‹ Tableau du vieux ParisChapitre 17 sur 138 · Journal de I.'Estoile. (Collecl. Michaud, t. XV, p · texte numérisé non relu

Journal de I.'Estoile. (Collecl. Michaud, t. XV, p

LES COm’OnATIONS

Au xviii® siècle, le Mercure de France et les autres recueils abondent en détails sur les reposoirs merveilleux que l’on construisait en certains endroits, comme celui de la porte Saint-Michel, en 1735, véritable monument artistique, d’une architecture grandiose, figurant un arc do triomphe colossal de 76 pieds de large sur 55 de haut, avec une multitude d’ornements et de dorures, un grand luxe de colonnes et de bas-reliefs. Il serait facile de citer un grand nombre d’autres exemples semblables ; ceux-là suffisent. Les reposoirs faisaient l’occupation et l’orgueil de toute une rue, de tout un quartier, et les splendeurs réunies de la richesse et de l’art concouraient à l’édification de ces monuments éphémères, qui ne duraient qu’une heure, mais qu’on voulait rendre dignes du Dieu auquel ils donnaient l’hospitalité.

Le soir, les enfants reprenaient la fête pour leur propre compte, et dressaient partout de petites chapelles, mais d’un aspect plus riche que ces tables mesquines chargées de faïences informes, qu’élèvent aujourd’hui les gamins de Paris à chaque coin de rue. « Ils ont, écrit Mercier*, des chandeliers de bois, des chasubles de papier, des encensoirs de ferblanc, des dais de carton, un petit soleil d’étain. L’un fait le curé, l’autre le sous-diacre. Ils promènent l’hostie en chantant, disent la messe, donnent la

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