Bourdigné, Légende de maistre Pierre Faifeu, ch. ix c
SXVIII.
DE LA DASOCHE.
leur assigner des dates fixes; en outre, les basochieus étaient convoqués aux grandes réjouissances publiques, et donnaient leur spectacle aux entrées des souverains, aux cérémonies des mariages royaux, aux cours plénières, etc.
Avant Louis XII, la Société n’avait pas d’endroit fixe pour ses représentations. On voit, par divers arrêts du Parlement, qu’elles avaient lieu parfois au Palais, parfois dans des maisons particulières, ou encore à la Saulsaye, c'est-à-dire dans un vaste pré sur la rive gauche de la Seine, qui leur fut concédé par la suite, et qui est plus connu sous le nom de Pré aux Clercs *. Louis XII, dans sa bienveillance pour les libertés du théâtre , persécuté j)ar ses prédécesseurs, accorda aux basochiens le privilège exclusif et perpétuel de jouer sur la grande table de marbre du Palais, qui servait aux festins somptuaires donnés par les rois de France, lorsqu’ils tenaient cour ouverte. Les basochiens y avaient joué déjà, mais par occasion, et non d’une façon permanente; elle devint dès lors leur propriété particulière. Les frais des représentations, suivies d'un grand festin, étaient couverts par des souscriptions, des taxes imposées auxbéjaunes et des dons spéciaux du Parlement.
Quand la Société Jonnait ses jeux au Préaux Clercs, c’était probablement en plein air et en plein soleil.