‹ Tableau du vieux ParisChapitre 13 sur 138 · Rapportée parSavaron dans son Traité contre les masques · texte numérisé non relu

Rapportée parSavaron dans son Traité contre les masques

2. C'est probablement à cause de l'usage de ces masques ù barbe qu’on trouve quelquefois ces fêtes désignées sous le nom de barbaloires.

ET EES CON*lU;iUES.

(les échafauds, et se promenaient sur des cliars découverts, en faisant assaut de grimaces, d’altitudes et de cris bestialement bouffons.

L’Epiphanie avait aussi sa large part de ces indécences, et fermait dignement ce cycle de folies. Elle disputait à la Circoncision l’honneur d’être la date privilégiée de ces saturnales, et de ramener les excès auxquels on réservait plus particulièrement le nom de fête des Fous ou des sou-diacres h L’Église, par la voix de ses pasteurs et de ses conciles, ne cessa de tonner contre de tels abus, qui s’étaient répandus par tout le royaume, <à Aix, à Chartres, à Reims, à Châlon-sur-Saône , à Viviers, à Évreux, à Sens, à Lisieux, etc., et jusque dans les monastères. Ce ne fut pas l’affaire d’un jour d’abattre cette coutume, cà laquelle tenaient également le peuple et les clercs subalternes, et que certains vieux théologiens, nous apprend Gerson , défendaient même contre l’indignation des esprits sévères et vraiment pieux. En 1198, l’évêque Eudes de Sully n’essaya pas de l’abolir, mais simplement de la régler et delà reslreindre, spécialement dans la partie de celte fête qui avait la rue pour théâtre,

1. Voir, sur la matière, Du Tilliot, Mémoires pour servir à l’hist. delà fête des Fous . — I.ebcr, CoUect. des meilleur, dissertât, relatives àl'hisl. de France, t. IX et X.— Deslyons, Discours cccle'siast. contre Je paganisme des totjs delà fève et du roy boit . — L’abbé Thiers, Traité des jeux et divertissem., ch. xxxiii. — Savaron, Traité contre les masques (1611). — Ducange, Glossarium, art. Kalend.e, Fkstum fatuorum, etc. — Félibien etLobineau, Xi I", p. 224 et 500, etCi, etc.

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eu défendant d’amener à l’église et de lecondinre chez Ini l’évêque des Fous, comme on le faisait jusqu’alors, en procession et avec des chants Une sériededécrets prohibitifs rendus par un grand nomlire de synodes et de conciles prouve qu’elle dura, sous une forme affaiblie, mais sans avoir au fond changé de nature, jusque vers la fin du xvi' siècle.

La fêle des Fouj, avant de disparaître définitivement, commença par essayer des compromis et des concessions; elle abandonna le sanctuaire et le temple pour se réfugier sous les porches, sur les parvis, dans les cimetières. Ce fut là que la prit le théâtre, qui est né chez nous de ces représentations liturgiques, dont il recueillit l’héritage , sans d’abord le transformer beaucoup. Le roi de la Basoche et surtout le prince des Sots, plus tard, semblent être nés de ce pape ou abbé de la Folie, dont ils sont des imitations évidentes. En particulier, le rôle, le costume et jusqu’au nom du prince des Sots rappellent l’évêque des Fous, et c’est surtout dans les joyeuses sociétés de province, telles que la .Mère folle de Dijon, les Conards d’Evrou.x, les Cornuyaux de Douai, les compagnies du roi de l’Épinellc, du prince de l’ihrille, de Vabbê de l'Eseache, etc., etc., que la ressemblance va, pour ainsi dire, jusqu’à la confusion, si bien (ju’il devient impossible de distinguer le point précis

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