‹ Tableau du vieux ParisChapitre 36 sur 138 · V. ie Cérémonial français, p · texte numérisé non relu

V. ie Cérémonial français, p

KT LKS ENFANTS SANS SOtîCI. 101

lit, en effet, dans les comptes de dépenses de François 1" : « A Jehan de l’Espine du Pont-Alletz, dit Songe-Creux, qui a par cy-devanl suivy ledit seigneur avec sa bande, et joué plusieurs farces devant luy, — en don 225 livres tournois. »

Peut-être sera-t-on tenté de chercher un autre argument dans le conte si souvent cité, où Fauteur des Nouvelles récréations et joyeux devis nous montre Pon t- Alais faisant tapage en un carrefour pendant un sermon, et, par-devant la foule, coiffant de son tambourin crevé le prédicateur qui était descendu de chaire pour le venir gourmander dans la rue. Mais il y a cent raisons pour une de récuser la conséquence qu’on voudrait tirer de cette peu authentique anecdote, qui a toute la mine à' une gaudriole inventée pour le plus grand ébaudissement des protestants et des libres penseurs de l’époque. Nous n’en donnerons que deux, qui sont péremptoires : d’abord il n’est nullement certain qu’il s’agisse ici vraiment de Pont- Alais, et non d’un autre baladin quelconque, peut-être d’un simple saltimbanque de place publique, — car Bonaventure Desperriers, si peu scrupuleux qu’il soit en fait de vérité historique, n’affirme nullement le nom de son héros ’, et d’Aubigné, qui rapporte aussi ce trait dans le Baron de Fœnesle (1. II), n’a pas

1 , « On dit du mesme Pontalais un compte, que d'autres attribuent à un autre ; mais quiconques en soit l'auteur, il est assez joly. »

LES SOTS

même désigné Pont-Alais. Ensuite, on n’a pas sulfisamment remarqué que, d’après le récit de Desperriers lui-même , qui le dit en propres termes, il ne s’agissait pas alors d’une représentation, mais d’une montre, c’est-à-dire de la promenade où l’on annonçait la représentation. — C’est donc un peu légèrement, on le voit, que les frères Parfaict, s’appuyant sans doute sur les passages que nous venons de citer, se sont servis des mots : en place publique \ pour caractériser les représentations des Enfants sans souci. Quelle que fût l’érudition spéciale des frères Parfaict, ils se sont trompés plus d’une fois, et une assertion, d’ailleurs si vague , n’est point une preuve.

On pourrait invoquer aussi une ordonnance du prévôt de Paris, datée du 14 septembre 139.5. Il paraît que, dès cette époque, les histrions et baladins populaires devançaient déjà les futures attaques de Gringore contre le souverain-pontife Jules II, car ce magistrat dut faire proclamer par les rues l’arrêté suivant: • Faisons défense à tous dicteurs, faiseurs de diz ou de chansons, et à tous autres ménestrels de bouche et recordeurs de diz, de faire ou chanter, en places ne ailleurs, aucuns diz ou rhymes qui facent mention du Pape, etc. » Les Sots et Enfants sans souci sont peut-être compris dans les termes généraux de l’ordonnance. S’il en était ainsi, les mots

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