Permis d’imprimer et distribuer ce 21 septembre
Hsraclt,
De l’imprimerie de Louis Coigntrd, plaoe du Pont>Saint- Micbel.
Le grand Thomas était superbe à voir, debout, à côté de son singe, sur le char ou l’estrade qui lui servait de trône, avec sa taille gigantesque, plus grosse pourtant qu’élevée, le panache éclatant qui flottait sur son tricorne, son justaucorps à grandes basques et son gilet long, que bordaient une multitude de boutons entassés les uns sur les autres comme les perles d’un colüer, sa cravate blanche à nœud large et solennel, son épée avec la poignée à tête d’animal, sa plaque sur la poitrine, son visage grave, doux et vénérable, orné d’un beau nez aquilin*, débitant d’une voix mâle et forte ses éloquentes harangues.
C’était un personnage magnifique en toutes choses, et, dans certaines occasions importantes, il déployait le luxe d’un prince. Un jour qu’il alla rendre visite au roi à Versailles, on le vit défiler par les rues au milieu d’une pompe tout à fait orientale. Monté sur un cheval superbe qu’un valet conduisait par la bride, il était coiffé d’un bonnet en argent massif, ayant à son sommet un globe couronné d’un coq -, il portait un habit écarlate et un plastron d’argent, représentant un soleil si lumineux qu’on ne pouvait le regarder de face, et il défilait au milieu d’une escorte, salué par les acclamations du peuple.
Cet illustre empirique brilla sur le Pont-Neuf au moins pendant vingt-cinq ou vingt-six ans, c’est-à-