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Mais pendant les deux derniers siècles, le pèlerinage le plus en faveur aux portes de Paris, le plus fréquenté des grands et du peuple, fut celui du mont Valérien, qui n’esl plus guère aujourd’hui qu’un diminutif de la butte Montmartre, depuis qu’un fort a remplacé l'église, et que les missionnaires ont disparu devant les fantassins de l’armée française. 11 y avait environ quatre cents ans qu’un ermitage était établi sur la montagne quand un saint prêtre, nommé Hubert Charpentier, forma le projet d’y élever un calvaire. Après avoir surmonté tous les obstacles pour entrer en possession du terrain, il commença par planter trois grandes croix, comme on avait déjà fait avant lui sous le règne de François I"; il y joignit une église et une maison de retraite , et, en février 16i0, il obtint de Louis XIII des lettres patentes, enregistrées au Parlement, qui autorisaient une congrégation de prêtres au mont Valérien. Bientôt des princesses et des grands seigneurs voulurent contribuer à l’œuvre : la princesse de Condé, la première, fit bâtir une chapelle; la princesse de Guéménée, madame de Guise, abbesse de Montmartre, le duc de Joyeuse, le marquis de Liancourt, etc., ne tardèrent pas à suivre cet exemple, et la grande croix se trouva entourée de sept chapelles, dans chacune desquelles on représenta l'un des mystères de la Passion, en groupes de physionomie expressive et de grandeur naturelle. .Ainsi se déroulaient successivement les
LES r.nnpnr.ATiONs
stations de Jésus au jardin des Oliviers, devant Caïphe, flagellé, couronné d'épines, condamné à mort, portant sa croix et crucifié. La huitième station était formée par la croix de la grande place, plantée dans le roc; la neuvième représentait l'ensevelissement de Jésus, dans l'église, derrière le chœur; et la dixième, le tombeau du Christ, dans une chapelle souterraine. Les gravures qui nous ont conservé le souvenir de ces stations semblent annoncer en plusieurs d’entre elles un assez grand mérite artistique ’.
A peine fondé, ce calvaire fut en grande vénération. On vit Marie-Thérèse d’Autriche et la reine mère se confondre avec le peuple et se dépouiller de toute marque de grandeur pour y venir en pèlerinage ; elles s’inscrivirent de leurs propres mains sur le registre de la confrérie de la Croix, établie dans l’église du mont Yalérien. L'afduence ne cessait guère durant toute l’année, mais elle redoublait encore dans la semaine sainte, et dans l’octave de l’Exaltation de la Croix, où tous les curés de Paris s’y rendaient avec leur clergé et une multitude de leurs paroissiens
En 1607, les pèlerinages qu’on avait coutume de faire dans les nuits du jeudi et du vendredi saints, amenèrent de tels désordres, que l’archevêque de
1. Pèlerinage du Calvaire sur le mnni Valérien, pnr de Ponfliriand, 1768, in-18.