Sauvai, t. II, p
LIS r.ORPnHATION’S
Celle digression nous a un moment éloigné de notre sujet ; il est temps d’y rentrer.
Je ne m’étendrai jias sur la grande procession septénaire de l’abbaye de Saint-Denis à celle de Montmartre. Dans l’origine, l’abbaye de Saint-Denis en faisait tous les ans une pareille, mais en se dirigeant chaque fois vers un but différent, et de façon à ce que le cercle entier recommençât au bout de la septième année. Par la suite, on ne garda que la procession de Montmartre, où, suivant la tradition, le patron de l’abbaye avait jadis souffert le martyre. Elle avait lieu le 1" mai, tous les sept ans, avec une pompe extraordinaire, au milieu d’une affluence sans bornes, qui formait le plus imposant cortège. Les dames de l’abbaye de Montmartre envoyaient tous leurs prêtres au-devant jusqu’à Glignancourt, où il y avait un temps d’arrêt, pendant lequel on encensait solennellement le chef de saint Denis et les assistants. Le cortège reprenait ensuite sa marche jusqu’au terme, et le retour s'accomplissait de la même façon '.
Le lendemain du jour où il avait failli être brûlé dans une mascarade, Charles VI, accompagné de tous les princes du sang, fît un pèlerinage solennel à l’abbaye de Montmartre *.