‹ Tableau du vieux ParisChapitre 131 sur 138 · Tome II, p. 473, noie, édit, de · texte numérisé non relu

Tome II, p. 473, noie, édit, de

DANSEIUS dp: coude

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sous le règne de Louis XII, par le funambule George Menustro : c’était un jeune homme qui, deux soirs de suite, exécuta les gambades les plus audacieuses, les danses en vogue, les moris(/ufis les plus échevelées, sur une corde à vingt-six toises du sol, qui allait de la grosse tour du château de Mâcon jusqu’aux clochers des Jacobins, et à laquelle, de temps à autre, il se suspendait par les pieds ou par les dents.

Que nos grands acrobates du xix' siècle ne soient donc pas trop fiers : leurs ancêtres les valaient bien. Blondin a traversé sans balancier la cataracte du Niagara ; était-il beaucoup moins difficile pour l’époque, et vu l’état peu avancé delà civilisation, de traverser Mâcon en se cramponnant à la corde par la force de la mâchoire, ou de se laisser glisser du haut des tours de Notre-Dame jusqu’au Pont au Change avec un flambeau à chaque main?

A la fin du xvi“ siècle, un illustre acrobate. Italien d’origine, Archange Tuccaro, consigna dans un ouvrage curieux le grave résultat de ses méditations pratiques sur son art. Né à .âquila, dans les Abruzzes, il avait suivi en France Elisabeth d’Autriche, fille de Maximilien, mariée à Charles IX. Il eut l’honneur de danser à Mézières devant la cour, etd’accompagner dans son voyage en Touraine le jeune souverain qui, charmé de ses talents, lui décerna le titre de Sallarin du roi. Enivré d’un tel honneur, Tuccaro fit imprimer trois (liahdites de l' exercice de saider et vollifier en l’air,

ET SAUTEURS

4 or)

avec des figures (Paris, 1599, in-4“), composés, dit-il, pour plaire à son maître, « qui étoit désireux au possible de s’exercera ces sauts périlleux, èsquels j’avois l’honneur de lui servir de maître. » Charles IX était mort depuis longtemps, mais Tuccaro, qui avait la conscience de sa valeur, et qui se glorifiait d’avoir eu un Valois pour élève, n’hésita pas à dédier son livre à Henri IV.

Néanmoins le xvi* siècle ne semble pas avoir produit, à Paris même, de funambules comparables au Voleur et au Génois. George Menustre était peut-être un étranger : en tout cas, nous ne voyons nulle part qu’il se soit montré à Paris. [On dirait que le grand art, en se popularisant, s’était abaissé, qu’il avait perdu en hauteur ce qu’il avait gagné en étendue. La danse de corde était devenue un spectacle vulgaire, prodigué dans toutes les rues et sur toutes les places publiques, et elle semblait vouloir courber sa vieille gloire sous le niveau uniforme d’une médiocrité banale. Un auteur contemporain de Henri II parle avec enthousiasme d’un Turc qui, marchant sur une corde avec un bassin ‘, se laissait tomber sur une autre tendue plus bas, où il faisait mille tours de son métier. On avait déjà vu mieux , et on ne devait pas tarder à voir mieux

1. A quoi servait ce bassin? Je l'ignore, et ne fais que transcrire Sauvai, qui cite son auteur, sans le désigner plus nettement.

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