il étoit navigable. Des routes locales apportaient sans doute aussi dans les villes de commerce situées sur le cours du fleuve les productions de l'intérieur de Flnde. En quittant l'Indus, ces marchandises étoient conduites à Caboul ou à Gaznah , marchés anciens et célèbres sur la frontière septentrionale de l'Inde 2 ; en traversant le Candahar, le Tokaristan ou la Boukharie, elles parvenoient à la mer Caspienne par le moyen du Gihon [Oams des anciens]. Mais, lorsque les Tartares eurent détourné ce fleuve dans le lac Aral, cette direction dut être abandonnée, ou du moins peu suivie. Les marchandises furent alors conduites par des voies de terre, soit jusqu'à la mer Caspienne, soit sur la route qui traversoit l'Asie centrale au midi de cette mer, soit au nord en allant jusqu'au Volga gagner la route septentrionale que j'ai indiquée.
La seconde voie commençoit au golfe Persique, et les marchandises suivoient deux routes distinctes. On pouvoit les débarquer à Ormuz, à l'entrée du golfe 3 , où une route du midi au nord conduisoit, à travers le Laristan et le Kerman , à Ckiermain [Kerman], célèbre par ses turquoises 4 ; de là à Cobinam [Kebis] , anciennement construite pour favoriser le commerce entre la Perse et le Sedjestan *. Après avoir franchi un désert, on arrivoit à lasdi [Iezd], ville célèbre tant comme entrepôt et grand marché que par ses manufactures 6 . On pouvoit aussi, en traversant plus directement le désert, se rendre
' Sanuto, Sécréta fidei erucis, lib. i, part, i , cap. i. — * Abuifeda, Opus çengraph.ptç. 349 et 35t. — 3 M. Polo, lib. i.cap.xv. Otleric, «p. Bollami. 14 jan. pag. 987. — * M. Polo, lib. I, cap. un , xiv et xtu. — » M. Polo , lib. i, cap. xvui et xix.— • M. Polo , lib. i , cap. xii.
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de Kerman àlezd, sans passer par Kebis ». D'Iezd on trouvoit Caswin, située sur la route déjà indiquée qui traversoit l'Asie centrale au midi de ia mer Caspienne.
Le plus souvent, au lieu de prendre cette voie, qui n Y toit suivie que par les caravanes destinées à ia Perse, ou par des commerçans que leurs intérêts appeloient dans ce pays, les marchandises étoient conduites par la navigation à Bassora, située au fond du golfe Persique , à peu de distance du point où Je Tigre et fEuphratc tombent dans la mer *. Les dangers du goife Persique, le peu d'habileté des marins et la mauvaise construction des navires 3 , forçoient à faire une station. Dans le x. c siècle, c'étoit à Siraf 4 j ce port ayant été abandonné, file de Keish étoit devenue l'entrepôt des expéditions pour Bassora s .
Cette dernière ville recevoit aussi des marchandises par les caravanes qui traversoient la Perse de i'orient à l'occident , ou par celles d'Arabie °. De Bassora elles étoient portées, soit par des voies de terre, notamment à partir de Baldach [Bagdad] 7 , soit par la navigation du Tigre, à Tauris. Arrivées à cette ville, une partie étoit dirigée vers les bords de ia mer Noire au port de Trébizondc, et une autre vers la Méditerranée au port d'Ajazzo 8 . Un grand nombre de directions locales et moins connues s'embranchoient avec cette route, et par ce moyen les beaux tissus qui peut-être doivent leur nom de mousselines à la ville de Moxul [Mossul J où on les fabriquoit 9 , les riches étoffes de soie et d'or de Bagdad 10 et de la Perse, notamment celles d'Istakhar et d'Iezd, parvenoient aux commerçans d'Europe.
Les ports de Ja Syrie étoient aussi approvisionnés par le moyen des caravanes. Les unes, comme dans les temps les plus anciens, partoient de l'Arabie, et, suivant invariablement les directions dont les livres de Moïse indiquent les premières traces, traversoient la Palestine pour se rendre à Antioche". Les autres, partant de Bagdad, peut-être même de Bassora, traversoient avec des peines et des dangers inûnis les déserts de la Mésopota-
« M. Polo, lib. !, cap. xm. Oderic , ap. Bolland. H jan. pag. 987. — * Benjamin de Tudèle, pag. 300. M. Polo, lib. i, cap. vu. — 1 M. Polo, lib. i, cap. xvi. — * Ane. Relat. de* Inde», pag. io. — 6 M. Polo, lib. i, cap. vu. Sanuto, Sécréta fidel. crue. lib. i, part. I, cap. l. —
* Benjamin de Tudèle, pag. 900 et 911. Oderic, ubi suprà. — 7 M. Polo, lib. i , cap. vi. —
• Sanulo, ubi suprà. — » M. Polo, part, i, cap. VI.— »°M. Polo, lib. I, cap. vu. — " Alb. Acquens. Hut. Hieroiol. lib. xu , cap. vin.
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mie, et portoient les marchandises à Damas, Antioche, Alep, et dans les différens ports de la cote où ies commerçans d'Europe s'étoient établis l . Les succès des croisés ayant ouvert et en quelque sorte donné ces ports aux navigateurs européens , les communications par la Mésopotamie durent s'établir ou plutôt renaître telles qu'elles existaient autrefois.
Les deux Arménies, la Zorzanie [Géorgie], n'étoient pas seulement des lieux de transit et d'entrepôt pour faciliter les relations avec le nord, le centre et le midi de l'Asie : ces pays étoient habités par des peuples industrieux et de tout temps exercés aux opérations du commerce. On y cultivoit la soie, on y fabriquoit de riches étoifes *. Les Vénitiens et les Génois avoient obtenu dans la petite Arménie des privilèges qui leur facilitoient les communications avec les pays que je viens de nommer 3 .
Parmi les états que les Turcs avoient fondés dans l'Asie mineure, celui dlconium ou de Roum se distinguoit par la puissance de ses chefs, dont la valeur et l'audace avoient souvent été fatales aux croisés. Indépendamment des productions du pays, telles que la soie, et principalement l'alun, dont les manufactures d'Europe faisoient une grande consommation 4 , ies navires européens y chargeoient non-seulement des marchandises qu'amenoient les caravanes d'Asie 5 , mais encore celles qu'on y apportoit d'Alexandrie 6 . Les Vénitiens et les Génois y avoient obtenu la liberté du commercent la facilité de traverser le pays pour se rendre en Arménie et en Géorgie 7 . Les Marseillais y jouissoient sans doute des mêmes avantages. Rubruquis trouva des commerçans français à Iconium 8 , et les draps de France étoient un grand objet de commerce à Satalie 9 .
On ne peut se dissimuler combien les transports, par l'Asie centrale, des marchandises destinées à arriver aux ports de la Syrie, de l'Arménie ou de la mer Noire, étoient coûteux, soit par la longueur et la difficulté des voyages terrestres , soit par
1 Sanuto, Sécréta Jidel. erueis, lib. I, part. I, cap. I. — * M. Polo, lib. i, cap. v. — 3 Privilège» de 1 901 et de 1 945 au profit des Vénitiens , cite's par Marin , t. IV, pag. 1 55. Privilèges au profit des Génois, de 1901 et de 1388. Nouv. Mim. de l'Acad. des inscr. t. III , pag. 111. Notice* des manuscrits etc. , t. XI, pag. 19, 97 et suiv. — * Rubruquis, pag. 147. Pachyraere, Hist. M. Palœol. lib. v, cap. xxx. Duc. Michacl, Historia, pag. 71. — 6 Sanuto, ubi supra, lib. E, part. IV, cap. iv. — 6 Capit. naut.pro emporio Veneto, aun. 1955, cap. Lxxxi. Callaro.ap. Murât Rer. liai. Script, pag. 596. — 'Traites de 1 919 et de 1999, cités par Mario, l IV, pag. 946 et 950 — • Rubruquis, pag. 147.— » Pegolotti , «p. Pagnini, t. III, pag. 48.
INTRODUCTION. XXlif
les risques auxquels les caravanes étoient exposées. Nous verrons bientôt que les Européens pouvoient se procurer une grande partie de ces marchandises en Egypte : cependant, même aux époques pu le commerce avec ce pays fut le plus libre, les voies que je viens d'indiquer ne furent point abandonnées, parce que les souverains d'Egypte exigeoient dans leurs ports des droits considérables, qui compensoient ou peut-être qui excédoient les dépenses occasionées par les voyages à travers l'Asie; et même, s'il faut en croire quelques écrivains, les marchandises qui arrivoient au port d'Ajazzo étoient d'une meilleure qualité que celles qu'on achetait à Alexandrie
Le nord de l'Europe ne fut pas privé de toute participation à ce commerce. On a vu, t. I. er , page Ixxj, qu'antérieurement aux \ 1 1. et xm« e siècles les marchandises asiatiques , arrivées par différentes voies à F embouchure du Volga, se répandoient dans les pays situés à l'est et à l'ouest de ce fleuve , d'une part jusqu'à la mer Blanche, de l'autre jusqu'à la mer Baltique. Les itinéraires du xm. e siècle constatent la continuation de cet état de choses. Marc-Paul atteste que, de son temps, les jaspes de Ciartiam étoient portés à Ouchaca [ Uwieck] a , ville située sur le Volga, au-dessous de Bolgara ^Boulgar J 3 . Les Permiens venoient chercher les marchandises arrivées par ce fleuve, et donnoient en échange des pelleteries auxquelles les Chinois mettoient le plus grand prix. Les détails que donne sur ces pays le voyageur que je viens de citer, n'ont pu lui être fournis que par les commerçons qui les parcouroient 4 . La Rama , qui tombe dans, le Volga et arrose la Permie, servoit à conduire les marchandises à Tscherden et à Petschora; de là elles étoient transportées sur les bords de la mer Glaciale , où les Norvégiens les recevoient en échange des produits de leurs pêches, de leurs pelleteries, et de quelques matières premières qu'ils recueilîoient dans leur pays *.
Des voies plus faciles et plus multipliées servoient à faire parvenir dans les ports de la Baltique les marchandises asiatiques, à travers la Russie. Une partie de celles qui arrivoient
1 Sanuto . Sécréta jtdelium cruci». pari. I, iib. 1, cap. 1. — * M. l'olo, iib. 1, cap. xxxiv. Je ne dois pus dissimuler que plusieurs éditions substituent à Ouchaca le mot Cathajo, et que M. Marsdcn a corrige en ce sens le texte de Ramusio. — 3 M Polo, Iib. i, cap. i Abulleda, Opu* geogr. pag. 365. — * M. Polo, Iib. 1, cap. XLix; Iib. III, cap. xuv et xvr — * M. Polo, Iib. m, cap. xlv.
XXIV INTRODUCTION
à la mer Caspienne, remontoit ie Volga, l'Ocha et la Moscha, qui de i'occident viennent tomber dans le Volga; elle étoit ensuite dirigée sur Nowogorod 1 , marche fréquenté par les commerçans de Danemarck , de Suède et de Gothlande, long-temps avant que la ligue anséatique fût formée.
Les habitans de la Russie se rendoient aussi dans les ports de la mer Noire, où Ton a vu avec quelle affluence continuoient d'arriver les marchandises asiatiques. Rubruquis atteste qu'à l'époque de son voyage, au xni. e siècle, les Russes y apportaient des fourrures et d'autres productions de leur pays, en échange desquelles ils recevoient des tissus de coton, de soie, des épiceries *. Au xn. c siècle , les expéditions des Vénitiens pour ce pays étoient en pleine activité 3 , et ils avoient un consul à Soudak 4 .
Les marchandises asiatiques remontoient le Don et les rivières qui y affluent, et, par le moyen soit de la navigation intérieure 5 , soit de voies terrestres 6 , dont le défaut d'écrits contemporains ne permet pas d'indiquer les directions avec précision, elles arri voient au marché de Nowogorod.
Je ne dois pas néanmoins dissimuler que des écrivains distingués par leurs travaux historiques ont douté que le transport des marchandises asiatiques ait eu lieu de la mer Caspienne et de la mer Noire jusqu'aux bords de la Baltique 7 .
Mais il me paroît difficile de partager leurs doutes. Ces relations , attestées par des monumens des x. e et xi. e siècles, que j'ai fait connoître, t. I. er , page Ixx, par le grand nombre de monnoies arabes qu'on trouve dans ce pays, et que de savans académiciens du Nord attribuent aux opérations du commerce 8 , sont encore constatées par des écrivains et des monumens du xiv.* siècle : il est naturel de croire qu'elles ont subsisté pendant le temps intermédiaire, c'est-à-dire, pendant les xi.% xii. e et xiii.' siècles. Le commerce des pays littoraux de la Baltique avec la Russie n'est pas moins certain. On peut citer, entre autres preuves, un diplôme de 1 1 88, énonçant que les Russes venoient
1 Werdenhagen , De rebuspublicis Hanseat. part, iv, cap. XVIII. Dreycr, De inhumanojure naufr. pog. 177. — * Rubruquis, pag. 3, 4 et 10. — 3 Justiniani, Hitt. Venet. t. II, pag. 89. — * Marin, Storia Inc., L VI, pag. G9. — s Rubruquis, pag. 4, 7 et 53. — 6 Bchlœzer , Neuen Deutschcn Mcrkur , 1800, t. III , pag. 166. Sartorius, Ge*chichte de* Hatueatischen Bundet, t. I.* r , pag. 380 et auiv. — 7 Aurivilius , Duquisitio de nummi$ arabicis in Suegolhia repertis, inter Nova Acla soeiet. Upsal. t. II , pag. 79 et *eqq. — 8 Ebn Balouta, trad. latine de Kosegarteo , pag. 19. CbalcondjUa , Hist, pag. 69 et 70. Paul Jo*e, Script, rerum Moteov. pag. 119.
INTRODUCTION. XXV
à Lubeck, et que les commerçans de cette viiïe alloient en Russie Des documens historiques qui nous apprennent qu'un roi de Danemarck , en 1157, pilla une grande quantité de marchandises de Russie dans le port de SIeswick , ajoutent une nouvelle preuve*; car quelles pouvoient être ces marchandises apportées de la Russie, qui alors ne fabriquoit rien, sinon celles de l'Asie 3 ?
Les pays situés à l'occident de la mer Noire vers l'embouchure du Danube participoient aussi au commerce avec l'Asie : mais il sullit de donner cette indication; j'entrerai dans quelques détails à ce sujet lorsque je parlerai du commerce de l'Allemagne.
Le but de ceux qui entreprenoient les voyages dont je viens de tracer les directions, étant de se procurer les productions de la Chine et de l'Inde, je suis naturellement conduit à réunir les documens qui nous sont parvenus sur l'état de l'industrie et du commerce de ces deux pays.
Marc-Paul est le voyageur de cette époque qui nous a laissé le plus de détails sur la Chine, où un long séjour et des fonctions publiques 4 le mirent à portée de recueillir des notions exactes.
Cambalu [Pékin], dont le nom signifie la ville du Seigneur, étoit une ville immense, où il arrivoit une si grande quantité de marchandises, surtout de soieries et de pelleteries, qu'elles eussent sutli, suivant l'expression de l'écrivain, à la fourniture de l'univers 5 . Une partie de ces marchandises étoit apportée par le fleuve Pulisangan [Lu-keu-ho], qui tombe dans la mer Jaune 6 . Marc-Paul n'indique aucun port commerçant sur tout le reste du littoral jusqu'à Quanzu [Ilieu-tching], située vers l'embouchure du Caramoran [Hoang-ho], et dont le port étoit propre à contenir beaucoup de navires destinés au commerce et à des opérations de guerre 7 . Le grand canal qui de Pékin communiquoit à la Chine méridionale, rendoit sans doute inutile une navigation maritime dangereuse par ellemême. Ce canal traversoit le Caramoran, limite entre leCathay
1 VVesphal, Monum. ined. I. I,col. 1286. — * Lambert Alard, Rei Xordalbigentes , apud Wcsphal, Monum. ined. t. I, col. 1779. — * Voir, pour plus de détails, la dissertation de Rasmusscn, De Orientis commereio cum Russia et Seandinavia medio irvo , Hafnie, 1885. — «M. Polo, lib. i, cap. i. — 4 M. Polo, lib. il, cap. xvu. — 8 M. Polo, lib. H, cap. xxvn — 7 M. Polo, lib. u, cap. uv.