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chez lui pour se montrer par les rues. En conséquence, toutes ces solennités chai'mantes qu'on a reléguées aux villages : les Rogations , la Fête- Dieu, etc., Paris les avait, et Paris les garda longtemps.
Jusqu’à la Révolution, on portait en cérémonie le viatique aux mourants : le prêtre se plaçait sous un dais, que précédaient un porte-lanterne, un portesonnette et un bedeau. Aux tintements de la sonnette, le peuple s’agenouillait, les fiacres et les équipages s'arrêtaient dans la rue, et si le mourant était nne personne de condition, toute la domesticité et souvent les maîtres de la maison s’armaient de flambeaux pour recevoir le prêtre sur le seuil. En racontant l’administration du viatique à la reine Marie- Thérèse, dont la vie fut en danger à la suite d’une de ses couches, madame deSévigné écrit, dans une lettre du 19 novembre IGGi : « Ce fut la plus magnifique et la plus triste chose du monde de voir le Roi et toute la cour, avec des cierges et mille flambeaux, aller quérir et reconduire le Saint-Sacrement. 11 fut reçu avec une autre infinité de lumières h » Quand le guet croisait le cortège, il l’accompagnait jusqu’à l’église, la baïonnette au bout du fusil. Un jour, Louis XV, revenant du Palais-de- Justice, rencontra le viatique au bout du Pont-Neuf; il descendit de
1. Voy. aussi, pour plus de détails, la Gazette du 22 novembre 1004.
ET LES CONFRÉniES.
son carrosse, se mit à genoux dans la boue, et le prêtre sortant de dessous le dais, lui donna sa bénédiction, aux acclamations du peuple'.
Notre-Dame faisait en grande pompe, avec ses quatre filles *, les processions des Rogations, et dans le cours de cette cérémonie, le clergé portait un immense dragon d’osier, contourné, hideux, menaçant, en souvenir sans doute de la bête farouche dont saint Marcel avait délivré Paris. Le peuple s’amusait à jeter des fruits et des gâteaux dans l’immense gueule du monstre. Ce fut vers 1730 que cet usage bizarre prit fin , mais la procession continua de se dérouler chaque année dans le cercle étroit où elle avait dû se renfermer, depuis que la trop grande extension de la ville l’empêchait d’aller jusqu’aux champs®.
La Fête-Dieu se célébrait également par les rues de Paris au milieu d’un appareil extraordinaire, et le dimanche de l’Octave, elle recommençait dans la matinée avec tout autant de magnificence. Celte procession était accompagnée quelquefois, comme beaucoup d’autres, de représentations et de mystères. On voit dans les Recherches des Théâtres de
1. Mercier, Tableau de Paris, t. IV, p. 82, édit. d'Amsterdam, 1782.
2. C’est-à-dire les quatre églises relevant du chapitre métropolitain : Saint-Etienne-des-Orès, Saint-Merry, Saint-Benoît et le Saint-Sépulcre. (Sauvai, t. I", p. 370.)