‹ Tableau du vieux ParisChapitre 127 sur 138 · I.KS l'AllADKS · texte numérisé non relu

I.KS l'AllADKS

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La suivante : l'Amant femme de cliumbre el nourrice, où Bobèche remplissait encore le principal rôle, est fVune drôlerie tout à fait réjouissante, mais quelque peu crouslilleuse.ün ne peut demander aune parade la diLTiiité des tragédies de Racine. Ce n'est pas pourtant, Bobèche en soit loue ! que ni celle-là, ni aucune autre du livie, puisse se comparer à ces dégoûtantes parades de Collé, Salle, et auties contemporains de ï'Ennjclopédic , dont l’esprit patauge avec volupté dans l’ordure'. Non ; notre héros se re.'pecte davantage. Certes, je ne conseillerais à nulle jeune lillj de lire scs œuvres complèles; mais il faut reconnaître pourtant qu’il choppe beaucoup plus volontiers dans les plaisanteries scatologiques que dans les plaisanteries obscènes. Üb! par exemple, sur ce point, qui fut toujours cher à la verve déiéglée des jdlres, il s'en donne àcœur joie et sans rien épargner. Les délicats feront bien de ne pas lire la grande scène entre le caporal et Pierrot, dans Pierrot sentinelle perdue, ou la ronde Chil chil, à moins de se boucher herinétiquemént le nez. Et pourtant Molière et

1. I.e recueil de parades de ces messieurs (17.56,3 vol. in-12) conlienl les pièces qui amusaient la société blasée du duc d’Orléans. Le mot parades, dans l’esprit des auteurs, signifie simplement des neuvres d'ordre infime, au-dessous de la farce, et qui s’eirorcent de rivaliser par le slvle et la nature des plaisanteries, avec les productions des paillasses. Les deux lettres sur les parade.-', qui font partie du recueil, ne eoiilieiiiicnt aucun rcnseigneinent sur notre sujet.

LKS PAllADES.

Kegnard ne sont pas toujours beaucoup plus discrets que Bobèche sur la matière, et si vous étiez tenté de vous indigner contre le pitre du boulevard du Temple, 6 Athéniens, souvenez-vous d’Aristophane et de ses plaisanteries favorites !

L'Amant femme de chambre et nourrice met en scène un amoureux qui, pour se rapprocher de sa belle, se présente comme femme de chambre, et qui est forcé parle père,— le vieux Cassandre, un ladre fieffé, — de servir en même temps de nourrice au lils de madame Cassandre. On devine les situations qui en résultent, et le parti qu’en tirait Bobèche. Du reste, l’idée n’est pas t:ès-iieuve, et elle avait déjà été mise plusieurs fois au théâtre. C’est une réllexion qu’on fait à diverses reprises en lisant les pièces du recueil. Ainsi.encoro Tirlipiton, ou Arlequin honnîte homme invisible, reproduit le fond d'une amusante comédie de Brécourt : le Jaloux invisible, déjà mis en œuvre par Sallé dans une de ses parades : Ah I que voilà qui est beau! Il n’en faudrait pas davantage pour nous jirouver, quand même nous ne le saurions pas d’autre part, que le théâtre de Bobèche était alimenté par des auteurs en titre, dont l’illustre farceur se réservait seulement d’accroître etd’embellir les élucubrations drôlatiques, en ce qui le regardait, dans le feu de la représentation : « Jadis, lit-on dans la Petite chronique de Paris, les paillasses des boulevards se contentaient de réjouir les promeneurs au moyen de quelques gros bons

LES PARADES

mots échappés aux ivrognes de la Courtille et des Percherons ; mais depuis que les auteurs à prétentions travaillent pour la parade, le répertoire de ce théâtre peut soutenir avantageusement la comparaison avec celui de ses voisins. » El ailleurs: • Un habitué du boulevard du Temple parlait à Bobèche de la parade du Père enfant, en lui demandant si on ne la lui avait pas d’abord présentée. Il répondit fièrement, comme feu Beaumarchais : « J’ai refusé mieux que ça. — • Mais au moins la jouerez-vous gratis? — Pas si ■ bête *. »

Le petit théâtre devant lequel se montrait Bobèche n’avait assurément nulle concurrence à redouter pour la parade. Il eût suffi à lui seul pour assurer une victoire éclatante à V Académie des singes savants, comme il avait désigné son spectacle par une inscription en gros caractères * ; mais elle avait encore Galimafrée, ou du moins elle Peut pendant un certain temps, car les deux célèbres pitres, parfois séparés, jouèrent souvent ensemble sur les mêmes tréteaux et dans le même ouvrage.il est probable que Gringalet fit également partie de cette troupe incomparable, car une pièce du A^ouueau théâtre des boulevards nous le montre en scène avec Galimafrée. C’est une farce au gros sel, qui porte le titre caractéristique de Gringalet homme de lettres et Galimafrée homme d'esprit.

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