‹ Tableau du vieux ParisChapitre 119 sur 138 · Dans les /oyetMefe» publiées par Techener · texte numérisé non relu

Dans les /oyetMefe» publiées par Techener

2. Lea frères Parfaict, Eistoire du Thedlre-François, t. V, p. 91 et suivantes.

En entrant à l’Hôtel de Bourgogne, Guillot-Gorju n’avait pas cessé d’appartenir à notre cadre, car il parait avoir figuré surtout dans les parades en plein air qui, aux origines de ce théâtre quasi forain, amassaient le monde à la porte. Un des principaux acteurs de ces parades, dont il était l’âme et le chef, est connu sous le nom de Gringalet. On a un petit livret ordurier, comme tous les échantillons qui nous restent de la littérature comique du temps : Débats et facétieuses rencontres de Gringalet et de Guillot-Gorju son maître, dédié à Jean Farine et revêtu de l’approbation de Gros-Guillaume et de Gaultier-Garguille. Ce livret, réimprimé en 1682 à Troyes, la grande officine de reproduction de ces joyeusetés populaires, renferme à peu prés les seuls renseignements que nous ayons sur Gringalet. C’était évidemment là un nom de guerre, le nom du type ancien qu’avait repris pour son propre compte le compagnon de Guillot-Gorju, et dans la peau duquel il s’était incarné *. Pour avoir le droit de porter un sobriquet aussi significatif, il fallait de toute nécessité offrir le physique de l’emploi, ce qui nous permet de conclure que Gringalet était

1. Noël du Fait, dans ses Contes d'Eutrapel (ch. xxiv, d’un apothicaire d'Angers), a mis en scène un bon compagnon du nom de Gringalet. Ce Gringalet, compatriote et contemporain de Pierre Faifeu, dont Bourdigné nous a transmis la drôlatique légende, a tout l’air de quelque suppdt de la basoche d’Angers, désigné par l’auteur sous son nom de farce.

un pauvre sire, maigre et chétif à laisser compter ses os par la foule.

A côté de Guillot-Gorju et de Gringalet, et pour compléter le trio par un bon contraste, s’étalait la large face du joyeux compagnon Goguelu. C’était là aussi un nom typique et obligatoire. Quelle qu’en soit la véritable étymologie, qui n’est pas notre affaire, il est certain que le mot désignait un personnage bien en point, de belle santé et de bonne humeur; il signifiait aussi un muguet, un mignon *. Le personnage de Goguelu ou Dodelu existait dans les farces : il semble même que Gros -Guillaume l’ait rempli parfois et ait été en personne désigné sous ce titre dans quelques circonstances. Mais ce fut surtout son successeur, celui qui aspira à le remplacer, qui se fit connaître sous ce nom en paraissant sur le théâtre côte à côte avec Guillot-Gorju, l’héritier de Gaullier-Garguille. Comme son modèle Gros-Guillaume, dont il devait reproduire en partie, et dans la mesure de ses forces, la puissante prestance, il s’enfarinait pour jouer la comédie ’, au lieu de se masquer comme Guillot-Gorju, et probablement aussi Gringalet, qu’on peut regarder comme le remplaçant de Turlupin.

Ainsi Guillot-Gorju, Gringalet et Goguelu étaient

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