‹ Tableau du vieux ParisChapitre 49 sur 138 · Nouvelle X MX · texte numérisé non relu

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ET MÉNESTUELS POPULAIRES. 1 '|7

donnait vulgairement le nom de tabourineurs aux jongleurs et ménétriers debasaloi. Il est probable que Jean le laboureur, ménestrel du xm“ siècle, était lui aussi un pauvre diable sans feu ni lieu, sans sou ni maille.

Ce discrédit alla toujours s’accroissant et il s'est perpétué jusqu’à nous. Qui ne connaît ces estampes où Callot a représenté les chanteurs-mendiants du xvii“ siècle , successeurs des jongleurs aveugles du moyen âge, jouant de la vielle avec une mine lamentable? Et qui n’a vu aujourd’hui, surtout dans les campagnes, ces montreurs d’ours et de singes savants, non moins légitimes héritiers des jongleurs, qui font danser leurs bêtes au double son du tambour, frappé de la main droite, et de la flûte à deux doigts dont ils jouent de la main gauche ?

Les jongleurs, dans leurs concerts, produisaient parfois des effets étonnants, dont les chroniques, romans et poëmes rendent unanimement témoignage. Ils s’étudiaient surtout à « mener grant noise et grant tabarois... si qu'ils faisoient terre trembler. » Cet éloge revient à chaque instant. Ils imitaient sur leurs vielles , leurs flûtes et leurs tabourins la voix de l’homme, les cris des animaux, le bruit de l’orage, le grondement du fleuve ou du tonnerre, les chants des oiseaux. Parfois, dans les aubades, les mascarades, les charivaris donnés aux veuves qui se remariaient, les jongleurs, revêtus do déguisements

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