Da cierge que Notre-Dame de Rochemadour envoia, etc
certitude avant le xi« siècle ; mais, à partir de cette époque, elle apparaît fréquemment. Quand les jongleurs représentèrent leur patron , saint Genest, en habit de ménétrier, sur la façade de l’église de leur corporation, ils ne trouvèrent rien de mieux que de le figurer dans l’attitude d’un homme qui joue du violon. Le manchede cet instrument, comme celui du rebec, se terminait souvent par une figure grotesque, qui remplissait assurément son rôle dans les représentations données par le jongleur.
Notre vielle actuelle s'appelait alors symphonie^ {ciphone, chiphonie, cyfoine). C’était un instrument inférieur, réservé aux ménestrels du plus bas calibre, plus mendiants qu’artistes, et spécialement aux aveugles :
Aveugles chiphonie aura,
dit Eustache Deschamps. On lit dans la Chronique de Duguesclin^ 'que le roi de Portugal avait deux ménétriers qu’il vantait beaucoup. Il les fit venir un jour devant le chevalier Mathieu de Gournay, et ils jouèrent de la cyfoine; mais celui-ci se moqua d’eux, en disant qu’en France et en Normandie les eyfoines ne se trouvaient entre les mains que des mendiants
1. C’est l’opinion qui a prévalu : d’après quelques citations rapportées par Ducange, la symphonie eût été, au contraire, un instrument à vent, ou une espèce de tambour, percé dans le milieu comme un crible, et qu’on frappait des deux côtés avec des baguettes.
et des aveugles, et qu’on les y appelait des inslrumcnls truands.
Parmi les instruments à vent, nous citerons la trompe^ espèce de trompette longue ; la bosine, buccine ou buisine, trompette analogue à la nôtre, tantôt en métal, tantôt en corne ou en ivoire, et habituellement recourbée. La buccine d’ivoire s’appelait oliphant. La saquebutte correspondait à peu près à notre trombone : elle avait huit pieds, et jusqu’à quinze quand elle était tirée de toute sa longueur L II y avait des variétés infinies de cors et de cornes, comme de trompes: il est souvent question du cor sarrasinois , sans doute rapporté d’Orient, espèce de clairon d’un son bruyant et vigoureux. Tous ces instruments étaient surtout mibtaires, et devaient être particulièrement réservés aux jongleurs des armées, quoiqu’on les employât parfois aussi à d’autres usages, et môme à faire danser, comme on le voit pour le cor sarrasinois dans le Roman de la Rose. Quant aux orgues, il y en avait de portatives, mais trop incommodes pour être très-usitées. Les jongleurs populaires employaient de préférence la muse ou cornemuse et la chevrette ou musette, avec leurs variétés diverses, qu’on trouve désignées sous le nom de chalemie, bombarde, fagot, douçaine ou doulcine; mais surtout la flûte et le flajos ou flagcl, c’est-à-dire