Pantagruel, Hv. IV, ch. xui
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s’applique aune ville de province; mais, sans aucun doute, les choses se passaient parfois à peu près do même à Paris. Nous avons, du reste, un document détaillé qui nous dispense de recourir à des inductions toujours plus ou moins vagues ; c’est la description du cry et de la montre qui eurent lieu le IG décembre 1540, avant la représentation du Mystère des Actes des Apôtres, par les frères Gréban, afin d’annoncer la pièce et de recruter des acteurs de bonne volonté'. Voici quels étaient l’ordre et 'la composition du cortège.
D'abord marchaient six trompettes, ayant à leurs instruments des banderolles aux armes du roi, — et parmi eux le trompette ordinaire et le crieur juré de la ville. Puis un grand nombre de sergents et d’archers du prévôt de Paris, vêtus de leurs hoquetons paillés d’argent, aux livrées et armes tant du roi que du prévôt. Ensuite beaucoup « d’officiers de sergents de ville, tant du nombre de la marchandise que du Parloir aux bourgeois*, vestuz de leurs robes myparties de couleurs de ladicte ville, avec leurs enseignes, qui sont des navires d’argent. » Après, deux hommes establis pour faire la proclamation, avec des sayes de velours noir, « portans manches perdues de satin de trois couleurs, assavoire jaulne, gris et
l Ilist. du Th. franç., par les frères Parfaict, t. II, p. 345-350. 2. Le Parloir au.r bourqeois est le précurseur de l’Hétel de Ville.
DKS MYSTÈRES. l‘Jl
bleu, » les deux directeurs du mystère, Tuii ecclésiastique, l’autre laïque, « vestuz honnestement, » les quatre entrepreneurs, • vestuz de chamarres de taffetas armoysin et pourpoinctz de velours, le tout noir. » Il n’est pas besoin de dire que le cortège entier était à cheval. Par derrière s’avancaient quatre commissaires du Châtelet, montés sur des mules garnies de housses, puis un grand nombre de bourgeois en ordre, marchands et autres, » tant de longue robbe que de courte. » A chaque carrefour la troupe s’arrêtait, et deux des entrepreneurs s’en détachaient pour se joindre aux deux hommes spécialement chargés de la proclamation. Les six trompettes sonnaient par trois fois; et, après une nouvelle fanfare, exécutée par le trompette ordinaire de la ville, les quatre personnages nommés ci-dessus criaient de tous leurs poumons la longue proclamation qui nous a été conservée. Elle est tout entière en vers bizarres, où les jeux les plus puérils du rhylhme se donnent pleine carrière, comme dans les poésies cquivoquées de Crétin, et nous n’avons pas le courage d’en citer une seule strophe.
Même lorsque les mystères eurent disparu devant la comédie, lorsque les Confrères délaissés eurent cédé la place aux Agnan, aux Valeran Lecomte et aux Gaultier-Garguille, il est probable qu’il resta, pendant un certain temps, quelque chose de la vionlre et du cri dans les usages des nouveaux maîtres de