‹ Tableau du vieux ParisChapitre 4 sur 138 · T. II, Dibl. imp., mss., fonds de La Mare · texte numérisé non relu

T. II, Dibl. imp., mss., fonds de La Mare

L’-.S COnPORATIO-NS

truments et aux acclamations de son peuple La fête de l’Epiphanie était solennisée avec une pompe toute particulière par les corporations dont les chefs avaient titre de rois; ces derniers, la couronne sur le front et le sceptre en main, escortés de leurs officiers, se promenaient par les rues à la tête de leurs sujets. Le royaume des merciers, par exemple, célébrait cette procession tout comme celui de la Basoche, dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

Charles YI voulut que les juiés-crieurs fêtassent leur patron, saint Martin le Bouillant, avec une pompe proportionnée à l’importance de leur communauté. Les maîtres devaient figurer à la procession, coiffés de ces chapeaux de roses qui étaient une mode au moyen âge parmi les classes riches et élevées *, et l’un d’eux portait le bâton de la confrérie. Quand un crieur (ou sa femme) venait à mourir, il était sûr d’avoir à ses funérailles tous les honneurs qu’eût pu

]. P. Lacroix, Curiosités de l'histoire de France, p. 25.

2. Cet usage dans les cérémonies publiques des corporations et confréries était trés-répandu. On lit dans le Journal d'un bourgeois de Paris sous Charles VI, à la date de 1418 ; t Le peuple s’avisa de faire, en la paroisse Saint-lluistasse (Saint- Euslache), la confrairie Saint-Andry :. . . qui s’y mettoit avoit un chaperon de roses vermeilles, et tant s’y mist de gens do Paris que les maislres de la confrairie disoient qu’ils avoient fait faire plus de soixante douzaines de chappeaulx. . . Pou y avoit homme, prestre, ne autre, qui n’eust en sa teste chapjieau de roses vermeilles, et sentant tant bon, comme s’il fust lavé d’eau rose. »

KT LES COM’lUaULS. I 1

souhaiter un riche bourgeois, possédant pignou sur rue, et syndic de sa corporation ; bien des grands seigneurs même ne réunissaient pas autour de leur cercueil la même affluence que l’humble artisan qui avait passé sa vie à crier du clairet et du vin de sauge devant les tavernes. Tous les confrères assistaient aux obsèques, revêtus de leur costume officiel. Le corps était porté par quatre d’entre eux ; deux suivaient par derrièi’e, l’un tenant un hanap et l’autre un pot rempli devin. Les autres marchaient devant, agitant leurs sonnettes. A chaque carrefour, le cortège s’arrêtait, on déposait le corps sur des tréteaux, puis le hanap était rempli jusqu’au bord; les porteurs buvaient les premiers, et l’on offrait ensuite à boire il tous les assistants. Quiconque voulait sa part n’avait qu’à s’approcher. On juge si la populace y manquait *.

Les maîtres orfèvres, en 1449, s’associèrent pour présenter un’ mai chaque année à Notre-Dame. Ils venaient le planter à minuit devant le portail de l’église, le l"mai, et choisissaient deux princes, renouvelés tous les ans, pour faire les frais de la cérémonie. Puis ils établirent une confrérie de Sainte-Anne, et décidèrent que les quatre maîtres de cette confrérie seraient chargés de l’administration de la fête. Le

1. Ordonnance de 1415.— Lii-rc des mclkrs, d’Kt. Boileau introduction de Deppifig.

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