Dénombrement des auteurs, p. 40ô
3. Il existait auparavant, mais ce fut lui qui le consacra et lui donna le sens particulier qu’il a toujours eu depuis.
comparaison dans les auteurs du temps, des plus obscurs aux plus célèbres. Boileau a écrit* :
Toutefois à la cour lesTurlupins restèrent,
Insipides plaisants, bouffons infortunés.
D'un jeu de mot grossier partisans surannés.
C’est surtout de la poiute qu’il s’agit ici. Il n’est personne, du reste, qui ne comprenne tout de suite, aujourd’hui encore, la nature particulière de ce genre de plaisanterie qu’on appelle une turlupinade. On ne pouvait demander à Boileau d’en parler autrement qu’il ne l’a fait ; il nous apprend du moins toute la vogue obtenue par le célèbre farceur, puisque la cour elle-même se modelait sur lui et cherchait à copier son style. Ce qui prouve à quel point le mal était enraciné et jusqu’où, par conséquent, s’étendait la popularité du bouffon, c’est que Molière s’associa à Boileau pour combattre les Turlupins dans la personne des marquis. Ouvrez un bon nombre de livres du temps, ceux, par exemple, de Cyrano de Bergerac, de Le Pays, etc., et vous les trouverez remplis de turlupinades.— C’est de la gloire, cela !
Certes, ce n'est point à ces boutfons qu’il faut demander les grâces décentes, et les moins délicats sont forcés trop souvent de se boucher le nez et de fermer les yeux devant ces parades qui ont fait la joie de nos pères. Ils n’en sont pas moins les ancêtres plébéiens